Victor a écrit : 27 novembre 2020 10:19
On voit bien que ce Léo ferré était un sacré manipulateur de neuneus de première catégorie !
Bien entendu que ce ferré était un exploiteur. Il exploitait l'incroyable naïveté et bêtise de son public !
Oui, il y avait aux concerts de Léo Férré l' équivalent de la Star Ac du XXeme siécle , tous les beaufs en marcel
Son public ,et j' en faisais parti , écoutait par exemple " La Mémoire de la mer" accéssible a un public TRES restreint . Les amoureux d' un poéte chantant Verlaine , Rimbaud , Rutebeuf
Et ne pas oubier la mise en musique du poéme de Louis Aragon "l' Affiche Rouge" , la musique qu' il a composé fait partie des chefs d' oeuvre musicaux .
Ses qualités musicales , son " populisme" pour "neuneu" ....se voit lorsqu'il dirige des orchestres de musique classique
https://grandes-ecoles.studyrama.com/es ... e-7590.htm
Parue en 1970 dans le premier volume de l’album Amour Anarchie, la chanson La Mémoire et la mer de l’auteur-compositeur-interprète Léo Ferré (1916-1993) appartient au patrimoine musical français des chansons à texte. Précisons que celle-ci dure précisément cinq minutes et vingt-neuf secondes, au-delà donc de la durée standard, celle de la norme commerciale.
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Avant tout, appelons-en à la bienveillance du lecteur.
La tâche serait en effet trop ambitieuse, voire irréalisable, de chercher à « expliquer » une chanson remplie de symboles et émaillée de-ci de-là de quelques mallarméismes1 . Combien d’événements devrions-nous connaître de la vie de l’auteur pour nous lancer dans l’« explication » d’une écriture autobiographique camouflée, à savoir une histoire intime hors de la biographie officielle ? Le texte demeure çà et là énigmatique en raison de l’effacement partiel des repères factuels.
Paroles poétiques d’une mémoire éveillée
La muse de la poésie ne cesse d’inspirer La Mémoire et la mer; sa vie durant, la mémoire poétique de Rutebeuf (1230-vers 1285) à Louis Aragon (1897-1982) soutiendra Léo Ferré comme la musique et l’écriture. Ici, il y a une surabondance de réminiscences littéraires : Victor Hugo, qu’il a toujours admiré, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire sont les premiers noms qui viennent à l’esprit. Bien d’autres références sont présentes. Par conséquent, prenons une voie moins périlleuse que l’explication. Ce sera celle d’une lecture de l’une des cinq facultés humaines : la mémoire, plus précisément la mémoire souvenir. Ces souvenirs chantés animent la sensibilité de l’auditeur en l’entraînant à la rêverie en référence à sa propre histoire.
Il s’agit d’un poème d’inspiration surréaliste composé de quatre-vingts hexasyllabes en cinq strophes qui associent allitérations et assonances, paronomases et anaphores, images et évocations d’objets de la perception et, surtout, des impressions mémorables liées à des états d’âme vécus à divers âges, y compris celui des culottes courtes, bien sûr sublimées par le verbe poétique qui nous élève. Or, « […] terrestrement parlant, partout où il y a élévation, il y a grâce2 », pense Henry de Montherlant (1895-1972). Le décor de ces souvenirs rassemblés se situe entre terre et mer. Nombre d’entre eux proviennent de son internat d’enfance et d’adolescence, ainsi que d’une île bretonne qu’habita Ferré avec sa deuxième épouse, Madeleine Rabereau, avec qui il vivra un amour passionné durant presque dix-huit ans3 . Il s’agit de la façade maritime du département de l’Ille-et-Vilaine, plus précisément de l’île côtière du Guesclin, dans la hanse du Guesclin, rattachée à la commune de Saint-Coulomb. Ce paysage maritime bordé par la Manche sert de fond et de trame au poème : paysage pâle, brumeux, tel « le fantôme [de] Jersey » (v. 9), « le froid tout gris qui nous appelle » (v. 24) ou, un an plus tard, dans À mon enterrement (1971): « La nausée de la mer quand revient le jusant4 . » La Mémoire et la mer ne ressemble nullement à un inventaire de brefs souvenirs juxtaposés, à la façon de Georges Perec dans Je me souviens. Au contraire, le poème se déploie en un chant continu suivant une libre association de thèmes et de symboles expressifs. Ici, la mémoire se compose d’impressions et de scènes vécues exprimées à l’aide d’images et d’expressions poétiques. Avant de découvrir quelques images porteuses d’idées, ces dernières thématiquement associées à la mémoire aquatique porteuse d’objets, d’affects et d’états d’âme, notons que le poème ignore la ponctuation, telle la romance d’Apollinaire, La Chanson du mal-aimé (1913), oratorio scénique composé par Léo Ferré en 1952-1953 qu’il interprétera le 29 avril 1954 à l’Opéra de Monaco (sa ville natale), puis enregistrée une première fois dans sa carrière, en 1957, sur disque vinyle 33 tours ; l’absence de ponctuation donne au lecteur une grande liberté d’interprétation, tandis que le spectateur ou le simple auditeur perçoit les scansions du chant accompagnées par la mélodie. Ce qui facilite l’accès au sens, du moins à quelques-uns de ceux présents dans cette poésie polysémique. Car l’interprétation demeure ouverte, donc choisie. Nos associations dirigées suivront les associations libres et oniriques de souvenirs suivant les paroles suggestives de Ferré