sofasurfer a écrit : 30 novembre 2019 11:42
Cette filière est loin d'etre déficitaire, globalement les actionnaires de ces entreprises empochent de jolis plus values. On nous parle de déclin et de rupture technologique, mais c'est exactement cela le monde capitaliste : on prend des risques donc on peut aussi perdre , la demande évolue donc il faut s'adapter, etc. Mais le dirigeant francais est indécrottable : il est a droite quand il faut empocher des dividendes et il devient subitement à gauche quand il est face a une difficulté. Ce n'est au final qu'un parasite assisté qui n'apporte rien ni au pays,ni a la population...
c'est ça ; en principe, le capital est là pour le meilleur et le pire, et notamment savoir anticiper l'évolution des marchés et investir quand il le faut ; en France, on ne sait qu'empocher des dividendes même quand les résultats ne sont pas au beau fixe, et crier au secours quand les difficultés surgissent
de plus, on oublie allègrement que l'industrie automobile s'est fortement délocalisée, contribuant à alourdir le chômage en France tout en touchant le CICE ... et non contente de cela, elle vient pleurer pour obtenir des aides en pratiquant le bon vieux chantage au chômage ...
un article pas très récent, mais édifiant sur la réalité des choses ... dont quelques extraits
http://www.economie-politique.org/101605
Le coût du capital : un handicap majeur de l’industrie automobile française !
Plusieurs groupes majeurs de l’industrie automobile française sont cotés au CAC 40 ou sur le second marché. Ces entreprises ont ainsi suivi des stratégies où, sous la pression du coût du capital, la course à la rentabilité s’est faite au détriment de l’investissement productif et de l’emploi.
Le coût du capital ne cesse d’augmenter en trente ans, la masse salariale des entreprises a été divisée par 4, tandis que les dividendes versés aux actionnaires ont été multipliés par 20.
Quel avenir pour notre filière et ses salariés ?
En 2011, les dividendes versés pesaient 180 milliards dans les comptes des entreprises françaises contre 145 milliards pour les cotisations sociales. En 2016, les entreprises du CAC 40 ont redistribué 55,7 milliards d’euros sous forme de dividendes et rachats d’actions, avec un taux de distribution de 57 %, contre 45 % en 2005 et 47 % en moyenne au cours des dernières années.
Nous pouvons aussi constater que depuis 2003 les dividendes versés aux actionnaires sont supérieurs aux investissements.
Des groupes automobiles français en bonne santé financière !
Les résultats des cinq grands acteurs constructeurs et équipementiers nationaux sont en nette progression en 2015. Valeo et Plastic Omnium continuent sur leur trajectoire régulière de croissance du chiffre d’affaires. Faurecia connaît aussi des résultats en nette amélioration. PSA se redresse de façon spectaculaire (de -555 millions € à 1 202 millions € de résultats). Renault augmente ses résultats de 48 %.
Les résultats de ces cinq principaux acteurs ont plus que doublé (+130%). Les prévisions de versement de dividendes suivent globalement la progression des résultats (+86 % chez Faurecia), sauf chez PSA qui vient juste de revenir dans le vert.
Les montants perçus au titre du CICE et du CIR restent à des niveaux élevés. Environ 130 millions d’euros au titre du CICE et 320 millions d’euros au titre du CIR. Ces 450 millions d’euros de subventions n’ont pas permis d’augmenter les embauches, posant la question de leur pertinence.
Le coût du capital se traduit aussi dans les conceptions juridico-financières des groupes, qu’ils soient petits ou gros. Altia en est une des malheureuses illustrations. Ce sont encore les salariés qui ont payé la gestion des dirigeants de l’ex-groupe Altia, qui comptait 23 sites et 2 290 salariés (es) en France au moment des dépôts de bilan en 2014. Au premier février 2016, il va rester 1 352 personnes et 20 sites (3 sites rayés de la carte : Beaucourt, Montreuil Bellay, Le Mans), soit 932 suppressions de postes. Cette gestion « financière » a mené l’ensemble des sites à des situations de redressement judiciaire.
Les salariés de la filière ont déjà payé un lourd tribut au nom de la sacro-sainte compétitivité !
Les salaires dans notre pays ne sont pas un problème pour la compétitivité des entreprises. Au contraire, il y a nécessité de les augmenter, afin de favoriser la croissance, mais également favoriser le renouvellement du parc.
Les mêmes qui demandent des sacrifices aux salariés sont ceux qui ne se serrent pas la ceinture.
Lorsque l’on parle de compétitivité, il serait bien de s’arrêter sur la rémunération des grands patrons qui est démesurée par rapport aux efforts imposés aux salariés que cela soit en termes d’organisation du travail, mais aussi de salaire.
Pour exemple, lorsque l’on demande aux salariés (es) de Renault de faire des sacrifices sur leurs acquis sociaux au titre de la compétitivité, est-il normal que Carlos Ghosn dirigeant de Renault obtienne une augmentation de plus de 57 % ? Pour rappel, ce dirigeant a perçu 15 millions d’euros de salaire en 2014 au titre de directeur général de Renault et Nissan.
Être compétitifs, c’est surtout investir dans la recherche et développement, dans la formation, dans les hommes et les salaires.
Pourtant, la France a besoin d’un nouveau mode de développement économique et social fondé sur la promotion du travail et le partage des richesses. Si pour certains, le travail n’est qu’un coût, pour la CGT c’est une richesse !
Les exemples qui démontrent que le recul des acquis sociaux n’a pas sauvé l’emploi :
• Bosch Vénissieux, 2004, 800 salariés acceptent de travailler une heure de plus par semaine et de perdre 6 JRTT sans contre partie. A ce jour le site est vendu et moins de 100 salariés y travaillent.
• Still Saxby, usine de 200 salariés qui travaillent dans les chariots élévateurs située dans l’Oise. En 2005, 70 % des salariés se prononcent pour un retour aux 39 heures suite à un chantage à la délocalisation. En 2011, c’est la fermeture du site.
• Les Continental à Clairoix où pour 1 200 salariés qui ont accepté de passer à 40 heures, la partie de Monopoly de leur direction les a emmenés à la case pôle emploi, seulement deux ans après avoir signé l’accord.
D’autre part, alors qu’ils sont actuellement en 2016 en train de recréer des sociétés en Provence-Alpes-Côte d’azur, les anciens actionnaires d’Altia doivent être sommés de rendre l’argent public dilapidé, afin de consolider les reprises de sites.
10 + 8 millions d’euros de la BPI, 3,5 millions d’euros sur le CICE en 2013… sans compter la dette sociale de plusieurs millions d’euros à l’Ursaff…