Entre autres projets, la BEI a permis de financer des éoliennes offshore au large de Fécamp.
Source:Le Figaro.
D'une crise à l'autre, la Banque européenne d'investissement entend contribuer au sauvetage des petites et moyenne entreprises du continent menacées par la récession. « Dans la crise du Covid depuis trois mois, l'accent a été mis sur le soutien aux PME, principal vecteur de croissance et où sont les plus grandes vulnérabilités, au plus près de l'économie réelle », explique Ambroise Fayolle, vice-président de la banque de l'Union européenne installée à Luxembourg. Pour ce faire, il a été décidé de bâtir sur le succès du plan Juncker.
Lancé en 2015, pour relancer l'investissement après la crise financière de 2008, le «plan Juncker» prévoyait à l'origine 315 milliards d'euros de financements, enveloppe rallongée à 500 milliards en 2017 jusqu'à la fin 2020.
Six mois avant l'échéance, l'objectif est déjà dépassé, avec 514 milliards de prêts accordés. Le mécanisme permet un effet de levier axé sur la garantie de l'Union européenne, qui permet de démultiplier les fonds publics et privés. Ainsi, un peu moins de 100 milliards de financements propres de la BEI ont permis de mobiliser les 514 milliards déployés au profit de quelque 1400 projets.
La France premier bénéficiaire:
Géographiquement, les fonds ont bénéficié en premier lieu à des entreprises de France (85 milliards d'euros), devant l'Italie et l'Espagne. Rapporté à leur poids économique, c'est, cette fois, la Bulgarie, la Grèce, le Portugal, l'Espagne ou l'Estonie qui en ont le plus profité, une aide appropriée pour les régions les moins riches de l'Europe.
« C'est une réussite de la solidarité européenne », se félicite Ambroise Fayolle. Une dimension mise en avant dans le plan de relance de la Commission face à la crise du Covid.
La BEI veut donc apparaître comme un soutien du tissu de PME, notamment au Sud de l'Europe, en complément des aides des États respectifs. Un fonds de garantie de 25 milliards d'euros a été mis sur pied par les Vingt-Sept, qui doit permettre de lever quelque 200 milliards. Par ailleurs, un nouveau programme, InvestEU, doit reproduire le modèle du plan Juncker sur la période du prochain budget de l'Union 2021-2027, en cours de négociation.
À long terme, la BEI n'oublie pas son objectif de se transformer en «banque du climat » dans le cadre du Green deal européen. La reprise doit être «verte et innovante ». Parmi les exemples de projets soutenus dans le cadre du plan Juncker en France, des fonds ont été alloués au spécialiste des batteries « intelligentes » pour les bus Foresee Power, installé à Chasseneuil-du-Poitou, à la « medtech » Carmat qui travaille sur le cœur artificiel ou à un vaste chantier d'éoliennes offshore au large de Fécamp.
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-e ... s-20200702


