Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

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stirnersept9
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par stirnersept9 »

La presse internationale titre "La France reconnait sa responsabilité dans le génocide au Rwanda"


A cause de Macron désormais le monde entier va croire que nous sommes responsables du génocide au Rwanda, alors que nous avons essayé de l'empêcher..

Et hop, encore des millions d'€ de nos impôts pour un pays qui nous crache dessus
et dont, franchement les Français n'en ont rien à foutre.
Ils ne savent même pas où c'est.
Et ignorent, comme quelques uns ici, que l'origine du génocide est due aux tutsis. Ensuite la violence tribale africaine a fait le reste.

La France : aucune culpabilité à avoir
Aucune repentance

mais ce président ne cesse d'abaisser la France
Qui êtes- vous pour me juger et de quel droit me jugez-vous ?
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par stirnersept9 »

berger141 a écrit : 30 mai 2021 10:10
Jiimmy a écrit : 27 mai 2021 23:54

Les tueries n'ont pas été faites exclusivement avec des machettes. D'autre part, les soldats Français n'avaient pas quitté le Rwanda au moment du génocide, d'autant plus qu'ils y ont mené une opération militaire (opération turquoise).
Jiimmy , ce nouveau français qui déteste la France, n'est pas à un mensonge près pour salir la France.

Le 6 avril 1994, lors du déclenchement du génocide, l'armée française avait déjà quitté le pays il ne restait que qq gradés qui ont été rapatrié au plus tard le 11 avril, date de la fermeture de l'ambassade de France.
L'opération turquoise: L'ONU a demandé à l'armée française , le 22 juin 1994, d'intervenir pour arrêter le génocide.

Ce qui est reproché à la France c'est d'avoir assuré la formation de l'armée de Rwanda qui, ensuite(des mois ou des années plus tard) a participé au génocide. La France aurait savoir qu'il y aurait un génocide, c'est ça le reproche qui lui est fait.
Je suis toujours étonné du manque de culture de ceux qui critiquent la France.

Je n'étais pas arrivé à ce post quand j'ai posté le mien. (je lis de haut en bas)
Qui êtes- vous pour me juger et de quel droit me jugez-vous ?
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bister
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par bister »

Le Président actuel au Rwanda est Tutsi et dirige un gouvernement de réconciliation

Paul Kagamé
Membre du groupe tutsi, il est commandant dans le Front patriotique rwandais (FPR), le groupe armé rebelle qui remporte la guerre civile rwandaise et met fin au génocide des Tutsi en 1994. Par la suite, il devient vice-président et ministre de la Défense, sous la présidence de Pasteur Bizimungu. À son poste, il contribue à l'invasion du Zaïre en 1996 et au renversement du président zaïrois Mobutu Sese Seko en 1997. Il est également impliqué dans la deuxième guerre du Congo, de 1998 à 2003. Après la démission de Pasteur Bizimungu en 2000, il est élu président du Rwanda, réélu en 2003, 2010 et 2017. Il est considéré par plusieurs observateurs comme étant un dictateur
le FPR armé et entrainé par l'Ouganda à l'époque n'était pas si faible que ça et les forces Houtou du Président Rwandais dont l'avion à explosé sont partis se réfugier au Zaïre à l'époque

après qui a dégommé l'avion , les forces extrémistes Houtou ou les forces FPR Tutsi , on ne sais pas , les uns comme les autres n'avaient pas intérêt à un accord à l'amiable d'Arusha et que le Président reste en place
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par berger141 »

bister a écrit : 31 mai 2021 00:55 Le Président actuel au Rwanda est Tutsi et dirige un gouvernement de réconciliation

Paul Kagamé
Membre du groupe tutsi, il est commandant dans le Front patriotique rwandais (FPR), le groupe armé rebelle qui remporte la guerre civile rwandaise et met fin au génocide des Tutsi en 1994. Par la suite, il devient vice-président et ministre de la Défense, sous la présidence de Pasteur Bizimungu. À son poste, il contribue à l'invasion du Zaïre en 1996 et au renversement du président zaïrois Mobutu Sese Seko en 1997. Il est également impliqué dans la deuxième guerre du Congo, de 1998 à 2003. Après la démission de Pasteur Bizimungu en 2000, il est élu président du Rwanda, réélu en 2003, 2010 et 2017. Il est considéré par plusieurs observateurs comme étant un dictateur
le FPR armé et entrainé par l'Ouganda à l'époque n'était pas si faible que ça et les forces Houtou du Président Rwandais dont l'avion à explosé sont partis se réfugier au Zaïre à l'époque

après qui a dégommé l'avion , les forces extrémistes Houtou ou les forces FPR Tutsi , on ne sais pas , les uns comme les autres n'avaient pas intérêt à un accord à l'amiable d'Arusha et que le Président reste en place
Pour le tribunal international et pour le juge Bruguière , c'est Kagamé le responsable de l'attentat contre le président du Rwanda Juvénal H.
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par Fonck1 »

stirnersept9 a écrit : 30 mai 2021 23:31 La presse internationale titre "La France reconnait sa responsabilité dans le génocide au Rwanda"


A cause de Macron désormais le monde entier va croire que nous sommes responsables du génocide au Rwanda, alors que nous avons essayé de l'empêcher..

Et hop, encore des millions d'€ de nos impôts pour un pays qui nous crache dessus
et dont, franchement les Français n'en ont rien à foutre.
Ils ne savent même pas où c'est.
Et ignorent, comme quelques uns ici, que l'origine du génocide est due aux tutsis. Ensuite la violence tribale africaine a fait le reste.

La France : aucune culpabilité à avoir
Aucune repentance

mais ce président ne cesse d'abaisser la France
ça n'est pas la presse mondiale, c'est le rapport franco français qui le dit.
la france est responsable d'avoir soutenu des groupuscules qui ont fait un génocide dans ce pays, c'est un fait.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)

“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par Fonck1 »

stirnersept9 a écrit : 30 mai 2021 23:18 1961 : départ des Belges et toujours cette haine de tribus africaines , dans ce cas entre Tutsis et Hutus.
Octobre 1990, depuis l'Ouganda le président actuel (celui qui crache sur la France) Paul Kagamé, tutsi, engage une offensive qui se solde par un échec
6 avril 1994,, le président rwandais est victime d'un attentat
https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_ ... '%C3%89tat.

- c'est donc une énième guerre tribale entre africains.
les deux missiles, qui ont tué le président hutu et celui du Burundi, plus 7 autres passagers et les trois pilotes français du Falcon
n'ont pas été tirés par la France.
Mais ont été à l'origine du génocide

Donc, aucune responsabilité de la France.

Ras le bol de ce président peu cultivé qui sans cesse s'excuse en rabaissant la France.
Il ferait mieux de se contenter de là ou il excelle.
La com, ou bien ses rencontres avec les deux gogolitos récemment ou avec la troupe de fofolles.

Une honte pour la France, ce président, et ses continuelles repentances injustifiées.

Remarquez qu'avec Chirac ce n'était pas mieux, avec Hollande non plus.

Mais ras, ras le bol.
Transformer ce pays en serpillière.
NON
voila le rapport, libre à toi de le contester :
Lettre du Président de la république adressée, le 5 avril 2019, à M. Vincent Duclert
Composition de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi
Lettre de remise du Rapport de la Commission recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi adressée au
Président de la République, par son président, M. Vincent Duclert
Remerciements
Sommaire
Introduction

1. L’enjeu d’une recherche de vérité sur la France au Rwanda et le génocide des Tutsi, de 1990 à 1994
2. La création de la commission de recherche (5 avril 2019)
3. Une commande de nature scientifique
4. L’organisation du rapport de recherche
5 Les données et les limites d’une recherche
Première partie : S’engager au Rwanda

Chapitre 1. Intervenir au Rwanda (1990)
1.1. Octobre 1990 : Décider, justifier une intervention militaire en urgence
1.1.1. Les informations incertaines du poste de Kigali
1.1.1.1. Une agression difficile à évaluer
1.1.1.2. Persécutions anti-tusti et provocation à Kigali
1.1.1.3. L’hypothèse de la guérilla
1.1.2. L’interprétation de l’état-major particulier : vers la thèse d’une « offensive ougando-tutsi»
1.1.2.1. Prendre la mesure des événements
1.1.2.2. Naissance de la notion d’ « offensive ougando-tutsi »
1.1.3. Les premiers pas de l’opération Noroît

1.2. Les autres intervenants des premiers jours
1.2.1. Le Zaïre : une intervention militaire limitée
1.2.2. La Belgique : des raisons de politique intérieure
1.2.3. Une sollicitation venue de Kampala : s’entendre avec le FPR ?

1.3. Organiser la présence militaire française
1.3.1. Des coopérants militaires très impliqués
1.3.1.1. Un attaché de défense très présent
1.3.1.2. La Mission d’assistance militaire : conseiller en ami
1.3.1.3. Noroît : renseigner, dissuader
1.3.2. Des armes en échange d’un processus démocratique : les termes du contrat
1.3.2.1. Les livraisons d’octobre 1990
1.3.2.2. Vers la solution diplomatique : l’entretien téléphonique des deux présidents (18 octobre)
1.3.3. Des hésitations prudentes et sans débouchés
1.3.3.1. Prudence à la présidence
1.3.3.2. Le point de vue critique de la Défense
1.3.3.3. à l’état-major particulier, une ligne directe avec Kigali

1.4. Pourquoi le Rwanda
1.4.1. Des accords d’une portée restreinte
1.4.2. Une coopération d’ampleur modeste
1.4.2.1. Une coopération militaire discrète
1.4.2.2. La décennie 1980
1.4.2.3. 1990 : Les demandes du président Habyarimana et le nouveau contexte
1.4.3. Les violences envers les Tutsi d’octobre 1990
1.4.3.1. Les chasses à l’homme à Kigali
1.4.3.2. Qualifier les exactions : le mot génocide
1.4.3.3. Les alertes reçues à l’Élysée
1.4.3.4. Réactions françaises

1.5. à la recherche de solutions
1.5.1. Une position française fragilisée (15 octobre-6 novembre)
1.5.1.1. Les implications du cessez-le-feu (26 octobre 1990)
1.5.1.2. Vers un retrait partiel et une orientation démocratique
1.5.1.3. Divergences aux Affaires étrangères (30 octobre 1990)
1.5.2. La voie diplomatique (28-29 novembre 1990)
1.5.2.1. La stratégie du ministère des Affaires étrangères
1.5.2.2. Des intérêts régionaux difficiles à démêler
1.5.2.3. Le voyage Pelletier-Mitterrand (6-8 novembre)
1.5.3. Rester
1.5.3.1. Aménager la présence militaire française
1.5.3.2. Les cessions gracieuses de la mission militaire de coopération (décembre 1990)
1.5.3.3. Une situation instable

Chapitre 2. La France face à la succession des crises rwandaises (1991-1992)
2.1. Partir ou rester ? Un dilemme français (1991)
2.1.1. La crise du 23 janvier 1991
2.1.2. La situation économique et financière du Rwanda (février-mars 1991) : l’autre forme du soutien français
2.1.3. Tentative française de faire évoluer son soutien au Rwanda
2.1.4. S’installer dans la durée au Rwanda
2.1.4.1. La constance de la ligne de l’Élysée
2.1.4.2. Voix discordantes sur la politique française

2.2. Le DAMI : un outil politique de coopération
2.2.1. La mise en place : quelle mission ?
2.2.2. Le travail de formation du DAMI
2.2.3. L’extension du domaine du DAMI

2.3. Les transformations du dispositif français au Rwanda (1992)
2.3.1. Soutenir malgré les massacres
2.3.1.1. Les massacres du Bugesera : un point d’achoppement
2.3.1.2. Une remise en question sur l’aide de la France au Rwanda
2.3.1.3. Les tentatives d’influer sur la politique rwandaises (mai 1992)
2.3.2. La crise de juin 1992
2.3.2.1. L’effondrement des FAR constaté par les Français
2.3.2.2. L’organisation d’une aide française au Rwanda
2.3.2.3. Sortir du guêpier ?
2.3.3. De la difficulté de se désengager
2.3.3.1 Noroît en septembre 1992 : tout change et rien ne change
2.3.3.2 Octobre : ramener la batterie de 105 à Kigali ?

2.4. Les négociations internationales et les premiers protocoles d’Arusha : l’occasion manquée du désengagement
2.4.1. Le jeu de deux États : France et Zaïre (octobre 1990 - printemps 1991)
2.4.2. Les initiatives diplomatiques françaises : faciliter des conversations directes entre le FPR et le gouvernement rwandais (août 1991) ; l’envoi de la Mission d’Observation Française à la frontière ougando-rwandaise (novembre 1991-avril 1992)
2.4.2.1. Les initiatives françaises : les pourparlers directs gouvernement rwandais-FPR (Paris, 23-25 octobre 1991)
2.4.1.2. La MOF et le GOM
2.4.3. L’OUA, la France et les premiers accords (juin 1992-janvier 1993)
2.4.3.1. Le rôle de l’OUA
2.4.3.2. Le rôle de la délégation française
2.4.3.3. Arusha, points de désaccords et points d’accords (août 1992-janvier 1993)

2.5. La reconfiguration de l’engagement en octobre-décembre 1992
2.5.1. Le DAMI Génie comme manifestation de l’influence politique dans les choix militaires
2.5.2. Les réticences de l’état-major des Armées
2.5.3. Deux ans de politique française vus par l’ambassadeur Martres
2.5.3.1. Un cadre d’analyse anthropologique et historique convenu
2.5.3.2. Dès octobre 1990 : soutien militaire contre démocratisation mais une pression rwandaise forte
2.5.3.3. Le Rwanda : un pays du champ comme les autres ?

Chapitre 3. Vers le désengagement (janvier-décembre 1993)
3.1. La crise de février 1993 et ses conséquences
3.1.1. Une intervention précipitée : réagir mais pourquoi ?
3.1.2. Le Rwanda confronté à une décomposition militaire et politique
3.1.3. Minimisation des violences anti-tutsi, dénonciation des assassinats commis par le FPR
3.1.3.1. L’ambiguïté de la France face aux tensions et aux violences
3.1.3.2. Le rapport de la Commission internationale d’enquête
3.1.3.3. Les discours de défense du régime rwandais

3.2. Réagir, mais comment ?
3.2.1. Les dissensions françaises sur le degré d’engagement militaire au Rwanda
3.2.1.1. L’évaluation des besoins militaires pour le Rwanda ?
3.2.1.2. La radicalisation des positions au sein de l’exécutif français
3.2.1.3. Comment revenir sur un arbitrage du président la République
3.2.1.4. La mobilisation de l’appareil diplomatique français
3.2.2. L’intervention militaire française au Rwanda
3.2.2.1. Un commandement très politique de l’opération française
3.2.2.2. L’opération Volcan : grands moyens et effets limités
3.2.2.3. Noroît vu par Noroît
3.2.2.4. Les analyses pessimistes de l’attaché de défense Français à Kigali

3.3. Avancée diplomatique, effondrement politique, consolidation militaire (avril-juillet 1993)
3.3.1. Le tournant de février-mars 1993
3.3.2. Le retour des belligérants à Arusha (mars- avril 1993)
3.3.2.1. Une délégation française en position délicate
3.3.2.2 La signature des derniers protocoles d’Arusha, le 3 août 1993

3.4. Le suivi des accords d’Arusha par la diplomatie française (août 1993-mars 1994)

3.5. La cohabitation : repenser la présence française ?
3.5.1. Le point de vue de l’état-major
3.5.1.1. Prospective à Kigali (15 mars 1993)
3.5.1.2. L’état-major : aux origines des 1400 hommes
3.5.2 Réflexions autour des nouveaux ministres à Paris (avril 1993)
3.5.2.1. La MMC, deux sensibilités
3.5.2.2. Le son de cloche dissonant de la DAS (10 avril 1993)
3.5.2.3. La position des Affaires étrangères : partir en cas de massacre à Kigali ?
3.5.3. à l’Élysée : de conseil restreint en conseil restreint
3.5.3.1. Le conseil restreint du 31 mars : dernier conseil avant la cohabitation
3.5.3.2. Le conseil restreint du 2 avril : du neuf avec du vieux
3.5.3.3. Les suites du conseil restreint du 2 avril
3.5.4. La situation se dégrade à Kigali (avril-juillet 1993)
3.5.4.1. Une propagande tous azimuts
3.5.4.2. Une gouvernance en lambeaux
3.5.5. La laborieuse application des accords d’Arusha (août-décembre 1993)
3.5.6. La question militaire
3.5.6.1. Se désengager, comment ?
3.5.6.2. Une décision en conseil restreint (4 août)
3.5.6.3. A la recherche de casques bleus
3.5.6.4. Replier Noroît sur Kigali
3.5.6.5. Les Casques bleus arrivent : nouvelles échéances
3.5.7. La question politique
3.5.7.1. Le président Habyarimana à Paris
3.5.7.2. Des signaux inquiétants en grand nombre (novembre-décembre 1993)
Deuxième partie : La France face au génocide

Chapitre 4. La France, la guerre et le génocide (avril-juin 1994)
4.1. La France face à la radicalisation des cercles du pouvoir
4.1.1. L’identification du Clan du Nord
4.1.2. Mars 1992 : un tournant dans la radicalisation du Clan du Nord
4.1.3. Les événements qui ont nourri la radicalisation du MRND et du CDR : Arusha et le Burundi
4.1.4. L’opposition à tout prix des extrémistes aux accords d’Arusha

4.2. L’attentat du 6 avril 1994
4.2.1. Chronique d’un attentat redouté
4.2.1.1. Les craintes
4.2.1.2. La conférence de Dar-es-Salam
4.2.1.3. L’annonce de l’attentat
4.2.2. La responsabilité de l’attentat : présentation des thèses en présence
4.2.2.1. Les Français
4.2.2.2. Les Belges
4.2.2.3. Les Hutu modérés
4.2.2.4. Le FPR
4.2.2.5. Les extrémistes hutu
4.2.3. Les raisons de l’incertitude sur les auteurs de l’attentat
4.2.3.1. L’absence de trace des constatations immédiates
4.2.3.2. L’absence d’enquête immédiate
4.2.3.3. Des efforts constants de désinformation
4.2.4. Des idées préconçues et un biais de confirmation

4.3. Les journées décisives des 7 au 14 avril : l’exécution du génocide et l’opération Amaryllis
4.3.1. La France face au chaos politique du Rwanda
4.3.1.1. Les conséquences immédiates de l’attentat
4.3.1.2. Les premières réactions des autorités françaises à Paris
4.3.1.3. Le soutien à une alternative politique faussement légitime : le gouvernement intérimaire rwandais (GIR)
4.3.2. Le basculement vers une nouvelle intervention militaire française
4.3.2.1. Le sentiment d’une insécurité totale à Kigali et la crainte obsessionnelle du FPR
4.3.2.2. Les prémisses de l’intervention française
4.3.2.3. L’élément déclencheur : l’assassinat de deux gendarmes français
4.3.3. L’opération Amaryllis : une nouvelle intervention militaire française au Rwanda
4.3.3.1. La mise en place et le déroulement de l’opération militaire
4.3.3.2. Des évacuations sous tensions, très ciblées
4.3.3.3. Un désengagement rapide et total des autorités et des forces françaises
4.3.4 L’aveuglement persistant des autorités françaises devant le déclenchement des massacres génocidaires
4.3.4.1. Des massacres génocidaires occultés
4.3.4.2. Une nouvelle perception du drame imposée par la couverture médiatique d’Amaryllis ?
4.3.4.3. Le départ de la France du Rwanda : entre désengagement et abandon

