Des familles réclament le remboursement des frais de scolarité.

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Crapulax
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Des familles réclament le remboursement des frais de scolarité.

Message par Crapulax »

Des familles font appel à un avocat pour connaître la marche à suivre.

Étudiants et parents qui s’estiment lésés par un enseignement à distance jugé décevant, veulent récupérer leur mise.

Cette mère de famille ne décolère pas.

«Pendant le confinement, les seuls cours qui ont été dispensés à mes deux enfants, qui sont en école de commerce et d’ingénieurs, sont des documents PDF reçus par mail». Il y a quelques jours, elle a contacté les deux établissements de ses enfants pour demander le remboursement d’une partie des frais de scolarité. Se voyant opposer une fin de non-recevoir, elle a pris contact avec un avocat qui la conseille désormais dans ses démarches.

«Avec des frais de scolarité dépassant les 9000 euros l’année, mes enfants ont dû emprunter à la banque pour pouvoir y entrer. Mais cette année, nous constatons une inadéquation choquante entre la qualité des cours et le prix payé: c’est une énorme injustice pour eux», attaque-t-elle.

Il n’est plus rare désormais que des familles se mobilisent pour obtenir le remboursement d’une partie des frais de scolarité, jugeant trop légère la prestation assurée par ces écoles durant le confinement. «De plus en plus de parents m’appellent pour me poser des questions, ils veulent savoir s’ils sont dans leur droit et quelles sont les démarches à effectuer pour ces demandes de remboursement», confirme Maître Valérie Piau, avocate spécialiste en droit de l’éducation. Si en France, des voix commencent à se faire entendre, aux États-Unis, selon un article d’ABC news, 50 universités dont la faculté de droit d’Harvard, ont reçu des demandes de remboursement émanant d’étudiants privés de cours en présentiel et demandant un remboursement de leurs frais de scolarité.

Des pétitions et autres demandes informelles:

Martin*, 18 ans, a payé plus de 20 000 euros pour étudier 9 mois à San Diego aux États-Unis, via Education First. Contraint de rentrer avant la fin de son séjour en raison de la situation sanitaire, il espère se faire rembourser environ 6000 euros. Mais il n’a aucune nouvelle de cet organisme de séjours linguistiques. «J’ai essayé de les appeler, je leur ai envoyé des mails, je les ai contactés sur Twitter, rien: ils font les sourds, les aveugles et les muets. J’ai dû m’endetter à la banque pour pouvoir payer et il me semblerait normal d’être dédommagé», témoigne-t-il, déprimé par sa situation.

Ses camarades, dans la même situation que lui, ont fait appel à un avocat afin de faire pression sur l’entreprise.

Marine*, étudiante dans une grande école d’ingénieurs privée, s’estime également lésée. Selon elle, son établissement n’a pas fait le nécessaire pour assurer la continuité pédagogique dans de bonnes conditions. «Nous n’avons eu aucun cours en visioconférence. Nous recevions des consignes par mail et devions uniquement rendre des dossiers papiers. Les professeurs et l’école nous ont laissés dans la panade, nous n’avons eu aucun accompagnement», témoigne l’étudiante, qui a demandé à son école le remboursement d’une partie de sa scolarité, sans obtenir de réponse.

Pour se faire entendre, certains jeunes ont décidé d’unir leurs forces. Des étudiants de l’Université catholique de l’Ouest (UCO) réclament un dédommagement de leur établissement dans une pétition signée par plus de 250 élèves. «Nous n’avons eu que très peu de cours en visioconférence ni de suivi concret et correct de la part d’une grande partie de nos enseignants (…). Nous n’avons plus accès au matériel de l’université. La moitié de nos cours n’existent plus. Le suivi promis par l’établissement est absent», écrivent-ils dans ce document publié sur Change.org.

Même demande des parents et élèves de la grande école de commerce Rennes School of Business qui réclament, dans une pétition signée par une centaine de personnes, le dédommagement d’une partie des frais de scolarité. «N’ayant pas payé (…) pour obtenir des cours en ligne, nous souhaitons un minimum de dédommagement (…). À travers ces vidéos, nous allons perdre la qualité des cours puisque nous n’aurons plus d’interaction: ce pour quoi nous payons les cours» (sic), accusent-ils.

