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Racisme policier aux États-Unis : pourquoi un tel écart entre le ressenti et les chiffres ?
VIDÉO. L'emballement médiatique autour de la mort de George Floyd empêche de parler posément et de manière objective des violences policières aux États-Unis. Par Matthew Blackwell* pour Quillette** (traduction par Peggy Sastre)
Modifié le 28/09/2020 à 13:03 - Publié le 27/09/2020 à 15:00 | Le Point.fr
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En mai, la mort de George Floyd, captée par une passante sur une vidéo atroce devenue virale, ravivait l'indignation, et parfois la fureur, de manifestants exigeant des réformes à même de mettre fin aux brutalités policières dont sont victimes les minorités ethniques. Selon un rapport de 2016 du Center for Police Equity, association œuvrant pour davantage d'équité dans les pratiques de police, la police américaine ferait contre les Noirs un usage disproportionné de la force – recours au Taser, par exemple. D'autres recherches ont révélé que les suspects noirs seraient plus susceptibles que leurs homologues blancs d'être malmenés, plaqués au sol, menottés, menacés ou poussés contre un mur lors d'une interaction avec la police. Les préjugés dont souffre la communauté noire semblent s'étendre tous azimuts, des tribunaux à la maternité, où les femmes noires ont dix fois plus de risque que les blanches de se faire enlever leur nouveau-né si un test révèle qu'elles ont consommé de la drogue.
En outre, le versant policier de ces apparentes discriminations a été à l'origine d'un déluge d'émotion et de griefs portés contre la police aux quatre coins des États-Unis, un mouvement galvanisé par des activistes et des célébrités. Avec d'autres, l'actrice Julianne Moore et l'acteur Aaron Paul ont participé à une courte vidéo, réalisée en collaboration avec la NAACP, pour s'insurger contre les « biais systémiques ». Moore implore les spectateurs de comprendre que « les Noirs sont massacrés dans les rues, tués dans leurs propres maisons ». Et Paul d'ajouter : « Les flics tueurs doivent être poursuivis devant la justice, ce sont des assassins. Nous pouvons renverser la vapeur, il est temps de prendre nos responsabilités. » Dans une précédente vidéo de célébrités intitulée Vingt-trois façons de vous faire tuer quand vous êtes un Noir en Amérique, Pharrell Williams, Alicia Keys, Rihanna, Chris Rock, Pink et une myriade d'autres personnalités mentionnaient vingt-trois Noirs tués par la police ou dans d'autres circonstances et demandaient « une transformation radicale pour soigner la longue histoire du racisme systémique et offrir à tous les Américains un droit égal à la vie ».
Données et perception
Mais s'ils sont zélés dans leur activisme, célébrités comme manifestants rechignent à admettre ou même discuter des nuances contenues dans la littérature empirique sur les préjugés raciaux qu'ils dénoncent.
Afin de quantifier les préjugés raciaux dans les meurtres commis par la police, une étude publiée en 2016 dans la revue Injury révélait que les Noirs américains n'étaient pas plus susceptibles d'être blessés ou tués par la police que les Blancs américains lors de contrôles. Et, malgré la conclusion générale du rapport du Center for Police Equity selon laquelle les policiers feraient davantage usage de la force contre des suspects noirs, il constate également que les Noirs ne sont pas plus susceptibles que les Blancs d'être soumis à une force mortelle. En réalité, il observe même que les Blancs courent un risque plus élevé d'être tués lors d'une arrestation. D'autres chercheurs se sont focalisés sur l'usage policier des armes à feu. Une étude ancienne fournissait quelques données attestant d'une disparité raciale, mais pas dans le sens attendu : elle révélait en effet que la police tirait davantage de balles sur les suspects blancs que sur les suspects noirs.
Les choses gagnent encore plus en bizarrerie quand nous essayons de sonder les biais psychologiques des policiers. Dans le cadre d'une série d'expériences de simulation psychologique intense menées à l'université de l'État de Washington, il a été constaté que les policiers avaient une propension à tirer sur des suspects blancs plus rapidement que sur des suspects noirs, et qu'ils étaient également plus susceptibles de tirer sur des Blancs non armés (ces expériences mesurent les différences de temps de réaction en fraction de seconde – ce qui, selon les chercheurs, ne peut relever d'un contrôle conscient). Reste que, ces derniers temps, ce sont les travaux de l'économiste Roland Fryer qui auront suscité le plus d'attention et de discussions.
