Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
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vivarais
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
par le passé pour permettre aux gens de vivre decemment les produits de base etaient fixés par l'état
on n'aurait pas pu voir comme cela à été le cas lors du premier confinement le prix des pates triplé
cela avait été mis en place aprés le scandale spéculatif sur le sucre
on n'aurait pas pu voir comme cela à été le cas lors du premier confinement le prix des pates triplé
cela avait été mis en place aprés le scandale spéculatif sur le sucre
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papibilou
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Et ...?vivarais a écrit : 23 avril 2021 09:01 par le passé pour permettre aux gens de vivre decemment les produits de base etaient fixés par l'état
on n'aurait pas pu voir comme cela à été le cas lors du premier confinement le prix des pates triplé
cela avait été mis en place aprés le scandale spéculatif sur le sucre
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Le sujet principal est surtout celui du logement. Si on se décidait à vraiment encadrer les abus invraisemblables du secteur, la question du pouvoir d’achat serait déjà moins brûlante.
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Re: Peltier Bertrand duo d'économistes ?
Effectivement, bien vu.papibilou a écrit : 22 avril 2021 18:09 Elle existe déjà depuis 2012.
https://www.europe1.fr/economie/les-rec ... 20-4025661
1,7 milliards l'an dernier. Et considérée comme négative pour l'attractivité de la France par la plupart des économistes.
En ce qui concerne ton affirmation "considérée comme négative pour l'attractivité de la France par la plupart des économistes", euh... Je ne suis vraiment pas certain, cela dépend de qui sont "la plupart"...
Après ton post est très trompeur. Ils proposent également de supprimer les cotisations sociales, de faire la chasse aux arrêts maladies, de réduire les retraites, de suspendre l'immigration, de conditionner fortement l'obtention des aides sociales aux immigrés. Enfin bref, un ramassis de bonnes mesures bien merdiques.
Ils prônent également la rigueur budgétaire. De mon point de vue, tu ne peux pas mettre en place une politique économique intelligente en étant un croyant de la doxa budgétaire.
La dette publique est un vulgaire épouvantail qui est mal comprise. Beaucoup la conçoive comme étant un tout, alors que cette dette publique est en réalité un cumul de pleins pleins de "petites dettes". D'un point de vue micro, on rembourse tout à fait convenablement ces "micro dettes" en roulant la dette. D'un point de vue macro, la dette n'a pas pour vocation à être remboursée puisqu'en fait les dettes l'ont déjà été au niveau micro et les prochaines le seront également.
En fait, j'en viens même à me demander avec certaines personnes de mon labo si le concept macro de "dette publique" fait sens.
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Mais derrière cette énorme rente t'as un énorme lobby, un truc intouchable.Kelenner a écrit : 23 avril 2021 10:31 Le sujet principal est surtout celui du logement. Si on se décidait à vraiment encadrer les abus invraisemblables du secteur, la question du pouvoir d’achat serait déjà moins brûlante.
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
C'est avant tout un problème d'offre et de demande, en France l'offre est clairement déficitaire ce qui induit des loyers prohibitifs. Il faudrait construire un max de logements sociaux pour inverser la tendance, ce qui de plus produirait de l'emploi.Kelenner a écrit : 23 avril 2021 10:31 Le sujet principal est surtout celui du logement. Si on se décidait à vraiment encadrer les abus invraisemblables du secteur, la question du pouvoir d’achat serait déjà moins brûlante.
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Re: Peltier Bertrand duo d'économistes ?
La finance est, si l'on réfléchit dans le cadre de notre modèle économique, tout à fait importante et est même essentielle. C'est elle qui donne les pulsations, qui envoie le sang dans les artères de notre économie.jabar a écrit : 22 avril 2021 19:21 La finance n'est pas un domaine qui attire les sympathies. J'y travaille depuis quelques années même si ce n'est pas mon métier originel. Je suis à 1000% pour un poids moindre de la finance dans notre monde, mais reste que notre économie, notre monnaie, est étroitement liée à la finance.
