A Londres, «le début d’un long combat» pour Julian Assange
Lundi 24 février 2020 s’est ouvert, devant un tribunal dépendant de la prison de haute sécurité de Belmarsh, le procès du fondateur de WikiLeaks en vue de son extradition vers les États-Unis. Près de 150 « gilets jaunes » avaient fait le déplacement.
Londres (Royaume-Uni), de notre envoyé spécial.– Tout semblait être fait pour que l’ouverture du procès de Julian Assange devant la justice britannique en vue de son extradition aux États-Unis, lundi 24 février au matin, se fasse loin des yeux du monde.
Alors que les précédentes audiences, qui concernaient des questions de procédure, se déroulaient à la Westminster Magistrate Court située dans le centre de Londres, le procès a été déplacé dans la Woolwich Crown Court, un tribunal dépendant de la prison de haute de sécurité de Belmarsh, où est détenu Julian Assange, dans la banlieue est de Londres.
Il faut plus d’une heure de train et de bus en partant du centre de la capitale britannique pour arriver dans ce quartier isolé du reste de la ville. Cela n’a pas empêché plus de 200 personnes de faire le déplacement pour apporter leur soutien au fondateur de WikiLeaks.
Parmi elles, une bonne partie de Français, environ 150 « gilets jaunes » partis la veille au soir de Paris dans deux bus pour venir planter un campement, dès 6 heures du matin, devant les grilles du tribunal. Plusieurs d’entre eux ont accueilli le père de Julian Assange, John Shipton, en lui remettant un gilet jaune à offrir à son fils.
Mais quasiment aucun n’a pu rentrer. Outre l’isolement, la Woolwich Crown Court présente en effet également la particularité de disposer de salles d’audience beaucoup plus petites. Seuls les avocats et les proches du fondateur de WikiLeaks ainsi qu’une petite poignée de journalistes ont pu y accéder.
Une autre salle a bien été prévue pour suivre les débats en visioconférence. Mais avec une capacité d’une soixantaine de places, bien insuffisante pour le nombre de journalistes venus du monde entier couvrir le procès, et avec une qualité de son déplorable, au point que certains envisageaient, dès le premier jour, de quitter l’audience.
Au bout du compte, une vingtaine de médias, dont Mediapart, ont pu accéder au tribunal mais non suivre l’audience. « C’est évidemment une stratégie », grogne l’un d’eux dans la salle bondée où sont délivrées au compte-gouttes les accréditations.
Les manifestants sont donc restés dehors, sous les averses. Parmi eux, le gilet jaune Maxime Nicolle est du voyage. La raison de sa présence et le lien entre son combat et celui de WikiLeaks ? « Quand on me pose cette question ça fait me rigoler… jaune », plaisante-t-il.
« En tant que militants, cela fait un an et demi que nous nous battons pour plus de justice, justice sociale et justice économique, contre la corruption et pour plus de démocratie, enchaîne celui qui se fait surnommer « Fly Rider ». Or, il y a un mec qui, parce qu’il a simplement dit la vérité, est aujourd’hui poursuivi comme un terroriste. Et avant ça, il a été enfermé durant des années dans une pièce de 10 m2 dont il a été sorti car il a été trahi par un président qui l’a vendu en échange de l’argent du FMI. Aujourd’hui, il est abandonné par tous les gouvernements ainsi que par les médias mainstream. »
« Une démocratie ne peut pas avoir de base solide sans information libre, poursuit le gilet jaune. C’est quelque chose qui relève de l’intérêt collectif. Le gouvernement américain a utilisé des armes de guerre pour tuer des civils. Julian Assange a réussi à avoir ces infos et il a préféré prendre le risque de passer sa vie en prison plutôt que de donner ses sources. C’est un vrai humaniste, un vrai journaliste. Je connais peu de gens qui feraient ça. Le gouvernement français aussi utilise des armes de guerre durant les manifestations. Il y a des policiers cagoulés qui utilisent un gaz lacrymogène qui a été utilisé durant la guerre d’Algérie, que l’armée n’utilise plus, mais que la France continue à exporter et que notre police continue à utiliser. Moi, en tant que militant, je ne veux pas être dépendant de l’info. Quand Julian Assange est prisonnier, c’est une partie du cerveau de tous les gens de cette planète qui est prisonnier. »
Sur le plan judiciaire, cette première journée d’audience a été en grande partie monopolisée par le représentant du ministère public américain, James Lewis, venu présenter les arguments des États-Unis en faveur de l’extradition. Il s’est tout d’abord employé à nier le fait que cette procédure visait la publication d’informations, estimant que « Julian Assange n’est pas un journaliste ».