Thomas*, l’un des signataires de la pétition destinée à la direction de l’UCO, explique la démarche: «Beaucoup de nos cours n’ont pas pu aller à leur terme. Certains n’ont même pas pu se poursuivre du tout pendant le confinement: je pense notamment à des travaux dirigés où nous devions travailler sur des logiciels auxquels nous ne pouvions pas avoir accès de notre domicile». À l’Université catholique de l’Ouest comme à Rennes School of Business, l’administration a refusé la demande de ses étudiants. «Certains professeurs étaient même scandalisés par notre requête, et ils nous l’ont fait savoir», raconte Thomas. Contactés par le Figaro, les établissements ciblés par ces pétitions n’ont pas souhaité s’exprimer.

Non, elles ne rembourseront pas les étudiants:

D’autres écoles, elles, assument publiquement leur choix. Non, elles ne rembourseront pas les étudiants qui font des demandes de dédommagements. C’est le cas de la grande école de management EM Strasbourg, qui a pour l’heure reçu deux requêtes d’étudiants pour une restitution d’une partie des frais de scolarité. «Le contrat moral qui nous relie à nos étudiants est basé sur la qualité du diplôme, sur notre capacité à apporter des compétences, non sur les modalités pédagogiques de cette délivrance. Nous considérons que pendant la période du confinement, nous avons trouvé des solutions permettant de ne pas affecter la qualité des diplômes.

C’est pourquoi nous avons donc rejeté ces demandes», clarifie Herbert Castéran, le directeur général de l’EM Strasbourg.

«La valeur de nos enseignements n’a pas baissé et nos professeurs se sont autant voire plus investis pendant le confinement»
......Stéphanie Lavigne, directrice générale de Toulouse Business School (TBS)

Un avis partagé par Stéphanie Lavigne, la directrice générale de Toulouse Business School (TBS). Si elle n’a encore reçu aucune demande de dédommagement, la dirigeante affirme une position très ferme sur le sujet: «La valeur de nos enseignements n’a pas baissé et nos professeurs se sont autant voire plus investis pendant le confinement, pour répondre à tous les mails et à toutes les demandes de leurs étudiants. Il n’y a donc pas de raison que nous remboursions une partie des frais de scolarité», argue-t-elle.

«Il faut être très factuel dans sa demande»:

Pourtant, pour Maître Valérie Piau, avocate spécialiste en droit de l’éducation, les familles ont tout à fait le droit de réclamer un dédommagement si les enseignements n’ont pas été suivis intégralement. Elle recommande tout d’abord aux étudiants d’écrire un mail ou un courrier, en leur nom, à leur établissement. «Lorsqu’on fait sa demande, il faut être très factuel. Combien d’heures de cours devait-il y avoir dans telle ou telle matière? Combien y en a-t-il eu réellement? Il faut quantifier les enseignements à distance qui ont été fournis et les comparer au contrat qui a été signé avec l’école», conseille-t-elle.

Si l’établissement refuse de répondre ou si le retour est négatif, les familles peuvent alors, par le biais d’un avocat, faire un courrier sous forme de mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. «Les associations de consommateurs peuvent également les aider, tout comme la direction de la concurrence et des fraudes. Si c’est un diplôme d’état, les familles peuvent également alerter le médiateur de l’éducation nationale. Ce qu’il faut, c’est essayer de sortir du huit-clos entre l’élève et l’école», conseille Maître Valérie Piau.

L’avocate spécialisée en droit de l’éducation recommande d’ailleurs aux familles de se regrouper le plus possible, afin de se faire entendre. «En dernier recours, après la mise en demeure de l’avocat ou la tentative de négociation, les familles peuvent saisir le tribunal», ajoute Maître Valérie Piau.

Quels frais de scolarité à la rentrée?

