C'est un délai de deux mois bienvenu pour les personnes concernées par les expulsions locatives.
Source:Le Point.
La trêve hivernale est repoussée et se terminera le 1er juin prochain, fait savoir Emmanuelle Wargon dans Le Parisien. Cette décision a été prise en raison de la crise sanitaire, justifie la ministre du Logement.
« Cette décision de prolonger entraîne aussi une trêve sur les coupures d'énergie suite à des factures de chauffage impayées. Cet allongement est nécessaire compte tenu de la crise.
De toute façon, la force publique ne pourrait pas gérer un si grand nombre d'expulsions et cela poserait un gros problème social. Il est important de donner une nouvelle chance aux foyers en difficulté », explique Emmanuelle Wargon, pour qui il paraît « indispensable de prioriser et d'échelonner les expulsions tout en veillant à ne pas expulser sans solution de relogement ou au moins d'hébergement ».
Un fonds national d'aide aux paiements des loyers et des charges bientôt créé ?
Selon les données de France Info, 30 000 procédures d'expulsion seraient en cours, soit deux fois plus que la moyenne annuelle « habituelle ». Celles-ci ne pourront pas reprendre le 31 mars comme initialement prévu.
« Ce prolongement de la trêve hivernale, acquise par l'abbé Pierre en 1956, est une très bonne nouvelle. Mais à condition d'indemniser les propriétaires et de vraiment mettre à profit ce temps pour aller au-devant des personnes en difficulté, comprendre où elles en sont, les aider à ouvrir des droits, à trouver si besoin une solution de relogement… Sinon, cela ne fera que reculer quelque peu l'échéance », souligne toutefois Stéphane Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, toujours dans Le Parisien.
Dans son rapport annuel, la fondation alerte sur la « double peine », alors que le contexte sanitaire a créé de nouvelles situations de précarité mais aussi aggravé celles des millions de personnes déjà pauvres et mal-logées en France.
Tous les indicateurs compilés par l'association ont viré au rouge: Le Secours populaire a recensé en 2020 une hausse de 45 % des demandes d'aide alimentaire par rapport à 2019, tandis que les Restos du cœur prévoient d'accueillir plus d'un million de personnes cet hiver, contre 875 000 en 2019-2020.
La fondation demande ainsi « la création d'un fonds national d'aide aux paiements des loyers et des charges de 200 millions d'euros », expose Stéphane Robert. Une proposition « étudiée » par les autorités, précise Emmanuelle Wargon.
https://www.lepoint.fr/politique/logeme ... 162_20.php