Mais surtout, « il a parlé d’un “risque de dommage” causé par les publications de WikiLeaks [selon l’accusation, certains documents contiennent des informations permettant d’identifier des sources de l’armée américaine – ndlr], mais n’a apporté aucun élément concret. Il n’a cité aucune publication précise », raconte l’avocat espagnol de Julian Assange, Aitor Martinez. « Ils suivent exactement la même stratégie que durant le procès de Chelsea Manning. »
« C’est un très vieil argument, confirme Kristinn Hrafnsson, actuel rédacteur en chef de WikiLeaks. Mais il n’y a aucune preuve. En 2012, après le procès de Chelsea Manning, le Pentagone l’avait d’ailleurs finalement reconnu. Ils sont incapables de citer une publication ayant mis en danger des personnes. Huit ans plus tard, il n’y a toujours rien de neuf, c’est d’ailleurs presque surprenant. Cela montre bien que ce sont des poursuites politiques. »
De plus, poursuit-il, « ils affirment que WikiLeaks et Chelsea Manning ont mis en danger des gens en révélant les crimes de l’armée américaine qui a tué des civils et des enfants. C’est totalement disproportionné et scandaleux ».
L’une des grandes inconnues de cette première journée d’audience était l’état de santé de Julian Assange, décrit comme fortement affaibli physiquement et psychologiquement lors de ses dernières apparitions.
Sur ce point, la condition du fondateur de WikiLeaks semble s’être un peu améliorée. « Il était juste derrière moi, derrière une grande vitre », raconte Aitor Martinez. « Il semblait un peu fatigué, mais il sait que ce n’est que le début d’un long combat », poursuit l’avocat. « Il avait l’air dans un état stable, il se maintient », estime Kristinn Hrafnsson.
Durant l’audience, Julian Assange s’est même levé pour expliquer à la juge que, de derrière sa vitre, il lui était impossible d’entendre les débats. Et, à la pause de mi-journée, il est sorti de la salle en levant le poing.
La seconde journée d’audience, mardi 25 février, sera cette fois consacrée à la défense. À cette occasion, l’équipe de défense de Julian Assange a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait dévoiler devant le tribunal de nouveaux éléments explosifs. « Attendez-vous à des vrais scoops », prévient Kristinn Hrafnsson.
Plusieurs éléments, déjà soulevés par les avocats de Julian Assange, pourraient permettre de faire pencher la balance en sa faveur.
Il y a tout d’abord l’affaire de l’espionnage dont le fondateur de WikiLeaks a été victime alors qu’il était réfugié dans l’ambassade équatorienne à Londres. Durant plusieurs mois, une société de sécurité espagnole, UC Global, travaillant en sous-main pour les autorités américaines, a enregistré les moindres faits et gestes du journaliste mais également ceux de toutes les personnes lui rendant visite, dont ses avocats. Ce qui pourrait constituer une violation des droits de la défense.
Le mercredi 19 février, lors d’une audience de procédure à la Westminster Magistrate Court, les avocats de Julian Assange avaient annoncé disposer des preuves d’une autre information qui, si elle était avérée, pourrait elle aussi peser sur la procédure d’extradition.
En août 2017, affirment-ils, un élu républicain de la Chambre des représentants, Dana Rohrabacher, s’est rendu à Londres « sur instruction du président » Donald Trump. Le but de cette visite était de proposer « une grâce ou un moyen de sortie si M. Assange… disait que la Russie n’avait rien à voir avec les DNC Leaks », la série de mails internes du parti démocrate publiée par WikiLeaks en 2016, en pleine campagne pour les élections présidentielles américaines.
Dans les heures qui ont suivi cette déclaration, Dana Rohrabacher a réagi sur son blog, en confirmant avoir bien rencontré Julian Assange mais en affirmant qu’à « aucun moment » il n’avait parlé « de Julian Assange à Donald Trump ».
De même, « à aucun moment, écrit-il, je n’ai offert à Julian Assange quoi que ce soit de la part du président car je n’ai pas parlé du tout de ce sujet avec le président. Pourtant, ajoute-t-il, je lui ai dit que s’il pouvait me fournir des informations et des preuves au sujet de qui lui avait donné les mails du DNC, alors je demanderais au président de le gracier ».
Les audiences en vue de l’extradition de Julian Assange doivent durer quatre semaines. Elles s’interrompront vendredi 28 février et reprendront le 18 mai pour trois semaines.
La justice américaine souhaite juger le journaliste australien de 48 ans pour son travail de rédacteur en chef de WikiLeaks et la publication en 2010 des documents fournis par Chelsea Manning, elle aussi actuellement en prison, détaillant les exactions américaines en Afghanistan et en Irak. Le 23 mai 2017, le Département de la justice a dévoilé les dix-sept charges retenues contre lui, dont la violation de l’Espionage Act.
Il risque au total 175 années de prison.
Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