Taxer les transactions financières peut avoir un impact très négatif pour tout le monde.
On pense que cette taxation freinerait la spéculation, en quoi serait-ce une chose bien ? Cela suppose de croire que les acteurs financiers sont des êtres insensés faisant n'importe quoi. Pas du tout.
Non, les effets que cela aurait sont extrêmement difficiles à prédire. Ce qui est sûr, c'est que cette taxation va empêcher certaines transactions de survenir. Cela impactera les petits porteurs mais aussi ... certaines de vos assurances (complémentaire retraite par exemple). La majorité d'entre vous possédez des produits financiers sans le savoir.
Une taxation diminuerait la "qualité" des prix. Parce que vous voyez, les prix reflètent les croyances des investisseurs, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose. Une taxation va tordre cette information jusqu'à retarder une transaction en fonction du coût de la taxe.
Elle aurait aussi un impact sur le trading hautre fréquence, je ne sais pas si c'est une bonne chose ou non (mon intuition me dit que oui mais j'en sais rien). Sans rentrer dans les détails car il y a beaucoup à dire, cette histoire de taxation est beaucoup, beaucoup plus complexe que cette image de taxer les traders pour reverser aux petites gens.
Puis imaginons le paradoxe, taxer la finance pour augmenter les salaires, c'est encore augmenter notre dépendence à elle.
En revanche, les acteurs financiers sont bels et bien exposés à l'irrationnalité et la bêtise crasse (pas tous hein !).
Le prix des actifs reflète les croyances des agents mais on se rend parfaitement compte, à travers la notion de bulle, que le prix des actifs peut totalement être déconnecté de l'économie réelle. L'exemple canonique est celui de la crise des subprimes. Des produits financiers dans lesquels les agents avaient pleinement confiance, énormément d'échanges, des valeurs d'actifs en hausse, en bref une euphorie incroyable et un enrichissement collectif (ou plutôt corporatiste) ! Et puis voilà , on s'est rendu compte que la valeur de ces actifs (titres de dette immobilière) s'appuyait sur rien de concret et là c'est la panique à bord. Tous les détenteurs d'actifs pourris ont recherché la liquidité en même temps, et on comprend vite que si tout le monde veut vendre en même temps et bien personne n'achète... Résultat ? Système financier gelé et crise économique de grande ampleur...
Les acteurs financiers sont, pour beaucoup, assez irresponsables, notamment dans le cadre des banques systémiques qui sont "too big to fail". Une banque systémique peut prendre des risques inconsidérés pour réaliser du profit, soit ça passe et les profits sont énormes, soit ça casse et les Etats (et institutions internationales : FMI, BCE, etc...) seront obligés de les renflouer pour ne pas que tout s'effondre.
On appelle cela la privatisation des profits et la socialisation des pertes, ou encore la subvention à l'irresponsabilité.
Le monde de la finance repose sur une chimère qui est que la valeur des actifs se fixe naturellement au meilleur montant selon "les lois libres et naturelles du marché qui s'autorégulerait". Or, cette fable a été démenti empiriquement par de nombreuses crises financières et explosions de bulles spéculatives.
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Ca parait logique mais en fait ce n'est pas vraiment le cas.Mickey a écrit : 23 avril 2021 16:17C'est avant tout un problème d'offre et de demande, en France l'offre est clairement déficitaire ce qui induit des loyers prohibitifs. Il faudrait construire un max de logements sociaux pour inverser la tendance, ce qui de plus produirait de l'emploi.Kelenner a écrit : 23 avril 2021 10:31 Le sujet principal est surtout celui du logement. Si on se décidait à vraiment encadrer les abus invraisemblables du secteur, la question du pouvoir d’achat serait déjà moins brûlante.
Sinon comment expliquer l'augmentation du nombre de logements vacants ?
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Re: Peltier Bertrand duo d'économistes ?
