Plus de 4 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux en 2018.

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Crapulax
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Re: Plus de 4 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux en 2018.

Message par Crapulax »

................................En 28 ans, 12 000 lits ont fermés dans les hôpitaux de l’AP-HP... et ce n’est pas fini.............................


La diminution constante du nombre de lits dans les 39 établissements de santé de l’Assistance publique -hôpitaux de Paris (AP-HP), en Ile-de-France, inquiète soignants et syndicats.

De l'espoir à la colère...

Mobilisé depuis bientôt un an et demi contre le « manque de moyens », attentif aux promesses présidentielles quand, en pleine crise du Covid-19, Emmanuel Macron promettait, un « plan massif d'investissement et de revalorisation », pour l'hôpital « quoi qu'il en coûte », le personnel soignant, particulièrement éprouvé en Ile-de-France, semble à nouveau désabusé.

La crispation est telle que les discussions lors du Ségur, cette grande concertation lancée par le gouvernement avec les acteurs du système de santé, n'ont pas abouti. Reportées sine die. « On a rencontré le ministre de la santé et ça s'est mal passé! » s'étrangle Christophe Prudhomme porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) et délégué CGT de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) : « Il est venu avec 6 milliards alors que nous en demandons minimum 15 pour les salaires et les embauches de 100 000 personnes en hôpital et 200 000 en Ehpad en France. Nous lui avons dit de reprendre sa calculette et de revenir avec des vrais chiffres. »

Outre l'augmentation salariale de 300 euros net par mois souhaitée par les syndicats, le sujet de la fermeture de lits fait l'objet d'une inquiétude particulière. La Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), rattachée au ministère des solidarités et de la santé rappelle dans un rapport paru vendredi, que 4200 lits ont été supprimés dans les hôpitaux publics et privés en France en 2018.

«Il faut arrêter de nous vendre l'ambulatoire»:

Une tendance observée au sein de l'AP-HP, plus grande institution hospitalière du pays et premier employeur en Ile-de-France. « Nous sommes passés de 32 000 lits en 1992 à environ 20 000 aujourd'hui », peste Christophe Prudhomme. Soit 12 000 lits fermés en… 28 ans. Les rapports annuels de l'AP-HP en attestent.

Mais la qualité d'un système de santé se résume-t-elle au nombre de lits? « Depuis plus d'une décennie, l'organisation de l'offre de soins évolue : la diminution continue des capacités d'hospitalisation à temps plein s'accompagne d'une hausse importante du nombre de places d'hospitalisation partielle, sans nuitée », analyse la Drees.

Ce que nous venons de vivre a démontré l'importance d'un hôpital public fort»:

Pas de quoi convaincre les syndicats....

« Il faut arrêter de nous vendre l'ambulatoire (NDLR : journée d'hospitalisation sans nuitée), s'agace Christophe Prudhomme. L'essentiel des besoins dans un pays vieillissant comme le nôtre ce sont des séjours à l'hôpital plus longs. » Un avis partagé par Jean-Emmanuel Cabo, du syndicat FO à l'AP-HP. « On est dans le tout ambulatoire, c'est très bien dans certains cas. Mais il y a des récidives importantes. Et, prenons par exemple, une personne âgée victime d'une fracture du col du fémur, elle ne peut pas rentrer chez elle après une intervention… »

Cette évolution est liée à la modification de la prise en charge de certaines pathologies et à des innovations « en matière de technologies médicales et de traitements médicamenteux, notamment en anesthésie », souligne la Drees. Pour autant, soignants et syndicats espéraient vivement que la crise du Covid mettrait un coup d'arrêt à la fermeture de lits.

« Ce que nous venons de vivre a démontré l'importance d'un hôpital public fort, disposant de lits et de soignants en nombre suffisant », écrivent des membres du collectif inter-hôpitaux, dans une tribune parue dans nos colonnes ce dimanche. Comme les syndicats, ils souhaitent un moratoire sur les projets en cours au sein de l'AP-HP, dont le campus hospitalo-universitaire du Grand Paris Nord qui regroupera sur un site unique à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), les activités des hôpitaux Bichat (Paris XVIIIe) et Beaujon (Hauts-de-Seine).