4.4. Qualifier et réagir : les lenteurs coupables des autorités françaises et internationales (avril-mai 1994)
4.4.1. Les préoccupations des autorités françaises au temps du génocide
4.4.1.1. Un génocide tardivement identifié malgré de nombreuses alertes
4.4.1.2. Une hostilité persistante envers le FPR mais la recherche d’une solution politique
4.4.1.3. Des liens maintenus avec le gouvernement intérimaire (GIR) mais le refus d’une aide militaire
4.4.1.4. Une insistance sur l’humanitaire
4.4.2. Guerre, génocide ou crise humanitaire : la France et les Nations unies
4.4.2.1. Une réduction drastique de la MINUAR (Résolution 912)
4.4.2.2. Un renforcement théorique de la MINUAR (Résolution 918)
4.4.2.3. Les suites de la Résolution 918
4.4.3. Les efforts de la France auprès des États de la région (avril-mai 1994)
4.4.3.1. L’impossible cessez-le-feu et la concurrence ougando-zaïroise
4.4.3.2. La France et la réintroduction du Zaïre dans le jeu international

4.5. La genèse de Turquoise, entre critiques envers la politique antérieure française et la demande sociale d’intervention
4.5.1. Une mobilisation d’intellectuels et d’ONG, une presse accusatrice
4.5.2. Le 16 mai, un tournant ?
4.5.3. La demande sociale se fait plus pressante

Chapitre 5. L’opération Turquoise (22 juin -21 août 1994)
5.1. La décision politique d’intervenir : une opération «strictement humanitaire » ?
5.1.1. Un devoir moral, une opération limitée (15 juin)
5.1.2. La confrontation de deux options (16-22 juin)
5.1.3 Une hostilité au FPR, la crainte d’un flot de réfugiés (22-28 juin)
5.1.4. Ne pas s’interposer entre les FAR et le FPR, renouer le dialogue politique (29 juin)

5.2. Une vaste offensive diplomatique
5.2.1. Le Sommet de l’OUA à Tunis (13-15 juin 1994), un succès diplomatique limité
5.2.2. Contrer ou contourner l’hostilité du FPR
5.2.3. Convaincre la communauté internationale et trouver des partenaires notamment africains
5.2.4. Obtenir un mandat de l’ONU

5.3. La planification militaire de Turquoise : de longues hésitations
5.3.1. Une mission aux contours compliqués dès avant le mandat de l’ONU
5.3.1.1. Définir les options possibles
5.3.1.2. Un premier plan d’opération
5.3.1.3. L’ordre initial du 22 juin et ses discussions
5.3.2. Entrer en premier à Goma et au Rwanda : le choix des interlocuteurs et des objectifs
5.3.2.1. Le COS entre le Zaïre et le Rwanda : reconnaitre et discuter
5.3.2.2. La mise en place du commandement français de l’opération Turquoise
5.3.3. Reconnaître les victimes au Rwanda : les logiques françaises à Bisesero
5.3.3.1. Un lieu incertain
5.3.3.2. Estimer la situation du 27 juin : un problème de renseignement
5.3.3.3. L’action
5.3.4. Un autre regard sur les débuts de Turquoise : les archives audiovisuelles de l’ECPAD
5.3.4.1. Recueillir la parole des témoins du génocide : les soeurs de Sainte-Marie de Kibuye
5.3.4.2. Recueillir la parole des victimes du génocide : un réfugié du camp de Nyarushishi
5.3.4.3. Capter les silences du commandement Turquoise sur le terrain : une conversation entre le colonel Rosier et le sergent-chef M
5.3.4.4. Médiatiser la dimension humanitaire et politique de Turquoise : la visite de François Léotard
5.3.4.5. Filmer au coeur des ténèbres du génocide : la nuit de Bisesero
5.3.5. Une grande opération d’évacuation et ses limites : Butare début juillet
5.3.5.1. Butare une ville identifiée de longue date
5.3.5.2. Butare un lieu de rencontre entre les forces françaises et les forces miliciennes ou une action au contact des belligérants

5.4. La ZHS, d’une idée diplomatique aux réalités de terrain
5.4.1. Créer une ZHS, pourquoi et avec quelle légitimité ?
5.4.2. Les préoccupations et décisions des autorités politiques françaises en juillet-août 1994
5.4.2.1. Lâcher le GIR replié à Gisenyi ?
5.4.2.2. Que faire des suspects du génocide ?
5.4.2.3. Désarmer les FAR et les milices ?
5.4.2.4. Des relations difficiles avec le FPR
5.4.2.5. La question des réfugiés et le drame humanitaire
5.4.3. La mise en oeuvre de la ZHS par la force Turquoise et ses conséquences
5.4.3.1. S’éloigner du GIR et des FAR
5.4.3.2. Assurer la sécurité dans la ZHS
5.4.3.3. Organiser les échanges avec le FPR à la frontière de la ZHS

5.5. Bilan de l’opération Turquoise
5.5.1. Une opération fortement médiatisée
5.5.2. Une opération à la fois critiquée et louangée
5.5.3. L’opération vue par deux diplomates et des militaires
5.5.4. Bilan humanitaire et médical

Chapitre 6. L’après-Turquoise
6.1. Se désengager : le retrait de la force Turquoise
6.1.1. La MINUAR II : effectifs, nationalité et moyens
6.1.2. L’organisation et la mise en oeuvre du désengagement de la force Turquoise
6.1.2.1. L’organisation du désengagement
6.1.2.2. La planification du désengagement
6.1.2.3. Premières mises en oeuvre du désengagement
6.1.2.4. Passer le relais
6.1.3. La France et l’enjeu zaïrois (juillet-août 1994)

6.2. Juger le génocide : la France et le TPIR
6.2.1. La perspective d’un tribunal international
6.2.1.1. Le soutien de la France
6.2.1.2. Rassembler des informations
6.2.1.3. Le refus d’arrêter les suspects
6.2.2. Les désaccords entre la France et le Rwanda lors de la création du tribunal
6.2.2.1. La France et la création du tribunal : s’investir pour l’image et le contrôle
6.2.2.2. Malentendu sur le justice internationale et isolement du Rwanda
6.2.2.3. Compétence territoriale, compétence temporelle et isolement de la France

6.3. La France, le Rwanda et l’Afrique
6.3.1. Une difficile normalisation diplomatique
6.3.2. Les relations franco-rwandaises à l’aune du sommet de Biarritz, 7-8 novembre 1994
6.3.2.1. Le sommet de Biarritz
6.3.2.2. Le blocage des relations franco-rwandaises

6.4. La question d’une force rapide interafricaine de maintien de la paix
Troisième partie : Gouverner l’État dans la crise rwandaise

Chapitre 7. Dérives des institutions, impensé du génocide et liberté républicaine
7.1. Approche des institutions en responsabilité ou en charge des politiques françaises au Rwanda
7.1.1. Une politique de « président à président »
7.1.1.1. Une relation directe entre François Mitterrand et Juvénal Habyarimana
7.1.1.2. Une approche d’une politique présidentielle en Afrique.
Les nominations et promotions dans l’ordre de la légion d’honneur des dignitaires du régime rwandais
7.1.1.3. La vigilance présidentielle sur les ministres de la Coopération et du Développement
7.1.1.4. Un secrétaire général présent/absent
7.1.1.5. Deux services de l’Élysée en pointe dans les décisions présidentielles, l’état-major particulier de la cellule Afrique
7.1.1.6. L’EMP au centre de la décision présidentielle
7.1.1.7. Un exécutif à une tête ? Les Premiers ministres et le Rwanda
7.1.2. Des ministres harcelés
7.1.2.1. L’opposition du ministre Joxe à la politique élyséenne au Rwanda
7.1.2.2. Le ministère de la Défense de François Léotard
7.1.2.3. La coopération sous le feu du ministère de la Défense et de l’EMP
7.1.3. Des services sous tension
7.1.3.1. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)
7.1.3.2. L’Établissement public du cinéma des armées (ECPA)
7.1.3.3. La direction des Archives de France et les conservateurs en mission
7.1.4. Les parlementaires face au gouvernement
7.1.4.1. Des questions sur le rôle de l’armée au Rwanda (1990-1993)
7.1.4.2. La préoccupation du Parlement pour les droits de l’homme
7.1.4.3. Face à l’attentat et au génocide
7.1.4.4. L’exercice d’une liberté d’expression républicaine
7.1.4.5. Les parlementaires et l’opération Turquoise
7.1.5. L’institutionnalisation des conseils restreints de défense. Une évolution partielle dans la prise de décision en matière militaire
7.1.5.1. La réforme Joxe de la décision militaire. Des « comités restreints » à l’Élysée
7.1.5.2. Une mise en place immédiate des conseils restreints de défense
7.1.5.3. La raison d’être du conseil. Une direction générale de la défense
7.1.6. La cohabitation au sein de l’exécutif à partir d’avril 1993
7.1.6.1. Rester le premier plutôt que décider ensemble
7.1.6.2. Empiéter sur les silences des autres
7.1.6.3. Préserver un intermédiaire reconnu par les deux interlocuteurs
7.1.6.4. Mener la « coopération » en guettant le faux pas de l’autre
7.1.6.5. Tenter d’exercer la pression sur l’autre sans en subir en retour
7.1.6.6. Permanence et mutations sous la cohabitation
7.1.7. Pratiques irrégulières et dérives institutionnelles au sommet de l’État. L’archétype de l’EMP
7.1.7.1. L’EMP, une énigme archivistique
7.1.7.2. L’EMP, un contrôle de l’information au sein de la présidence
7.1.7.3. Des « positions anti FPR » marquées. La constante ethniciste de l’EMP
7.1.7.4. L’EMP, un système discret d’influence, de pression et de désinformation
7.1.7.5. L’EMP, son emprise sur la cellule Afrique
7.1.7.6. D’un cabinet militaire à une action de terrain
7.1.7.7. De l’EMP à la coopération militaire. Une entreprise d’intégration fonctionnelle et idéologique au système élyséen
7.1.7.8. La cellule Afrique de l’EMA. Une réplique de l’EMP au service du CEMA ?
7.1.7.9. Justifier la centralité de l’EMA dans la stratégie indirecte. Le rapport Tauzin du 2 avril 1993
7.1.8. La présidence de la République, le Rwanda et l’état-major particulier du président de la République. Des interrogations justifiées
7.1.8.1. Une forte autonomie de l’EMP dans un système de fort contrôle présidentiel
7.1.8.2. L’assurance d’une action directe sur le terrain
7.1.8.3. Un système de communication direct Élysée -DAMI
7.1.8.4. L’EMP est-il gouverné ou se gouverne-t-il lui-même ?
7.1.8.5. Sur la ligne des fronts élyséens
7.1.9. Résistance et défaite de la chaîne de commandement régulière
7.1.9.1. L’échelle des valeurs d’un attaché de défense
7.1.9.2. Le retrait du colonel Galinié, étape clef dans une prise de contrôle du terrain
7.1.9.3. Le colonel Cussac, d’une résistance esquissée à une participation contrainte
7.1.9.4. La lucidité d’un chef de corps
7.1.9.5. La position des coopérants civils
7.1.10. Les livraisons d’armes au Rwanda. Des processus de décisions à l’oeuvre
7.1.10.1. Un dossier complexe et de nombreuses questions
7.1.10.2. Vendre des armes. Une décision politique et militaire
7.1.10.3. L’Élysée à la manoeuvre
7.1.10.4. Le rôle d’acteurs militaires
7.1.10.5. Livrer des armes au Rwanda
7.1.10.6. Passer outre les accords d’Arusha
7.1.10.7. Les dernières cessions (septembre 1992-avril 1994)
7.1.10.8. L’armement du Rwanda. Une affaire industrielle
7.1.10.9. Les livraisons d’armes au Rwanda. Comment y mettre fin ?
7.1.11 Trois institutions méconnues face à la crise rwandaise. Pour un respect des règles d’engagement et des politiques de développement
7.1.11.1. La définition de nouveaux périmètres d’action et les limites de l’approche institutionnaliste face au pouvoir politique (1990-1991)
7.1.11.2. Le raidissement des institutions françaises face à la situation rwandaise (avril 1991-début 1993)
7.1.11.3. Le processus de paix d’Arusha à l’aune du blocage rwandais et de l’ajustement structurel (printemps 1993-début 1994)
7.1.12. Éléments sur l’action de la justice
7.1.12.1. Un viol constaté mais non poursuivi
7.1.12.2. L’assassinat des deux gendarmes Alain Didot (et sa femme Gilda) et René Maier
7.1.12.3. L’attentat du 6 avril 1994 dans les archives du ministère de la Justice

7.2. Les institutions au regard d’un corpus contemporain d’analyses internes et de retour d’expérience
7.2.1. Les analyses de la période octobre 1990-mars 1994
7.2.1.1. Les note du général Schmitt à l’état-major de l’armée de Terre
7.2.1.2. Au SGDN. Deux notes d’octobre 1990 et de septembre 1993
7.2.1.3. Au CAP au ministère des Affaires étrangères. Deux notes de 1990 et 1992 de Jean-François Leguil-Bayart
7.2.1.4. à la DAM au ministère des Affaires étrangères. Deux « notes personnelles » du rédacteur Rwanda
7.2.1.5. à la DAS au ministère de la Défense. Une « crise rwandaise » de la pensée française ?
7.2.1.6. De la pensée et du courage des institutions. Le cas de la DAS
7.2.2 La période avril-juillet 1994
7.2.2.1. Au SGDN, un repli de l’analyse critique
7.2.3. Turquoise. Rapports de fin de mission, analyses à mi-parcours et retours d’expérience
7.2.3.1. Le rapport du colonel Sartre, un paradoxal espace de liberté
7.2.3.2. L’Observatoire des activités opérationnelles
7.2.3.3. La conférence du colonel Salvignol, la note de Roland Marchal
7.2.4. Un temps de bilans critiques sitôt refermé
7.2.4.1. Au SGDN, brève enquête auprès du général Lafourcade
7.2.4.2. Au CAP, au ministère des Affaires étrangères
7.2.4.3. Au ministère de la Défense. La DAS dans ses oeuvres
7.2.5. Satisfecit et silence de la diplomatie française
7.2.6. Un jusqu’au-boutisme idéologique au SGDN, à la MMC et à l’EMP dès l’été 1994
7.2.6.1. Le SGDN ou la thèse de l’ennemi FPR
7.2.6.2. La pensée stratégique de la MMC en 1994
7.2.6.3. L’EMP et la poursuite de la guerre anti-FPR
7.2.7. 1998. Reculs et avancées en lien avec la Mission Quilès
7.2.7.1. Au SGDN et à la DAS
7.2.7.2. Dans les « cellule Rwanda » des trois ministères. La relance de l’hypothèse d’un assaut sur les génocidaires
7.2.7.3. A la « pré-cellule Rwanda » de l’état-major des Armées. Les notes du colonel Le Port
7.2.8. Des institutions critiques d’elles-mêmes ? Une réflexion engagée dès 1994
7.2.8.1. Retour sur les notes Wiroth-Le Port
7.2.8.2. La grande difficulté de l’analyse critique des armées

7.3. Une crise de la décision politique ? Questions à l’État républicain, au regard de la décision française au Rwanda
7.3.1. La question de l’information en appui à la décision
7.3.1.1. Une abondante documentation dans les dossiers de travail
7.3.1.2. Des analyses en porte-à-faux
7.3.1.3. Parole politique et traduction administrative
7.3.1.4. Comment on éclaire un ministre de la Défense visitant l’opération Turquoise
7.3.1.5. Des rushes en extrait de François Léotard à Goma
7.3.2. Soupçons et rejet des savoirs indépendants, dissidents et scientifiques
7.3.2.1. Des rapports externes inexploités
7.3.2.2. Défiance et rejet de l’information critique interne
7.3.2.3. Indifférence, irritation, soupçon voire hostilité pour les savoirs scientifiques et leurs auteurs
7.3.3. Un système fermé et endogène de représentations
7.3.3.1. Une conception figée du rôle de la France en Afrique
7.3.3.2. Le décalque du conflit de l’ex-Yougoslavie ?
7.3.3.3. La France aux Nations unies. Une politique de défausse organisée ?
7.3.3.4. « Ami » versus « ennemi »
7.3.3.5. Des occasions manquées avec le FPR ?
7.3.3.6. L’indifférence aux voix informées d’un ambassadeur en France
7.3.3.7. Face aux preuves de radicalisation de l’ « ami »
7.3.3.8. L’intransigeance pour l’opposition démocratique. Une grave erreur politique ?
7.3.4. L’impensé du génocide
7.3.4.1. La France et son analyse du Rwanda. Un concentré de visions ethnicistes
7.3.4.2. La reconnaissance du génocide par la France, 16-24 mai 1994
7.3.4.3. Lecture ethniciste et le mot de génocide. Une perte de sens en mai-juin 1994
7.3.4.4. Les dogmes du « massacre interethnique » et de la « guerre civile »
7.3.4.5. Un rapport à la réalité qui se nécrose
7.3.4.6. Des alertes inconcevables. Le FPR inaudible pour la France
7.3.4.7. Le cas du rapport Rubibi
7.3.4.8. Le risque d’une mission intenable
7.3.4.9. De Kampala à Goma. Le combat d’un ambassadeur pour la vérité des faits
7.3.4.10. Des interrogations majeures sur la capacité d’informer et d’agir en situation de génocide
7.3.5. Tensions sur les carrières
7.3.5.1. être rédacteur à la DAM
7.3.5.2. La suite à Kampala
7.3.5.3. Le silence des archives, l’honneur des personnes
https://www.vie-publique.fr/sites/defau ... 9186_1.pdf
conclusion :