- Messages : 4008
- Enregistré le : 11 septembre 2018 16:16
Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

- Messages : 4008
- Enregistré le : 11 septembre 2018 16:16
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Assange - 3 ème jour d'audience, par Craig Murray
Le journaliste britannique rédige ses billets la nuit pour témoigner de la farce du procès de Woolwich. Nous apprenons qu'au Royaume-Uni un traité d'extradition passé avec des pays tiers - ici les Etats-Unis - n'a aucune valeur juridique selon la loi anglaise. Quelle sera la profondeur de la tombe que les fonctionnaires de justices britanniques réservent à la démocratie et au journalisme ?
Par Craig Murray, le 26 février 2020
Lors de l’audience d'hier au tribunal, l'accusation a adopté des arguments si catégoriques et manifestement irrationnels que je me suis demandé comment les retranscrire d'une manière qui ne soit pas caricaturale ou une exagérée de ma part. Ce qui s'est passé dans ce tribunal a depuis longtemps dépassé le stade de la parodie. Tout ce que je peux faire, c'est vous donner l'assurance personnelle que ce que je raconte est bien ce qui s'est passé.
Comme d'habitude, j'aborderai d'abord les questions de procédure et le traitement de Julian, avant de passer à un exposé clair des arguments juridiques avancés.
Vanessa Baraitser a visiblement pour instruction de faire semblant de s'inquiéter de l'accusé, en demandant vers la fin de chaque séance, juste avant la pause de toute manière, si Julian se sent bien et s'il souhaite faire une pause. Elle ignore alors systématiquement sa réponse. Hier, il a répondu assez longuement qu'il n'entendait pas bien dans sa cage de verre et qu'il ne pouvait pas communiquer avec ses avocats (j'ai compris plus tard que la veille les fonctionnaires l'avaient empêcher de passer des notes à son avocat, ce qui a été la raison de l’interdiction de serrer la main à son avocat espagnol, Garzon, pour lui dire au revoir).
Baraitser a insisté sur le fait que l’accusé ne pouvait s’exprimer que par l’intermédiaire de ses avocats ; étant donné qu'on l'empêche de les instruire, c’est un peu fort ! Ceci étant dit, nous avons eu un ajournement de dix minutes pendant que Julian et son avocat étaient autorisés à parler dans les cellules - probablement là où ils pourraient être mis sur écoute de façon plus pratique.
À son retour, Edward Fitzgerald a demandé officiellement que Julian soit autorisé à s'asseoir à côté de ses avocats au tribunal. Julian était "un homme doux et intellectuel" et non un terroriste. Baraitser a répondu que le déplacement d'Assange du banc des accusés au corps du tribunal signifierait qu'il était libéré. Pour y parvenir, il faudrait demander une mise en liberté sous caution.
Là encore, l'avocat de l'accusation, James Lewis, est intervenu en faveur de la défense pour tenter de rendre le traitement de Julian moins extrême. Il n'était pas, a-t-il suggéré modestement, tout à fait sûr qu'il y ait besoin d'une libération sous caution pour que Julian soit dans le corps du tribunal, ou encore que le fait d'être dans le corps du tribunal accompagné par des agents de sécurité signifiait qu'un prisonnier ne soit plus en détention. Les prisonniers, même les plus dangereux des terroristes, ont témoigné depuis la barre des témoins dans le corps du tribunal auprès des avocats et du magistrat. Au sein de la Haute Cour, les prisonniers s'asseyaient fréquemment avec leurs avocats lors des audiences d'extradition, et dans les cas extrêmes de criminels violents ils étaient menottés à un agent de sécurité.
Baraitser a répondu qu'Assange pourrait constituer un danger pour le public. Il s'agit d'une question de santé et de sécurité. Comment Fitzgerald et Lewis ont-ils pu penser qu'elle avait la capacité d'évaluer les risques encourus ? Il appartient au groupe 4 de décider si cela est possible et d’en mesurer les risques.
Oui, elle a vraiment dit cela. C’est au groupe 4 de décider.
Baraitser s'est mise à jargonner comme un Dalek (extraterrestres de la sérié télévisée britannique de science-fiction Doctor Who) quand ses arguments sont devenus indéfendables. L'évaluation des "risques", la "santé et la "sécurité" ont fait couler beaucoup d'encre. Elle s'est mutée en quelque chose de pire qu'un Dalek : un fonctionnaire médiocre et particulièrement stupide. "Pas de juridiction" - "Jusqu'au groupe 4". Se reprenant un peu, elle a affirmé fermement que la mise en détention ne peut signifier qu'une présence sur le banc des accusés, et à aucun autre endroit dans la salle. Si la défense voulait qu'il soit dans la salle d'audience où il pourrait mieux entendre la procédure, elle doit demander la mise en liberté sous caution de son client et sa sortie de détention en général. Elle a alors regardé les deux avocats dans l'espoir que cet argument les ferait asseoir, mais tous deux sont restés debout.
