es statistiques indiquent une hausse des passages aux urgences pour les moins de 15 ans pour des motifs psychiatriques, notamment pour des gestes suicidaires. Pour les pédopsychiatres, les enfants n’échappent probablement pas aux répercussions de la crise sanitaire sur leur vie, ni à l’angoisse de leurs parents.
C’est une fillette qui pleure, tout le temps. Elle a des idées noires. Angèle Consoli, pédopsychiatre, l’a reçue à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Des jeunes patientes comme elle, elle en voit plus souvent qu’à l’accoutumée en cette période de pandémie. « Notre service est le plus grand de France, nous avons toujours une liste d’attente pour les hospitalisations, explique-t-elle. Là , la liste est énorme. On a plusieurs appels par jour, on sélectionne, on renvoie chez eux des ados qui devraient être hospitalisés. C’est extrêmement éprouvant. Cela exacerbe les tensions que nous connaissions déjà . »
Anxiété, troubles du comportement, gestes suicidaires… Au CHU de Montpellier, la demande de soins en pédopsychiatrie a aussi fortement augmenté. « C’est sensible depuis octobre, avec une hausse de 40 à 50 % des passages aux urgences pour motifs psychiatriques », précise Diane Purper-Ouakil, professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Le téléphone sonne également avec plus d’insistance au numéro de l’association Phare, qui aide des parents confrontés au mal-être de leurs enfants. « C’est flagrant », constate Thérèse Hannier, sa présidente.
https://www.la-croix.com/Sciences-et-et ... 1201148466Ces observations de terrain ont été confirmées par Santé publique France, dont les statistiques montrent notamment une hausse des passages aux urgences pour gestes suicidaires des moins de 15 ans par rapport « aux deux années précédentes » : du 15 au 21 mars, 153 passages ont ainsi été enregistrés contre 95 en 2020 et 119 en 2019 pour la même semaine. Les passages pour troubles de l’humeur, dont la dépression, sont aussi 1,7 fois supérieurs. « Les chiffres des urgences ne sont qu’une partie de la réalité, ils ne prennent pas en compte les consultations », reprend Angèle Consoli.