« Le Covid a prouvé une chose : si ces deux établissements de santé avaient fermé, il y aurait eu plus de morts! » assure Jean-Emmanuel Cabo. Pendant cette crise sanitaire inédite, alors que la capacité des 1200 lits de réanimation en Ile-de-France a été atteinte, jusqu'à 2600 lits ont été ouverts. Au plus fort de la crise, début avril, 211 patients de réanimation ont été transférés vers des hôpitaux en province, tant la situation était tendue.

Pour le collectif inter-hôpitaux il n'est donc pas « raisonnable, a fortiori après ce que nous venons de vivre, de faire disparaître plus de 400 lits. Il s'agirait d'une régression majeure de l'offre de soins ». Outre cette perte de « 30% » de lits les syndicats craignent la disparition de « 1200 emplois ». Sur ce point précis, l'AP-HP, contactée, n'a pas souhaité nous répondre.

L'AP-HP ne compte «pas retarder» ses projets:

Autre sujet de discorde :La gériatrie....

« Depuis le début de la pandémie, la direction générale ferme un lit sur deux dans les chambres doubles. Les personnes âgées non contaminées par le virus ont été envoyées en Ehpad, ou dans leur famille. Une fois la crise passée, elles ne seront pas reprises, déplore Jean-Emmanuel Cabo. A l'hôpital La Collégiale (XIIIe) par exemple, cela s'est traduit par une réduction de 29% de l'offre de soins. On est passé de 134 lits à 95, cela entraînera forcément une perte de postes de soignants. »

Même constat au sein de l'hôpital Georges-Clemenceau, en Essonne, où « il y a désormais 54 lits contre 108 au début de la crise du coronavirus », ajoute le syndicaliste. Sur l'ensemble de l'AP-HP, cela correspondrait à « la suppression de 40% des lits, assure Christophe Prudhomme. C'est un scandale. » Dans un article du Monde de mai 2019, l'AP-HP indiquait prévoir « de réduire de 30% à 50% le nombre de ses lits de gériatrie au sein de ses unités de soins de longue durée (USLD) d'ici à 2024. »

Ces USLD ont fortement diminué dans tout le pays, « passant de 80 000 lits en 2003 à 31 000 en 2018, en raison de la transformation de certaines unités en Ehpad », explique la Drees.

Ces projets vont-ils être repensés ? Interrogée sur ce point, l'AP-HP n'émet aucun doute et ne compte « pas les retarder car ils répondent à des besoins réels, [sans] écarter les évolutions qui pourraient résulter de l'analyse de la crise. C'est le processus que nous avons engagé, impliquant largement les équipes médicales et paramédicales. Il est trop tôt pour tirer des conclusions hâtives. »
Source:Le Parisien.
https://www.leparisien.fr/paris-75/en-2 ... 348091.php
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Re: Plus de 4 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux en 2018.

Message par lotus95 »

Victor a écrit : 06 juillet 2020 10:05
lotus95 a écrit : 05 juillet 2020 21:44 la grande majorité des financements provient de la Secu (> 75%) ; ce dont tu parles, c'est peanuts à côté (< 10%) ...
et quoi qu'il en soit, si les "clients" ne diminuent pas, les recettes des complémentaires et TM n'ont aucune raison de baisser non plus.
ces recettes sont basées sur un nombre d'hospitalisations, contrairement à celles de la CPAM qui évoluent tous les ans en fonction des LFSS et qui comprennent une part fixe versée par les ARS