Toujours avec cette déférence excessive (qui, je l'avoue, m'exaspère de plus en plus), Lewis a déclaré : "l'accusation est neutre sur cette demande, bien sûr, mais, euh, je ne pense vraiment pas que ce soit juste". Il la regardait comme un oncle compatissant dont la nièce préférée boit de la tequila à la bouteille lors d'une fête de famille.
Baraitser a conclu en déclarant que la défense devrait soumettre des arguments écrits sur ce point avant 10 heures demain, et qu'elle tiendrait ensuite une audience séparée sur la question de la place de Julian au tribunal.
La journée avait commencé par une Magistrate Baraitser très en colère qui s'est adressé au public. Hier, a-t-elle dit, une photo avait été prise à l'intérieur de la salle d'audience. Prendre ou tenter de prendre des photos à l'intérieur de la salle d'audience est un délit. A ce moment-là, Vanessa Baraitser a dardé le public du regard, très désireuse de boucler quelqu'un. Elle semblait également, dans sa fureur, émettre l'hypothèse infondée que la personne qui avait pris la photo depuis le public mardi, était encore là mercredi ; je pense que ce n'est pas le cas. Être en colère contre le public au petit bonheur doit être extrêmement. Je la soupçonne de décharger sa rage dans les transports en commun.
Mme Baraitser n'aime pas la photographie - elle semble être la seule personnalité publique en Europe occidentale à ne pas avoir de photo sur Internet. En effet, le patron ordinaire d'une station de lavage rurale a laissé plus de preuves de son existence et de son histoire sur Internet que Vanessa Baraitser. Ce qui n'est pas un crime en soi, mais je soupçonne que l'effacement à ce point ne se fait pas sans un effort considérable. Quelqu'un m'a suggéré qu'elle pourrait être un hologramme, mais je ne pense pas. Les hologrammes sont plus sympathiques.
J'ai été amusé par l'infraction pénale consistant à "tenter de prendre des photos dans la salle d'audience". Quel degré d'incompétence faut-il pour essayer de prendre une photo et ne pas y parvenir ? Et si aucune photo n'a été prise, comment prouver que vous avez tenté d'en prendre une, plutôt que d'envoyer un SMS à votre mère ? Je suppose que "tenter de prendre une photo" est un crime qui pourrait concerner quelqu'un arrivant avec un grand appareil photo reflex, un trépied et plusieurs boîtiers d'éclairage montés, mais aucune personne de ce genre ne semble avoir pénétré dans le public de la salle d'audience.
Baraitser n'a pas précisé si la publication d'une photographie prise dans une salle d'audience (ou même la tentative de publication d'une photographie prise dans une salle d'audience) constituait une infraction pénale. Je pense que c'est le cas. Quoi qu'il en soit, Le Grand Soir a publié hier une traduction de mon rapport, et vous pouvez y voir une photo de Julian dans sa cage antiterroriste en verre pare-balles. Non, je m'empresse d'ajouter, prise par moi.
Nous en arrivons maintenant à l'examen des arguments juridiques d'hier concernant la demande d'extradition elle-même. Heureusement, ils sont assez simples à résumer, car bien que nous ayons eu cinq heures de discussion juridique, il s'agissait en grande partie d'une compétition entre les deux parties pour citer des dizaines d'autorités", par exemple des juges décédés, afin d'appuyer leur point de vue, et donc de répéter continuellement les mêmes éléments de peu d'intérêt à partir de l'exégèse des innombrables citations.
Comme l'a annoncé hier la magistrate Baraitser, l'accusation soutient que l'article 4.1 du traité d'extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis n'a pas force de loi.
Les gouvernements britannique et américain affirment que la cour applique le droit national, et non le droit international, et que le traité n'a donc aucune valeur. Cet argument a été présenté à la Cour sous une forme écrite à laquelle je n'ai pas accès. Mais d'après les discussions au tribunal, il est clair que le ministère de la justice soutient que la loi sur l'extradition de 2003, en vertu de laquelle le tribunal exerce ses compétences, ne fait pas d'exception pour les infractions politiques. Toutes les lois d'extradition précédentes avaient exclu l'extradition pour des délits politiques, il doit donc être dans l'intention du parlement souverain que les délinquants politiques puissent désormais être extradés.
En ouvrant son argumentation, l'avocat Edward Fitzgerald a fait valoir que la loi sur l'extradition de 2003 ne suffit pas à elle seule pour procéder à une véritable extradition. L'extradition nécessite la mise en place de deux éléments : la loi générale sur l'extradition et le traité d'extradition avec le ou les pays concernés. "Pas de traité, pas d'extradition" est une règle inviolable. Le traité est à la base même de la demande. Dire que l'extradition n'est pas régie par les termes du traité même en vertu duquel elle a été faite, c'est créer une absurdité juridique et donc un abus de procédure. Il a cité des exemples de jugements rendus par la Chambre des Lords et le Conseil privé où les principes du traité ont été jugés applicables malgré l'absence de législation nationale, en particulier pour empêcher l'extradition de personnes vers une exécution potentielle à partir des colonies britanniques.