lafrance, le rwanda et le génocide des tutsi (1990-1994)affirmations s’appuient sur une source identifiée en note de référence. Les auteurs du Rapport ont également su aller au-delà de la littéralité de l’archive pour en cerner les non-dits et comprendre ce que disent ses conditions de production et de réception. L’historien doit cependant faire preuve d’humilité et souligner les limites de son travail. Certains documents ont sans doute échappé à la Commission, qu’ils aient disparu ou qu’ils n’aient jamais été déposés dans des centres d’archives publiques. Il n’a pas été possible d’accéder à quelques ensembles de documents pourtant conservés dans des ser-vices d’archives. La Commission n’a pu mener, faute de temps, toutes les enquêtes archivistiques complémentaires qu’elle estimait néces-saires, comme cela est écrit dans l’Exposé méthodologique disponible en ligne. On peut, par ailleurs, faire l’hypothèse qu’un certain état d’es-prit régnant au plus haut niveau de l’état, en lien avec la politique menée, a pu gêner l’émergence de rapports substantiels sur l’organisa-tion interne du parti présidentiel au Rwanda, qui auraient documenté la préparation du génocide.Les archives publiques françaises ne suffisent pas, à elles seules, à rendre compte de façon exhaustive de l’histoire du rôle et de l’engage-ment de la France au Rwanda. Il faudrait, pour parvenir à une com-préhension vraiment complète de ces cinq années, avoir recours, en France, aux archives de la société civile (associations, ONG, partis poli-tiques) et, pour l’étranger, aux archives de la Belgique, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des états-Unis, du Saint-Siège, et des pays africains dont, bien sûr, le Rwanda. Il serait nécessaire, également, de s’appuyer sur les fonds des organisations internationales. De nouvelles recherches devront assurément être conduites.Les apports de la recherche Les travaux de la Commission ont permis d’arriver à une série de constats historiographiques qui ont trait aux dimensions politique, mili-taire et diplomatique du rôle et de l’engagement de la France au Rwanda. Le premier constat est que les politiques de coopération civile, mili-taire et de développement, élaborées par la France au Rwanda à partir des années 1970, évoluent fondamentalement à la suite de la crise d’oc-tobre 1990. À partir de cette date, le FPR exerce une pression militaire
conclusion967continue au nord du Rwanda. La France conduit dès lors plusieurs poli-tiques, qui se déploient parallèlement les unes aux autres et finissent par devenir contradictoires. L’impression est celle d’un enfermement des autorités françaises dans des logiques avec lesquelles la rupture s’avère difficile, même durant la crise génocidaire. Dans un premier temps, la politique menée par la France au Rwanda procède du discours de La Baule et vise une démocratisation du régime dictatorial du président Habyarimana, démocratisation qui est la condi-tion d’une aide au développement, assortie, si besoin, d’une protection militaire. Pour le gouvernement français, la démocratisation est définie à la fois par le passage au multipartisme et par l’instauration de l’égalité des citoyens. Cette dernière dimension occupe une place de plus en plus mar-ginale dans les exigences françaises. La France n’accorde, par ailleurs, que très progressivement de l’intérêt aux partis d’opposition qui se créent en 1991 et qui contestent le pouvoir du président Habyarimana. Elle ne leur apporte pas toujours le soutien nécessaire aux moments décisifs. Par ail-leurs, elle ne s’interroge pas assez sur le grave problème que pose, dans un régime non démocratique, une assistance à la lutte antiterroriste. Un élément surplombe cette politique : le positionnement du pré-sident de la République, François Mitterrand, qui entretient une rela-tion forte, personnelle et directe, avec le chef de l’état rwandais. Cette relation éclaire la grande implication de tous les services de l’élysée. De ce fait, même si l’impératif de démocratisation du pays est régulièrement rappelé aux autorités rwandaises comme une condition de l’aide fran-çaise, dans le même temps, les demandes de protection et de défense du président rwandais sont toujours relayées, entendues et prioritaires. Les réponses françaises au moment des grandes crises rwandaises – octobre 1990, janvier-février 1991, juin 1992, février-mars 1993 – sont toujours plus empressées. Lors de ces temps forts, la pression militaire du FPR et la crainte d’un effondrement de l’état rwandais alimentent un sentiment d’urgence quant à la nécessaire réaction française. Cette urgence, qui est parfois critiquée au sein même des administrations françaises, oblitère la réflexion sur une politique alternative. Celle-ci n’émerge que progressi-vement et partiellement à l’occasion de la mise en place, en avril 1993, du gouvernement d’édouard Balladur.
968lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)La politique menée au Rwanda s’inscrit aussi dans un contexte de guerre. L’engagement français, dit indirect, est mené de façon constante contre le FPR à partir d’octobre 1990. Quand bien même des analyses divergentes sont développées à différents niveaux de l’état, le président de la République et la présidence adhèrent à l’idée que le Rwanda a été agressé militairement par le FPR mais surtout que ce dernier est un ins-trument de l’Ouganda, voire que son action s’inscrit dans un contexte géopolitique plus vaste encore. Cette conception gagne progressivement, entre 1990 et 1993, les ministères comme les administrations centrales, même si l’analyse de la nature précise de la menace militaire exercée par le FPR varie selon les services et selon les conseillers. Cette menace est, en octobre 1990, qualifiée d’« ougando-tutsie ». Ce terme, fréquent dans les archives, révèle une lecture ethniciste du Rwanda par les autorités françaises. Cette conception perdure et alimente une pensée où, les Hutu étant majoritaires, la possibilité d’une victoire du FPR est toujours assi-milée à la prise de contrôle anti-démocratique par une minorité ethnique. Cette représentation pèse, par exemple, dans les négociations d’Arusha sur le partage du pouvoir au sein de l’armée rwandaise. L’association systéma-tique du FPR et de l’Ouganda, quand bien même cette perception n’est pas unanimement partagée, conduit à faire du FPR le parti de l’étranger. Soutenir militairement le Rwanda contre le FPR est toujours assimilé à une défense contre une agression extérieure. Ainsi sont justifiées la livrai-son, en quantités considérables et avec la plus grande célérité, d’armes et de munitions au régime d’Habyarimana, tout comme l’implication très grande des militaires français dans la formation des Forces armées rwan-daises. De même, la question des réfugiés tutsi qui ont quitté le Rwanda depuis 1959, fuyant les pogroms, n’est jamais pleinement intégrée à l’ana-lyse de la situation. Enfin, une dernière strate de lecture française de la situation rwandaise se fait sous l’angle de la défense de la francophonie. Sur le Rwanda pèserait la menace d’un monde anglo-saxon dont le FPR, l’Ouganda mais aussi leurs alliés internationaux, seraient l’incarnation, ce qui a pour effet d’inscrire le conflit rwandais dans la recherche, à l’issue de la Guerre froide, de nouveaux équilibres à l’échelle du monde et du continent africain. Dans cette représentation française qui s’ajoute aux précédentes, le Rwanda est aussi conçu comme l’avant-poste d’un conflit qui serait plus général. Au travers d’une intervention militaire indirecte
conclusion969mais directive, il s’agit alors de faire de ce pays, sous couvert de la coopé-ration, le laboratoire d’une action française à la fois efficace et discrète. Le deuxième constat fait par la Commission tient à ce qui semble être la volonté française croissante, depuis l’été 1992 et encore plus à partir de 1993, d’inscrire le règlement de la question rwandaise dans un cadre régional. À cette occasion, la diplomatie française se révèle volontariste mais reste largement isolée à l’échelle mondiale, sans soutien fort aux Nations unies. Elle ne bénéficie pas, non plus, de l’appui des pays euro-péens qui ne souhaitent pas être associés à sa politique, jugée trop favo-rable à un régime de moins en moins fréquentable. Les négociations qui aboutissent, à Arusha en août 1993, à des accords de paix et de partage du pouvoir entre le gouvernement rwandais et le FPR, ont été très suivies par la France qui est à la fois en position d’observateur et de conseil du gouvernement rwandais. Ces accords, qui marquent une victoire diplo-matique du FPR, offrent à la France la possibilité de se désengager du Rwanda, alors que leur application se révèle d’une grande complexité, que le pays sombre peu à peu dans la violence et que ses institutions se désagrègent. À la suite de l’attentat du 6 avril 1994, au cours duquel le président Habyarimana trouve la mort, la France évacue ses ressortissants, ainsi que, prioritairement, la parentèle de son épouse. Alors que la phase paroxysmique du génocide des Tutsi débute, les analyses puis la réac-tion française s’inscrivent toujours dans cette logique de désengage-ment et de règlement des questions par une action internationale. Ce souhait de la France de ne plus intervenir directement au Rwanda, sans cependant que le FPR prenne totalement et définitivement le pouvoir, conduit à une politique pour le moins passive en avril et en mai 1994, au moment même du génocide. Vis-à-vis de la communauté interna-tionale, la France subit alors les conséquences de ses engagements passés auprès de l’état rwandais qui ne lui permettent pas d’apparaître comme un acteur impartial. Pourtant, dans le même temps, les autorités fran-çaises donnent, dès le 8 avril, des consignes claires pour une suspension des autorisations d’exportation de matériels de guerre au Rwanda, pré-cédemment accordées à des industriels. Le 16 mai 1994, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, prend la mesure des massacres perpé-trés contre les Tutsi et les qualifie de génocide. La ministre déléguée
lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)à l’Action humanitaire et aux Droits de l’Homme, Lucette Michaud-Chevry, affirme à son tour, le 24 mai à Genève, devant la commission des Droits de l’Homme de l’ONU, qu’il s’agit d’un génocide. L’emploi du terme génocide n’entraîne cependant pas une remise en cause fonda-mentale de la politique de la France, qui demeure obsédée par la menace du FPR, et n’abandonne jamais la condamnation « équilibrée » des mas-sacres commis par les deux camps. Le troisième constat de la Commission porte sur la nature de l’opé-ration Turquoise, sur sa mission, ses moyens et son bilan. Alors que la Résolution 929 des Nations unies, largement inspirée par la France, n’utilise pas le terme de génocide, la mission des militaires est l’objet d’injonctions difficiles à mettre en œuvre : agir dans une perspective humanitaire, « arrêter les massacres », stabiliser la situation militaire. Il est indéniable qu’il y a eu, à partir de la mi-juin, au sein du gouverne-ment français et de la part de François Mitterrand, un sursaut volonta-riste face aux massacres et à la crise humanitaire. Il apparaît aussi que l’opération Turquoise intervient à un moment où le gouvernement fran-çais table encore sur un retour à une négociation qui permettrait le par-tage du pouvoir entre le FPR et ce qui peut rester de l’ancien régime. Domine encore, chez certains, le schéma intellectuel qui tend à sépa-rer, quand il s’agit du Rwanda, les questions humanitaires et la logique de relations internationales où l’hypothèse de la prise totale du pouvoir par le FPR est perçue comme une menace existentielle. Si l’opération Turquoise commence avec des consignes très strictes de neutralité vis-à-vis des belligérants, la première source de menace qui est identifiée est néanmoins celle que constituerait le FPR. Cette ana-lyse explique qu’aient été prévus des moyens militaires lourds et pour-quoi, dans les premiers jours de l’opération, les unités de reconnaissance ont pour consigne de ne pas rester au Rwanda de manière durable et d’éviter d’approcher les secteurs où ils pensent que se trouvent des forces du FPR. Ainsi, le drame humain de Bisesero et l’échec profond qu’il constitue pour la France ne résultent pas seulement de responsabilités de terrain mais découlent en grande partie de la volonté de maintenir un équilibre entre les parties, de la crainte qu’ont les forces françaises de se trouver confrontées au FPR et à une réaction violente de sa part. Cependant, l’effondrement complet des FAR, début juillet, et la prise
conclusion971de conscience progressive par les forces françaises de l’ampleur de l’im-plication des élites locales et du Gouvernement intérimaire rwandais dans le génocide des Tutsi obligent à une réévaluation des conditions et des moyens de réalisation de l’opération. De manière générale, les déci-sions prises, qui suivent les ordres de Paris, s’inscrivent dans le contexte d’incertitude dans lequel se trouvent la force Turquoise et ses chefs militaires, quant au cadre dans lequel ils opèrent et surtout quant à la latitude dont ils disposent face aux réalités terribles du terrain. Si l’effort de protection des Tutsi menacés est réel et se compte en mil-liers de personnes extraites de situations dangereuses, l’action humani-taire de l’opération Turquoise s’inscrit surtout dans un contexte marqué par l’exode de plusieurs centaines de milliers de personnes, l’importance des pénuries alimentaires et l’émergence d’une épidémie de choléra. Le choix d’entrer par le Zaïre place de fait la France dans une position déli-cate. Les populations se trouvant en juillet dans la Zone humanitaire sûre (ZHS) à l’ouest du Rwanda, soit plusieurs millions de personnes, sont très majoritairement des Hutu et comptent parmi elles non seu-lement des tueurs mais aussi des commanditaires du génocide, que les autorités politiques françaises se refusent à arrêter. En définitive, on observe une forme de sidération de ces dernières, comme si agir face à un génocide n’entrait pas dans l’horizon des possibles, quand bien même le second xxe siècle est hanté par l’obligation morale de tout faire pour qu’il n’en survienne plus aucun.Devant une telle tragédie, peut-on s’arrêter au constat historiogra-phique ? La crise rwandaise s’achève en désastre pour le Rwanda, en défaite pour la France. La France est-elle pour autant complice du géno-cide des Tutsi ? Si l’on entend par là une volonté de s’associer à l’entre-prise génocidaire, rien dans les archives consultées ne vient le démontrer. La France s’est néanmoins longuement investie au côté d’un régime qui encourageait des massacres racistes. Elle est demeurée aveugle face à la préparation d’un génocide par les éléments les plus radicaux de ce régime. Elle a adopté un schéma binaire opposant d’une part l’ami hutu incarné par le président Habyarimana, et de l’autre l’ennemi qualifié d’« ougando-tutsi » pour désigner le FPR. Au moment du génocide, elle a tardé à rompre avec le gouvernement intérimaire qui le réalisait et a conti-nué à placer la menace du FPR au sommet de ses préoccupations. Elle a
972lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)réagi tardivement avec l’opération Turquoise qui a permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide. La recherche établit donc un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes. Des responsabilités accablantesCes responsabilités sont politiques dans la mesure où les autorités françaises ont fait preuve d’un aveuglement continu dans leur sou-tien à un régime raciste, corrompu et violent, pourtant conçu comme un laboratoire d’une nouvelle politique française en Afrique introduite par le discours de La Baule. Les autorités ont espéré que le président Habyarimana pourrait amener son pays à la démocratie et à la paix. Mais, dans le même temps, aucune politique d’encouragement à la lutte contre l’extrémisme hutu et de déracialisation de l’état n’est décidée, en dépit des alertes lancées depuis Kigali, Kampala ou Paris. Nulle réponse n’est donnée non plus aux demandes de négociations directes du FPR dont la perception demeure enfermée dans des catégories ethno-natio-nalistes. À l’opposition démocrate rwandaise, il est demandé de choisir son camp, ce qui aboutit à la désintégration d’un champ politique qui tentait de naître et d’une société en plein renouveau. Aux efforts de paix se conjuguent des logiques de surarmement et d’inflation des effectifs militaires. Le Rwanda se militarise tandis que prospèrent les milices des partis extrémistes. Le pays se débat dans de dramatiques problèmes éco-nomiques et sociaux et fait face à l’épidémie de sida. En France, à l’inquiétude de ministres, de parlementaires, de haut-fonctionnaires, d’intellectuels, il n’est répondu que par l’indifférence, le rejet ou la mauvaise foi. Cet alignement sur le pouvoir rwandais procède d’une volonté du chef de l’état et de la présidence de la République. L’exercice de l’autorité présidentielle assure des pouvoirs élevés en matière diplomatique et militaire, en particulier en ce qui concerne l’Afrique. La marginalisation des institutions aux positions divergentes et l’exil des pensées critiques caractérisent aussi cette histoire rwandaise de la France qui s’apparente à bien des égards à une crise de l’action publique. Elle révèle la défaillance des pouvoirs de coordination et l’ab-sence de contre-pouvoirs effectifs, jusqu’à la cohabitation tout au moins. Mais, faute de volonté, par crainte d’aborder un sujet qui suscite tant de
conclusion973polémiques et de déchirements, les enseignements de la crise n’ont pas été tirés comme ils auraient dû l’être. Le constat des responsabilités politiques introduit des responsabilités institutionnelles, tant civiles que militaires. La Commission a démontré l’existence de pratiques irrégulières d’administration, de chaînes paral-lèles de communication et même de commandement, de contournement des règles d’engagement et des procédures légales, d’actes d’intimidation et d’entreprises d’éviction de responsables ou d’agents. Les administra-tions ont été livrées à un environnement de décisions souvent opaques, les obligeant à s’adapter et à se gouverner elles-mêmes. L’ensemble des faits que documente la recherche présente, et antérieu-rement, les institutions elles-mêmes, ont décrit des dérives institution-nelles, couvertes par l’autorité politique ou dans une absence de contrôle politique. Des éléments le prouvent, bien que la conservation des pièces écrites n’ait pas toujours été effectuée, renforçant le caractère anormal de ces situations administratives, civiles et militaires. Ces dérives sont d’au-tant plus préoccupantes qu’elles promeuvent des schémas de pensée ou des argumentaires dogmatiques qui s’opposent à la nécessaire réflexion entourant l’action publique. Au constat de ces responsabilités institutionnelles s’ajoutent des respon-sabilités intellectuelles qui, cumulées, font système et témoignent d’une défaite de la pensée. Se gardant en permanence du risque d’anachronisme, la Commission a conduit l’étude des cadres intellectuels de la décision fran-çaise au Rwanda et de son application. La grille principale de lecture de la réalité rwandaise, qui détermine des choix politiques et leur exécution par les administrations de l’état, tant diplomatiques que militaires, demeure la lecture ethniciste, particulièrement mobilisée pour le Rwanda et la région des Grands Lacs. Cette lecture correspond d’autant moins à la réalité rwan-daise que le pays montre des ressources politiques et sociales résistant à cette emprise de l’ethnicisation. Les efforts pour promouvoir une autre analyse, critique ou seulement distanciée sur le Rwanda, ont été voués à l’échec mais n’en ont pas moins été faits au point qu’un corpus de réflexion a émergé des archives des institutions publiques. La persistance et même l’obstination à caractériser le conflit rwandais en termes ethniques, à poser l’évidence de l’agression extérieure, à définir une guerre civile là où il y a entreprise géno-cidaire, minent l’action politique et fragilisent sa traduction administrative.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)

“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par vivarais »

Fonck1 a écrit : 31 mai 2021 10:44
stirnersept9 a écrit : 30 mai 2021 23:18 1961 : départ des Belges et toujours cette haine de tribus africaines , dans ce cas entre Tutsis et Hutus.
Octobre 1990, depuis l'Ouganda le président actuel (celui qui crache sur la France) Paul Kagamé, tutsi, engage une offensive qui se solde par un échec
6 avril 1994,, le président rwandais est victime d'un attentat
https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_ ... '%C3%89tat.

- c'est donc une énième guerre tribale entre africains.
les deux missiles, qui ont tué le président hutu et celui du Burundi, plus 7 autres passagers et les trois pilotes français du Falcon
n'ont pas été tirés par la France.
Mais ont été à l'origine du génocide

Donc, aucune responsabilité de la France.

Ras le bol de ce président peu cultivé qui sans cesse s'excuse en rabaissant la France.
Il ferait mieux de se contenter de là ou il excelle.
La com, ou bien ses rencontres avec les deux gogolitos récemment ou avec la troupe de fofolles.

Une honte pour la France, ce président, et ses continuelles repentances injustifiées.

Remarquez qu'avec Chirac ce n'était pas mieux, avec Hollande non plus.

Mais ras, ras le bol.
Transformer ce pays en serpillière.
NON
voila le rapport, libre à toi de le contester :
Lettre du Président de la république adressée, le 5 avril 2019, à M. Vincent Duclert
Composition de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi
Lettre de remise du Rapport de la Commission recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi adressée au
Président de la République, par son président, M. Vincent Duclert
Remerciements
Sommaire
Introduction

1. L’enjeu d’une recherche de vérité sur la France au Rwanda et le génocide des Tutsi, de 1990 à 1994
2. La création de la commission de recherche (5 avril 2019)
3. Une commande de nature scientifique
4. L’organisation du rapport de recherche
5 Les données et les limites d’une recherche
Première partie : S’engager au Rwanda

Chapitre 1. Intervenir au Rwanda (1990)
1.1. Octobre 1990 : Décider, justifier une intervention militaire en urgence
1.1.1. Les informations incertaines du poste de Kigali
1.1.1.1. Une agression difficile à évaluer
1.1.1.2. Persécutions anti-tusti et provocation à Kigali
1.1.1.3. L’hypothèse de la guérilla
1.1.2. L’interprétation de l’état-major particulier : vers la thèse d’une « offensive ougando-tutsi»
1.1.2.1. Prendre la mesure des événements
1.1.2.2. Naissance de la notion d’ « offensive ougando-tutsi »
1.1.3. Les premiers pas de l’opération Noroît

1.2. Les autres intervenants des premiers jours
1.2.1. Le Zaïre : une intervention militaire limitée
1.2.2. La Belgique : des raisons de politique intérieure
1.2.3. Une sollicitation venue de Kampala : s’entendre avec le FPR ?

