Du jamais vu depuis les premières analyses réalisées en 1996.
Source:L'Express.
Les derniers chiffres du chômage montrent une hausse record de 7,1% du nombre de chômeurs en mars. Cela représente 246 100 demandeurs d'emplois en plus, selon Pôle emploi. C'est simple, depuis les premières analyses en 1996, jamais le nombre de demandeurs d'emploi n'avait autant augmenté en un mois.
Sur le premier trimestre, la hausse reste faible (+0,7%) car ce nombre avait fortement baissé en janvier et février. Du fait d'une diminution du nombre de demandeurs d'emploi en activité réduite (catégories B, C) l'effectif A, B, C augmente moins fortement en mars (+177 500, soit +3,1%) et reste stable sur le trimestre à 5,744 millions.
"Forte hausse des entrées" et "très forte baisse des sorties":
"Compte tenu du caractère inhabituel de la situation actuelle", Pôle emploi et la Dares (service statistique du ministère du Travail) ont publié, en plus des chiffres trimestriels, "une note sur les évolutions intervenues sur le seul mois de mars".
L'accroissement des effectifs inscrits en catégories A, B, C en mars "provient à la fois d'une nette augmentation des entrées à Pôle emploi (+5,5 %) et d'une très forte baisse des sorties (-29,0%)", soulignent-ils dans un communiqué.
"Les entrées pour fins de mission d'intérim et fins de contrats courts sont en hausse, la mise en place du confinement ayant conduit à des non-renouvellements ainsi qu'à de moindres nouvelles embauches de courte durée", expliquent-ils.
"La plupart des motifs de sorties se replient, notamment les défauts d'actualisation, qui recouvrent généralement pour partie des reprises d'emploi non déclarées à Pôle emploi, mais aussi les reprises d'emploi déclarées, les entrées en stage ou en formation, ainsi que les radiations administratives", ajoutent-ils.
Le gouvernement veut "adapter" les règles de l'assurance chômage:
Le ministère du Travail a annoncé dans un communiqué publié dans la foulée de ces chiffres vouloir engager "une réflexion avec les partenaires sociaux" pour "adapter rapidement" les règles d'assurance chômage face à la "situation exceptionnelle" créée par le coronavirus.
Les syndicats réclament unanimement, déjà avant la crise sanitaire, et encore plus depuis, que le gouvernement abandonne entièrement sa réforme de l'assurance chômage. L'entrée en vigueur du 2e volet a été reporté à septembre.
Un salarié sur deux au chômage partiel:
Par ailleurs, plus d'un salarié du secteur privé sur deux est désormais concerné par le chômage partiel, ce qui a permis de limiter jusqu'ici la hausse des inscriptions à Pôle emploi alors que les embauches chutent. Mercredi 22 avril, la barre symbolique des dix millions de salariés en chômage partiel a été franchie. Ce dispositif, qui permet au salarié d'être indemnisé à hauteur de 84% du salaire net, a été demandé à l'Etat par 820 000 entreprises, soit plus de six sur dix.
La crise du coronavirus a mis un coup d'arrêt à de nombreux secteurs professionnels, notamment l'hôtellerie-restauration et le BTP, où 9 salariés sur 10 sont au chômage partiel. Le coût global du chômage partiel est estimé à 24 milliards d'euros - deux-tiers pour l'Etat, un tiers pour l'Unedic - sur la base d'une durée de chômage partiel de trois mois. Les délais de remboursement à l'entreprise sont de "7 à 10 jours", selon Muriel Pénicaud, à partir du moment où celle-ci a fait sa demande de paiement, ce qu'une entreprise seulement sur deux a fait pour le moment.
https://www.lexpress.fr/actualite/socie ... 24723.html