Fitzgerald a souligné que si la loi sur l'extradition de 2003 ne contient pas d'interdiction d'extradition pour des délits politiques, elle ne précise pas qu'il ne peut y avoir une telle interdiction dans les traités d'extradition. Et le traité d'extradition de 2007 a été ratifié après la loi d'extradition de 2003.
A ce stade, Baraitser explique qu'il est clair que l'intention du Parlement est de permettre l'extradition pour des délits politiques. Sinon, il n'aurait pas supprimé la restriction dans la législation précédente. Fitzgerald a rejeté cet avis, affirmant que la loi ne dit pas que l'extradition pour des délits politiques ne peut pas être interdite par le traité autorisant l'extradition.
Fitzgerald a ensuite continué à affirmer que la jurisprudence internationale avait accepté pendant un siècle ou plus que vous n'extradiez pas les délinquants politiques. La Convention européenne d'extradition, le modèle de traité d'extradition des Nations unies et la Convention d'Interpol sur l'extradition ne prévoient aucune extradition politique. Elle figure dans chacun des traités d'extradition conclus par les États-Unis avec d'autres pays, et ce depuis plus d'un siècle, sur l'insistance des États-Unis. Le fait que les gouvernements britannique et américain disent qu'il ne s'applique pas est étonnant et va créer un terrible précédent qui mettra en danger les dissidents et les prisonniers politiques potentiels de Chine, de Russie et des régimes du monde entier d'où ils se sont échappés vers des pays tiers.
Fitzgerald a déclaré que toutes les grandes autorités étaient d'accord sur le fait qu'il y a deux types de délits politiques. Le délit politique pur et le délit politique relatif. Un délit politique "pur" a été défini comme la trahison, l'espionnage ou la sédition. Un délit politique "relatif" est un acte normalement criminel, comme l'agression ou le vandalisme, commis avec un motif politique. Chacune des accusations portées contre Assange était un délit politique "pur". Toutes, sauf une, étaient des accusations d'espionnage, et l'accusation portant sur l'abus informatique avait été comparée par l'accusation à la violation de la loi sur les secrets officiels, pour répondre au critère de double incrimination. L'accusation dominante selon laquelle Assange cherchait à porter atteinte aux intérêts politiques et militaires des États-Unis était dans la définition même d'une infraction politique dans toutes les autorités.
En réponse, Lewis a déclaré qu'un traité ne pouvait pas être contraignant en droit anglais à moins d'être spécifiquement incorporé dans le droit anglais par le Parlement. Il s'agissait là d'une défense démocratique nécessaire. Les traités étaient conclus par un pouvoir exécutif qui ne pouvait pas faire la loi. Cela relevait de la souveraineté du Parlement. Lewis a cité de nombreux jugements déclarant que les traités internationaux signés et ratifiés par le Royaume-Uni ne pouvaient pas être appliqués par les tribunaux britanniques. "Les autres pays pourraient être surpris que leurs traités avec le gouvernement britannique n'aient aucune force juridique", a-t-il plaisanté.
Lewis a déclaré qu'il n'y avait pas d'abus de procédure ici et qu'aucun droit n'était donc invoqué au titre de la Convention européenne. C'était juste le fonctionnement normal de la loi que la clause du traité sur la non extradition pour des délits politiques n'avait pas de valeur juridique.
Lewis a déclaré que le gouvernement américain conteste que les infractions d'Assange soient politiques. Au Royaume-Uni, en Australie et aux États-Unis, la définition du délit politique est différente de celle du reste du monde. Nous considérons que les infractions politiques "pures" que sont la trahison, l'espionnage et la sédition ne sont pas des infractions politiques. Seules les infractions politiques "relatives" - des crimes ordinaires commis avec un motif politique - étaient considérées comme des infractions politiques dans notre tradition. Dans cette tradition, la définition du terme "politique" se limitait également au soutien d'un parti politique concurrent dans un État. Lewis poursuivra demain avec cet argument.
Voilà qui conclut mon compte rendu de la procédure. J'ai un commentaire important à faire à ce sujet et j'essaierai de faire un autre article plus tard dans la journée. Je me précipite maintenant au tribunal.
Cet article est entièrement libre de reproduction et de publication, y compris en traduction, et j'espère vivement que les gens le feront activement. La vérité nous rendra libres.
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
- Crapulax
- Administrateur