1.3. Organiser la présence militaire française
1.3.1. Des coopérants militaires très impliqués
1.3.1.1. Un attaché de défense très présent
1.3.1.2. La Mission d’assistance militaire : conseiller en ami
1.3.1.3. Noroît : renseigner, dissuader
1.3.2. Des armes en échange d’un processus démocratique : les termes du contrat
1.3.2.1. Les livraisons d’octobre 1990
1.3.2.2. Vers la solution diplomatique : l’entretien téléphonique des deux présidents (18 octobre)
1.3.3. Des hésitations prudentes et sans débouchés
1.3.3.1. Prudence à la présidence
1.3.3.2. Le point de vue critique de la Défense
1.3.3.3. à l’état-major particulier, une ligne directe avec Kigali

1.4. Pourquoi le Rwanda
1.4.1. Des accords d’une portée restreinte
1.4.2. Une coopération d’ampleur modeste
1.4.2.1. Une coopération militaire discrète
1.4.2.2. La décennie 1980
1.4.2.3. 1990 : Les demandes du président Habyarimana et le nouveau contexte
1.4.3. Les violences envers les Tutsi d’octobre 1990
1.4.3.1. Les chasses à l’homme à Kigali
1.4.3.2. Qualifier les exactions : le mot génocide
1.4.3.3. Les alertes reçues à l’Élysée
1.4.3.4. Réactions françaises

1.5. à la recherche de solutions
1.5.1. Une position française fragilisée (15 octobre-6 novembre)
1.5.1.1. Les implications du cessez-le-feu (26 octobre 1990)
1.5.1.2. Vers un retrait partiel et une orientation démocratique
1.5.1.3. Divergences aux Affaires étrangères (30 octobre 1990)
1.5.2. La voie diplomatique (28-29 novembre 1990)
1.5.2.1. La stratégie du ministère des Affaires étrangères
1.5.2.2. Des intérêts régionaux difficiles à démêler
1.5.2.3. Le voyage Pelletier-Mitterrand (6-8 novembre)
1.5.3. Rester
1.5.3.1. Aménager la présence militaire française
1.5.3.2. Les cessions gracieuses de la mission militaire de coopération (décembre 1990)
1.5.3.3. Une situation instable

Chapitre 2. La France face à la succession des crises rwandaises (1991-1992)
2.1. Partir ou rester ? Un dilemme français (1991)
2.1.1. La crise du 23 janvier 1991
2.1.2. La situation économique et financière du Rwanda (février-mars 1991) : l’autre forme du soutien français
2.1.3. Tentative française de faire évoluer son soutien au Rwanda
2.1.4. S’installer dans la durée au Rwanda
2.1.4.1. La constance de la ligne de l’Élysée
2.1.4.2. Voix discordantes sur la politique française

2.2. Le DAMI : un outil politique de coopération
2.2.1. La mise en place : quelle mission ?
2.2.2. Le travail de formation du DAMI
2.2.3. L’extension du domaine du DAMI

2.3. Les transformations du dispositif français au Rwanda (1992)
2.3.1. Soutenir malgré les massacres
2.3.1.1. Les massacres du Bugesera : un point d’achoppement
2.3.1.2. Une remise en question sur l’aide de la France au Rwanda
2.3.1.3. Les tentatives d’influer sur la politique rwandaises (mai 1992)
2.3.2. La crise de juin 1992
2.3.2.1. L’effondrement des FAR constaté par les Français
2.3.2.2. L’organisation d’une aide française au Rwanda
2.3.2.3. Sortir du guêpier ?
2.3.3. De la difficulté de se désengager
2.3.3.1 Noroît en septembre 1992 : tout change et rien ne change
2.3.3.2 Octobre : ramener la batterie de 105 à Kigali ?

2.4. Les négociations internationales et les premiers protocoles d’Arusha : l’occasion manquée du désengagement
2.4.1. Le jeu de deux États : France et Zaïre (octobre 1990 - printemps 1991)
2.4.2. Les initiatives diplomatiques françaises : faciliter des conversations directes entre le FPR et le gouvernement rwandais (août 1991) ; l’envoi de la Mission d’Observation Française à la frontière ougando-rwandaise (novembre 1991-avril 1992)
2.4.2.1. Les initiatives françaises : les pourparlers directs gouvernement rwandais-FPR (Paris, 23-25 octobre 1991)
2.4.1.2. La MOF et le GOM
2.4.3. L’OUA, la France et les premiers accords (juin 1992-janvier 1993)
2.4.3.1. Le rôle de l’OUA
2.4.3.2. Le rôle de la délégation française
2.4.3.3. Arusha, points de désaccords et points d’accords (août 1992-janvier 1993)

2.5. La reconfiguration de l’engagement en octobre-décembre 1992
2.5.1. Le DAMI Génie comme manifestation de l’influence politique dans les choix militaires
2.5.2. Les réticences de l’état-major des Armées
2.5.3. Deux ans de politique française vus par l’ambassadeur Martres
2.5.3.1. Un cadre d’analyse anthropologique et historique convenu
2.5.3.2. Dès octobre 1990 : soutien militaire contre démocratisation mais une pression rwandaise forte
2.5.3.3. Le Rwanda : un pays du champ comme les autres ?

Chapitre 3. Vers le désengagement (janvier-décembre 1993)
3.1. La crise de février 1993 et ses conséquences
3.1.1. Une intervention précipitée : réagir mais pourquoi ?
3.1.2. Le Rwanda confronté à une décomposition militaire et politique
3.1.3. Minimisation des violences anti-tutsi, dénonciation des assassinats commis par le FPR
3.1.3.1. L’ambiguïté de la France face aux tensions et aux violences
3.1.3.2. Le rapport de la Commission internationale d’enquête
3.1.3.3. Les discours de défense du régime rwandais

3.2. Réagir, mais comment ?
3.2.1. Les dissensions françaises sur le degré d’engagement militaire au Rwanda
3.2.1.1. L’évaluation des besoins militaires pour le Rwanda ?
3.2.1.2. La radicalisation des positions au sein de l’exécutif français
3.2.1.3. Comment revenir sur un arbitrage du président la République
3.2.1.4. La mobilisation de l’appareil diplomatique français
3.2.2. L’intervention militaire française au Rwanda
3.2.2.1. Un commandement très politique de l’opération française
3.2.2.2. L’opération Volcan : grands moyens et effets limités
3.2.2.3. Noroît vu par Noroît
3.2.2.4. Les analyses pessimistes de l’attaché de défense Français à Kigali

3.3. Avancée diplomatique, effondrement politique, consolidation militaire (avril-juillet 1993)
3.3.1. Le tournant de février-mars 1993
3.3.2. Le retour des belligérants à Arusha (mars- avril 1993)
3.3.2.1. Une délégation française en position délicate
3.3.2.2 La signature des derniers protocoles d’Arusha, le 3 août 1993

3.4. Le suivi des accords d’Arusha par la diplomatie française (août 1993-mars 1994)

3.5. La cohabitation : repenser la présence française ?
3.5.1. Le point de vue de l’état-major
3.5.1.1. Prospective à Kigali (15 mars 1993)
3.5.1.2. L’état-major : aux origines des 1400 hommes
3.5.2 Réflexions autour des nouveaux ministres à Paris (avril 1993)
3.5.2.1. La MMC, deux sensibilités
3.5.2.2. Le son de cloche dissonant de la DAS (10 avril 1993)
3.5.2.3. La position des Affaires étrangères : partir en cas de massacre à Kigali ?
3.5.3. à l’Élysée : de conseil restreint en conseil restreint
3.5.3.1. Le conseil restreint du 31 mars : dernier conseil avant la cohabitation
3.5.3.2. Le conseil restreint du 2 avril : du neuf avec du vieux
3.5.3.3. Les suites du conseil restreint du 2 avril
3.5.4. La situation se dégrade à Kigali (avril-juillet 1993)
3.5.4.1. Une propagande tous azimuts
3.5.4.2. Une gouvernance en lambeaux
3.5.5. La laborieuse application des accords d’Arusha (août-décembre 1993)
3.5.6. La question militaire
3.5.6.1. Se désengager, comment ?
3.5.6.2. Une décision en conseil restreint (4 août)
3.5.6.3. A la recherche de casques bleus
3.5.6.4. Replier Noroît sur Kigali
3.5.6.5. Les Casques bleus arrivent : nouvelles échéances
3.5.7. La question politique
3.5.7.1. Le président Habyarimana à Paris
3.5.7.2. Des signaux inquiétants en grand nombre (novembre-décembre 1993)
Deuxième partie : La France face au génocide

Chapitre 4. La France, la guerre et le génocide (avril-juin 1994)
4.1. La France face à la radicalisation des cercles du pouvoir
4.1.1. L’identification du Clan du Nord
4.1.2. Mars 1992 : un tournant dans la radicalisation du Clan du Nord
4.1.3. Les événements qui ont nourri la radicalisation du MRND et du CDR : Arusha et le Burundi
4.1.4. L’opposition à tout prix des extrémistes aux accords d’Arusha

4.2. L’attentat du 6 avril 1994
4.2.1. Chronique d’un attentat redouté
4.2.1.1. Les craintes
4.2.1.2. La conférence de Dar-es-Salam
4.2.1.3. L’annonce de l’attentat
4.2.2. La responsabilité de l’attentat : présentation des thèses en présence
4.2.2.1. Les Français
4.2.2.2. Les Belges
4.2.2.3. Les Hutu modérés
4.2.2.4. Le FPR
4.2.2.5. Les extrémistes hutu
4.2.3. Les raisons de l’incertitude sur les auteurs de l’attentat
4.2.3.1. L’absence de trace des constatations immédiates
4.2.3.2. L’absence d’enquête immédiate
4.2.3.3. Des efforts constants de désinformation
4.2.4. Des idées préconçues et un biais de confirmation

4.3. Les journées décisives des 7 au 14 avril : l’exécution du génocide et l’opération Amaryllis
4.3.1. La France face au chaos politique du Rwanda
4.3.1.1. Les conséquences immédiates de l’attentat
4.3.1.2. Les premières réactions des autorités françaises à Paris
4.3.1.3. Le soutien à une alternative politique faussement légitime : le gouvernement intérimaire rwandais (GIR)
4.3.2. Le basculement vers une nouvelle intervention militaire française
4.3.2.1. Le sentiment d’une insécurité totale à Kigali et la crainte obsessionnelle du FPR
4.3.2.2. Les prémisses de l’intervention française
4.3.2.3. L’élément déclencheur : l’assassinat de deux gendarmes français
4.3.3. L’opération Amaryllis : une nouvelle intervention militaire française au Rwanda
4.3.3.1. La mise en place et le déroulement de l’opération militaire
4.3.3.2. Des évacuations sous tensions, très ciblées
4.3.3.3. Un désengagement rapide et total des autorités et des forces françaises
4.3.4 L’aveuglement persistant des autorités françaises devant le déclenchement des massacres génocidaires
4.3.4.1. Des massacres génocidaires occultés
4.3.4.2. Une nouvelle perception du drame imposée par la couverture médiatique d’Amaryllis ?
4.3.4.3. Le départ de la France du Rwanda : entre désengagement et abandon

4.4. Qualifier et réagir : les lenteurs coupables des autorités françaises et internationales (avril-mai 1994)
4.4.1. Les préoccupations des autorités françaises au temps du génocide
4.4.1.1. Un génocide tardivement identifié malgré de nombreuses alertes
4.4.1.2. Une hostilité persistante envers le FPR mais la recherche d’une solution politique
4.4.1.3. Des liens maintenus avec le gouvernement intérimaire (GIR) mais le refus d’une aide militaire
4.4.1.4. Une insistance sur l’humanitaire
4.4.2. Guerre, génocide ou crise humanitaire : la France et les Nations unies
4.4.2.1. Une réduction drastique de la MINUAR (Résolution 912)
4.4.2.2. Un renforcement théorique de la MINUAR (Résolution 918)
4.4.2.3. Les suites de la Résolution 918
4.4.3. Les efforts de la France auprès des États de la région (avril-mai 1994)
4.4.3.1. L’impossible cessez-le-feu et la concurrence ougando-zaïroise
4.4.3.2. La France et la réintroduction du Zaïre dans le jeu international

4.5. La genèse de Turquoise, entre critiques envers la politique antérieure française et la demande sociale d’intervention
4.5.1. Une mobilisation d’intellectuels et d’ONG, une presse accusatrice
4.5.2. Le 16 mai, un tournant ?
4.5.3. La demande sociale se fait plus pressante

Chapitre 5. L’opération Turquoise (22 juin -21 août 1994)
5.1. La décision politique d’intervenir : une opération «strictement humanitaire » ?
5.1.1. Un devoir moral, une opération limitée (15 juin)
5.1.2. La confrontation de deux options (16-22 juin)
5.1.3 Une hostilité au FPR, la crainte d’un flot de réfugiés (22-28 juin)
5.1.4. Ne pas s’interposer entre les FAR et le FPR, renouer le dialogue politique (29 juin)

5.2. Une vaste offensive diplomatique
5.2.1. Le Sommet de l’OUA à Tunis (13-15 juin 1994), un succès diplomatique limité
5.2.2. Contrer ou contourner l’hostilité du FPR
5.2.3. Convaincre la communauté internationale et trouver des partenaires notamment africains
5.2.4. Obtenir un mandat de l’ONU

5.3. La planification militaire de Turquoise : de longues hésitations
5.3.1. Une mission aux contours compliqués dès avant le mandat de l’ONU
5.3.1.1. Définir les options possibles
5.3.1.2. Un premier plan d’opération
5.3.1.3. L’ordre initial du 22 juin et ses discussions
5.3.2. Entrer en premier à Goma et au Rwanda : le choix des interlocuteurs et des objectifs
5.3.2.1. Le COS entre le Zaïre et le Rwanda : reconnaitre et discuter
5.3.2.2. La mise en place du commandement français de l’opération Turquoise
5.3.3. Reconnaître les victimes au Rwanda : les logiques françaises à Bisesero
5.3.3.1. Un lieu incertain
5.3.3.2. Estimer la situation du 27 juin : un problème de renseignement
5.3.3.3. L’action
5.3.4. Un autre regard sur les débuts de Turquoise : les archives audiovisuelles de l’ECPAD
5.3.4.1. Recueillir la parole des témoins du génocide : les soeurs de Sainte-Marie de Kibuye
5.3.4.2. Recueillir la parole des victimes du génocide : un réfugié du camp de Nyarushishi
5.3.4.3. Capter les silences du commandement Turquoise sur le terrain : une conversation entre le colonel Rosier et le sergent-chef M
5.3.4.4. Médiatiser la dimension humanitaire et politique de Turquoise : la visite de François Léotard
5.3.4.5. Filmer au coeur des ténèbres du génocide : la nuit de Bisesero
5.3.5. Une grande opération d’évacuation et ses limites : Butare début juillet
5.3.5.1. Butare une ville identifiée de longue date
5.3.5.2. Butare un lieu de rencontre entre les forces françaises et les forces miliciennes ou une action au contact des belligérants

5.4. La ZHS, d’une idée diplomatique aux réalités de terrain
5.4.1. Créer une ZHS, pourquoi et avec quelle légitimité ?
5.4.2. Les préoccupations et décisions des autorités politiques françaises en juillet-août 1994
5.4.2.1. Lâcher le GIR replié à Gisenyi ?
5.4.2.2. Que faire des suspects du génocide ?
5.4.2.3. Désarmer les FAR et les milices ?
5.4.2.4. Des relations difficiles avec le FPR
5.4.2.5. La question des réfugiés et le drame humanitaire
5.4.3. La mise en oeuvre de la ZHS par la force Turquoise et ses conséquences
5.4.3.1. S’éloigner du GIR et des FAR
5.4.3.2. Assurer la sécurité dans la ZHS
5.4.3.3. Organiser les échanges avec le FPR à la frontière de la ZHS

5.5. Bilan de l’opération Turquoise
5.5.1. Une opération fortement médiatisée
5.5.2. Une opération à la fois critiquée et louangée
5.5.3. L’opération vue par deux diplomates et des militaires
5.5.4. Bilan humanitaire et médical

Chapitre 6. L’après-Turquoise
6.1. Se désengager : le retrait de la force Turquoise
6.1.1. La MINUAR II : effectifs, nationalité et moyens
6.1.2. L’organisation et la mise en oeuvre du désengagement de la force Turquoise
6.1.2.1. L’organisation du désengagement
6.1.2.2. La planification du désengagement
6.1.2.3. Premières mises en oeuvre du désengagement
6.1.2.4. Passer le relais
6.1.3. La France et l’enjeu zaïrois (juillet-août 1994)

6.2. Juger le génocide : la France et le TPIR
6.2.1. La perspective d’un tribunal international
6.2.1.1. Le soutien de la France
6.2.1.2. Rassembler des informations
6.2.1.3. Le refus d’arrêter les suspects
6.2.2. Les désaccords entre la France et le Rwanda lors de la création du tribunal
6.2.2.1. La France et la création du tribunal : s’investir pour l’image et le contrôle
6.2.2.2. Malentendu sur le justice internationale et isolement du Rwanda
6.2.2.3. Compétence territoriale, compétence temporelle et isolement de la France

6.3. La France, le Rwanda et l’Afrique
6.3.1. Une difficile normalisation diplomatique
6.3.2. Les relations franco-rwandaises à l’aune du sommet de Biarritz, 7-8 novembre 1994
6.3.2.1. Le sommet de Biarritz
6.3.2.2. Le blocage des relations franco-rwandaises

6.4. La question d’une force rapide interafricaine de maintien de la paix
Troisième partie : Gouverner l’État dans la crise rwandaise