CrazyMan a écrit : 23 avril 2021 16:22La finance est, si l'on réfléchit dans le cadre de notre modèle économique, tout à fait importante et est même essentielle. C'est elle qui donne les pulsations, qui envoie le sang dans les artères de notre économie.jabar a écrit : 22 avril 2021 19:21 La finance n'est pas un domaine qui attire les sympathies. J'y travaille depuis quelques années même si ce n'est pas mon métier originel. Je suis à 1000% pour un poids moindre de la finance dans notre monde, mais reste que notre économie, notre monnaie, est étroitement liée à la finance.
Taxer les transactions financières peut avoir un impact très négatif pour tout le monde.
On pense que cette taxation freinerait la spéculation, en quoi serait-ce une chose bien ? Cela suppose de croire que les acteurs financiers sont des êtres insensés faisant n'importe quoi. Pas du tout.
Non, les effets que cela aurait sont extrêmement difficiles à prédire. Ce qui est sûr, c'est que cette taxation va empêcher certaines transactions de survenir. Cela impactera les petits porteurs mais aussi ... certaines de vos assurances (complémentaire retraite par exemple). La majorité d'entre vous possédez des produits financiers sans le savoir.
Une taxation diminuerait la "qualité" des prix. Parce que vous voyez, les prix reflètent les croyances des investisseurs, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose. Une taxation va tordre cette information jusqu'à retarder une transaction en fonction du coût de la taxe.
Elle aurait aussi un impact sur le trading hautre fréquence, je ne sais pas si c'est une bonne chose ou non (mon intuition me dit que oui mais j'en sais rien). Sans rentrer dans les détails car il y a beaucoup à dire, cette histoire de taxation est beaucoup, beaucoup plus complexe que cette image de taxer les traders pour reverser aux petites gens.
Puis imaginons le paradoxe, taxer la finance pour augmenter les salaires, c'est encore augmenter notre dépendence à elle.
En revanche, les acteurs financiers sont bels et bien exposés à l'irrationnalité et la bêtise crasse (pas tous hein !).
Le prix des actifs reflète les croyances des agents mais on se rend parfaitement compte, à travers la notion de bulle, que le prix des actifs peut totalement être déconnecté de l'économie réelle. L'exemple canonique est celui de la crise des subprimes. Des produits financiers dans lesquels les agents avaient pleinement confiance, énormément d'échanges, des valeurs d'actifs en hausse, en bref une euphorie incroyable et un enrichissement collectif (ou plutôt corporatiste) ! Et puis voilà , on s'est rendu compte que la valeur de ces actifs (titres de dette immobilière) s'appuyait sur rien de concret et là c'est la panique à bord. Tous les détenteurs d'actifs pourris ont recherché la liquidité en même temps, et on comprend vite que si tout le monde veut vendre en même temps et bien personne n'achète... Résultat ? Système financier gelé et crise économique de grande ampleur...
Les acteurs financiers sont, pour beaucoup, assez irresponsables, notamment dans le cadre des banques systémiques qui sont "too big to fail". Une banque systémique peut prendre des risques inconsidérés pour réaliser du profit, soit ça passe et les profits sont énormes, soit ça casse et les Etats (et institutions internationales : FMI, BCE, etc...) seront obligés de les renflouer pour ne pas que tout s'effondre.
On appelle cela la privatisation des profits et la socialisation des pertes, ou encore la subvention à l'irresponsabilité.
Le monde de la finance repose sur une chimère qui est que la valeur des actifs se fixe naturellement au meilleur montant selon "les lois libres et naturelles du marché qui s'autorégulerait". Or, cette fable a été démenti empiriquement par de nombreuses crises financières et explosions de bulles spéculatives.