- Messages : 156979
- Enregistré le : 15 septembre 2008 22:22
- Localisation : A "Bonheur City".
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
...Que voulez-vous..La France offre l'asile politique à l'autre russe de l'affaire Griveaux mais se refuse d'en faire autant avec Julian Assange.. 
Aux mains de l'Etat,la force s'appelle Droit....Aux mains de l'individu,elle se nomme le crime....
Si tu m'as pris pour un clown tu t'es trompé de Carnaval...
...La mort avant le déshonneur!
Si tu m'as pris pour un clown tu t'es trompé de Carnaval...
...La mort avant le déshonneur!
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

- Messages : 4008
- Enregistré le : 11 septembre 2018 16:16
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Pareil pour Snowden...
Quand on fâche l'appareil d'état américain, même pour de bonnes raisons, faut pas compter sur le courage de Hollande, Valls, Macron ou Castaner pour assurer le coup
Quand on fâche l'appareil d'état américain, même pour de bonnes raisons, faut pas compter sur le courage de Hollande, Valls, Macron ou Castaner pour assurer le coup
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
- Fonck1
- Administrateur

- Messages : 152345
- Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 14 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
d'un autre côté divulguer des secrets d'états, aussi vils soient ils, c'est pas vraiment autorisé.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

- Messages : 4008
- Enregistré le : 11 septembre 2018 16:16
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Et bombarder un mariage au drone de combat c'est autorisé?
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
- Fonck1
- Administrateur

- Messages : 152345
- Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 14 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
ça dépends qui il y avait dans le mariage.
ben laden ne s'est pas pose la question quand il a fait tomber les deux tours
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

- Messages : 4008
- Enregistré le : 11 septembre 2018 16:16
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Ben Laden est un infâme terroriste.
L'armée américaine est l'armée du pays de la statut de la liberté.
Une nuance de taille qui justifie à mon sens qu'on s'inquiète des nombreuses victimes civiles innocentes qu'ont causé certains bombardements.
On peut pas dégommer 12 civils pour tuer 15 djihadistes, ça fait une marge d'erreur trop importante, c'est mon avis.
Mais vous le partagez que si vous voulez j'entend bien...
L'armée américaine est l'armée du pays de la statut de la liberté.
Une nuance de taille qui justifie à mon sens qu'on s'inquiète des nombreuses victimes civiles innocentes qu'ont causé certains bombardements.
On peut pas dégommer 12 civils pour tuer 15 djihadistes, ça fait une marge d'erreur trop importante, c'est mon avis.
Mais vous le partagez que si vous voulez j'entend bien...
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
- Fonck1
- Administrateur

