Ses proches ont joint le Samu à trois reprises lors du week-end du 1er mai, en vain. Une plainte a été déposée au commissariat d’Evry-Courcouronnes pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire.
...Y a-t-il eu défaillance du Samu ?
Source:Le Parisien.
À Evry-Courcouronnes (Essonne), les proches de Cynthia (le prénom a été modifié), 19 ans, en sont convaincus. Le week-end du 1er mai, cette jeune fille a été foudroyée par le Covid-19 en seulement trois jours.
Et ce malgré trois appels consécutifs au Samu les vendredi, samedi et dimanche soir, au terme duquel Cynthia, qui souffrait de comorbidités et d’une bronchite, décédera de « lésions pulmonaires » et d’un manque d’oxygène, selon les résultats de son autopsie réalisée le 6 mai. Le Samu ne se déplacera que le dimanche soir à trois heures du matin. Trop tard.
Une plainte a été déposée par la famille pour « non-assistance à personne en danger » et « homicide involontaire » au commissariat d’Evry-Courcouronnes. Contacté, le parquet d’Evry-Courcouronnes confirme avoir confié une enquête à la sûreté urbaine Evry-Corbeil en « recherche des causes de la mort ».
«Le maximum n’a pas été fait»:
Que s’est-il passé ? Le vendredi 30 avril, Cynthia a du mal à respirer...
...Elle a de la fièvre et vomit. Les symptômes du Covid-19. Selon une source proche du dossier, joint une première fois, le Samu a assuré à ses proches que « c’était simplement le début des symptômes ». « Ils ont dit : Donnez-lui du Doliprane », indique cette même source.
Le samedi, même cas de figure. Mais le dimanche, la situation empire. Cynthia vomit du sang et atteint les 40 degrés de fièvre. Elle peine à rester debout. Ses proches appellent le Samu une nouvelle fois vers 21 heures, et tombent sur un troisième opérateur différent.
On leur conseille à nouveau le Doliprane. Mais cela ne suffit pas. Cynthia décède dans la nuit de dimanche à lundi.
Ses proches sont en colère. Cynthia aurait-elle pu être secourue ? « Ils auraient pu juste vérifier sa respiration et l’oxygéner si besoin, estime une source proche de l’enquête. Il y a un appel au secours, mais elle n’a pas été secourue. Elle n’aurait peut-être pas survécu, mais le maximum n’a pas été fait. Ça peut arriver à n’importe qui.
Est-ce dû à un manque de moyens ? La peur d’intervenir sur du Covid ? C‘est impardonnable. On peut être fatigué, en avoir marre d’intervenir, mais on ne peut pas être au Samu et faire son métier à moitié ».
Une enquête interne au Samu:
Un autre élément interroge : selon un connaisseur du dossier, le médecin présent sur place lors du décès de Cynthia n’a pas délivré d’obstacle médico-légal (OML), comme cela se pratique quasi systématiquement en cas de mort suspecte.
« En dépit de cette absence d’OML, les policiers sur place ont quand même tenu à prévenir le parquet, compte tenu du jeune âge de la victime », ajoute cette source. Le parquet a ensuite embrayé avec l’ouverture d’une enquête. D’autres expertises restent à mener pour déterminer avec précision les causes de la mort de la jeune femme.
Contacté, le Centre hospitalier Sud francilien (CHSF), auquel est rattaché le Samu de l’Essonne, confirme avoir été « destinataire d’une réquisition afin d’extraire les bandes audio des appels du Samu » relatifs à la prise en charge de Cynthia.
« Au cours des échanges, une régulation médicale a été assurée pour évaluer l’état de santé de cette jeune femme, répond le Samu, qui confirme qu’une ambulance a été dépêchée à son domicile pour des « soins d’urgence » dans la nuit de dimanche à lundi.
Une enquête interne va être diligentée, au cours de laquelle le chef de service du Samu devra établir un rapport.
Les conclusions d’une autre analyse seront adressées à l’Agence régionale de santé (ARS) « auprès de laquelle l’établissement a effectué un signalement ». Le CHSF présente enfin « ses plus sincères condoléances à la famille » et précise se tenir « à l’écoute, si elle le souhaite, pour apporter toutes les explications sur le déroulement de la prise en charge ».
https://www.leparisien.fr/essonne-91/do ... LKJGAM.php

