Selon nos informations, l’adjoint à la culture d’Anne Hidalgo est auditionné depuis ce mercredi après-midi. Il avait réglé des chambres d’hôtel pour le sulfureux écrivain accusé de pédophilie.
Christophe Girard dit avoir soutenu l’écrivain Gabriel Matzneff, mais il dément avoir eu connaissance de sa relation avec Vanessa Springora.
Source:Le Parisien.
L'enquête sur les agissements pédophiles de l'écrivain Gabriel Matzneff emprunte un détour inattendu… par la mairie de Paris. Selon des sources concordantes, Christophe Girard, adjoint d'Anne Hidalgo en charge de la culture, est entendu depuis ce mercredi après-midi par les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) en tant que témoin. L'élu est arrivé au siège de la Direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine) peu avant 15 heures.
Les enquêteurs veulent interroger l'ancien maire socialiste du IVe arrondissement sur ses liens avec Gabriel Matzneff, visé par une enquête préliminaire pour « viols sur mineurs » depuis la publication d'un livre accablant écrit par l'une de ses anciennes jeunes amantes, Vanessa Springora.
« Ce n'est pas un ami proche, c'est une relation amicale, s'était défendu Christophe Girard dans une interview donnée au Parisien à propos de ses liens avec l'écrivain sulfureux. J'ai dû dîner trois ou quatre fois avec lui en trente ans. Il dit que je suis l'un de ses meilleurs amis. C'est un peu excessif. »
Des notes réglées «à la demande d'Yves Saint Laurent»:
Le nom de Christophe Girard apparaît dans l'enquête car il aurait réglé des chambres d'hôtel pour Gabriel Matzneff dans les années 80 alors que l'écrivain s'y réfugiait pour rencontrer discrètement Vanessa Springora, encore mineure. Or, à l'époque, il est déjà dans le collimateur des policiers de la brigade des mineurs.
L'élu socialiste, qui n'était pas encore à la mairie de Paris, aurait effectué ces tâches logistiques à la demande d'Yves Saint Laurent, dont il fut l'assistant personnel. Le couturier a longtemps été qualifié de bienfaiteur de Gabriel Matzneff, lequel jouissait d'une certaine aura dans le milieu intellectuel et artistique parisien.
Les policiers cherchent donc à savoir si Christophe Girard a eu connaissance des agissements pédophiles de Gabriel Matzneff et si, éventuellement, il a pu croiser la route d'autres victimes potentielles. « Oui, je me suis occupé de sa chambre d'hôtel, avait reconnu l'élu socialiste au Parisien. A l'époque, je ne savais pas qu'il cherchait à échapper à la brigade des mineurs. Il sortait de l'hôpital, m'avait dit Pierre Bergé (NDLR : le compagnon d'Yves Saint Laurent). Comme l'écrit Vanessa Springora, dont le livre m'a bouleversé et éclairé, il avait dû exagérer sa cécité. »
Concernant les aides financières dont bénéficiait l'écrivain sulfureux, Christophe Girard avait ajouté : « On ne l'a pas soutenu parce qu'il était pédophile, mais parce que c'était un écrivain en difficulté. La pédophilie, c'est quelque chose qui répugnait Yves Saint Laurent. »
Depuis le début de l'enquête, les policiers de l'OCRVP recherchent de nouveaux témoignages susceptibles d'incriminer Gabriel Matzneff et multiplient auditions et perquisitions. Car les faits dénoncés par Vanessa Springora dans son livre « le Consentement », à savoir une liaison sous emprise entre une adolescente et un adulte, ont été analysés juridiquement et sont prescrits. Raison pour laquelle le parquet de Paris a récemment lancé un appel à témoins. Gabriel Matzneff n'a jamais été inquiété par la justice depuis le début de sa carrière, en dépit de ses écrits ouvertement pédophiles.
Christian Giudicelli et Philippe Sollers entendus:
Selon nos informations, les enquêteurs ont également entendu en février Christian Giudicelli, éditeur et ami de Gabriel Matzneff, ainsi que Philippe Sollers, écrivain auréolé de plusieurs distinctions littéraires. Le premier a également subi une perquisition.
Dans une interview au New York Times, Gabriel Matzneff avait révélé que Christian Giudicelli avait accepté de cacher des documents compromettants de l'écrivain sulfureux, notamment des lettres et photos de Vanessa Springora.
Selon une source proche des investigations, Giudicelli et Sollers n'ont livré aucun élément utile à l'enquête, et ont fait part de leur incompréhension, estimant que leur ami Matzneff n'avait rien commis de répréhensible.
En vue d'identifier des victimes potentielles ou faits nouveaux, les policiers recherchent également plusieurs manuscrits de Gabriel Matzneff qui n'auraient pas été publiés ou des écrits originaux non expurgés après relecture. C'est pourquoi ils ont mené une série de perquisitions chez Gallimard, dans un entrepôt où sont stocké des archives littéraires, au domicile parisien de Gabriel Matzneff ainsi que dans la chambre d'hôtel de l'écrivain dans l'hôtel italien où il s'est réfugié depuis le scandale.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/a ... 272317.php