- Messages : 152345
- Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 14 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
c'est dans l'investissement qu'il faut voir le truc.Bertrand a écrit : 05 mars 2020 11:21 Ben Laden est un infâme terroriste.
L'armée américaine est l'armée du pays de la statut de la liberté.
Une nuance de taille qui justifie à mon sens qu'on s'inquiète des nombreuses victimes civiles innocentes qu'ont causé certains bombardements.
On peut pas dégommer 12 civils pour tuer 15 djihadistes, ça fait une marge d'erreur trop importante, c'est mon avis.
Mais vous le partagez que si vous voulez j'entend bien...
combien de gens sont susceptibles de tuer ces 15 djihadistes, et leur progéniture après qui ne soyons pas naïfs, suivront les traces de ces lâches.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
- sofasurfer
- Posteur DIVIN

- Messages : 17879
- Enregistré le : 19 septembre 2018 11:47
- A été liké : 4 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Ce monsieur devrait etre jugé par le TPI. Aux USA, les tribunaux protègent la CIA et Assange a divulgué moult documents de cette organisation, ils seront juge et partie...
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne
Pierre Desproges
Pierre Desproges
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

- Messages : 4008
- Enregistré le : 11 septembre 2018 16:16
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
Oui.sofasurfer a écrit : 05 mars 2020 11:27 Ce monsieur devrait etre jugé par le TPI. Aux USA, les tribunaux protègent la CIA et Assange a divulgué moult documents de cette organisation, ils seront juge et partie...
Juge et partie et ils vont lui mettre très cher
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
- Fonck1
- Administrateur

- Messages : 152345
- Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 14 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
ça ne me parait pas dénué de sens.sofasurfer a écrit : 05 mars 2020 11:27 Ce monsieur devrait etre jugé par le TPI. Aux USA, les tribunaux protègent la CIA et Assange a divulgué moult documents de cette organisation, ils seront juge et partie...
mais c'est pas le TPI qui a demandé l'extradiction
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
- Fonck1
- Administrateur

- Messages : 152345
- Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 14 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
l'opinion publique peut mettre son grain de sel la dedans, et avec des avocats, des bons, tout peut arriver.Bertrand a écrit : 05 mars 2020 11:33Oui.sofasurfer a écrit : 05 mars 2020 11:27 Ce monsieur devrait etre jugé par le TPI. Aux USA, les tribunaux protègent la CIA et Assange a divulgué moult documents de cette organisation, ils seront juge et partie...
Juge et partie et ils vont lui mettre très cher![]()
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
- sofasurfer
- Posteur DIVIN

- Messages : 17879
- Enregistré le : 19 septembre 2018 11:47
- A été liké : 4 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
le TPI est en grande partie aux ordres des membres permanents de l'ONU. le TPI a demandé l'extradition de Gbagbo mais pas celle d'Assange, alors que dans un cas c'est logique et dans l'autre non...Fonck1 a écrit : 05 mars 2020 11:40ça ne me parait pas dénué de sens.sofasurfer a écrit : 05 mars 2020 11:27 Ce monsieur devrait etre jugé par le TPI. Aux USA, les tribunaux protègent la CIA et Assange a divulgué moult documents de cette organisation, ils seront juge et partie...
mais c'est pas le TPI qui a demandé l'extradiction
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne
Pierre Desproges
Pierre Desproges
- Fonck1
- Administrateur

- Messages : 152345
- Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 14 fois
Re: Julian Assange : Procès pour extradition vers les USA
supputations.sofasurfer a écrit : 05 mars 2020 11:43le TPI est en grande partie aux ordres des membres permanents de l'ONU. le TPI a demandé l'extradition de Gbagbo mais pas celle d'Assange, alors que dans un cas c'est logique et dans l'autre non...Fonck1 a écrit : 05 mars 2020 11:40
ça ne me parait pas dénué de sens.
mais c'est pas le TPI qui a demandé l'extradiction
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary