oui la tarification par activité semble être le noeud des problèmes ; elle est pourtant remise en question, a même fait partie des propositions de campagne présidentielles de 2017 pour un plafonnement à 50% du financement des hôpitaux ;jabar a écrit : 14 novembre 2019 20:41 Un excellent article sur ce qui se passe:
https://www.monde-diplomatique.fr/2019/10/PIERRU/60490
un rapport a été remis au gouvernement début 2019, mais depuis ... rien ; il semble que le projet ait capoté ...
j'avais également lu un article du même genre :
https://managersante.com/2019/03/04/fin ... -de-sante/
La pratique a montré un certain nombre d’effets pervers :
- La course aux secteurs rentables au regard de la T2A les établissements ayant intérêt à cibler les patients les moins graves ou pour lesquels le traitement est bien standardisé (Cf. Zeynep Or et Thomas Renaud, « Principes et enjeux de la tarification à l’activité à l’hôpital », DT N°23 , Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé (IRDES), mars 2009): si la T2A forfaitaire peut se défendre pour certains actes précis notamment chirurgicaux ou de jeunes patients, elle est inadaptée pour la prise en charge de maladies chroniques et des personnes âgées,
- La multiplication des actes rémunérateurs à la pertinence douteuse,
- L’endettement des établissements publics, ne pouvant se soustraire aux missions de service public, en l’absence de capacités d’autofinancement.
- La montée du burnout et du turnover des personnels en raison de l’augmentation de la productivité exigée (plus le temps d’avoir « l’orientation patient »), des non remplacements (départs à la retraite, vacances, congés maladie) et de l’absentéisme en usant ceux qui ne sont pas (encore !) en arrêt.
La situation a été résumée par le professeur André Grimaldi, ancien chef de service de diabétologie à l’hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris, à l’origine de l’appel des 1 000 praticiens hospitaliers pour un nouvel hôpital :
« Le pouvoir des gestionnaires l’a emporté sur celui des soignants. Le business plan est passé devant le projet médical. La T2A s’est imposée non pas comme une technique adaptée à certains actes (la pose d’un pacemaker, une séance de dialyse…) mais comme un outil politique permettant de transformer l’hôpital en entreprise concurrentielle. Il ne fallait plus répondre à des besoins médicaux, mais gagner des parts de marché. Un contresens total. » (« André Grimaldi : ’Le business plan est passé devant le médical’ », Libération, 3 juillet 2018).

