Source:Le Figaro.
Déjà fermement engagé dans sa troisième campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon organise le dimanche 7 février dans l'après-midi un nouveau rendez-vous « en réalité augmentée » baptisé : Les forums de l'Avenir en commun.
Des citoyens y interpelleront le leader des Insoumis grâce à une innovation technologique inspirée des fameux hologrammes, introduits dans ses campagnes depuis le 5 février 2017.
Mais le député de Marseille, en tête de la gauche selon un dernier sondage Harris Interactive, est bien conscient que ces solutions trouvées face à la crise sanitaire, aussi innovantes soient-elles, ne remplaceront pas les meetings. L'impossibilité d'en tenir à court terme au moins, voir jusqu'à l'automne, et peut-être même plus tard, nourrit une véritable inquiétude chez lui.
Elle est aussi vive que sa crainte de l'abstention par désintérêt du politique en temps de crise aiguë, a-t-il expliqué mercredi lors d'une conférence de presse de présentation de son programme.
Les meetings produisent un « sentiment de force qui renforce la force »:
« Les réseaux sociaux et les rencontres en ligne, sur Internet, produisent des effets qui peuvent être comparés à ceux des meetings mais ils ne produisent pas la même catharsis, c'est un lourd handicap », a-t-il reconnu.
Ces solutions ne produisent pas, à l'entendre, « le sentiment de force qui renforce la force qui se donne à voir à elle-même ». Jean-Luc Mélenchon, depuis 2012, est largement reconnu pour son talent d'orateur et l'ampleur de ses meetings, à Paris mais aussi dans les grandes capitales régionales.
Il se dit très conscient de « la place qu'ont jouée ces rassemblements dans les deux précédentes campagnes » avec « une dynamique ayant une très grande force de contagion ». « On me dit que ne viennent que les convaincus, peut-être. Mais ces convaincus viennent y puiser de la force et pour la jeune génération, souligne-t-il, c'est parfois le premier contact avec la politique ».
« Un rassemblement, un meeting, insiste Jean-Luc Mélenchon, c'est toujours plus qu'une simple addition de gens dans une salle. Ce sont des boosters, ça secoue, ça amène les gens à réfléchir autrement. Oui, cette difficulté va nous atteindre ».
« J'appartiens à un courant qui a traversé des hauts et des bas assez vertigineux »:
Le candidat des Insoumis se dit aussi très préoccupé par l'abstention. « Si les gens persistent à dire «on s'en fout» , ce pourrait être très mauvais en termes d'abstention. Et cette abstention, si elle s'exprime cette fois à la présidentielle et plus seulement aux élections intermédiaires, elle nous frappera durement nous, spécialement, mais elle frappera aussi tout le système. »
« J'appartiens à un courant qui a traversé des hauts et des bas assez vertigineux et je ne m'en effraie pas », indique-t-il, soucieux de paraître apaisé, aussi bien avec la presse, qu'avec les autres candidats présumés de la gauche.
S'il s'est montré caustique vis-à-vis d'eux au vu de leur faible score dans le sondage Harris, il les a invités à une trêve. Il considère que la maire PS de Paris Anne Hidalgo ou l'écologiste Yannick Jadot pourront prendre « sur l'électorat Macron » et donc « réduire la marche du deuxième tour » pour lui. «
Si la gauche traditionnelle ne cesse de jeter des pierres sur celui qui est en tête, nous reculerons tous », prévient-il. « Nous n'avons rien à gagner à nous jeter des pierres, ni eux ni moi. Si jeter des pierres faisait avancer nos idées je le ferais ».
Emmanuel Macron, « le méprisant de la République»:
Extrêmement critique sur l'action de l'exécutif pendant cette crise sanitaire et économique, Jean-Luc Mélenchon qualifie Emmanuel Macron de « méprisant de la République ».
« Je n'aime pas la pagaille mais ce qu'ils font nous y conduit tout droit », prévient le candidat en pointant « les contradictions du discours officiel entre le matin et le soir », tout ce qui « met le désordre dans les esprits », un ton jugé « infantilisant et menaçant ».
https://www.lefigaro.fr/politique/jean- ... e-20210127