Quand on est dedans, on voit vraiment les choses différemment. Le crédo libéral est plutôt impopulaire dans le milieu de la finance. Personne ne croit à la sagesse de la "main invisible". Les gens bossant dans le domaine sont des individus très rationnels. D'ailleurs une grande partie d'entre eux, dont je suis, ont plutôt un bagage axé mathématiques et sciences. Les institutions financières sont plutôt très prudentes contrairement à ce que l'on croît. Ils couvrent toujours leurs positions lors de transactions. D'ailleurs la perte de la SG à l'époque de Kerviel est due à la décision du PDG de l'époque de couvrir son exposition.
Aussi, ce n'est pas pour rien que ces sociétés investissent des milliards chaque année sur le calcul de risque. Ce risque est pour très grossièrement résumer, le calcul de prix dans différents scénarios d'actualité. Cela exige une puissance de calcul énorme qui mobilise des milliers de processeurs.
Et pourtant, ce n'est pas une panacée comme l'illustre la crise des subprimes. Un système de divination n'a pas encore été inventé.
Tel que je vois les choses, les financiers n'ont pas plus de vision d'ensemble que n'importe quel gars dans la rue. Il y a des services dédiés à la macro-économie et ils aident à guider les décisions, mais peuvent se gourer. Les banques sont réticentes au risque, mais ça ne les empêche pas de prendre de mauvaises décisions, et c'est l'accumulation de milliers de petites actions qui peut mener à la crise. Un peu comme des milliers de conducteurs rentrant chez eux provoquent un embouteillage.
Certes, c'est beaucoup plus compliqué que cela. L'état a un rôle énorme à jouer. Je vivais à Londres lors de la crise des subprimes et le gouvernement décretait du jour au lendemain l'interdiction de short-selling lors de la crise. Il y a plusieurs garde-fous qui existent, que les gens ne connaissent pas mais que quiconque travaillant dans la finance sait et doit se plier.
Quand on dit que les états renflouent les banques, ce n'est pas tout à fait vrai, en tout cas c'est plus nuancé.
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Non, puisqu'il est question de payer le salaire brut en net, et de ne plus payer de charges sociales, ni côté salarié, ni côté employeurpapibilou a écrit : 23 avril 2021 08:45Exact, mais surtout une augmentation des salaires circonscrite à notre pays entraînerait une baisse de compétitivité de nos entreprises et des délocalisations massives.vivarais a écrit : 23 avril 2021 08:28 augmenter les salaires ferait augmenter les prix
c'est le serpent qui se mord la queue
A l'heure actuelle, les cotisations salariales ET patronales font partie intégrante de la rémunération des salariés ; ce que paie l'employeur aux organismes sociaux est une quote-part de la rémunération du salarié ; et le coût d'un salarié pour l'employeur est le superbrut (brut + cotisations patronales) ;
- donc suppresssion des cotisations salariales = hausse de pouvoir d'achat immédiat pour le salarié certes, mais baisse de son revenu de remplacement différé
- et suppression des cotisations patronales = profit pour l'entreprise et baisse du revenu de remplacement différé des salariés
On dit qu'on veut remplacer ce manque à gagner pour les caisses de protection sociale par une taxation dont on ne connait pas l'assiette et qui peut varier par définition comme son taux ; ce qui veut dire que l'assurance maladie, chômage, retraites, et autres ... seraient dépendants d'une taxation aléatoire .. un peu casse cou quand même quand on pense à la fixité des coûts dans ce domaine conjuguée à un contexte qui ne pourra qu'en augmenter le périmètre
A mon sens, le 20% en plus pour les salariés est un leurre qui fait oublier la baisse de leur rémunération globale ; par ailleurs, le bénéfice pour les entreprises est acquis alors que le salarié porte l'entièreté des risques d'une taxation aléatoire sur le niveau de sa protection sociale
Moi j'y vois surtout une façon habile de diminuer les coûts des entreprises en baissant la rémunération des salariés sans qu'ils le sachent, et de déporter partiellement les coûts de protection sociale sur une source aléatoire ; une manière d'amener progressivement aux assurances privées ?
À la télé ils disent tous les jours : 'Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.' C'est pas vrai : de l'argent leur suffirait." Coluche
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Re: Peltier Bertrand duo d'économistes ?