Une autre question reste pour l’instant en suspens: celle des frais de scolarité que les étudiants s’apprêtent à payer en septembre. De nombreux établissements privés d’enseignement supérieur ont déjà annoncé que certains cours se dérouleraient entièrement à distance, sans bouger leurs tarifs pour autant. Ce qui commence à agacer les étudiants. «Nous allons probablement suivre plus de 25% des cours à domicile. S’ils nous sont dispensés de manière aussi incomplète que durant le coronavirus, je ne vois pas pourquoi nous devrions payer plein pot», estime Marine, étudiante dans une école d’ingénieurs privée.

Mais pour ces établissements privés, il n’est pas question de rogner les frais de scolarité facturés aux étudiants. «En faisant un peu d’enseignement à distance, nous ne bradons pas la qualité académique. C’est d’ailleurs un virage que nous avions déjà commencé à prendre avant même le coronavirus. L’école de demain, ça ne sera plus 100% des cours en face-à-face, et ça n’en dégradera pas pour autant la qualité du diplôme», justifie Stéphanie Lavigne, directrice de TBS.


*Tous les prénoms des étudiants ont été changés afin de préserver leur anonymat.
Source:Le Figaro.
https://etudiant.lefigaro.fr/article/co ... 78d89a94f/
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Re: Des familles réclament le remboursement des frais de scolarité.

Message par Fonck1 »

sous critère de covid, il n'y aura rien qui va se passer.
l'état a déjà pris les devant pour ne pas qu'on l'accuse, pensez le bien.
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Re: Des familles réclament le remboursement des frais de scolarité.

Message par vincent »

Fonck1 a écrit : 23 juin 2020 11:23 sous critère de covid, il n'y aura rien qui va se passer.
l'état a déjà pris les devant pour ne pas qu'on l'accuse, pensez le bien.

l' important.........c 'est que l' avocat en prenne un max ( d euros )
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Crapulax
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Re: Des familles réclament le remboursement des frais de scolarité.

Message par Crapulax »

........................................La facture ne passe plus dans un fleuron de l’enseignement privé parisien.....................................


Selon nos informations, des parents d’élèves de l’École Internationale Bilingue Primaire Monceau ont mis en demeure l’établissement de leur rembourser les frais d’inscription payés pendant le confinement. Une demande qui cache peut-être un conflit plus complexe.

Bienvenue à l'École Internationale Bilingue...

Cet établissement scolaire privé dit « Monceau », qui accueille les maternelles et les primaires dans le VIIIe arrondissement, bénéficie d'une réputation flatteuse dans les milieux aisés depuis de nombreuses années. Y sont scolarisés - entre autres - enfants de ministres, de diplomates internationaux ou de bonnes familles.

Sur sa fiche Wikipédia, ce groupe scolaire qui va jusqu'au lycée se vante ainsi d'avoir accueilli Eva Green, Nicolas Bedos, Salomé Lelouch… Mais voilà, ce monde habituellement feutré est en proie à une fronde depuis plusieurs semaines de la part de parents excédés d'être pris pour des « vaches à lait, et non des parents d'élèves ».

La continuité pédagogique en temps de Covid-19 semble avoir été le déclencheur d'une crise plus profonde qu'il n'y paraît. Pour plusieurs familles - une dizaine selon nos informations, dont trois se sont attaché les services d'un avocat - les deux mois de confinement et la période de déconfinement qui s'est ensuivie n'ont en effet pas été à leur goût d'un point de vue pédagogique, alors qu'ils déboursent 2 200 euros chaque trimestre, plus 15 euros par jour de cantine. Une cantine qui leur a d'ailleurs été facturée pendant le confinement (remboursée depuis, selon la direction).

« En lieu et place des 7 heures de prise en charge quotidienne, ma fille en maternelle a eu 45 minutes de cours le matin et une grosse demi-heure d'anglais l'après-midi avec tous les enfants de sa classe en visio en même temps, une minute par enfant ce n'est pas normal », s'insurge Yves Derisbourg, qui avec plusieurs autres parents a mis en demeure, via un avocat, la prestigieuse institution afin de réduire l'addition de 75 %.