Lire aussi Phébé – La police américaine, pas aussi raciste qu'on le croit
À la suite d'une première étude révélant que les Noirs non armés couraient un risque plus élevé de se faire tirer dessus par la police que les Blancs non armés, Fryer et son équipe ont rassemblé un ensemble de données plus complet et ont eu recours à une méthodologie innovante pour comparer les interactions policières avec ou sans coup de feu. Une étude arrivant à une tout autre conclusion. « Les résultats sont surprenants », écrit Fryer. « Par rapport aux Blancs, les Noirs ont 23,5 % de risques en moins d'être abattus par la police lors d'une interaction ».
D'où cette question évidente : si les Noirs sont plus susceptibles d'être maltraités lors d'une interaction avec la police, comment est-il possible qu'ils aient moins de chances d'être tués ? Lorsqu'une femme officier de police de Chicago avait été tabassée par un homme noir en 2016, son supérieur, venu la voir à l'hôpital, lui avait demandé pourquoi elle n'avait pas sorti son arme et ne s'était pas défendue alors qu'elle le pouvait. « Elle m'a regardé et m'a dit qu'elle s'était vue mourir et qu'elle savait qu'elle devait tirer sur ce type. Mais elle a choisi de ne pas le faire parce qu'elle ne voulait pas que sa famille ou son service fassent le tour de toutes les infos le lendemain et soient considérés comme coupables. » Si la mort d'un Blanc aux mains d'un policier fait rarement la une des journaux, au contraire, la mort d'un Noir a toutes les chances de générer sans attendre une large couverture médiatique, une flambée d'indignation ainsi que des manifestations, voire des émeutes, pour des semaines ou des mois.
Des militants mal informés
Alors que le doute prévaut parmi ceux qui connaissent les données sur les meurtres commis par la police, l'inerrance semble galvaniser les militants jusqu'à rendre futile toute discussion. Lorsque le journaliste Ami Horowitz avait essayé de dialoguer avec des militants de Black Lives Matter, il avait constaté qu'ils n'avaient quasiment aucune connaissance des données relatives aux meurtres commis par la police et pas la moindre envie de combler leurs lacunes. « Je n'en peux plus, ça me met en colère, je ne veux plus parler », répondra un militant à Horowitz qui essayait de discuter données.
Ce qui n'est guère surprenant, vu ce que nous savons de la psychologie des militants politiques. Après avoir soumis plus de 10 000 personnes à des questions factuelles sur l'état du monde, le feu chercheur Hans Rosling avait constaté que, en moyenne, les militants avaient une image moins précise que le grand public du sujet même de leur action militante. Dans son livre Factfulness, il statue que « presque tous les militants que j'ai rencontrés, que ce soit délibérément ou, plus probablement, à leur insu, exagèrent le problème auquel ils se consacrent ». Ceux qui ont la vision la plus irréaliste et la plus pessimiste d'un problème sont ceux qui sont le plus susceptibles de vouloir faire quelque chose pour y remédier. Comme le souligne Rosling, cela fait des militants les dernières personnes vers lesquelles nous devrions nous tourner pour avoir une idée précise de la cause qu'ils défendent.
Information en cascade
Si cela semble incroyable que le conformisme se manifeste en l'absence de preuves, le phénomène d'une croyance aussi scientifiquement infondée que massivement acceptée n'est guère nouveau. Dans son article « Quand des aveugles guident des aveugles », David Hirshleifer décrit le processus de cascade informationnelle qui permet à des croyances de se répandre dans une population. Parce qu'il est coûteux en temps et en énergie de s'assurer de l'assise factuelle d'une variété de questions, la plupart des gens fondent leurs croyances sur ce que les autres croient plutôt que sur des sources primaires, en partant du principe que les autres sont bien informés. C'est alors qu'un effet boule de neige se produit : la validité d'une croyance augmente à mesure qu'augmente le nombre de croyants. En fin de compte, tout le monde suppose que les autres savent de quoi ils parlent. Et des aveugles en viennent à guider des aveugles.