Il y a parfois une grande différence entre les individus qui composent une institution et le fonctionnement de cette même institution.jabar a écrit : 23 avril 2021 16:41 Quand on est dedans, on voit vraiment les choses différemment. Le crédo libéral est plutôt impopulaire dans le milieu de la finance. Personne ne croit à la sagesse de la "main invisible". Les gens bossant dans le domaine sont des individus très rationnels. D'ailleurs une grande partie d'entre eux, dont je suis, ont plutôt un bagage axé mathématiques et sciences. Les institutions financières sont plutôt très prudentes contrairement à ce que l'on croît. Ils couvrent toujours leurs positions lors de transactions. D'ailleurs la perte de la SG à l'époque de Kerviel est due à la décision du PDG de l'époque de couvrir son exposition.
Aussi, ce n'est pas pour rien que ces sociétés investissent des milliards chaque année sur le calcul de risque. Ce risque est pour très grossièrement résumer, le calcul de prix dans différents scénarios d'actualité. Cela exige une puissance de calcul énorme qui mobilise des milliers de processeurs.
Et pourtant, ce n'est pas une panacée comme l'illustre la crise des subprimes. Un système de divination n'a pas encore été inventé.
Tel que je vois les choses, les financiers n'ont pas plus de vision d'ensemble que n'importe quel gars dans la rue. Il y a des services dédiés à la macro-économie et ils aident à guider les décisions, mais peuvent se gourer. Les banques sont réticentes au risque, mais ça ne les empêche pas de prendre de mauvaises décisions, et c'est l'accumulation de milliers de petites actions qui peut mener à la crise. Un peu comme des milliers de conducteurs rentrant chez eux provoquent un embouteillage.
Certes, c'est beaucoup plus compliqué que cela. L'état a un rôle énorme à jouer. Je vivais à Londres lors de la crise des subprimes et le gouvernement décretait du jour au lendemain l'interdiction de short-selling lors de la crise. Il y a plusieurs garde-fous qui existent, que les gens ne connaissent pas mais que quiconque travaillant dans la finance sait et doit se plier.
Quand on dit que les états renflouent les banques, ce n'est pas tout à fait vrai, en tout cas c'est plus nuancé.
C'est très intéressant ce que tu dis car tes propos valident complétement les travaux des grands spécialistes français de la finance (Couppey-Soubeyran et Scialom).
Tu utilises par exemple le mot "rationnel" et tu fais part de ton bagage plutôt axé mathématiques et sciences. La finance est effectivement un domaine dans lequel la mathématisation et la modélisation occupe une place centrale. Il y a vraiment un "désir de faire science" (ce qui renvoie à la mathématisation sensée être objective et rigoureuse) très fort dans le domaine de la finance, et plus globalement dans l'économie.
Malheureusement, on se rend compte que la mathématisation et l'héritage issue des sciences dites "dures", dont se réclame explicitement le domaine de la finance, ne permet absolument pas de nous prémunir de grandes catastrophes économiques et financières.
Il y aurait même fort à parier que s'il y avait davantage de personnes ayant un background plus orienté sciences sociales (histoire, sociologie, sciences politiques) dans la finance on se retrouverait avec une finance moins déconnectée de l'économie réelle.
Tu parles de réglementation et de gestion des risques. Cette gestion des risques basée sur les calculs de prix des différents scénarios possibles s'appuie sur l'hypothèse de "nomenclature des états du monde". Cette hypothèse est directement issue du corpus néoclassique et repose sur l'hypothèse d'objectivité du futur. C'est-à -dire que l'avenir est probabilisable. En fait cette théorie et cette approche porte en elle l'instabilité qu'elle est sensée combattre. Finalement, on constate que le monde économique est si complexe et imprévisible que nous ne pouvons pas le prévoir. Il y a par exemple des phénomènes si unique que nous ne pouvons pas les prévoir, c'est par exemple de le cas de la pandémie de covid.