Chapitre 7. Dérives des institutions, impensé du génocide et liberté républicaine
7.1. Approche des institutions en responsabilité ou en charge des politiques françaises au Rwanda
7.1.1. Une politique de « président à président »
7.1.1.1. Une relation directe entre François Mitterrand et Juvénal Habyarimana
7.1.1.2. Une approche d’une politique présidentielle en Afrique.
Les nominations et promotions dans l’ordre de la légion d’honneur des dignitaires du régime rwandais
7.1.1.3. La vigilance présidentielle sur les ministres de la Coopération et du Développement
7.1.1.4. Un secrétaire général présent/absent
7.1.1.5. Deux services de l’Élysée en pointe dans les décisions présidentielles, l’état-major particulier de la cellule Afrique
7.1.1.6. L’EMP au centre de la décision présidentielle
7.1.1.7. Un exécutif à une tête ? Les Premiers ministres et le Rwanda
7.1.2. Des ministres harcelés
7.1.2.1. L’opposition du ministre Joxe à la politique élyséenne au Rwanda
7.1.2.2. Le ministère de la Défense de François Léotard
7.1.2.3. La coopération sous le feu du ministère de la Défense et de l’EMP
7.1.3. Des services sous tension
7.1.3.1. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)
7.1.3.2. L’Établissement public du cinéma des armées (ECPA)
7.1.3.3. La direction des Archives de France et les conservateurs en mission
7.1.4. Les parlementaires face au gouvernement
7.1.4.1. Des questions sur le rôle de l’armée au Rwanda (1990-1993)
7.1.4.2. La préoccupation du Parlement pour les droits de l’homme
7.1.4.3. Face à l’attentat et au génocide
7.1.4.4. L’exercice d’une liberté d’expression républicaine
7.1.4.5. Les parlementaires et l’opération Turquoise
7.1.5. L’institutionnalisation des conseils restreints de défense. Une évolution partielle dans la prise de décision en matière militaire
7.1.5.1. La réforme Joxe de la décision militaire. Des « comités restreints » à l’Élysée
7.1.5.2. Une mise en place immédiate des conseils restreints de défense
7.1.5.3. La raison d’être du conseil. Une direction générale de la défense
7.1.6. La cohabitation au sein de l’exécutif à partir d’avril 1993
7.1.6.1. Rester le premier plutôt que décider ensemble
7.1.6.2. Empiéter sur les silences des autres
7.1.6.3. Préserver un intermédiaire reconnu par les deux interlocuteurs
7.1.6.4. Mener la « coopération » en guettant le faux pas de l’autre
7.1.6.5. Tenter d’exercer la pression sur l’autre sans en subir en retour
7.1.6.6. Permanence et mutations sous la cohabitation
7.1.7. Pratiques irrégulières et dérives institutionnelles au sommet de l’État. L’archétype de l’EMP
7.1.7.1. L’EMP, une énigme archivistique
7.1.7.2. L’EMP, un contrôle de l’information au sein de la présidence
7.1.7.3. Des « positions anti FPR » marquées. La constante ethniciste de l’EMP
7.1.7.4. L’EMP, un système discret d’influence, de pression et de désinformation
7.1.7.5. L’EMP, son emprise sur la cellule Afrique
7.1.7.6. D’un cabinet militaire à une action de terrain
7.1.7.7. De l’EMP à la coopération militaire. Une entreprise d’intégration fonctionnelle et idéologique au système élyséen
7.1.7.8. La cellule Afrique de l’EMA. Une réplique de l’EMP au service du CEMA ?
7.1.7.9. Justifier la centralité de l’EMA dans la stratégie indirecte. Le rapport Tauzin du 2 avril 1993
7.1.8. La présidence de la République, le Rwanda et l’état-major particulier du président de la République. Des interrogations justifiées
7.1.8.1. Une forte autonomie de l’EMP dans un système de fort contrôle présidentiel
7.1.8.2. L’assurance d’une action directe sur le terrain
7.1.8.3. Un système de communication direct Élysée -DAMI
7.1.8.4. L’EMP est-il gouverné ou se gouverne-t-il lui-même ?
7.1.8.5. Sur la ligne des fronts élyséens
7.1.9. Résistance et défaite de la chaîne de commandement régulière
7.1.9.1. L’échelle des valeurs d’un attaché de défense
7.1.9.2. Le retrait du colonel Galinié, étape clef dans une prise de contrôle du terrain
7.1.9.3. Le colonel Cussac, d’une résistance esquissée à une participation contrainte
7.1.9.4. La lucidité d’un chef de corps
7.1.9.5. La position des coopérants civils
7.1.10. Les livraisons d’armes au Rwanda. Des processus de décisions à l’oeuvre
7.1.10.1. Un dossier complexe et de nombreuses questions
7.1.10.2. Vendre des armes. Une décision politique et militaire
7.1.10.3. L’Élysée à la manoeuvre
7.1.10.4. Le rôle d’acteurs militaires
7.1.10.5. Livrer des armes au Rwanda
7.1.10.6. Passer outre les accords d’Arusha
7.1.10.7. Les dernières cessions (septembre 1992-avril 1994)
7.1.10.8. L’armement du Rwanda. Une affaire industrielle
7.1.10.9. Les livraisons d’armes au Rwanda. Comment y mettre fin ?
7.1.11 Trois institutions méconnues face à la crise rwandaise. Pour un respect des règles d’engagement et des politiques de développement
7.1.11.1. La définition de nouveaux périmètres d’action et les limites de l’approche institutionnaliste face au pouvoir politique (1990-1991)
7.1.11.2. Le raidissement des institutions françaises face à la situation rwandaise (avril 1991-début 1993)
7.1.11.3. Le processus de paix d’Arusha à l’aune du blocage rwandais et de l’ajustement structurel (printemps 1993-début 1994)
7.1.12. Éléments sur l’action de la justice
7.1.12.1. Un viol constaté mais non poursuivi
7.1.12.2. L’assassinat des deux gendarmes Alain Didot (et sa femme Gilda) et René Maier
7.1.12.3. L’attentat du 6 avril 1994 dans les archives du ministère de la Justice

7.2. Les institutions au regard d’un corpus contemporain d’analyses internes et de retour d’expérience
7.2.1. Les analyses de la période octobre 1990-mars 1994
7.2.1.1. Les note du général Schmitt à l’état-major de l’armée de Terre
7.2.1.2. Au SGDN. Deux notes d’octobre 1990 et de septembre 1993
7.2.1.3. Au CAP au ministère des Affaires étrangères. Deux notes de 1990 et 1992 de Jean-François Leguil-Bayart
7.2.1.4. à la DAM au ministère des Affaires étrangères. Deux « notes personnelles » du rédacteur Rwanda
7.2.1.5. à la DAS au ministère de la Défense. Une « crise rwandaise » de la pensée française ?
7.2.1.6. De la pensée et du courage des institutions. Le cas de la DAS
7.2.2 La période avril-juillet 1994
7.2.2.1. Au SGDN, un repli de l’analyse critique
7.2.3. Turquoise. Rapports de fin de mission, analyses à mi-parcours et retours d’expérience
7.2.3.1. Le rapport du colonel Sartre, un paradoxal espace de liberté
7.2.3.2. L’Observatoire des activités opérationnelles
7.2.3.3. La conférence du colonel Salvignol, la note de Roland Marchal
7.2.4. Un temps de bilans critiques sitôt refermé
7.2.4.1. Au SGDN, brève enquête auprès du général Lafourcade
7.2.4.2. Au CAP, au ministère des Affaires étrangères
7.2.4.3. Au ministère de la Défense. La DAS dans ses oeuvres
7.2.5. Satisfecit et silence de la diplomatie française
7.2.6. Un jusqu’au-boutisme idéologique au SGDN, à la MMC et à l’EMP dès l’été 1994
7.2.6.1. Le SGDN ou la thèse de l’ennemi FPR
7.2.6.2. La pensée stratégique de la MMC en 1994
7.2.6.3. L’EMP et la poursuite de la guerre anti-FPR
7.2.7. 1998. Reculs et avancées en lien avec la Mission Quilès
7.2.7.1. Au SGDN et à la DAS
7.2.7.2. Dans les « cellule Rwanda » des trois ministères. La relance de l’hypothèse d’un assaut sur les génocidaires
7.2.7.3. A la « pré-cellule Rwanda » de l’état-major des Armées. Les notes du colonel Le Port
7.2.8. Des institutions critiques d’elles-mêmes ? Une réflexion engagée dès 1994
7.2.8.1. Retour sur les notes Wiroth-Le Port
7.2.8.2. La grande difficulté de l’analyse critique des armées

7.3. Une crise de la décision politique ? Questions à l’État républicain, au regard de la décision française au Rwanda
7.3.1. La question de l’information en appui à la décision
7.3.1.1. Une abondante documentation dans les dossiers de travail
7.3.1.2. Des analyses en porte-à-faux
7.3.1.3. Parole politique et traduction administrative
7.3.1.4. Comment on éclaire un ministre de la Défense visitant l’opération Turquoise
7.3.1.5. Des rushes en extrait de François Léotard à Goma
7.3.2. Soupçons et rejet des savoirs indépendants, dissidents et scientifiques
7.3.2.1. Des rapports externes inexploités
7.3.2.2. Défiance et rejet de l’information critique interne
7.3.2.3. Indifférence, irritation, soupçon voire hostilité pour les savoirs scientifiques et leurs auteurs
7.3.3. Un système fermé et endogène de représentations
7.3.3.1. Une conception figée du rôle de la France en Afrique
7.3.3.2. Le décalque du conflit de l’ex-Yougoslavie ?
7.3.3.3. La France aux Nations unies. Une politique de défausse organisée ?
7.3.3.4. « Ami » versus « ennemi »
7.3.3.5. Des occasions manquées avec le FPR ?
7.3.3.6. L’indifférence aux voix informées d’un ambassadeur en France
7.3.3.7. Face aux preuves de radicalisation de l’ « ami »
7.3.3.8. L’intransigeance pour l’opposition démocratique. Une grave erreur politique ?
7.3.4. L’impensé du génocide
7.3.4.1. La France et son analyse du Rwanda. Un concentré de visions ethnicistes
7.3.4.2. La reconnaissance du génocide par la France, 16-24 mai 1994
7.3.4.3. Lecture ethniciste et le mot de génocide. Une perte de sens en mai-juin 1994
7.3.4.4. Les dogmes du « massacre interethnique » et de la « guerre civile »
7.3.4.5. Un rapport à la réalité qui se nécrose
7.3.4.6. Des alertes inconcevables. Le FPR inaudible pour la France
7.3.4.7. Le cas du rapport Rubibi
7.3.4.8. Le risque d’une mission intenable
7.3.4.9. De Kampala à Goma. Le combat d’un ambassadeur pour la vérité des faits
7.3.4.10. Des interrogations majeures sur la capacité d’informer et d’agir en situation de génocide
7.3.5. Tensions sur les carrières
7.3.5.1. être rédacteur à la DAM
7.3.5.2. La suite à Kampala
7.3.5.3. Le silence des archives, l’honneur des personnes
https://www.vie-publique.fr/sites/defau ... 9186_1.pdf
conclusion :

lafrance, le rwanda et le génocide des tutsi (1990-1994)affirmations s’appuient sur une source identifiée en note de référence. Les auteurs du Rapport ont également su aller au-delà de la littéralité de l’archive pour en cerner les non-dits et comprendre ce que disent ses conditions de production et de réception. L’historien doit cependant faire preuve d’humilité et souligner les limites de son travail. Certains documents ont sans doute échappé à la Commission, qu’ils aient disparu ou qu’ils n’aient jamais été déposés dans des centres d’archives publiques. Il n’a pas été possible d’accéder à quelques ensembles de documents pourtant conservés dans des ser-vices d’archives. La Commission n’a pu mener, faute de temps, toutes les enquêtes archivistiques complémentaires qu’elle estimait néces-saires, comme cela est écrit dans l’Exposé méthodologique disponible en ligne. On peut, par ailleurs, faire l’hypothèse qu’un certain état d’es-prit régnant au plus haut niveau de l’état, en lien avec la politique menée, a pu gêner l’émergence de rapports substantiels sur l’organisa-tion interne du parti présidentiel au Rwanda, qui auraient documenté la préparation du génocide.Les archives publiques françaises ne suffisent pas, à elles seules, à rendre compte de façon exhaustive de l’histoire du rôle et de l’engage-ment de la France au Rwanda. Il faudrait, pour parvenir à une com-préhension vraiment complète de ces cinq années, avoir recours, en France, aux archives de la société civile (associations, ONG, partis poli-tiques) et, pour l’étranger, aux archives de la Belgique, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des états-Unis, du Saint-Siège, et des pays africains dont, bien sûr, le Rwanda. Il serait nécessaire, également, de s’appuyer sur les fonds des organisations internationales. De nouvelles recherches devront assurément être conduites.Les apports de la recherche Les travaux de la Commission ont permis d’arriver à une série de constats historiographiques qui ont trait aux dimensions politique, mili-taire et diplomatique du rôle et de l’engagement de la France au Rwanda. Le premier constat est que les politiques de coopération civile, mili-taire et de développement, élaborées par la France au Rwanda à partir des années 1970, évoluent fondamentalement à la suite de la crise d’oc-tobre 1990. À partir de cette date, le FPR exerce une pression militaire
conclusion967continue au nord du Rwanda. La France conduit dès lors plusieurs poli-tiques, qui se déploient parallèlement les unes aux autres et finissent par devenir contradictoires. L’impression est celle d’un enfermement des autorités françaises dans des logiques avec lesquelles la rupture s’avère difficile, même durant la crise génocidaire. Dans un premier temps, la politique menée par la France au Rwanda procède du discours de La Baule et vise une démocratisation du régime dictatorial du président Habyarimana, démocratisation qui est la condi-tion d’une aide au développement, assortie, si besoin, d’une protection militaire. Pour le gouvernement français, la démocratisation est définie à la fois par le passage au multipartisme et par l’instauration de l’égalité des citoyens. Cette dernière dimension occupe une place de plus en plus mar-ginale dans les exigences françaises. La France n’accorde, par ailleurs, que très progressivement de l’intérêt aux partis d’opposition qui se créent en 1991 et qui contestent le pouvoir du président Habyarimana. Elle ne leur apporte pas toujours le soutien nécessaire aux moments décisifs. Par ail-leurs, elle ne s’interroge pas assez sur le grave problème que pose, dans un régime non démocratique, une assistance à la lutte antiterroriste. Un élément surplombe cette politique : le positionnement du pré-sident de la République, François Mitterrand, qui entretient une rela-tion forte, personnelle et directe, avec le chef de l’état rwandais. Cette relation éclaire la grande implication de tous les services de l’élysée. De ce fait, même si l’impératif de démocratisation du pays est régulièrement rappelé aux autorités rwandaises comme une condition de l’aide fran-çaise, dans le même temps, les demandes de protection et de défense du président rwandais sont toujours relayées, entendues et prioritaires. Les réponses françaises au moment des grandes crises rwandaises – octobre 1990, janvier-février 1991, juin 1992, février-mars 1993 – sont toujours plus empressées. Lors de ces temps forts, la pression militaire du FPR et la crainte d’un effondrement de l’état rwandais alimentent un sentiment d’urgence quant à la nécessaire réaction française. Cette urgence, qui est parfois critiquée au sein même des administrations françaises, oblitère la réflexion sur une politique alternative. Celle-ci n’émerge que progressi-vement et partiellement à l’occasion de la mise en place, en avril 1993, du gouvernement d’édouard Balladur.
968lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)La politique menée au Rwanda s’inscrit aussi dans un contexte de guerre. L’engagement français, dit indirect, est mené de façon constante contre le FPR à partir d’octobre 1990. Quand bien même des analyses divergentes sont développées à différents niveaux de l’état, le président de la République et la présidence adhèrent à l’idée que le Rwanda a été agressé militairement par le FPR mais surtout que ce dernier est un ins-trument de l’Ouganda, voire que son action s’inscrit dans un contexte géopolitique plus vaste encore. Cette conception gagne progressivement, entre 1990 et 1993, les ministères comme les administrations centrales, même si l’analyse de la nature précise de la menace militaire exercée par le FPR varie selon les services et selon les conseillers. Cette menace est, en octobre 1990, qualifiée d’« ougando-tutsie ». Ce terme, fréquent dans les archives, révèle une lecture ethniciste du Rwanda par les autorités françaises. Cette conception perdure et alimente une pensée où, les Hutu étant majoritaires, la possibilité d’une victoire du FPR est toujours assi-milée à la prise de contrôle anti-démocratique par une minorité ethnique. Cette représentation pèse, par exemple, dans les négociations d’Arusha sur le partage du pouvoir au sein de l’armée rwandaise. L’association systéma-tique du FPR et de l’Ouganda, quand bien même cette perception n’est pas unanimement partagée, conduit à faire du FPR le parti de l’étranger. Soutenir militairement le Rwanda contre le FPR est toujours assimilé à une défense contre une agression extérieure. Ainsi sont justifiées la livrai-son, en quantités considérables et avec la plus grande célérité, d’armes et de munitions au régime d’Habyarimana, tout comme l’implication très grande des militaires français dans la formation des Forces armées rwan-daises. De même, la question des réfugiés tutsi qui ont quitté le Rwanda depuis 1959, fuyant les pogroms, n’est jamais pleinement intégrée à l’ana-lyse de la situation. Enfin, une dernière strate de lecture française de la situation rwandaise se fait sous l’angle de la défense de la francophonie. Sur le Rwanda pèserait la menace d’un monde anglo-saxon dont le FPR, l’Ouganda mais aussi leurs alliés internationaux, seraient l’incarnation, ce qui a pour effet d’inscrire le conflit rwandais dans la recherche, à l’issue de la Guerre froide, de nouveaux équilibres à l’échelle du monde et du continent africain. Dans cette représentation française qui s’ajoute aux précédentes, le Rwanda est aussi conçu comme l’avant-poste d’un conflit qui serait plus général. Au travers d’une intervention militaire indirecte
conclusion969mais directive, il s’agit alors de faire de ce pays, sous couvert de la coopé-ration, le laboratoire d’une action française à la fois efficace et discrète. Le deuxième constat fait par la Commission tient à ce qui semble être la volonté française croissante, depuis l’été 1992 et encore plus à partir de 1993, d’inscrire le règlement de la question rwandaise dans un cadre régional. À cette occasion, la diplomatie française se révèle volontariste mais reste largement isolée à l’échelle mondiale, sans soutien fort aux Nations unies. Elle ne bénéficie pas, non plus, de l’appui des pays euro-péens qui ne souhaitent pas être associés à sa politique, jugée trop favo-rable à un régime de moins en moins fréquentable. Les négociations qui aboutissent, à Arusha en août 1993, à des accords de paix et de partage du pouvoir entre le gouvernement rwandais et le FPR, ont été très suivies par la France qui est à la fois en position d’observateur et de conseil du gouvernement rwandais. Ces accords, qui marquent une victoire diplo-matique du FPR, offrent à la France la possibilité de se désengager du Rwanda, alors que leur application se révèle d’une grande complexité, que le pays sombre peu à peu dans la violence et que ses institutions se désagrègent. À la suite de l’attentat du 6 avril 1994, au cours duquel le président Habyarimana trouve la mort, la France évacue ses ressortissants, ainsi que, prioritairement, la parentèle de son épouse. Alors que la phase paroxysmique du génocide des Tutsi débute, les analyses puis la réac-tion française s’inscrivent toujours dans cette logique de désengage-ment et de règlement des questions par une action internationale. Ce souhait de la France de ne plus intervenir directement au Rwanda, sans cependant que le FPR prenne totalement et définitivement le pouvoir, conduit à une politique pour le moins passive en avril et en mai 1994, au moment même du génocide. Vis-à-vis de la communauté interna-tionale, la France subit alors les conséquences de ses engagements passés auprès de l’état rwandais qui ne lui permettent pas d’apparaître comme un acteur impartial. Pourtant, dans le même temps, les autorités fran-çaises donnent, dès le 8 avril, des consignes claires pour une suspension des autorisations d’exportation de matériels de guerre au Rwanda, pré-cédemment accordées à des industriels. Le 16 mai 1994, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, prend la mesure des massacres perpé-trés contre les Tutsi et les qualifie de génocide. La ministre déléguée
lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)à l’Action humanitaire et aux Droits de l’Homme, Lucette Michaud-Chevry, affirme à son tour, le 24 mai à Genève, devant la commission des Droits de l’Homme de l’ONU, qu’il s’agit d’un génocide. L’emploi du terme génocide n’entraîne cependant pas une remise en cause fonda-mentale de la politique de la France, qui demeure obsédée par la menace du FPR, et n’abandonne jamais la condamnation « équilibrée » des mas-sacres commis par les deux camps. Le troisième constat de la Commission porte sur la nature de l’opé-ration Turquoise, sur sa mission, ses moyens et son bilan. Alors que la Résolution 929 des Nations unies, largement inspirée par la France, n’utilise pas le terme de génocide, la mission des militaires est l’objet d’injonctions difficiles à mettre en œuvre : agir dans une perspective humanitaire, « arrêter les massacres », stabiliser la situation militaire. Il est indéniable qu’il y a eu, à partir de la mi-juin, au sein du gouverne-ment français et de la part de François Mitterrand, un sursaut volonta-riste face aux massacres et à la crise humanitaire. Il apparaît aussi que l’opération Turquoise intervient à un moment où le gouvernement fran-çais table encore sur un retour à une négociation qui permettrait le par-tage du pouvoir entre le FPR et ce qui peut rester de l’ancien régime. Domine encore, chez certains, le schéma intellectuel qui tend à sépa-rer, quand il s’agit du Rwanda, les questions humanitaires et la logique de relations internationales où l’hypothèse de la prise totale du pouvoir par le FPR est perçue comme une menace existentielle. Si l’opération Turquoise commence avec des consignes très strictes de neutralité vis-à-vis des belligérants, la première source de menace qui est identifiée est néanmoins celle que constituerait le FPR. Cette ana-lyse explique qu’aient été prévus des moyens militaires lourds et pour-quoi, dans les premiers jours de l’opération, les unités de reconnaissance ont pour consigne de ne pas rester au Rwanda de manière durable et d’éviter d’approcher les secteurs où ils pensent que se trouvent des forces du FPR. Ainsi, le drame humain de Bisesero et l’échec profond qu’il constitue pour la France ne résultent pas seulement de responsabilités de terrain mais découlent en grande partie de la volonté de maintenir un équilibre entre les parties, de la crainte qu’ont les forces françaises de se trouver confrontées au FPR et à une réaction violente de sa part. Cependant, l’effondrement complet des FAR, début juillet, et la prise
conclusion971de conscience progressive par les forces françaises de l’ampleur de l’im-plication des élites locales et du Gouvernement intérimaire rwandais dans le génocide des Tutsi obligent à une réévaluation des conditions et des moyens de réalisation de l’opération. De manière générale, les déci-sions prises, qui suivent les ordres de Paris, s’inscrivent dans le contexte d’incertitude dans lequel se trouvent la force Turquoise et ses chefs militaires, quant au cadre dans lequel ils opèrent et surtout quant à la latitude dont ils disposent face aux réalités terribles du terrain. Si l’effort de protection des Tutsi menacés est réel et se compte en mil-liers de personnes extraites de situations dangereuses, l’action humani-taire de l’opération Turquoise s’inscrit surtout dans un contexte marqué par l’exode de plusieurs centaines de milliers de personnes, l’importance des pénuries alimentaires et l’émergence d’une épidémie de choléra. Le choix d’entrer par le Zaïre place de fait la France dans une position déli-cate. Les populations se trouvant en juillet dans la Zone humanitaire sûre (ZHS) à l’ouest du Rwanda, soit plusieurs millions de personnes, sont très majoritairement des Hutu et comptent parmi elles non seu-lement des tueurs mais aussi des commanditaires du génocide, que les autorités politiques françaises se refusent à arrêter. En définitive, on observe une forme de sidération de ces dernières, comme si agir face à un génocide n’entrait pas dans l’horizon des possibles, quand bien même le second xxe siècle est hanté par l’obligation morale de tout faire pour qu’il n’en survienne plus aucun.Devant une telle tragédie, peut-on s’arrêter au constat historiogra-phique ? La crise rwandaise s’achève en désastre pour le Rwanda, en défaite pour la France. La France est-elle pour autant complice du géno-cide des Tutsi ? Si l’on entend par là une volonté de s’associer à l’entre-prise génocidaire, rien dans les archives consultées ne vient le démontrer. La France s’est néanmoins longuement investie au côté d’un régime qui encourageait des massacres racistes. Elle est demeurée aveugle face à la préparation d’un génocide par les éléments les plus radicaux de ce régime. Elle a adopté un schéma binaire opposant d’une part l’ami hutu incarné par le président Habyarimana, et de l’autre l’ennemi qualifié d’« ougando-tutsi » pour désigner le FPR. Au moment du génocide, elle a tardé à rompre avec le gouvernement intérimaire qui le réalisait et a conti-nué à placer la menace du FPR au sommet de ses préoccupations. Elle a
972lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)réagi tardivement avec l’opération Turquoise qui a permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide. La recherche établit donc un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes. Des responsabilités accablantesCes responsabilités sont politiques dans la mesure où les autorités françaises ont fait preuve d’un aveuglement continu dans leur sou-tien à un régime raciste, corrompu et violent, pourtant conçu comme un laboratoire d’une nouvelle politique française en Afrique introduite par le discours de La Baule. Les autorités ont espéré que le président Habyarimana pourrait amener son pays à la démocratie et à la paix. Mais, dans le même temps, aucune politique d’encouragement à la lutte contre l’extrémisme hutu et de déracialisation de l’état n’est décidée, en dépit des alertes lancées depuis Kigali, Kampala ou Paris. Nulle réponse n’est donnée non plus aux demandes de négociations directes du FPR dont la perception demeure enfermée dans des catégories ethno-natio-nalistes. À l’opposition démocrate rwandaise, il est demandé de choisir son camp, ce qui aboutit à la désintégration d’un champ politique qui tentait de naître et d’une société en plein renouveau. Aux efforts de paix se conjuguent des logiques de surarmement et d’inflation des effectifs militaires. Le Rwanda se militarise tandis que prospèrent les milices des partis extrémistes. Le pays se débat dans de dramatiques problèmes éco-nomiques et sociaux et fait face à l’épidémie de sida. En France, à l’inquiétude de ministres, de parlementaires, de haut-fonctionnaires, d’intellectuels, il n’est répondu que par l’indifférence, le rejet ou la mauvaise foi. Cet alignement sur le pouvoir rwandais procède d’une volonté du chef de l’état et de la présidence de la République. L’exercice de l’autorité présidentielle assure des pouvoirs élevés en matière diplomatique et militaire, en particulier en ce qui concerne l’Afrique. La marginalisation des institutions aux positions divergentes et l’exil des pensées critiques caractérisent aussi cette histoire rwandaise de la France qui s’apparente à bien des égards à une crise de l’action publique. Elle révèle la défaillance des pouvoirs de coordination et l’ab-sence de contre-pouvoirs effectifs, jusqu’à la cohabitation tout au moins. Mais, faute de volonté, par crainte d’aborder un sujet qui suscite tant de
conclusion973polémiques et de déchirements, les enseignements de la crise n’ont pas été tirés comme ils auraient dû l’être. Le constat des responsabilités politiques introduit des responsabilités institutionnelles, tant civiles que militaires. La Commission a démontré l’existence de pratiques irrégulières d’administration, de chaînes paral-lèles de communication et même de commandement, de contournement des règles d’engagement et des procédures légales, d’actes d’intimidation et d’entreprises d’éviction de responsables ou d’agents. Les administra-tions ont été livrées à un environnement de décisions souvent opaques, les obligeant à s’adapter et à se gouverner elles-mêmes. L’ensemble des faits que documente la recherche présente, et antérieu-rement, les institutions elles-mêmes, ont décrit des dérives institution-nelles, couvertes par l’autorité politique ou dans une absence de contrôle politique. Des éléments le prouvent, bien que la conservation des pièces écrites n’ait pas toujours été effectuée, renforçant le caractère anormal de ces situations administratives, civiles et militaires. Ces dérives sont d’au-tant plus préoccupantes qu’elles promeuvent des schémas de pensée ou des argumentaires dogmatiques qui s’opposent à la nécessaire réflexion entourant l’action publique. Au constat de ces responsabilités institutionnelles s’ajoutent des respon-sabilités intellectuelles qui, cumulées, font système et témoignent d’une défaite de la pensée. Se gardant en permanence du risque d’anachronisme, la Commission a conduit l’étude des cadres intellectuels de la décision fran-çaise au Rwanda et de son application. La grille principale de lecture de la réalité rwandaise, qui détermine des choix politiques et leur exécution par les administrations de l’état, tant diplomatiques que militaires, demeure la lecture ethniciste, particulièrement mobilisée pour le Rwanda et la région des Grands Lacs. Cette lecture correspond d’autant moins à la réalité rwan-daise que le pays montre des ressources politiques et sociales résistant à cette emprise de l’ethnicisation. Les efforts pour promouvoir une autre analyse, critique ou seulement distanciée sur le Rwanda, ont été voués à l’échec mais n’en ont pas moins été faits au point qu’un corpus de réflexion a émergé des archives des institutions publiques. La persistance et même l’obstination à caractériser le conflit rwandais en termes ethniques, à poser l’évidence de l’agression extérieure, à définir une guerre civile là où il y a entreprise géno-cidaire, minent l’action politique et fragilisent sa traduction administrative.
si vous avez regardez le sujet aujourd'hui sur CNEWS
vous auriez vu le temoignage d'un journaliste qui avait ouvert sur place l'actualité avant , pendant et aprés le génocide
berger141
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par berger141 »

