Les actionnaires du groupe Lafarge–Holcim viennent d’enterrer Lafarge en renommant simplement le groupe Holcim. Plus qu'un symbole. Chaque année, la France perd des fleurons industriels stratégiques. Retour sur les scandales récents et les affaires à surveiller.
Ce n’est pas un problème de « l’ancien monde ». Le passage sous pavillon étranger d'entreprises industrielles stratégiques françaises, victimes d’attaques prédatrices de concurrents internationaux, est au contraire un thème on ne peut plus moderne. Dernière preuve : le groupe Lafarge-Holcim qui vient d'être simplement renommé Holcim, la composante suisse du groupe, par l’assemblée générale de ses actionnaires le mardi 4 mai.
Un enterrement de première classe pour Lafarge, fleuron industriel français du ciment, que l’on sentait, du reste, venir. En effet, depuis la fusion en 2015, vendue comme un « mariage entre égaux », tout laissait présager que Holcim ferait main basse sur le cimentier français : d'abord le siège de Lafarge à Paris a été fermé en 2018, ensuite la direction de Holcim a obtenu la fin des fonctions opérationnelles du PDG de Lafarge, Bruno Lafont, pourtant censé garantir les intérêts français au sein du groupe ; et même sa démission à la suite du scandale en Syrie, dans lequel les dirigeants étaient soupçonnés de s’être arrangés avec Daech pour maintenir une cimenterie ouverte. Le 4 mai 2021, le groupe a même acté le transfert du siège social dans le canton suisse de Zoug, à la fiscalité très avantageuse.
Suite sur Marianne:« La spécificité française est d’avoir un Etat qui pousse souvent pour créer des géants européens, mais qui, une fois la fusion actée, se désengage rapidement du suivi du dossier ». Les groupes étrangers qui lorgnent les fleurons français l'ont bien compris et en profitent. « Au début des négociations ils font des concessions importantes à l'Etat français, car ils savent qu’ils pourront revenir dessus ensuite, lorsque celui-ci sera moins actif dans le suivi du dossier : c'est à ce moment-là que nos groupes deviennent perdants ».
https://www.marianne.net/economie/econo ... ictime-dun
Qui a accepté voir encouragé cette "alliance".....ce n'était pas Macron au gouvernement ??
