S'il a eu de la chance sur ces propos proprement dits, il ne demeure,une historie à glacer le sang des pingouins :
Condamnations judiciaires
Pour apologie de crime de guerre et contestation de crimes contre l'humanité
Le 19 novembre 1969, la cour d'appel de Paris le condamne à deux mois de prison avec sursis et 10 000 francs d'amende pour apologie de crime de guerre. Le texte figurant au dos de la pochette d'un disque édité par sa société d’éditions, la Serp, indiquait : « La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triomphera à la suite de consultations électorales régulières, circonstances généralement oubliées […] »261,262.
Dans l'affaire du « détail », la cour d'appel de Versailles le condamne en référé, le 28 janvier 1988, à verser la somme d'un franc aux dix parties civiles, parmi lesquelles figurent les mouvements antiracistes du MRAP et de la Licra263,264. Sur le fond, le 18 mars 1991, il est condamné par cette même cour à verser un total de près d'1,2 million de francs aux associations parties civiles pour banalisation de crimes contre l'humanité et « consentement à l'horrible »265,266,267. Le 10 septembre 1999, deux ans après qu'il a reparlé des chambres à gaz comme d'un « détail », la cour d'appel de Versailles le condamne à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages-intérêts à onze associations plaignantes268.
Dans les colonnes de Rivarol du 30 avril 2004, il affirme : « […] D'autant que quand je dis qu'avec 25 millions de musulmans chez nous, les Français raseront les murs, des gens dans la salle me disent non sans raison : « Mais Monsieur Le Pen, c'est déjà le cas maintenant. » » Pour ces propos, le 12 mars 2008, la cour d'appel de Paris le condamne à 10 000 euros d'amende pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciales269,270,271.
En janvier 2009, concernant ses propos publiés en 2005 dans l'hebdomadaire Rivarol, la cour d'appel de Paris le relaxe des faits d'apologie de crime de guerre mais le condamne à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à 10 000 € d'amende pour contestation de crime contre l'humanité ; Jean-Marie Le Pen avait notamment déclaré qu’« en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés » et que « si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins, comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques »272,273. En 2011, la Cour de cassation casse partiellement l’arrêt274. Rejugée, l’affaire aboutit à la même peine en février 2012275,276.
Pour provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale
Jean-Marie Le Pen en 2004.
Par un arrêt du 9 juillet 1986, Jean-Marie Le Pen est condamné au versement d'un franc symbolique pour « antisémitisme insidieux ». Il avait déclaré l'année précédente, à propos de journalistes juifs ou d'ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Ivan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays […] »277,278.
La cour d'appel de Paris le condamne en mars 1989 à une amende pour provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale, pour avoir en 1984 qualifié de « danger mortel » « l'hégémonie tenant à l'explosion démographique du tiers monde, et en particulier du monde islamo-arabe, qui actuellement pénètre notre pays ». En 1993, la Cour de cassation annule les dispositions portant condamnation du délit de provocation à la discrimination raciale279. En 2005, la cour d'appel de Paris le condamne également pour incitation à la haine raciale pour avoir déclaré un an auparavant : « Le jour où nous aurons en France, non plus cinq millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. »280
À Nice, le 4 juillet 2013, Jean-Marie Le Pen déclare : « Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante »281. Jugé pour cette déclaration, il est condamné à une amende de 5 000 euros et au paiement de dommages-intérêts à des associations antiracistes pour provocation à la haine et à la discrimination par la cour d'appel d'Aix-en-Provence en février 2017282.
En octobre 2019, il est condamné par la cour d’appel de Paris à 2 400 euros d’amende pour injures publiques visant des homosexuels après avoir critiqué le discours du compagnon du policier tué lors de l’attentat islamiste de 2017 sur les Champs-Élysées. Il est relaxé pour quatre autres déclarations283.
Pour injures publiques
Le 3 juin 1993, il est condamné en appel à 10 000 francs d'amende pour injure publique au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour, qu'il avait appelé « monsieur Durafour-crématoire »284. Le 7 janvier 1998, il est également condamné à une amende de 5 000 F par la cour d'appel de Paris pour injure publique raciale après qu'il a qualifié de « gros zébu fou » le président de SOS-Racisme, Fodé Sylla, qui l'accusait d'avoir « du sang sur les mains » dans l'affaire de Carpentras285. De son côté, lors d'un autre procès, Fodé Sylla est condamné à verser une amende et des dommages-intérêts à Jean-Marie Le Pen pour ses déclarations286,287,288.
Pour violences
En septembre 1998, la cour d'appel de Versailles le condamne à un an d'inéligibilité et trois mois de prison avec sursis pour « violences sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ». Il était accusé d'avoir agressé la maire de Mantes-la-Ville et candidate socialiste aux élections législatives de 1997, Annette Peulvast-Bergeal, qui faisait partie d'un rassemblement l’ayant conspué et ayant bloqué son véhicule lors de sa venue dans la ville dans le cadre de cette campagne électorale289,290,291,292,293.