Ensuite, les cascades informationnelles se renforcent car elles sont liées à nos biais psychologiques et à d'autres mécanismes sociaux. Sur un forum Internet, j'ai récemment vu une partisane particulièrement véhémente de Black Lives Matter en réprimander un autre pour avoir commis ce crime : dire All Lives Matter (« Toutes les vies comptent »). « Des Noirs sont en train de se faire exterminer de ce monde par les mêmes agents des forces de l'ordre qui ont juré de les protéger […] All Lives Matter peut bien aller se faire enculer », avait-elle écrit. Quand je lui ai demandé comment elle en était arrivée à cette croyance, elle s'en est référée aux « innombrables vidéos que les gens postent sur Internet et qui montrent des Noirs innocents subir des violences policières ».
Disponibilité en cascade
Dans les années 1960 et 1970, les spécialistes du comportement Amos Tversky et Daniel Kahneman se mirent à étudier les raccourcis mentaux constituant nos jugements psychologiques. Un de ces raccourcis s'appelle « l'heuristique (ou biais) de disponibilité ». Tversky et Kahneman ont découvert que plus nous nous souvenons facilement de certaines occurrences d'un phénomène, plus nous sommes susceptibles d'en surestimer l'importance et la fréquence. « Les gens ont tendance à évaluer l'importance relative d'un sujet en fonction de la facilité avec laquelle on peut le retrouver lors d'une recherche mémorielle », écrit Kahneman dans son livre Système 1, Système 2 – les deux vitesses de la pensée. Et ce qui se trouve dans notre mémoire, poursuit-il, « est en grande partie fonction de l'étendue de la couverture médiatique ».
Ce que confirment des recherches menées par Sarah Lichtenstein, Paul Slovic et Baruch Fischoff. Par exemple, les médias accordent une attention disproportionnée aux décès dus aux tornades et aux accidents de toutes sortes par rapport à ceux dus à des maladies comme l'asthme ou le diabète. Lichtenstein et ses collègues ont ainsi découvert que les gens croient que les accidents tuent 300 fois plus que le diabète, alors qu'en réalité le diabète tue quatre fois plus que les accidents. On pense aussi que les tornades tuent plus de gens que l'asthme, qu'importe que l'asthme soit vingt fois plus mortel. Les implications de cette heuristique de la disponibilité et de notre saturation médiatique vis-à -vis des Noirs tués par la police devraient être évidentes. Si l'attention médiatique disproportionnée accordée aux tornades les fait paraître des centaines de fois plus dangereuses qu'elles ne le sont en réalité, qu'attendre de la couverture médiatique massive consacrée aux Noirs tués par les forces de l'ordre ?
Par exemple, Ruth Marcus, finaliste du prix Pulitzer, écrit dans le Washington Post que les hommes noirs ont « deux fois et demie plus de risques que les hommes blancs d'être tués par la police ». Un chiffre qui reflète le fait que la population noire représente 14 % de la population américaine, contre 34 % des décès aux mains des forces de l'ordre. Ces chiffres ont beau être corrects, il manque une grosse part de contexte. Les Américains blancs ont deux fois plus de chances d'être tués par la police que les Américains asiatiques après ajustement démographique, mais cela ne reflète pas du racisme à l'égard des blancs. Seulement que les Blancs et les Asiatiques ont des taux de criminalité différents.
Comme les Américains blancs sont plus susceptibles de commettre des crimes que les Américains asiatiques, ils ont deux fois plus de chances d'interagir avec la police et d'être tués pendant ces interactions. Les Noirs américains ont sept fois plus de chances de commettre un meurtre que les Blancs américains, et la majorité des meurtres et des vols aux États-Unis sont commis par des Noirs, même s'ils sont une minorité. Trente-cinq pour cent des agents de police sont tués par un délinquant noir. Comme Roland Fryer et d'autres chercheurs le savent, les niveaux de criminalité sont des variables indépendantes qui doivent être corrigées pour déterminer la variable dépendante dont il est question – la violence policière motivée par le racisme. « Bien sûr, les vies des Noirs comptent autant que n'importe quelle autre vie », écrivait Fryer il y a quelques années. « Mais nous rendons un mauvais service à ce principe si nous n'adhérons pas à de strictes règles de preuve et si nous prenons pour argent comptant des statistiques descriptives du moment qu'elles sont conformes à nos idées préconçues. »
Réputation en cascade
On résume : une couverture médiatique trompeuse joue sur l'opinion publique quand des idées préconçues alimentent un marché de la disponibilité faisant que certaines croyances se développent davantage que d'autres. Ce qui augmente le nombre de croyants et engendre d'autres effets d'information en cascade à mesure que ces croyants accroissent leur influence sur d'autres, et ainsi de suite. Le public comme les médias sont alors moins susceptibles de remettre publiquement leurs croyances en question du fait d'un mécanisme social, la réputation en cascade. Ces cascades de réputation se comportent comme des cascades d'information, mais leur motivation sous-jacente est différente : les gens adoptent publiquement les croyances des autres par nécessité sociale et non pas parce qu'ils y croient sincèrement. Lorsqu'un consensus émerge, la charge de la justification de ses croyances incombe à ceux qui vont à l'encontre de l'orthodoxie, et à mesure que la prévalence d'une croyance augmente, les coûts de la dissidence augmentent eux aussi, provoquant un effet boule de neige dans la falsification des préférences (lorsqu'on ment publiquement sur ce que l'on croit vraiment).
