Sur l’exercice 2018-2019, l’association Les Restos du coeur a distribué 133,5 millions de repas, aidé 900.000 personnes – dont 80% vivent «avec moins de 513 euros par mois».
Source:Le Figaro.
Y aura-t-il des dons à Noël?
Ce lundi, les Restaurants du cœur ont fait de nouveau appel à la générosité des donateurs, afin de boucler leur budget pour la fin d’année. «Il nous manque de quoi assurer deux semaines de fonctionnement» soit «autour de 3 à 4 millions d’euros de dons, par rapport au budget prévisionnel», a estimé le président de la célèbre association fondée par Coluche, Patrice Blanc, sur FranceInfo. Un mois après le lancement de la 35ème campagne hivernale, le représentant appelle donc à l’aide: «Si on veut être au rendez-vous des personnes qui frappent à la porte des Restos [...] on a besoin, ces semaines-ci, d’argent, de dons financiers principalement».
Dans un communiqué, les Restos constatent «en cette fin d’année, comme de nombreuses associations, une baisse sensible des dons» par rapport à ses prévisions. Et ce, alors que la période est essentielle pour remplir les caisses des organisations en vue de la période habituellement difficile de janvier-février. «Si cette tendance se poursuit, Les Restos risquent de ne pas pouvoir aider à la hauteur de leurs besoins les 900.000 personnes accueillies» dans leurs centres, s’inquiète l’association. «Face aux défis immenses, nous nous devons d’être au rendez-vous», conclut-elle, appelant à faire des dons en ligne pour la soutenir.
Les Restos du cœur se retrouvent donc dans une situation financière délicate, alors même que leur mission n’a cessé de s’étendre ces dernières années: l’aide alimentaire historique s’est complétée par d’autres actions, comme un diagnostic budgétaire ou un accompagnement pour que les bénéficiaires de son soutien puissent retrouver un emploi au plus vite et sortir de la précarité. Sur l’exercice 2018-2019, l’association a distribué 133,5 millions de repas, aidé 900.000 personnes - dont 80% vivent «avec moins de 513 euros par mois», explique-t-elle, et récolté plus de 93 millions d’euros en dons, legs et manifestations diverses.
Sur le moyen terme, toutefois, cette machine associative connaît le même ralentissement que ses semblables. Dans la dernière édition de son rapport annuel, le syndicat représentatif du secteur, France Générosités, avait indiqué que les dons des Français aux associations avaient enregistré une baisse historique, de l’ordre de 4,2%, en 2018. L’organisation avait tiré la sonnette d’alarme après un premier semestre catastrophique pour les dons, en baisse de 6,5%. Une forte mobilisation avait permis de limiter cette perte, une partie importante des dons se concentrant habituellement sur le dernier trimestre de l’année.
Plusieurs causes peuvent expliquer cette tendance à la baisse, sur le long terme: instabilité fiscale, baisse du pouvoir d’achat des retraités, remplacement de l’ISF par l’IFI, prélèvement à la source créant une appréhension chez les donateurs, contexte international tendu, climat morose, mouvements sociaux…
Autant d’éléments qui peuvent renforcer l’incertitude et freiner l’acte de donation. «Les gens sont préoccupés par leur avenir, à juste titre», constate Patrice Blanc, tout en leur demandant «de ne pas oublier le présent non plus». Car les besoins restent importants: «dans quelques endroits, la situation s’améliore, mais dans beaucoup d’autres, elle reste tout aussi alarmante», alertait-il en mars dernier, citant l’exemple de retraités, dans les milieux ruraux, «qui parfois ne peuvent même pas se permettre de se déplacer jusqu’au centre le plus proche».
https://www.lefigaro.fr/social/les-rest ... 9-20191223