L'ONU a demandé le 22 juin 1994 à la France de faire l'opération Turkoise afin d'arrêter le génocide.
L'armée française n'a certainement pas failli à cette mission.
A l'époque cette armée était forcément dans zone du génocide et proche physiquement de l'armée rwandais qui luttait contre l'armée tutsi de Kagamé.
Elle a pu alors éventuellement répondre à des attaques de l'armée tutsi.
Quoi qu'il en soit;, qu'elle ait répondu à des attaques ou sa simple proximité physique avec l'armée du Rwanda donne l'occasion aux ennemis de la France de dire qu'elle a soutenu l'armée génocidaire du Rwanda et qu'elle a contribué au génocide.
Moralité : La France a eu tord d'accepter la mission de l'ONU, elle aurait laisser les hutus et tutsis poursuivre seuls leurs luttes ancestrales
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Fonck1
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par Fonck1 »

vivarais a écrit : 31 mai 2021 11:05
Fonck1 a écrit : 31 mai 2021 10:44

voila le rapport, libre à toi de le contester :
Lettre du Président de la république adressée, le 5 avril 2019, à M. Vincent Duclert
Composition de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi
Lettre de remise du Rapport de la Commission recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi adressée au
Président de la République, par son président, M. Vincent Duclert
Remerciements
Sommaire
Introduction

1. L’enjeu d’une recherche de vérité sur la France au Rwanda et le génocide des Tutsi, de 1990 à 1994
2. La création de la commission de recherche (5 avril 2019)
3. Une commande de nature scientifique
4. L’organisation du rapport de recherche
5 Les données et les limites d’une recherche
Première partie : S’engager au Rwanda

Chapitre 1. Intervenir au Rwanda (1990)
1.1. Octobre 1990 : Décider, justifier une intervention militaire en urgence
1.1.1. Les informations incertaines du poste de Kigali
1.1.1.1. Une agression difficile à évaluer
1.1.1.2. Persécutions anti-tusti et provocation à Kigali
1.1.1.3. L’hypothèse de la guérilla
1.1.2. L’interprétation de l’état-major particulier : vers la thèse d’une « offensive ougando-tutsi»
1.1.2.1. Prendre la mesure des événements
1.1.2.2. Naissance de la notion d’ « offensive ougando-tutsi »
1.1.3. Les premiers pas de l’opération Noroît

1.2. Les autres intervenants des premiers jours
1.2.1. Le Zaïre : une intervention militaire limitée
1.2.2. La Belgique : des raisons de politique intérieure
1.2.3. Une sollicitation venue de Kampala : s’entendre avec le FPR ?

1.3. Organiser la présence militaire française
1.3.1. Des coopérants militaires très impliqués
1.3.1.1. Un attaché de défense très présent
1.3.1.2. La Mission d’assistance militaire : conseiller en ami
1.3.1.3. Noroît : renseigner, dissuader
1.3.2. Des armes en échange d’un processus démocratique : les termes du contrat
1.3.2.1. Les livraisons d’octobre 1990
1.3.2.2. Vers la solution diplomatique : l’entretien téléphonique des deux présidents (18 octobre)
1.3.3. Des hésitations prudentes et sans débouchés
1.3.3.1. Prudence à la présidence
1.3.3.2. Le point de vue critique de la Défense
1.3.3.3. à l’état-major particulier, une ligne directe avec Kigali

1.4. Pourquoi le Rwanda
1.4.1. Des accords d’une portée restreinte
1.4.2. Une coopération d’ampleur modeste
1.4.2.1. Une coopération militaire discrète
1.4.2.2. La décennie 1980
1.4.2.3. 1990 : Les demandes du président Habyarimana et le nouveau contexte
1.4.3. Les violences envers les Tutsi d’octobre 1990
1.4.3.1. Les chasses à l’homme à Kigali
1.4.3.2. Qualifier les exactions : le mot génocide
1.4.3.3. Les alertes reçues à l’Élysée
1.4.3.4. Réactions françaises

1.5. à la recherche de solutions
1.5.1. Une position française fragilisée (15 octobre-6 novembre)
1.5.1.1. Les implications du cessez-le-feu (26 octobre 1990)
1.5.1.2. Vers un retrait partiel et une orientation démocratique
1.5.1.3. Divergences aux Affaires étrangères (30 octobre 1990)
1.5.2. La voie diplomatique (28-29 novembre 1990)
1.5.2.1. La stratégie du ministère des Affaires étrangères
1.5.2.2. Des intérêts régionaux difficiles à démêler
1.5.2.3. Le voyage Pelletier-Mitterrand (6-8 novembre)
1.5.3. Rester
1.5.3.1. Aménager la présence militaire française
1.5.3.2. Les cessions gracieuses de la mission militaire de coopération (décembre 1990)
1.5.3.3. Une situation instable

Chapitre 2. La France face à la succession des crises rwandaises (1991-1992)
2.1. Partir ou rester ? Un dilemme français (1991)
2.1.1. La crise du 23 janvier 1991
2.1.2. La situation économique et financière du Rwanda (février-mars 1991) : l’autre forme du soutien français
2.1.3. Tentative française de faire évoluer son soutien au Rwanda
2.1.4. S’installer dans la durée au Rwanda
2.1.4.1. La constance de la ligne de l’Élysée
2.1.4.2. Voix discordantes sur la politique française

2.2. Le DAMI : un outil politique de coopération
2.2.1. La mise en place : quelle mission ?
2.2.2. Le travail de formation du DAMI
2.2.3. L’extension du domaine du DAMI

2.3. Les transformations du dispositif français au Rwanda (1992)
2.3.1. Soutenir malgré les massacres
2.3.1.1. Les massacres du Bugesera : un point d’achoppement
2.3.1.2. Une remise en question sur l’aide de la France au Rwanda
2.3.1.3. Les tentatives d’influer sur la politique rwandaises (mai 1992)
2.3.2. La crise de juin 1992
2.3.2.1. L’effondrement des FAR constaté par les Français
2.3.2.2. L’organisation d’une aide française au Rwanda
2.3.2.3. Sortir du guêpier ?
2.3.3. De la difficulté de se désengager
2.3.3.1 Noroît en septembre 1992 : tout change et rien ne change
2.3.3.2 Octobre : ramener la batterie de 105 à Kigali ?

2.4. Les négociations internationales et les premiers protocoles d’Arusha : l’occasion manquée du désengagement
2.4.1. Le jeu de deux États : France et Zaïre (octobre 1990 - printemps 1991)
2.4.2. Les initiatives diplomatiques françaises : faciliter des conversations directes entre le FPR et le gouvernement rwandais (août 1991) ; l’envoi de la Mission d’Observation Française à la frontière ougando-rwandaise (novembre 1991-avril 1992)
2.4.2.1. Les initiatives françaises : les pourparlers directs gouvernement rwandais-FPR (Paris, 23-25 octobre 1991)
2.4.1.2. La MOF et le GOM
2.4.3. L’OUA, la France et les premiers accords (juin 1992-janvier 1993)
2.4.3.1. Le rôle de l’OUA
2.4.3.2. Le rôle de la délégation française
2.4.3.3. Arusha, points de désaccords et points d’accords (août 1992-janvier 1993)

2.5. La reconfiguration de l’engagement en octobre-décembre 1992
2.5.1. Le DAMI Génie comme manifestation de l’influence politique dans les choix militaires
2.5.2. Les réticences de l’état-major des Armées
2.5.3. Deux ans de politique française vus par l’ambassadeur Martres
2.5.3.1. Un cadre d’analyse anthropologique et historique convenu
2.5.3.2. Dès octobre 1990 : soutien militaire contre démocratisation mais une pression rwandaise forte
2.5.3.3. Le Rwanda : un pays du champ comme les autres ?

Chapitre 3. Vers le désengagement (janvier-décembre 1993)
3.1. La crise de février 1993 et ses conséquences
3.1.1. Une intervention précipitée : réagir mais pourquoi ?
3.1.2. Le Rwanda confronté à une décomposition militaire et politique
3.1.3. Minimisation des violences anti-tutsi, dénonciation des assassinats commis par le FPR
3.1.3.1. L’ambiguïté de la France face aux tensions et aux violences
3.1.3.2. Le rapport de la Commission internationale d’enquête
3.1.3.3. Les discours de défense du régime rwandais

3.2. Réagir, mais comment ?
3.2.1. Les dissensions françaises sur le degré d’engagement militaire au Rwanda
3.2.1.1. L’évaluation des besoins militaires pour le Rwanda ?
3.2.1.2. La radicalisation des positions au sein de l’exécutif français
3.2.1.3. Comment revenir sur un arbitrage du président la République
3.2.1.4. La mobilisation de l’appareil diplomatique français
3.2.2. L’intervention militaire française au Rwanda
3.2.2.1. Un commandement très politique de l’opération française
3.2.2.2. L’opération Volcan : grands moyens et effets limités
3.2.2.3. Noroît vu par Noroît
3.2.2.4. Les analyses pessimistes de l’attaché de défense Français à Kigali

3.3. Avancée diplomatique, effondrement politique, consolidation militaire (avril-juillet 1993)
3.3.1. Le tournant de février-mars 1993
3.3.2. Le retour des belligérants à Arusha (mars- avril 1993)
3.3.2.1. Une délégation française en position délicate
3.3.2.2 La signature des derniers protocoles d’Arusha, le 3 août 1993

3.4. Le suivi des accords d’Arusha par la diplomatie française (août 1993-mars 1994)

3.5. La cohabitation : repenser la présence française ?
3.5.1. Le point de vue de l’état-major
3.5.1.1. Prospective à Kigali (15 mars 1993)
3.5.1.2. L’état-major : aux origines des 1400 hommes
3.5.2 Réflexions autour des nouveaux ministres à Paris (avril 1993)
3.5.2.1. La MMC, deux sensibilités
3.5.2.2. Le son de cloche dissonant de la DAS (10 avril 1993)
3.5.2.3. La position des Affaires étrangères : partir en cas de massacre à Kigali ?
3.5.3. à l’Élysée : de conseil restreint en conseil restreint
3.5.3.1. Le conseil restreint du 31 mars : dernier conseil avant la cohabitation
3.5.3.2. Le conseil restreint du 2 avril : du neuf avec du vieux
3.5.3.3. Les suites du conseil restreint du 2 avril
3.5.4. La situation se dégrade à Kigali (avril-juillet 1993)
3.5.4.1. Une propagande tous azimuts
3.5.4.2. Une gouvernance en lambeaux
3.5.5. La laborieuse application des accords d’Arusha (août-décembre 1993)
3.5.6. La question militaire
3.5.6.1. Se désengager, comment ?
3.5.6.2. Une décision en conseil restreint (4 août)
3.5.6.3. A la recherche de casques bleus
3.5.6.4. Replier Noroît sur Kigali
3.5.6.5. Les Casques bleus arrivent : nouvelles échéances
3.5.7. La question politique
3.5.7.1. Le président Habyarimana à Paris
3.5.7.2. Des signaux inquiétants en grand nombre (novembre-décembre 1993)
Deuxième partie : La France face au génocide

