Une évolution favorable des plus hauts salaires
Comme les mieux payés le sont pour leur capacité de valorisation du capital et se trouvent ainsi fortement liés aux intérêts de ce même capital, leur part dans l’ensemble des salaires n’a pu que progresser fortement au cours des 40 dernières années qui ont fait basculer la balance du pouvoir progressivement vers ces intérêts. C’est ce que confirme l’Insee, qui publie l’évolution de cette part pour chacune des trois catégories depuis 1967, autrement dit au cours des cinq dernières décennies.
La part réservée aux plus hauts salaires a reculé jusque dans les années 1990, puis elle n’a cessé de remonter. En 2017, la part du « top 1 % » est de 8 % de l’ensemble des salaires versés. Autrement dit, 8 % de la masse salariale du privé est réservée à 1 % des salariés. Ce niveau est du jamais vu depuis 1969 et il est supérieur de 1,2 point au niveau le plus faible de ces 50 dernières années, enregistré en 1996.
Là encore, ce sont les plus riches d’entre les plus riches qui ont davantage tiré leur épingle du jeu. Le « top 0,1 % » capte en 2017 2,3 % de l’ensemble de la masse salariale versée dans le privé, soit 23 fois son poids numérique. Un tel niveau, atteint en 2016, est inédit au cours du précédent demi-siècle, à l’exception de 2007, juste avant la crise financière. En 1967, ils ne captaient que 1,9 % de la masse salariale et ce chiffre est même tombé à 1,3 % en 1980.
Cette étude est donc intéressante à plus d’un titre. D’abord, elle permet de montrer que le néolibéralisme n’a pas que creusé les écarts entre les salariés et les détenteurs du capital, mais il a aussi creusé l’écart entre les salariés. Au reste, cet écart s’est d’autant plus élargi que les salaires rémunéraient des fonctions « utiles » au capital. D’une certaine façon, cela explique aussi la présence d’un certain nombre de sportifs professionnels dans ce « top 1 000 », dans la mesure où la valeur salariale de ces derniers est directement liée à la valorisation capitalistique des entreprises qui les embauchent puisqu’ils en sont les actifs principaux, non pas tant en tant que joueurs proprement dits qu’en tant que « porteurs d’image ». C’est en effet cette image qui est ensuite à la base de la rentabilité des entreprises qui l’exploitent.
Dans ce cadre, il convient toujours de relativiser la pression exercée sur les salaires au nom de la « compétitivité ». Comme le montre cette étude, cette pression ne s’exerce que sur la partie basse de la hiérarchie salariale. La partie haute, celle qui rémunère ceux qui sont précisément chargés, directement ou indirectement, d’organiser cette course à la compétitivité-prix, est très largement bénéficiaire de cette politique.
Pour corriger ces divergences a posteriori, la fiscalité demeure un des moyens les plus efficaces. Si la France a maintenu un niveau d’imposition important sur les hauts revenus, ce dernier est nettement moins progressif que dans les années 1980. À l’époque, le taux marginal d’imposition sur le revenu était de 65 %. Il est aujourd’hui proche, mais en prenant en compte la CSG, qui est un impôt proportionnel payé par l’ensemble des salariés. Autrement dit, l’impôt est bien moins proportionnel aujourd’hui que voilà trente ans. Cela conduit encore une fois à s’interroger sur les choix de l’actuel gouvernement de supprimer l’ISF, un impôt (légèrement) correcteur et sur l’établissement d’une « flat tax » (le PFU) de 30 % sur les revenus du capital, qui constitue un véritable appel d’air pour se faire rémunérer en revenus du capital plutôt qu’en revenus du travail pour les dirigeants, autrement dit pour les plus hauts salaires.
La hausse des versements de dividendes en 2018 semble confirmer cette situation. Et le choix de baisser l’impôt sur le revenu pour les deux premières tranches apparaît in fine comme une petite compensation de cette opportunité pour les plus riches.
Mais la question qu’a posée le confinement est bien celle de la correction a priori de ces inégalités. Les données de l’Insee viennent prouver que ce qui est récompensé n’est pas l’utilité sociale des métiers, mais leur utilité pour le capital. Le désarmement de la masse des salariés par les « réformes structurelles », la sous-traitance et le chômage a conduit à réduire la valeur relative de ces salaires et a favorisé celle des cadres les plus importants des entreprises. C’est donc globalement en retrouvant une capacité de peser que ces métiers pourront récupérer la part des salaires qui est allée aux plus hauts revenus. Bref, c’est bien en inversant les politiques en faveur du capital que l’on corrigera cette logique qui favorise une certaine catégorie de citoyens et de métiers au détriment du plus grand nombre et des métiers utiles pour la société.
En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
- Bertrand
- Posteur Giganovesque

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En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
https://www.mediapart.fr/journal/france ... _article=2
Je suis en réalité un petit magicien noir. Et nul ne peut voir mon vrai visage!
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
N'écoutez surtout pas ma musique! : https://www.youtube.com/watch?v=uaRHCKHU2Pw
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Brouette
- Posteur Giganovesque

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Re: En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
En gros la mondialisation profite aux riches au détriment de tout le reste de la population, et encore ici on ne parle de pas rente.
Un gouvernement des élites, par les élites , pour les élites, vive la démocratie!
- coincetabulle
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Re: En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
et ces mêmes hauts salaires demandent actuellement à ce qu'on baisse le salaire des petits. quel monde merveilleux
le chômage n'augmente pas, il y a un manque d'emploi.
Muriel Penicaud ministre du travail. France-Inter le 30/07/2018.
"y a pas que les bonbons qui font tomber les dents" célèbre citation de la BAC nantaise.
Muriel Penicaud ministre du travail. France-Inter le 30/07/2018.
"y a pas que les bonbons qui font tomber les dents" célèbre citation de la BAC nantaise.
- petitloup44
- Posteur Giganovesque

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Re: En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
sourire , je ne crois pas que cela soit une découverte , et en vérité qui l ignore peronne .et qui s en balance tout le monde ;coincetabulle a écrit : 08 juin 2020 17:47 et ces mêmes hauts salaires demandent actuellement à ce qu'on baisse le salaire des petits. quel monde merveilleux
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capochef99
- Posteur Giganovesque

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Re: En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
Et cela ne comprend pas les revenus des commerces de la drogue

Re: En France, les salaires les plus élevés sont au plus haut depuis 50 ans
Quand la croissance est là ,elle l'est pour tt le monde .CAD que 3 % pour les petits salaires n'ont pas le mm impact que pour les gros .C'est mathématique .