Donc c'est bien la baisse des recettes de la Secu, liée à tous les facteurs que j'ai cités (chômage, allègements cotisations ...), qui explique qu'on serre la vis des hôpitaux depuis des années, que ce soit en fermeture d'établissements, de lits, mais aussi en compression de personnel ;

moins d'hôpitaux et de lits, moins de personnel soignant, et un poids trop important de l'administratif sont les principaux facteurs de la dégradation de la qualité des soins et des conditions de travail du personnel soignant
à cela s'ajoute la tarification à l'activité qui pousse à la surenchère des actes inutiles et à une pression encore plus forte sur le personnel soignant

les politiques ont une lourde responsabilité dans la crise du Covid : 95 hôpitaux et 69 000 lits fermés depuis 2003, avec N. Sarkozy en tête (46 500), F.Hollande (17 500) + les 4000 de ce quinquennat
Non, tu te trompes.
La branche maladie de la sécu, qu'est-ce que c'est ? Une assurance maladie.

Ce n'est pas parce que la sécu, pour des raisons de facilité, règle souvent directement une partie de la facture du patient que c'est la sécu qui finance les hôpitaux. La sécu n'est qu'une assurance sociale.
et alors ? l'assurance maladie fait partie de la Secu ... :] en quoi ça change ce que je disais sur les financements assurés par les cotisations des salariés ?

par exemple, les allègements de charges grèvent les budgets de la Secu et sont en théorie compensés par l'Etat (loi Veil) ; néanmoins ils ne le sont pas à 100%

en réduisant les dépenses d'assurance maladie par la fermeture d'hôpitaux et de lits, l'Etat diminue proportionnellement cette compensation

ce qui revient à dire, comme on sait que les allègements de cotisations s'envolent en majorité dans les dividendes et paradis fiscaux, que les cotisations dédiées à l'assurance maladie et donc au financement des hôpitaux, sont détournés vers des intérêts privés ;

en clair, c'est une diminution de la rémunération différée des salariés ; à défaut de le faire sur les salaires parce que ce serait trop direct et visible, on agit en dégradant la qualité du système de soins, en plus d'augmenter la pression sur le personnel soignant.
À la télé ils disent tous les jours : 'Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.' C'est pas vrai : de l'argent leur suffirait." Coluche
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Victor
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Re: Plus de 4 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux en 2018.

Message par Victor »

lotus95 a écrit : 06 juillet 2020 23:22
Victor a écrit : 06 juillet 2020 10:05
Non, tu te trompes.
La branche maladie de la sécu, qu'est-ce que c'est ? Une assurance maladie.

Ce n'est pas parce que la sécu, pour des raisons de facilité, règle souvent directement une partie de la facture du patient que c'est la sécu qui finance les hôpitaux. La sécu n'est qu'une assurance sociale.
et alors ? l'assurance maladie fait partie de la Secu ... :] en quoi ça change ce que je disais sur les financements assurés par les cotisations des salariés ?

par exemple, les allègements de charges grèvent les budgets de la Secu et sont en théorie compensés par l'Etat (loi Veil) ; néanmoins ils ne le sont pas à 100%

en réduisant les dépenses d'assurance maladie par la fermeture d'hôpitaux et de lits, l'Etat diminue proportionnellement cette compensation

ce qui revient à dire, comme on sait que les allègements de cotisations s'envolent en majorité dans les dividendes et paradis fiscaux, que les cotisations dédiées à l'assurance maladie et donc au financement des hôpitaux, sont détournés vers des intérêts privés ;

en clair, c'est une diminution de la rémunération différée des salariés ; à défaut de le faire sur les salaires parce que ce serait trop direct et visible, on agit en dégradant la qualité du système de soins, en plus d'augmenter la pression sur le personnel soignant.
Je pense que tu n'as rien compris au film.
Si on conserve des lits (et donc aussi du personnel) maintenant inutiles parce que les durées d'hospitalisation diminuent, et bien c'est la qualité des soins qui va diminuer parce qu'au lieu d'acheter des scanners modernes ou de payer des chirurgiens performants et de top niveau, on va continuer à payer tout plein de personnel dont on n'a plus besoin.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville
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