En ce qui concerne la prudence des institutions financières, il est intéressant de regarder l'évolution historique du bilan des grandes banques. En fait, on constate une diminution continue du capital dans la structure des passifs des banques depuis au moins 40 ans au profit de l'explosion des activités de marché. Le bilan des banques est principalement constitué de dettes et d'activité de marché. Ce qui veut dire que lorsqu'il y a des pertes (explosion d'une bulle spéculative par exemple) la banque ne possède pas les capitaux propres pour colmater cette perte. Il y a effectivement eu des réglementations post 2008, mais elles restent très marginales et très faibles.
Rien que la formule sur laquelle repose la valeur d'un titre est problématique. Vt (Valeur du titre en t) = Dt (Dividende en t) + Da t+1 (anticipation formée en t sur le dividende qui sera distribué en t+1)/ 1+r (r est le taux d'intérêt utilisé comme taux d'actualisation) + ... + Da t+n/(1+r)n+...
En fait cela veut simplement dire que les titres n'ont pas de valeur objective mais seulement une valeur subjective. C'est très intéressant ce fonctionnement de la valeur fondamentale d'un titre parce qu'elle est sensée donner un caractère auto-équilibrant (entre offre et demande) au marché financier (ce sont les macroéconomistes financiers néoclassiques qui ont pensé cela). Malheureusement, on se rend compte avec la constitution des bulles financières que la loi de l'offre et de la demande est complétement à côté de la plaque en ce qui concerne le secteur financier. Si la valeur d'un actif augmente, les investisseurs vont vouloir l'acheter car ils pensent que celui-ci va continuer sa progression et, via le simple fait de l'acheter la valeur va continuer a augmenter (c'est la prophétie auto-réalisatrice). Etant donné qu'on observe souvent des comportements mimétiques sur le marché financier, on observe lors des bulles une euphorie collective suivie d'une panique elle aussi collective lorsque la bulle éclate.
Il y a également l'augmentation de la pratique du shadow banking pour détourner les pseudos tentatives de réglementation.
Enfin bref, tu as utilisé le fameux triptyque "rationalité + gestion des risques + mathématique" propre à la finance et qui confirme, une fois de plus, les travaux de Minsky, Aglietta, Scialom, etc...
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Porte en elle l'instabilité, c'est à dire ?CrazyMan a écrit : 26 avril 2021 13:13 Tu parles de réglementation et de gestion des risques. Cette gestion des risques basée sur les calculs de prix des différents scénarios possibles s'appuie sur l'hypothèse de "nomenclature des états du monde". Cette hypothèse est directement issue du corpus néoclassique et repose sur l'hypothèse d'objectivité du futur. C'est-à -dire que l'avenir est probabilisable. En fait cette théorie et cette approche porte en elle l'instabilité qu'elle est sensée combattre.
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Parce qu'elle provoque une "confiance" en l'imprévisible.jabar a écrit : 26 avril 2021 13:38Porte en elle l'instabilité, c'est à dire ?CrazyMan a écrit : 26 avril 2021 13:13 Tu parles de réglementation et de gestion des risques. Cette gestion des risques basée sur les calculs de prix des différents scénarios possibles s'appuie sur l'hypothèse de "nomenclature des états du monde". Cette hypothèse est directement issue du corpus néoclassique et repose sur l'hypothèse d'objectivité du futur. C'est-à -dire que l'avenir est probabilisable. En fait cette théorie et cette approche porte en elle l'instabilité qu'elle est sensée combattre.
On peut par exemple compter sur les doigts d'une main le nombre d'économistes et de financiers qui ont vu venir la crise de 2008. 95% du monde financier avait une confiance aveugle envers les subprimes. C'est quand même fascinant venant d'un monde composé d'honnêtes travailleurs rationnels.
Mais effectivement, les individus qui composent le monde de la finance sont loin d'être tous des capitalistes libéraux sanguinaires.
