Une centaine de jeunes ont affronte la police a Val Fourre a Mantes-la-Jolie.
Source:Le Point.Un policier blessé après avoir reçu un mortier d'artifice dans la cuisse. Côté rue, deux jeunes de 18 et 19 ans, l'un blessé aux testicules, l'autre à l'œil, à l'hôpital après les échauffourées affirmant qu'ils ont été victimes de l'armement policier. Le premier est originaire de Buchelay (Yvelines), l'autre vit là où l'émeute a débuté. Tel est le bilan des affrontements qui se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi au Val Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines).
L'émeute est partie du quartier des Peintres, rue Marie Laurencin, vers 22 h 30, où une voiture avait été incendiée. Selon le rapport d'intervention de la police au Val Fourré, la BAC a été prise à partie alors qu'elle était en repérage avant une intervention des pompiers sur le véhicule en feu. Dans le même temps, le commissariat a été prévenu qu'une centaine d'individus étaient cachés. L'intervention des pompiers a donc été annulée, il n'y avait aucun risque de propagation de l'incendie.
L'équipage de la BAC est alors pris à partie et n'a eu d'autres choix que d'appeler du renfort. Aussitôt une quinzaine de véhicules roulent en direction du Val Fourré, qui concentre près de la moitié des habitants de la ville de Mantes-la-Jolie, qui en compte environ 45 000.
Selon les témoignages de certains fonctionnaires présents sur place, la police aurait été attaquée par près de 100 individus, dont certains cagoulés ou masqués. Les assaillants ont lancé des mortiers de feu d'artifice, des cocktails Molotov et divers projectiles. Les forces de l'ordre ont riposté à l'aide de grenades de désencerclement et du lanceur de balles de défense. Selon une source préfectorale, il n'y aurait aucun élément déclencheur à cet acte de violence urbaine. D'autres sources font état de l'interpellation d'un des membres d'une équipe de braqueurs de commerces qui a sévi durant plus d'un mois entre Mantes et Les Mureaux. Originaire de Mantes, il louait le véhicule qui servait aux braquages, son ADN avait été retrouvé sur une bouteille d'essence, selon l'édition locale du Parisien qui avait relaté le démantèlement de cette bande, deux jours avant les graves incidents d'hier soir. Contactée par Le Point, la mairie de Mantes-la-Jolie accuse les réseaux sociaux d'attiser les émeutes.
D'autres villes touchées:
Le parquet de Versailles a saisi l'IGPN pour enquêter notamment sur les conditions d'usage des armes de défense des policiers. Une semaine plus tôt, c'est aux Mureaux que les policiers ont été pris pour cible, essuyant des jets de pierres et des mortiers d'artifice.
Une heure avant les affrontements à Mantes, le commissariat des Mureaux a fait l'objet d'une attaque au mortier de feux d'artifice. Aux Mureaux, des policiers de la BAC étaient pris à partie par une vingtaine de jeunes cette même soirée. La police a tiré au LBD et lancé des grenades de désencerclement.
Il y a deux semaines, des scènes similaires s'étaient déjà déroulées à Mantes-la-Jolie, à Trappes et à Sartrouville, a priori sans élément déclencheur. Là également, les policiers évoquaient un « guet-apens ». Plaisir, dans le quartier du Valibou, a connu trois jours de tension entre jeunes et policiers les 19, 20 et 21 septembre. La police était intervenue pour protéger une intervention de pompiers. Une vingtaine de jeunes avaient fait usage de mortiers contre policiers et pompiers.
« On a beau alerter les pouvoirs publics, les élus, rien n'y fait, explique Julien Le Cam, délégué local d'Alliance-Police nationale. On a eu une refonte de l'organisation de la police dans le département. C'est un échec total. Il y a eu trop de suppressions de postes et, depuis deux ans, aucune sortie d'école de police n'est venue augmenter nos effectifs. On ne fait que remplacer les départs en retraite. »
https://www.lepoint.fr/faits-divers/vag ... 6_2627.php