Chapitre 4. La France, la guerre et le génocide (avril-juin 1994)
4.1. La France face à la radicalisation des cercles du pouvoir
4.1.1. L’identification du Clan du Nord
4.1.2. Mars 1992 : un tournant dans la radicalisation du Clan du Nord
4.1.3. Les événements qui ont nourri la radicalisation du MRND et du CDR : Arusha et le Burundi
4.1.4. L’opposition à tout prix des extrémistes aux accords d’Arusha

4.2. L’attentat du 6 avril 1994
4.2.1. Chronique d’un attentat redouté
4.2.1.1. Les craintes
4.2.1.2. La conférence de Dar-es-Salam
4.2.1.3. L’annonce de l’attentat
4.2.2. La responsabilité de l’attentat : présentation des thèses en présence
4.2.2.1. Les Français
4.2.2.2. Les Belges
4.2.2.3. Les Hutu modérés
4.2.2.4. Le FPR
4.2.2.5. Les extrémistes hutu
4.2.3. Les raisons de l’incertitude sur les auteurs de l’attentat
4.2.3.1. L’absence de trace des constatations immédiates
4.2.3.2. L’absence d’enquête immédiate
4.2.3.3. Des efforts constants de désinformation
4.2.4. Des idées préconçues et un biais de confirmation

4.3. Les journées décisives des 7 au 14 avril : l’exécution du génocide et l’opération Amaryllis
4.3.1. La France face au chaos politique du Rwanda
4.3.1.1. Les conséquences immédiates de l’attentat
4.3.1.2. Les premières réactions des autorités françaises à Paris
4.3.1.3. Le soutien à une alternative politique faussement légitime : le gouvernement intérimaire rwandais (GIR)
4.3.2. Le basculement vers une nouvelle intervention militaire française
4.3.2.1. Le sentiment d’une insécurité totale à Kigali et la crainte obsessionnelle du FPR
4.3.2.2. Les prémisses de l’intervention française
4.3.2.3. L’élément déclencheur : l’assassinat de deux gendarmes français
4.3.3. L’opération Amaryllis : une nouvelle intervention militaire française au Rwanda
4.3.3.1. La mise en place et le déroulement de l’opération militaire
4.3.3.2. Des évacuations sous tensions, très ciblées
4.3.3.3. Un désengagement rapide et total des autorités et des forces françaises
4.3.4 L’aveuglement persistant des autorités françaises devant le déclenchement des massacres génocidaires
4.3.4.1. Des massacres génocidaires occultés
4.3.4.2. Une nouvelle perception du drame imposée par la couverture médiatique d’Amaryllis ?
4.3.4.3. Le départ de la France du Rwanda : entre désengagement et abandon

4.4. Qualifier et réagir : les lenteurs coupables des autorités françaises et internationales (avril-mai 1994)
4.4.1. Les préoccupations des autorités françaises au temps du génocide
4.4.1.1. Un génocide tardivement identifié malgré de nombreuses alertes
4.4.1.2. Une hostilité persistante envers le FPR mais la recherche d’une solution politique
4.4.1.3. Des liens maintenus avec le gouvernement intérimaire (GIR) mais le refus d’une aide militaire
4.4.1.4. Une insistance sur l’humanitaire
4.4.2. Guerre, génocide ou crise humanitaire : la France et les Nations unies
4.4.2.1. Une réduction drastique de la MINUAR (Résolution 912)
4.4.2.2. Un renforcement théorique de la MINUAR (Résolution 918)
4.4.2.3. Les suites de la Résolution 918
4.4.3. Les efforts de la France auprès des États de la région (avril-mai 1994)
4.4.3.1. L’impossible cessez-le-feu et la concurrence ougando-zaïroise
4.4.3.2. La France et la réintroduction du Zaïre dans le jeu international

4.5. La genèse de Turquoise, entre critiques envers la politique antérieure française et la demande sociale d’intervention
4.5.1. Une mobilisation d’intellectuels et d’ONG, une presse accusatrice
4.5.2. Le 16 mai, un tournant ?
4.5.3. La demande sociale se fait plus pressante

Chapitre 5. L’opération Turquoise (22 juin -21 août 1994)
5.1. La décision politique d’intervenir : une opération «strictement humanitaire » ?
5.1.1. Un devoir moral, une opération limitée (15 juin)
5.1.2. La confrontation de deux options (16-22 juin)
5.1.3 Une hostilité au FPR, la crainte d’un flot de réfugiés (22-28 juin)
5.1.4. Ne pas s’interposer entre les FAR et le FPR, renouer le dialogue politique (29 juin)

5.2. Une vaste offensive diplomatique
5.2.1. Le Sommet de l’OUA à Tunis (13-15 juin 1994), un succès diplomatique limité
5.2.2. Contrer ou contourner l’hostilité du FPR
5.2.3. Convaincre la communauté internationale et trouver des partenaires notamment africains
5.2.4. Obtenir un mandat de l’ONU

5.3. La planification militaire de Turquoise : de longues hésitations
5.3.1. Une mission aux contours compliqués dès avant le mandat de l’ONU
5.3.1.1. Définir les options possibles
5.3.1.2. Un premier plan d’opération
5.3.1.3. L’ordre initial du 22 juin et ses discussions
5.3.2. Entrer en premier à Goma et au Rwanda : le choix des interlocuteurs et des objectifs
5.3.2.1. Le COS entre le Zaïre et le Rwanda : reconnaitre et discuter
5.3.2.2. La mise en place du commandement français de l’opération Turquoise
5.3.3. Reconnaître les victimes au Rwanda : les logiques françaises à Bisesero
5.3.3.1. Un lieu incertain
5.3.3.2. Estimer la situation du 27 juin : un problème de renseignement
5.3.3.3. L’action
5.3.4. Un autre regard sur les débuts de Turquoise : les archives audiovisuelles de l’ECPAD
5.3.4.1. Recueillir la parole des témoins du génocide : les soeurs de Sainte-Marie de Kibuye
5.3.4.2. Recueillir la parole des victimes du génocide : un réfugié du camp de Nyarushishi
5.3.4.3. Capter les silences du commandement Turquoise sur le terrain : une conversation entre le colonel Rosier et le sergent-chef M
5.3.4.4. Médiatiser la dimension humanitaire et politique de Turquoise : la visite de François Léotard
5.3.4.5. Filmer au coeur des ténèbres du génocide : la nuit de Bisesero
5.3.5. Une grande opération d’évacuation et ses limites : Butare début juillet
5.3.5.1. Butare une ville identifiée de longue date
5.3.5.2. Butare un lieu de rencontre entre les forces françaises et les forces miliciennes ou une action au contact des belligérants

5.4. La ZHS, d’une idée diplomatique aux réalités de terrain
5.4.1. Créer une ZHS, pourquoi et avec quelle légitimité ?
5.4.2. Les préoccupations et décisions des autorités politiques françaises en juillet-août 1994
5.4.2.1. Lâcher le GIR replié à Gisenyi ?
5.4.2.2. Que faire des suspects du génocide ?
5.4.2.3. Désarmer les FAR et les milices ?
5.4.2.4. Des relations difficiles avec le FPR
5.4.2.5. La question des réfugiés et le drame humanitaire
5.4.3. La mise en oeuvre de la ZHS par la force Turquoise et ses conséquences
5.4.3.1. S’éloigner du GIR et des FAR
5.4.3.2. Assurer la sécurité dans la ZHS
5.4.3.3. Organiser les échanges avec le FPR à la frontière de la ZHS

5.5. Bilan de l’opération Turquoise
5.5.1. Une opération fortement médiatisée
5.5.2. Une opération à la fois critiquée et louangée
5.5.3. L’opération vue par deux diplomates et des militaires
5.5.4. Bilan humanitaire et médical

Chapitre 6. L’après-Turquoise
6.1. Se désengager : le retrait de la force Turquoise
6.1.1. La MINUAR II : effectifs, nationalité et moyens
6.1.2. L’organisation et la mise en oeuvre du désengagement de la force Turquoise
6.1.2.1. L’organisation du désengagement
6.1.2.2. La planification du désengagement
6.1.2.3. Premières mises en oeuvre du désengagement
6.1.2.4. Passer le relais
6.1.3. La France et l’enjeu zaïrois (juillet-août 1994)

6.2. Juger le génocide : la France et le TPIR
6.2.1. La perspective d’un tribunal international
6.2.1.1. Le soutien de la France
6.2.1.2. Rassembler des informations
6.2.1.3. Le refus d’arrêter les suspects
6.2.2. Les désaccords entre la France et le Rwanda lors de la création du tribunal
6.2.2.1. La France et la création du tribunal : s’investir pour l’image et le contrôle
6.2.2.2. Malentendu sur le justice internationale et isolement du Rwanda
6.2.2.3. Compétence territoriale, compétence temporelle et isolement de la France

6.3. La France, le Rwanda et l’Afrique
6.3.1. Une difficile normalisation diplomatique
6.3.2. Les relations franco-rwandaises à l’aune du sommet de Biarritz, 7-8 novembre 1994
6.3.2.1. Le sommet de Biarritz
6.3.2.2. Le blocage des relations franco-rwandaises

6.4. La question d’une force rapide interafricaine de maintien de la paix
Troisième partie : Gouverner l’État dans la crise rwandaise

Chapitre 7. Dérives des institutions, impensé du génocide et liberté républicaine
7.1. Approche des institutions en responsabilité ou en charge des politiques françaises au Rwanda
7.1.1. Une politique de « président à président »
7.1.1.1. Une relation directe entre François Mitterrand et Juvénal Habyarimana
7.1.1.2. Une approche d’une politique présidentielle en Afrique.
Les nominations et promotions dans l’ordre de la légion d’honneur des dignitaires du régime rwandais
7.1.1.3. La vigilance présidentielle sur les ministres de la Coopération et du Développement
7.1.1.4. Un secrétaire général présent/absent
7.1.1.5. Deux services de l’Élysée en pointe dans les décisions présidentielles, l’état-major particulier de la cellule Afrique
7.1.1.6. L’EMP au centre de la décision présidentielle
7.1.1.7. Un exécutif à une tête ? Les Premiers ministres et le Rwanda
7.1.2. Des ministres harcelés
7.1.2.1. L’opposition du ministre Joxe à la politique élyséenne au Rwanda
7.1.2.2. Le ministère de la Défense de François Léotard
7.1.2.3. La coopération sous le feu du ministère de la Défense et de l’EMP
7.1.3. Des services sous tension
7.1.3.1. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)
7.1.3.2. L’Établissement public du cinéma des armées (ECPA)
7.1.3.3. La direction des Archives de France et les conservateurs en mission
7.1.4. Les parlementaires face au gouvernement
7.1.4.1. Des questions sur le rôle de l’armée au Rwanda (1990-1993)
7.1.4.2. La préoccupation du Parlement pour les droits de l’homme
7.1.4.3. Face à l’attentat et au génocide
7.1.4.4. L’exercice d’une liberté d’expression républicaine
7.1.4.5. Les parlementaires et l’opération Turquoise
7.1.5. L’institutionnalisation des conseils restreints de défense. Une évolution partielle dans la prise de décision en matière militaire
7.1.5.1. La réforme Joxe de la décision militaire. Des « comités restreints » à l’Élysée
7.1.5.2. Une mise en place immédiate des conseils restreints de défense
7.1.5.3. La raison d’être du conseil. Une direction générale de la défense
7.1.6. La cohabitation au sein de l’exécutif à partir d’avril 1993
7.1.6.1. Rester le premier plutôt que décider ensemble
7.1.6.2. Empiéter sur les silences des autres
7.1.6.3. Préserver un intermédiaire reconnu par les deux interlocuteurs
7.1.6.4. Mener la « coopération » en guettant le faux pas de l’autre
7.1.6.5. Tenter d’exercer la pression sur l’autre sans en subir en retour
7.1.6.6. Permanence et mutations sous la cohabitation
7.1.7. Pratiques irrégulières et dérives institutionnelles au sommet de l’État. L’archétype de l’EMP
7.1.7.1. L’EMP, une énigme archivistique
7.1.7.2. L’EMP, un contrôle de l’information au sein de la présidence
7.1.7.3. Des « positions anti FPR » marquées. La constante ethniciste de l’EMP
7.1.7.4. L’EMP, un système discret d’influence, de pression et de désinformation
7.1.7.5. L’EMP, son emprise sur la cellule Afrique
7.1.7.6. D’un cabinet militaire à une action de terrain
7.1.7.7. De l’EMP à la coopération militaire. Une entreprise d’intégration fonctionnelle et idéologique au système élyséen
7.1.7.8. La cellule Afrique de l’EMA. Une réplique de l’EMP au service du CEMA ?
7.1.7.9. Justifier la centralité de l’EMA dans la stratégie indirecte. Le rapport Tauzin du 2 avril 1993
7.1.8. La présidence de la République, le Rwanda et l’état-major particulier du président de la République. Des interrogations justifiées
7.1.8.1. Une forte autonomie de l’EMP dans un système de fort contrôle présidentiel
7.1.8.2. L’assurance d’une action directe sur le terrain
7.1.8.3. Un système de communication direct Élysée -DAMI
7.1.8.4. L’EMP est-il gouverné ou se gouverne-t-il lui-même ?
7.1.8.5. Sur la ligne des fronts élyséens
7.1.9. Résistance et défaite de la chaîne de commandement régulière
7.1.9.1. L’échelle des valeurs d’un attaché de défense
7.1.9.2. Le retrait du colonel Galinié, étape clef dans une prise de contrôle du terrain
7.1.9.3. Le colonel Cussac, d’une résistance esquissée à une participation contrainte
7.1.9.4. La lucidité d’un chef de corps
7.1.9.5. La position des coopérants civils
7.1.10. Les livraisons d’armes au Rwanda. Des processus de décisions à l’oeuvre
7.1.10.1. Un dossier complexe et de nombreuses questions
7.1.10.2. Vendre des armes. Une décision politique et militaire
7.1.10.3. L’Élysée à la manoeuvre
7.1.10.4. Le rôle d’acteurs militaires
7.1.10.5. Livrer des armes au Rwanda
7.1.10.6. Passer outre les accords d’Arusha
7.1.10.7. Les dernières cessions (septembre 1992-avril 1994)
7.1.10.8. L’armement du Rwanda. Une affaire industrielle
7.1.10.9. Les livraisons d’armes au Rwanda. Comment y mettre fin ?
7.1.11 Trois institutions méconnues face à la crise rwandaise. Pour un respect des règles d’engagement et des politiques de développement
7.1.11.1. La définition de nouveaux périmètres d’action et les limites de l’approche institutionnaliste face au pouvoir politique (1990-1991)
7.1.11.2. Le raidissement des institutions françaises face à la situation rwandaise (avril 1991-début 1993)
7.1.11.3. Le processus de paix d’Arusha à l’aune du blocage rwandais et de l’ajustement structurel (printemps 1993-début 1994)
7.1.12. Éléments sur l’action de la justice
7.1.12.1. Un viol constaté mais non poursuivi
7.1.12.2. L’assassinat des deux gendarmes Alain Didot (et sa femme Gilda) et René Maier
7.1.12.3. L’attentat du 6 avril 1994 dans les archives du ministère de la Justice

7.2. Les institutions au regard d’un corpus contemporain d’analyses internes et de retour d’expérience
7.2.1. Les analyses de la période octobre 1990-mars 1994
7.2.1.1. Les note du général Schmitt à l’état-major de l’armée de Terre
7.2.1.2. Au SGDN. Deux notes d’octobre 1990 et de septembre 1993
7.2.1.3. Au CAP au ministère des Affaires étrangères. Deux notes de 1990 et 1992 de Jean-François Leguil-Bayart
7.2.1.4. à la DAM au ministère des Affaires étrangères. Deux « notes personnelles » du rédacteur Rwanda
7.2.1.5. à la DAS au ministère de la Défense. Une « crise rwandaise » de la pensée française ?
7.2.1.6. De la pensée et du courage des institutions. Le cas de la DAS
7.2.2 La période avril-juillet 1994
7.2.2.1. Au SGDN, un repli de l’analyse critique
7.2.3. Turquoise. Rapports de fin de mission, analyses à mi-parcours et retours d’expérience
7.2.3.1. Le rapport du colonel Sartre, un paradoxal espace de liberté
7.2.3.2. L’Observatoire des activités opérationnelles
7.2.3.3. La conférence du colonel Salvignol, la note de Roland Marchal
7.2.4. Un temps de bilans critiques sitôt refermé
7.2.4.1. Au SGDN, brève enquête auprès du général Lafourcade
7.2.4.2. Au CAP, au ministère des Affaires étrangères
7.2.4.3. Au ministère de la Défense. La DAS dans ses oeuvres
7.2.5. Satisfecit et silence de la diplomatie française
7.2.6. Un jusqu’au-boutisme idéologique au SGDN, à la MMC et à l’EMP dès l’été 1994
7.2.6.1. Le SGDN ou la thèse de l’ennemi FPR
7.2.6.2. La pensée stratégique de la MMC en 1994
7.2.6.3. L’EMP et la poursuite de la guerre anti-FPR
7.2.7. 1998. Reculs et avancées en lien avec la Mission Quilès
7.2.7.1. Au SGDN et à la DAS
7.2.7.2. Dans les « cellule Rwanda » des trois ministères. La relance de l’hypothèse d’un assaut sur les génocidaires
7.2.7.3. A la « pré-cellule Rwanda » de l’état-major des Armées. Les notes du colonel Le Port
7.2.8. Des institutions critiques d’elles-mêmes ? Une réflexion engagée dès 1994
7.2.8.1. Retour sur les notes Wiroth-Le Port
7.2.8.2. La grande difficulté de l’analyse critique des armées