D'un point de vue purement empirique, seule une partie infime des opérations financières est directement liée à des opérations économiques réelles (production, investissement, commercer). L'essentiel des opérations finance des instruments de spéculation sur l'évolution du cours d'autres instruments financiers. En d'autres termes, la finance finance surtout... la finance.
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
c'est Valérie qui va faire la gueule , les financiers venant de la City viennent juste de déménager ......vont re déménager vers les Pays Bas . Ce sera le principe des vases communiquant .....on pique " aux riches" (là , par le biais des tranactions commerciales ) ....et " ces "riches "demandent l' asile politique .....chez nos voisins . Rie,n n 'est faisable dans ce sens hors accord avec les autres pays Peletier 0papibilou a écrit : 21 avril 2021 21:14 Selon cet article Guillaume Peltier, soutien de Xavier Bertrand propose une augmentation des salaires considérable via un mécanisme de taxation des transactions financières et des paiements électroniques :
https://www.lefigaro.fr/politique/guill ... s-20210418
Votre avis ?
Seul créer plus de richesse en travaillant comme les autres de partenaires ,permet de gagner plus .
La doite a eu peur hier de prendre des mesures contre térroristes , islamisme ....idem faut pas risquer de toucher aux origines du mal , bien connu , depuis 1981 ......tout va bien ......et si on attaque le grand capital , c'est encore tendance .
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Re: Peltier/Bertrand duo d'économistes ?
Ces systèmes ne sont pas considérés comme divinatoires. L'esprit c'est plutôt de tenter de faire au mieux, sachant qu'on peut largement se vautrer. C'est évident pour les gens qui y travaillent. Je t'assure, les gens dans ce domaine ne sont pas aussi cons, ils savent que n'importe quel système informatique, aussi élaboré soit-il, est incapable de prédire l'avenir.CrazyMan a écrit : 26 avril 2021 14:36Parce qu'elle provoque une "confiance" en l'imprévisible.
On peut par exemple compter sur les doigts d'une main le nombre d'économistes et de financiers qui ont vu venir la crise de 2008. 95% du monde financier avait une confiance aveugle envers les subprimes. C'est quand même fascinant venant d'un monde composé d'honnêtes travailleurs rationnels.
Mais effectivement, les individus qui composent le monde de la finance sont loin d'être tous des capitalistes libéraux sanguinaires.
D'un point de vue purement empirique, seule une partie infime des opérations financières est directement liée à des opérations économiques réelles (production, investissement, commercer). L'essentiel des opérations finance des instruments de spéculation sur l'évolution du cours d'autres instruments financiers. En d'autres termes, la finance finance surtout... la finance.
Ces systèmes fonctionnent sur des scénarios assez simples, mais appliqués à des produits financiers dont la structure arborescente (un produit qui en référence une dizaine d'autres qui à leur tour en référencent d'autres) est si complexe qu'un scénario apparamment évident l'est beaucoup moins pour ces produits.
Ces systèmes ne sont pas faits pour décrypter la complexité du monde. Il faut savoir en revanche qu'ils fonctionnent, très imparfaitement, mais ils évitent régulièrement de mauvaises décisions. Mais les trains arrivant à l'heure n'intérèssent personne.
Cependant, ces produits sont très, très loin de l'économie réelle oui. Les gens résument la finance aux actions, non. Pour les cas les plus simples, un produit financier peut être une option sur le futur, la vente d'un produit que l'on ne possède pas, l'échange de taux entre contreparties, des paniers de produits indexés sur les indices financiers, des échanges de taux, des arbitrages de devises etc. Puis ensuite il y a les produits exotiques qui exigent des bouquins entiers pour les comprendre, puis les produits "maison", c'est à dire des produits élaborés et vendus par les banques (pour lesquels on ne sait plus forcément comment ils fonctionnent). Les actions ne sont qu'une petite part de ce domaine. Mais tant que l'illusion fonctionne, ça paie mes spaghettis.