Les conséquences de l'hystérie
Il est possible que des affirmations hystériques et sans fondement produites par des cascades de disponibilité, comme lors de l'affaire des déchets toxiques de Love Canal, aient incité des investigations scientifiques qui, sans cela, n'auraient pas permis au public de prendre conscience de certaines réalités avant des décennies. Il est possible que l'hystérie de ces derniers mois incite les scientifiques et les gouvernements à travailler d'arrache-pied pour comprendre la brutalité policière – ou, à l'inverse, qu'elle détruise l'entreprise scientifique dans ce domaine. L'histoire indique que les Noirs étaient réellement visés par des policiers tueurs durant les décennies passées et l'amplification médiatique et populaire de la question explique en partie pourquoi la situation a changé. En d'autres termes, les cascades de disponibilité peuvent prendre leur source dans des préoccupations légitimes et sensibiliser la population pour ensuite permettre des changements importants.
Par contre, des difficultés surviennent lorsque les effets réticulaires des cascades persistent alors que le problème a été résolu. Laissées à elles-mêmes, elles peuvent devenir complètement incontrôlables. Une soudaine conformité produite par une cascade de disponibilités peut susciter des revendications pavloviennes en termes d'actions gouvernementales – que l'on dira urgentes sans la moindre discussion ni même considération de leurs arbitrages. « Les délires de masse qui s'ensuivent peuvent durer indéfiniment, écrivent Sunstein et Kuran, et peuvent produire des lois et des politiques inutiles ou même nuisibles. » Depuis la mort de George Floyd, nous avons maintes et maintes fois entendu dans les médias comme dans la population des appels urgents à enquêter sur la police, voire à l'abolir. Soit le signe que l'on a bien laissé s'emballer des croyances délirantes.
Les enquêtes sur des accusations de bavures policières sont évidemment importantes, mais pas lorsqu'elles sont menées en réponse aux demandes histrioniques d'activistes mal informés. Une récente étude de 50 pages examine les effets sur la criminalité des enquêtes sur les services de police. Elle observe que la plupart des enquêtes sont suivies d'une réduction des niveaux de criminalité, mais avec une exception notable. Si l'enquête a lieu après une tempête médiatique provoquée par la mort d'un suspect noir, l'effet est une diminution significative du maintien de l'ordre et une augmentation catastrophique de la criminalité. L'article met en garde : « Si le prix du maintien de l'ordre augmente, les policiers ont intérêt à battre en retraite. Et c'est aux Noirs que ce désengagement nuit de façon disproportionnée. »
Les chercheurs ont ainsi mesuré la criminalité dans cinq villes après la mort d'un Noir, tué par la police, et ayant suscité une tempête médiatique et une enquête. Ils estiment que 900 décès supplémentaires, dont la plupart de Noirs, allaient être causés par le retrait des forces de l'ordre et que les taux d'homicide allaient rester élevés des années durant avant de revenir à la normale. Dès lors, dans les circonstances actuelles et contrairement aux objectifs déclarés du mouvement Black Lives Matter, nous devons nous attendre à une augmentation des meurtres de Noirs – sauf qu'ils ne seront pas tués par la police.
Matthew Blackwell est un écrivain australien, diplômé de l'université du Queensland en économie et en anthropologie. Vous pouvez le suivre sur Twitter @MBlackwell27
La police US plus dure avec les noirs , pas évident
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