jabar a écrit : 30 avril 2020 16:46
Vous vous questionnez vraiment les gars ? Les luttes ne sont pas exclusives. Se battre contre ce virus n'exclue pas de se battre contre le tabac. Certains s'empêchent de penser au détail, il faudrait résoudre tous les maux de la terre en bloc.
Le virus on ne choisit pas de l'attraper. Le tabac et l'alcool sont des fléaux mais qui ne sont en rien comparables: parce qu'ils procèdent de choix individuels, parce qu'ils engluent les luttes dans des considérations culturelles et économiques. Lutter contre l'alcool, c'est lutter contre le terroir, une partie de l'identité française. On ne pourrait pas décréter du jour au lendemain que l'alcool est interdit sans devoir se taper une guerre civile.
Que faire ?? Information, prévention, hausse des prix, emprunter des chemins de traverse, tuer à petit feu faute d'autre choix.
Mais le virus personne n'en veut, personne ne le consomme par plaisir. L'alcool ne contamine pas. On n'en meurt pas dans les 3 ou 4 semaines qui suivent. La comparaison est absurde.
Je vois deux points principaux dans ce que vous énoncez. D'une part, l'on peut se battre contre plusieurs fléaux à la fois. D'autre part, comparaison n'est pas raison.
Pour ce qui a trait au premier point :
Il y a quantité de manières de se battre. Bloquer toute une économie mondiale (avec les conséquences dramatiques qui vont avec pour certains peuples) afin de palier aux effets d'un virus dont la mortalité n'a rien de "génocidaire" est certainement contre-productif. Combien de gens vivant déjà dans la pauvreté vont s'appauvrir encore plus et souffrir toujours plus de leurs conditions de vie précaires. Combien vont mourir de faim. Combien de pays déjà pauvres vont encore plus s'appauvrir avec tous les drames (qui ne seront pas comptabilisés) qui vont avec.
Imaginons-nous utiliser les mêmes méthodes chaque année durant la période de la grippe (10 à 15 000 décès annuels me semble t-il). Certes elle est moins contagieuse et tue moins, mais quel est le seuil ? Pourquoi ne pourrait-on pas arguer de la nécessité de sauver des milliers de vies en bloquant tout le pays (une vie perdue par la grippe vaut-elle moins qu'une perdue par le covid19 ?)
Comme disait Yann Moix, ce que cela révèle, c'est que notre société a peur d'affronter la mort. Un virus dont le taux de mortalité reste très faible comparativement à d'autres fléaux qui ne sont pas combattus, suffit à paralyser une planète entière, ce qui aura pour effets d'engendrer de nouveaux drames.
Pour ce qui a trait au second point :
Comment justifie t-on la nécessité de confiner le pays ? A partir de chiffres uniquement (nombre de personnes touchées, nombre de personnes hospitalisées et, au final, nombre de morts). De ce fait, ce qui motive la prise de décision, c'est uniquement les conséquences en terme de décès.
Vous ne pouvez donc pas balayer d'un revers de main les chiffres liés à l'alcool et le tabac en discourant sur ce qui relève de détails qui ne changent rien à la donne (selon quoi ce ne serait pas contagieux, ce qui est faux et/ou qu'il faut + de temps pour en mourir, ce qui est faux également au vu des nombreux accidents qui ont lieu à cause de l'alcool, entre autres).
Concrètement, le tabac et l'alcool tuent + que le coronavirus (peu importe qu'ils soient moins contagieux ou autres, les chiffres, uniquement les chiffres) et pourtant les interdire aurait bien moins de conséquences désastreuses sur l'économie du pays. Nous avons fait le choix de nous attaquer à un problème + mineur en utilisant des solutions + extrêmes. Voilà clairement là où réside le problème de logique.