.............................................Ce que l’on sait de la mort d’un policier,tué par un homme en fuite.......................................
Mercredi, un fonctionnaire de police d’Avignon a été mortellement visé par les balles d’un homme présent autour d’un point de deal. Ce dernier est activement recherché.
L’intérieur des remparts de la Cité des Papes, s’est, en fin de journée mercredi, rempli de centaines de policiers lourdement armés. Ils sont venus cerner le lieu d’un crime, place Pie, dans une petite rue du centre-ville d’Avignon, dans le Vaucluse.
Vers 18 heures, un de leurs collègues a été tué par balles alors qu’il se trouvait en intervention autour d’un point de deal. Le tireur est toujours en fuite ce jeudi. Le Parisien fait le point sur ce que l’on sait de ce drame, deux semaines après la mort d’une fonctionnaire de police, cette fois dans un attentat terroriste.
Des tirs « à plusieurs reprises »:
Il était 18h30 environ, lorsque Eric M., la victime, a été envoyé avec son équipage afin d’intervenir « pour un attroupement sur la voie publique autour d’un point de deal », selon le récit du communiqué du ministère de l’Intérieur. Ce lieu est considéré par les autorités, explique Bruno Bartocetti, le délégué syndical Unité SGP-Police Grand Sud, comme « très sensible en matière de stup’ ».
Sur place, l’équipage en civil composé de cinq personnes contrôle le groupe présent, constate qu’une transaction de stupéfiants est en cours tout près et les fonctionnaires revêtent leur brassard « police » afin d’y mettre fin. Mais plusieurs des protagonistes tentent alors de prendre la fuite.
C’est au cours de cette intervention que l’un de ces membres aurait tiré « à plusieurs reprises » sur le fonctionnaire de police, qui s’effondre. Le tireur a ensuite pris la fuite en s’emparant d’une trottinette, selon une source policière, tandis qu’au moins l’un des collègues du policier visé a tenté riposter avec son arme, sans réussir à l’appréhender. L’enquête a été confiée à la brigade criminelle du SRPJ (service régional de police judiciaire) de Montpellier.
Selon Franceinfo, plusieurs opérations de police, notamment permises grâce aux images de vidéosurveillance, ont été effectuées dans la nuit, afin de retrouver le fuyard. Ce jeudi, les enquêteurs ont arrêté et placé en garde à vue au commissariat d’Avignon un homme soupçonné d’avoir été présent près du point de deal, a annoncé dans la matinée une source policière.
Une fratrie de policiers:
La victime, Eric M. était un brigadier de police âgé de 36 ans et père de deux enfants. Il s’est éteint en dépit de l’intervention de ses collègues du groupe de recherches et d’intervention et des sapeurs-pompiers qui ont tenté de lui prodiguer un massage cardiaque.
Selon nos informations, il a notamment reçu un tir dans la poitrine. Le groupe revenait d’une opération judiciaire à Carpentras et finissait son service quand il a reçu un dernier appel lui intimant de se rendre sur un lieu de deal connu, afin de mettre fin à un attroupement. Une intervention qui semblait de prime abord classique.
Eric M. était policier, tout comme son frère et sa sœur, officiant eux en Île-de-France. Le trentenaire avait notamment exercé à la Brigade anticriminalité de Chennevières, dans le Val-de-Marne, avant de rejoindre Avignon. Camille Chaize, la porte-parole du ministère de l’Intérieur, a sur Franceinfo salué « la carrière modèle » de ce brigadier, « issu d’une famille de policiers ».
« Notre collègue, qui revenait d’une assistance judiciaire, a contrôlé un point de deal, une transaction de stupéfiants qui se déroulait devant ses yeux, il est donc allé au contact […] et l’auteur lui a tiré dessus », a aussi commenté la porte-parole de la police nationale sur BFMTV.
« Une nouvelle tragédie » pour la police nationale:
Sur Twitter, Jean Castex a également réagi au drame en promettant que « tout est mis en œuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni ». « La Police Nationale est une nouvelle fois endeuillée et avec elle l’ensemble des personnels du ministère de l’Intérieur.
Nos pensées vont à la famille, aux proches et aux collègues du policier tué ce soir en intervention à Avignon », a déclaré l’institution sur le réseau social, en évoquant « une nouvelle tragédie », avec « une famille brisée. Des collègues très durement éprouvés ».
« Toutes les interventions peuvent être dangereuses », a aussi rappelé ce jeudi matin sur CNews Laurent Nunez, le Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, en rappelant que le métier de policier est « dangereux ».
« Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats », juge Darmanin:
Ce drame intervient alors que l’exécutif,et particulièrement le ministère de l’Intérieur,a érigé la lutte contre les trafics et le démantèlement des points de deal en priorité nationale.
Lors de sa prise de parole dans la soirée, en compagnie de Frédéric Veaux, le Directeur général de la police nationale (DGPN) - dans ce département qui a connu une hausse récente du trafic de drogue,aux dires de responsables policiers et judiciaires interrogés par l’AFP - Gérald Darmanin a assumé cette position :
« La lutte contre les trafics de stupéfiants,partout sur le territoire national, s’apparente à une guerre, a-t-il déclaré.Cette guerre,nous la menons grâce à des soldats,les policiers et les gendarmes de France.Aujourd’hui, un de ces soldats est mort en héros. »
Selon le ministre, qui évoque «une augmentation de plus de 30 % des armes saisies lors d’interpellations dans le trafic de stupéfiants»,«dans le département du Vaucluse depuis le 1er janvier,c’est 83 interpellations pour trafic de stups,c’est plus de 60 opérations contre les points de deal».
Dans un récent entretien accordé au Figaro,Emmanuel Macron avait déjà clamé vouloir faire de l’éradication des trafics de stupéfiants «la mère des batailles».
De son côté, la maire socialiste d’Avignon, Cécile Helle,a estimé sur Franceinfo que l’«on voit bien qu’il y a un pas qui est franchi avec un irrespect des forces de l’ordre et de la sécurité»,et a appelé à «renforcer encore la présence de la police sur le terrain au plus près des habitants».
Deux semaines après la mort de Stéphanie Montfermé, les syndicats attristés:
Ce nouveau décès dans les rangs de la police survient près de deux semaines après l’assassinat de Stéphanie Monfermé, une fonctionnaire de police tuée à coups de couteau dans le commissariat de Rambouillet, dans les Yvelines, par un homme radicalisé. Il a suscité de vives réactions chez les syndicats de policiers. Pour Synergie Officiers, « rien ne justifie une telle barbarie ».
« Il faut punir par de la prison ferme assortie de mandat de dépôt ceux qui agressent ou tuent des policiers […], dénonce ce laxisme de la justice qui aménage ou réduit les peines de ces individus qui jouissent d’une impunité sans limite », s’est aussi insurgé Alliance police nationale.
Au micro de Franceinfo, Claude Simonetti, représentant d’Unité-SGP-FO dans le département du Vaucluse a de son côté estimé que « l’appréhension n’existe plus maintenant. On tombe sur des gens déterminés, armés. Un contrôle banal dégénère rapidement, c’est le quotidien des policiers ».
Source:Le Parisien.