« C'est scandaleux, ils nous font payer tous les frais habituels alors qu'ils ne les ont pas eus sur la période, qu'une bonne partie du personnel était au chômage partiel et que l'enseignante de ma fille est payée par l'Education nationale », constate amèrement, ce père qui a dû payer une baby-sitter pendant le confinement pour pouvoir continuer à exercer sa profession.

« Demander aux élèves d'envoyer des dessins, ce n'est pas de la pédagogie »:

« Demander aux élèves d'envoyer des dessins, ce n'est pas de la pédagogie quand on se dit être une école bilingue de réputation internationale », ironise ce parent en colère contre une institution à qui il ne fait plus confiance. « Cette attitude plus qu'inappropriée a largement surpris mes clients en ce qu'elle ne correspond pas aux valeurs de rigueur et de probité que votre établissement prétend inculquer », souligne d'ailleurs la mise en demeure de l'avocat des familles.

Un point de vue que réfute catégoriquement la direction. « Notre école Monceau accueille un peu plus de 900 enfants. On a eu une mise en demeure d'avocat de la part de trois familles sur la totalité de notre école. Il n'y a eu aucune autre demande en ce sens. On n'arrive jamais à faire l'unanimité », regrette Jean-Xavier Moreau le directeur général de l'EIB.

« Tout le monde a reconnu qu'on avait bien géré cette crise en assurant chaque jour des cours à distance aussi bien en français et en anglais », ajoute le dirigeant qui refuse de rembourser les frais d'inscription. Ce dernier fait notamment valoir le loyer important de l'établissement situé à la limite du parc Monceau et les frais dus aux nouveaux protocoles sanitaires. Seuls les personnels de ménage et de cantine auraient bénéficié du chômage partiel, précise encore la direction.

« Ils auraient pu faire un geste commercial. Les profs ont certes fait le job avec les moyens qu'elles avaient mais c'est l'école qui n'a pas assuré », nous confie un autre père de famille attristé, car lui-même ancien élève et attaché à cette institution. « L'intégralité des frais qu'ils nous déclarent avoir eus est à prouver mais ils refusent de montrer les factures… », abonde ce chef d'entreprise.

« On ne peut pas confier ce qu'on a de plus cher au monde à des gens qui vous mentent »:

Mais derrière cette querelle d'argent, un conflit plus profond semble percer. « Des parents sont écœurés par les méthodes de l'école. On ne peut pas confier ce qu'on a de plus cher au monde à des gens qui vous mentent. Tout ce qu'ils ont promis n'a jamais été fait », assure Yves Derisbourg.

De quoi parle-t-il ? Les complaintes de parents, que nous avons pu consulter dans des échanges par mails, se sont multipliées depuis plusieurs mois. Absence de gymnase ou de cours d'EPS, pourtant obligatoires pour un établissement privé sous contrat, pas de préau contre la pluie devant les portes, déficit de sécurité, manque de fournitures dans les classes… La liste des doléances apparaît longue pour un établissement à la réputation internationale.

« On a le sentiment d'un dégagement de marges mais qui ne va pas au profit des enfants », ajoute un parent d'élève, dans un vocabulaire économique. Dans la classe de sa fille, six enfants sur trente seraient sur le départ. « Notre établissement est fonctionnel mas pas luxueux », se défend Jean-Xavier Moreau.

Selon les parents que nous avons contactés, la dégradation constatée coïncide peu ou prou avec le rachat récent de cette école par un conglomérat international, le groupe Globeducate, détenu aujourd'hui par le fonds de pension américain Providence Equity Partners.

Ce géant de l'enseignement privé haut de gamme détient plus de 50 établissements scolaires internationaux et écoles à distance, répartis dans 10 pays et accueillant plus de 25 000 élèves de la maternelle à la terminale.

« L'école fait plus d'1 million d'euros de bénéfices par an mais ce ne sont pas les élèves qui en profitent mais des retraités en Floride », s'énerve un autre parent en colère. Un manque d'investissement réfuté par la direction de l'école parisienne, qui met en avant les équipements récemment acquis pour la transformation numérique de l'établissement.
Source:Le Parisien.
https://www.leparisien.fr/paris-75/la-f ... 354874.php
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