En 2022, tous les véhicules sortis d’usine devront être équipés d’un boîtier qui enregistre la vitesse, le freinage et plusieurs paramètres de sécurité en cas de choc.
....Les voitures d’occasion devront y passer en 2024.
Source:Le Parisien.C’est un boîtier miniature qui a déjà fait son apparition depuis plusieurs années sur les voitures américaines et qui sera demain généralisé sur tous les modèles vendus en Europe.
Une petite puce électronique capable d’enregistrer dans les 30 secondes qui ont précédé un choc la vitesse de votre véhicule, les paramètres de freinage et même si vous aviez bien bouclé votre ceinture.
D’ici un an, à compter de mai 2022, le Parlement européen vient de décider que cette « boîte noire » serait obligatoire sur toutes les nouvelles voitures, les camions et les bus. En mai 2024, même les véhicules d’occasion devront en être équipés.
« Cette législation va permettre de sauver des milliers de vies dans les années à venir », estime la rapporteuse du parlement Roza Thun. Aux Etats-Unis, où la plupart des voitures sont déjà équipées, les autorités américaines estiment qu’il a permis de réduire de 20 % les accidents en l’espace de cinq ans.
C’est qu’après une collision, la boîte noire permet de déterminer à coup sûr si un automobiliste roulait trop vite ou n’a pas freiné à temps. Ce qui inciterait beaucoup de conducteurs à lever davantage le pied pour ne pas être tenu responsable en cas d’accident mettant en cause leur comportement.
« C’est un élément essentiel de prévention des accidents et le meilleur moyen de connaître les circonstances exactes d’un sinistre, car la boîte noire est en quelque sorte l’ADN de l’accident, souligne la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon. Alors qu’il faut parfois des mois ou des années pour prouver la responsabilité d’un conducteur dans un accident mortel, avec ce boîtier, on saura tout de suite si les phares étaient allumés, le clignotant déclenché et si l’automobiliste roulait trop vite. »
« Il suffit de modifier les logiciels »:
Le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, est d’un tout autre avis. Lui considère la boîte noire comme « un mouchard » inutile. « Cela n’empêchera pas l’accident et ne permettra pas de savoir si le conducteur était ivre ou roulait en téléphonant, par exemple. Et puis qui paiera pour installer ce boîtier dans les voitures d’occasion ? »
Alors que le coût d’une boîte noire pourrait avoisiner les 100 euros (sans compter le prix de l’installation), les regards se tournent vers les assureurs, estimant qu’il leur reviendrait de participer à l’installation de ce dispositif censé réduire l’accidentalité sur la route.
Du côté des constructeurs automobiles, on se dit prêt à faire face à cette nouvelle obligation. Déjà concerné par le dispositif Outre-Atlantique, l’Américain Ford affirme qu’il le mettra en place « dès qu’il sera obligatoire en Europe. Son coût sera ajouté au coût de revient du véhicule, comme précédemment pour les coussins gonflables de sécurité, le système de blocage de freins ABS, le contrôle de stabilité ESP ou les systèmes de dépollution. »
Le Français Renault n’installera pas de boîtier, mais il utilisera les systèmes de données qui équipent déjà ses véhicules. « Nous le ferons sans aucune difficulté ni technique ni financière. Il suffit de modifier les logiciels. Il n’y a pas besoin d’installer des capteurs spécifiques. Cela n’aura aucun impact de prix sur le client. »
Des délais plus courts pour les victimes ou leurs proches:
Pour les associations de victimes de la route, cette petite puce sera surtout l’occasion de réduire les délais de justice qui peuvent être très longs quand il s’agit de déterminer la responsabilité d’un conducteur en cas d’accident.
« Une boîte noire aurait raccourci de plusieurs mois très douloureux le dossier d’instruction après la mort de mon neveu, renversé sur un trottoir par un chauffard ivre fin 2019, explique Karine, la tante de la victime. La défense du prévenu (NDLR : poursuivi pour homicide involontaire) a réclamé une expertise de l’automobile pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un problème mécanique qui aurait entraîné la perte de contrôle du véhicule. Elle a ainsi tenté de minimiser le comportement à risque du conducteur. »
Plus que la boîte noire, Karine, elle, milite pour que tous les véhicules soient à terme équipés d’un éthylotest antidémarrage. Ce qui aurait empêché le chauffard de démarrer sa voiture alors que son alcoolémie était à 2 g/litre d’alcool dans le sang (la limite légale étant de 0,5).
Le Parlement européen souhaite justement que les constructeurs de véhicules neufs « facilitent dès le mois de mai prochain » l’installation d’un tel dispositif.
https://www.leparisien.fr/societe/avec- ... 4KLKOU.php