7.3. Une crise de la décision politique ? Questions à l’État républicain, au regard de la décision française au Rwanda
7.3.1. La question de l’information en appui à la décision
7.3.1.1. Une abondante documentation dans les dossiers de travail
7.3.1.2. Des analyses en porte-à-faux
7.3.1.3. Parole politique et traduction administrative
7.3.1.4. Comment on éclaire un ministre de la Défense visitant l’opération Turquoise
7.3.1.5. Des rushes en extrait de François Léotard à Goma
7.3.2. Soupçons et rejet des savoirs indépendants, dissidents et scientifiques
7.3.2.1. Des rapports externes inexploités
7.3.2.2. Défiance et rejet de l’information critique interne
7.3.2.3. Indifférence, irritation, soupçon voire hostilité pour les savoirs scientifiques et leurs auteurs
7.3.3. Un système fermé et endogène de représentations
7.3.3.1. Une conception figée du rôle de la France en Afrique
7.3.3.2. Le décalque du conflit de l’ex-Yougoslavie ?
7.3.3.3. La France aux Nations unies. Une politique de défausse organisée ?
7.3.3.4. « Ami » versus « ennemi »
7.3.3.5. Des occasions manquées avec le FPR ?
7.3.3.6. L’indifférence aux voix informées d’un ambassadeur en France
7.3.3.7. Face aux preuves de radicalisation de l’ « ami »
7.3.3.8. L’intransigeance pour l’opposition démocratique. Une grave erreur politique ?
7.3.4. L’impensé du génocide
7.3.4.1. La France et son analyse du Rwanda. Un concentré de visions ethnicistes
7.3.4.2. La reconnaissance du génocide par la France, 16-24 mai 1994
7.3.4.3. Lecture ethniciste et le mot de génocide. Une perte de sens en mai-juin 1994
7.3.4.4. Les dogmes du « massacre interethnique » et de la « guerre civile »
7.3.4.5. Un rapport à la réalité qui se nécrose
7.3.4.6. Des alertes inconcevables. Le FPR inaudible pour la France
7.3.4.7. Le cas du rapport Rubibi
7.3.4.8. Le risque d’une mission intenable
7.3.4.9. De Kampala à Goma. Le combat d’un ambassadeur pour la vérité des faits
7.3.4.10. Des interrogations majeures sur la capacité d’informer et d’agir en situation de génocide
7.3.5. Tensions sur les carrières
7.3.5.1. être rédacteur à la DAM
7.3.5.2. La suite à Kampala
7.3.5.3. Le silence des archives, l’honneur des personnes
https://www.vie-publique.fr/sites/defau ... 9186_1.pdf
conclusion :

lafrance, le rwanda et le génocide des tutsi (1990-1994)affirmations s’appuient sur une source identifiée en note de référence. Les auteurs du Rapport ont également su aller au-delà de la littéralité de l’archive pour en cerner les non-dits et comprendre ce que disent ses conditions de production et de réception. L’historien doit cependant faire preuve d’humilité et souligner les limites de son travail. Certains documents ont sans doute échappé à la Commission, qu’ils aient disparu ou qu’ils n’aient jamais été déposés dans des centres d’archives publiques. Il n’a pas été possible d’accéder à quelques ensembles de documents pourtant conservés dans des ser-vices d’archives. La Commission n’a pu mener, faute de temps, toutes les enquêtes archivistiques complémentaires qu’elle estimait néces-saires, comme cela est écrit dans l’Exposé méthodologique disponible en ligne. On peut, par ailleurs, faire l’hypothèse qu’un certain état d’es-prit régnant au plus haut niveau de l’état, en lien avec la politique menée, a pu gêner l’émergence de rapports substantiels sur l’organisa-tion interne du parti présidentiel au Rwanda, qui auraient documenté la préparation du génocide.Les archives publiques françaises ne suffisent pas, à elles seules, à rendre compte de façon exhaustive de l’histoire du rôle et de l’engage-ment de la France au Rwanda. Il faudrait, pour parvenir à une com-préhension vraiment complète de ces cinq années, avoir recours, en France, aux archives de la société civile (associations, ONG, partis poli-tiques) et, pour l’étranger, aux archives de la Belgique, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des états-Unis, du Saint-Siège, et des pays africains dont, bien sûr, le Rwanda. Il serait nécessaire, également, de s’appuyer sur les fonds des organisations internationales. De nouvelles recherches devront assurément être conduites.Les apports de la recherche Les travaux de la Commission ont permis d’arriver à une série de constats historiographiques qui ont trait aux dimensions politique, mili-taire et diplomatique du rôle et de l’engagement de la France au Rwanda. Le premier constat est que les politiques de coopération civile, mili-taire et de développement, élaborées par la France au Rwanda à partir des années 1970, évoluent fondamentalement à la suite de la crise d’oc-tobre 1990. À partir de cette date, le FPR exerce une pression militaire
conclusion967continue au nord du Rwanda. La France conduit dès lors plusieurs poli-tiques, qui se déploient parallèlement les unes aux autres et finissent par devenir contradictoires. L’impression est celle d’un enfermement des autorités françaises dans des logiques avec lesquelles la rupture s’avère difficile, même durant la crise génocidaire. Dans un premier temps, la politique menée par la France au Rwanda procède du discours de La Baule et vise une démocratisation du régime dictatorial du président Habyarimana, démocratisation qui est la condi-tion d’une aide au développement, assortie, si besoin, d’une protection militaire. Pour le gouvernement français, la démocratisation est définie à la fois par le passage au multipartisme et par l’instauration de l’égalité des citoyens. Cette dernière dimension occupe une place de plus en plus mar-ginale dans les exigences françaises. La France n’accorde, par ailleurs, que très progressivement de l’intérêt aux partis d’opposition qui se créent en 1991 et qui contestent le pouvoir du président Habyarimana. Elle ne leur apporte pas toujours le soutien nécessaire aux moments décisifs. Par ail-leurs, elle ne s’interroge pas assez sur le grave problème que pose, dans un régime non démocratique, une assistance à la lutte antiterroriste. Un élément surplombe cette politique : le positionnement du pré-sident de la République, François Mitterrand, qui entretient une rela-tion forte, personnelle et directe, avec le chef de l’état rwandais. Cette relation éclaire la grande implication de tous les services de l’élysée. De ce fait, même si l’impératif de démocratisation du pays est régulièrement rappelé aux autorités rwandaises comme une condition de l’aide fran-çaise, dans le même temps, les demandes de protection et de défense du président rwandais sont toujours relayées, entendues et prioritaires. Les réponses françaises au moment des grandes crises rwandaises – octobre 1990, janvier-février 1991, juin 1992, février-mars 1993 – sont toujours plus empressées. Lors de ces temps forts, la pression militaire du FPR et la crainte d’un effondrement de l’état rwandais alimentent un sentiment d’urgence quant à la nécessaire réaction française. Cette urgence, qui est parfois critiquée au sein même des administrations françaises, oblitère la réflexion sur une politique alternative. Celle-ci n’émerge que progressi-vement et partiellement à l’occasion de la mise en place, en avril 1993, du gouvernement d’édouard Balladur.
968lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)La politique menée au Rwanda s’inscrit aussi dans un contexte de guerre. L’engagement français, dit indirect, est mené de façon constante contre le FPR à partir d’octobre 1990. Quand bien même des analyses divergentes sont développées à différents niveaux de l’état, le président de la République et la présidence adhèrent à l’idée que le Rwanda a été agressé militairement par le FPR mais surtout que ce dernier est un ins-trument de l’Ouganda, voire que son action s’inscrit dans un contexte géopolitique plus vaste encore. Cette conception gagne progressivement, entre 1990 et 1993, les ministères comme les administrations centrales, même si l’analyse de la nature précise de la menace militaire exercée par le FPR varie selon les services et selon les conseillers. Cette menace est, en octobre 1990, qualifiée d’« ougando-tutsie ». Ce terme, fréquent dans les archives, révèle une lecture ethniciste du Rwanda par les autorités françaises. Cette conception perdure et alimente une pensée où, les Hutu étant majoritaires, la possibilité d’une victoire du FPR est toujours assi-milée à la prise de contrôle anti-démocratique par une minorité ethnique. Cette représentation pèse, par exemple, dans les négociations d’Arusha sur le partage du pouvoir au sein de l’armée rwandaise. L’association systéma-tique du FPR et de l’Ouganda, quand bien même cette perception n’est pas unanimement partagée, conduit à faire du FPR le parti de l’étranger. Soutenir militairement le Rwanda contre le FPR est toujours assimilé à une défense contre une agression extérieure. Ainsi sont justifiées la livrai-son, en quantités considérables et avec la plus grande célérité, d’armes et de munitions au régime d’Habyarimana, tout comme l’implication très grande des militaires français dans la formation des Forces armées rwan-daises. De même, la question des réfugiés tutsi qui ont quitté le Rwanda depuis 1959, fuyant les pogroms, n’est jamais pleinement intégrée à l’ana-lyse de la situation. Enfin, une dernière strate de lecture française de la situation rwandaise se fait sous l’angle de la défense de la francophonie. Sur le Rwanda pèserait la menace d’un monde anglo-saxon dont le FPR, l’Ouganda mais aussi leurs alliés internationaux, seraient l’incarnation, ce qui a pour effet d’inscrire le conflit rwandais dans la recherche, à l’issue de la Guerre froide, de nouveaux équilibres à l’échelle du monde et du continent africain. Dans cette représentation française qui s’ajoute aux précédentes, le Rwanda est aussi conçu comme l’avant-poste d’un conflit qui serait plus général. Au travers d’une intervention militaire indirecte
conclusion969mais directive, il s’agit alors de faire de ce pays, sous couvert de la coopé-ration, le laboratoire d’une action française à la fois efficace et discrète. Le deuxième constat fait par la Commission tient à ce qui semble être la volonté française croissante, depuis l’été 1992 et encore plus à partir de 1993, d’inscrire le règlement de la question rwandaise dans un cadre régional. À cette occasion, la diplomatie française se révèle volontariste mais reste largement isolée à l’échelle mondiale, sans soutien fort aux Nations unies. Elle ne bénéficie pas, non plus, de l’appui des pays euro-péens qui ne souhaitent pas être associés à sa politique, jugée trop favo-rable à un régime de moins en moins fréquentable. Les négociations qui aboutissent, à Arusha en août 1993, à des accords de paix et de partage du pouvoir entre le gouvernement rwandais et le FPR, ont été très suivies par la France qui est à la fois en position d’observateur et de conseil du gouvernement rwandais. Ces accords, qui marquent une victoire diplo-matique du FPR, offrent à la France la possibilité de se désengager du Rwanda, alors que leur application se révèle d’une grande complexité, que le pays sombre peu à peu dans la violence et que ses institutions se désagrègent. À la suite de l’attentat du 6 avril 1994, au cours duquel le président Habyarimana trouve la mort, la France évacue ses ressortissants, ainsi que, prioritairement, la parentèle de son épouse. Alors que la phase paroxysmique du génocide des Tutsi débute, les analyses puis la réac-tion française s’inscrivent toujours dans cette logique de désengage-ment et de règlement des questions par une action internationale. Ce souhait de la France de ne plus intervenir directement au Rwanda, sans cependant que le FPR prenne totalement et définitivement le pouvoir, conduit à une politique pour le moins passive en avril et en mai 1994, au moment même du génocide. Vis-à-vis de la communauté interna-tionale, la France subit alors les conséquences de ses engagements passés auprès de l’état rwandais qui ne lui permettent pas d’apparaître comme un acteur impartial. Pourtant, dans le même temps, les autorités fran-çaises donnent, dès le 8 avril, des consignes claires pour une suspension des autorisations d’exportation de matériels de guerre au Rwanda, pré-cédemment accordées à des industriels. Le 16 mai 1994, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, prend la mesure des massacres perpé-trés contre les Tutsi et les qualifie de génocide. La ministre déléguée
lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)à l’Action humanitaire et aux Droits de l’Homme, Lucette Michaud-Chevry, affirme à son tour, le 24 mai à Genève, devant la commission des Droits de l’Homme de l’ONU, qu’il s’agit d’un génocide. L’emploi du terme génocide n’entraîne cependant pas une remise en cause fonda-mentale de la politique de la France, qui demeure obsédée par la menace du FPR, et n’abandonne jamais la condamnation « équilibrée » des mas-sacres commis par les deux camps. Le troisième constat de la Commission porte sur la nature de l’opé-ration Turquoise, sur sa mission, ses moyens et son bilan. Alors que la Résolution 929 des Nations unies, largement inspirée par la France, n’utilise pas le terme de génocide, la mission des militaires est l’objet d’injonctions difficiles à mettre en œuvre : agir dans une perspective humanitaire, « arrêter les massacres », stabiliser la situation militaire. Il est indéniable qu’il y a eu, à partir de la mi-juin, au sein du gouverne-ment français et de la part de François Mitterrand, un sursaut volonta-riste face aux massacres et à la crise humanitaire. Il apparaît aussi que l’opération Turquoise intervient à un moment où le gouvernement fran-çais table encore sur un retour à une négociation qui permettrait le par-tage du pouvoir entre le FPR et ce qui peut rester de l’ancien régime. Domine encore, chez certains, le schéma intellectuel qui tend à sépa-rer, quand il s’agit du Rwanda, les questions humanitaires et la logique de relations internationales où l’hypothèse de la prise totale du pouvoir par le FPR est perçue comme une menace existentielle. Si l’opération Turquoise commence avec des consignes très strictes de neutralité vis-à-vis des belligérants, la première source de menace qui est identifiée est néanmoins celle que constituerait le FPR. Cette ana-lyse explique qu’aient été prévus des moyens militaires lourds et pour-quoi, dans les premiers jours de l’opération, les unités de reconnaissance ont pour consigne de ne pas rester au Rwanda de manière durable et d’éviter d’approcher les secteurs où ils pensent que se trouvent des forces du FPR. Ainsi, le drame humain de Bisesero et l’échec profond qu’il constitue pour la France ne résultent pas seulement de responsabilités de terrain mais découlent en grande partie de la volonté de maintenir un équilibre entre les parties, de la crainte qu’ont les forces françaises de se trouver confrontées au FPR et à une réaction violente de sa part. Cependant, l’effondrement complet des FAR, début juillet, et la prise
conclusion971de conscience progressive par les forces françaises de l’ampleur de l’im-plication des élites locales et du Gouvernement intérimaire rwandais dans le génocide des Tutsi obligent à une réévaluation des conditions et des moyens de réalisation de l’opération. De manière générale, les déci-sions prises, qui suivent les ordres de Paris, s’inscrivent dans le contexte d’incertitude dans lequel se trouvent la force Turquoise et ses chefs militaires, quant au cadre dans lequel ils opèrent et surtout quant à la latitude dont ils disposent face aux réalités terribles du terrain. Si l’effort de protection des Tutsi menacés est réel et se compte en mil-liers de personnes extraites de situations dangereuses, l’action humani-taire de l’opération Turquoise s’inscrit surtout dans un contexte marqué par l’exode de plusieurs centaines de milliers de personnes, l’importance des pénuries alimentaires et l’émergence d’une épidémie de choléra. Le choix d’entrer par le Zaïre place de fait la France dans une position déli-cate. Les populations se trouvant en juillet dans la Zone humanitaire sûre (ZHS) à l’ouest du Rwanda, soit plusieurs millions de personnes, sont très majoritairement des Hutu et comptent parmi elles non seu-lement des tueurs mais aussi des commanditaires du génocide, que les autorités politiques françaises se refusent à arrêter. En définitive, on observe une forme de sidération de ces dernières, comme si agir face à un génocide n’entrait pas dans l’horizon des possibles, quand bien même le second xxe siècle est hanté par l’obligation morale de tout faire pour qu’il n’en survienne plus aucun.Devant une telle tragédie, peut-on s’arrêter au constat historiogra-phique ? La crise rwandaise s’achève en désastre pour le Rwanda, en défaite pour la France. La France est-elle pour autant complice du géno-cide des Tutsi ? Si l’on entend par là une volonté de s’associer à l’entre-prise génocidaire, rien dans les archives consultées ne vient le démontrer. La France s’est néanmoins longuement investie au côté d’un régime qui encourageait des massacres racistes. Elle est demeurée aveugle face à la préparation d’un génocide par les éléments les plus radicaux de ce régime. Elle a adopté un schéma binaire opposant d’une part l’ami hutu incarné par le président Habyarimana, et de l’autre l’ennemi qualifié d’« ougando-tutsi » pour désigner le FPR. Au moment du génocide, elle a tardé à rompre avec le gouvernement intérimaire qui le réalisait et a conti-nué à placer la menace du FPR au sommet de ses préoccupations. Elle a
972lafrance, lerwandaetlegénocidedestutsi (1990-1994)réagi tardivement avec l’opération Turquoise qui a permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide. La recherche établit donc un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes. Des responsabilités accablantesCes responsabilités sont politiques dans la mesure où les autorités françaises ont fait preuve d’un aveuglement continu dans leur sou-tien à un régime raciste, corrompu et violent, pourtant conçu comme un laboratoire d’une nouvelle politique française en Afrique introduite par le discours de La Baule. Les autorités ont espéré que le président Habyarimana pourrait amener son pays à la démocratie et à la paix. Mais, dans le même temps, aucune politique d’encouragement à la lutte contre l’extrémisme hutu et de déracialisation de l’état n’est décidée, en dépit des alertes lancées depuis Kigali, Kampala ou Paris. Nulle réponse n’est donnée non plus aux demandes de négociations directes du FPR dont la perception demeure enfermée dans des catégories ethno-natio-nalistes. À l’opposition démocrate rwandaise, il est demandé de choisir son camp, ce qui aboutit à la désintégration d’un champ politique qui tentait de naître et d’une société en plein renouveau. Aux efforts de paix se conjuguent des logiques de surarmement et d’inflation des effectifs militaires. Le Rwanda se militarise tandis que prospèrent les milices des partis extrémistes. Le pays se débat dans de dramatiques problèmes éco-nomiques et sociaux et fait face à l’épidémie de sida. En France, à l’inquiétude de ministres, de parlementaires, de haut-fonctionnaires, d’intellectuels, il n’est répondu que par l’indifférence, le rejet ou la mauvaise foi. Cet alignement sur le pouvoir rwandais procède d’une volonté du chef de l’état et de la présidence de la République. L’exercice de l’autorité présidentielle assure des pouvoirs élevés en matière diplomatique et militaire, en particulier en ce qui concerne l’Afrique. La marginalisation des institutions aux positions divergentes et l’exil des pensées critiques caractérisent aussi cette histoire rwandaise de la France qui s’apparente à bien des égards à une crise de l’action publique. Elle révèle la défaillance des pouvoirs de coordination et l’ab-sence de contre-pouvoirs effectifs, jusqu’à la cohabitation tout au moins. Mais, faute de volonté, par crainte d’aborder un sujet qui suscite tant de
conclusion973polémiques et de déchirements, les enseignements de la crise n’ont pas été tirés comme ils auraient dû l’être. Le constat des responsabilités politiques introduit des responsabilités institutionnelles, tant civiles que militaires. La Commission a démontré l’existence de pratiques irrégulières d’administration, de chaînes paral-lèles de communication et même de commandement, de contournement des règles d’engagement et des procédures légales, d’actes d’intimidation et d’entreprises d’éviction de responsables ou d’agents. Les administra-tions ont été livrées à un environnement de décisions souvent opaques, les obligeant à s’adapter et à se gouverner elles-mêmes. L’ensemble des faits que documente la recherche présente, et antérieu-rement, les institutions elles-mêmes, ont décrit des dérives institution-nelles, couvertes par l’autorité politique ou dans une absence de contrôle politique. Des éléments le prouvent, bien que la conservation des pièces écrites n’ait pas toujours été effectuée, renforçant le caractère anormal de ces situations administratives, civiles et militaires. Ces dérives sont d’au-tant plus préoccupantes qu’elles promeuvent des schémas de pensée ou des argumentaires dogmatiques qui s’opposent à la nécessaire réflexion entourant l’action publique. Au constat de ces responsabilités institutionnelles s’ajoutent des respon-sabilités intellectuelles qui, cumulées, font système et témoignent d’une défaite de la pensée. Se gardant en permanence du risque d’anachronisme, la Commission a conduit l’étude des cadres intellectuels de la décision fran-çaise au Rwanda et de son application. La grille principale de lecture de la réalité rwandaise, qui détermine des choix politiques et leur exécution par les administrations de l’état, tant diplomatiques que militaires, demeure la lecture ethniciste, particulièrement mobilisée pour le Rwanda et la région des Grands Lacs. Cette lecture correspond d’autant moins à la réalité rwan-daise que le pays montre des ressources politiques et sociales résistant à cette emprise de l’ethnicisation. Les efforts pour promouvoir une autre analyse, critique ou seulement distanciée sur le Rwanda, ont été voués à l’échec mais n’en ont pas moins été faits au point qu’un corpus de réflexion a émergé des archives des institutions publiques. La persistance et même l’obstination à caractériser le conflit rwandais en termes ethniques, à poser l’évidence de l’agression extérieure, à définir une guerre civile là où il y a entreprise géno-cidaire, minent l’action politique et fragilisent sa traduction administrative.
si vous avez regardez le sujet aujourd'hui sur CNEWS
vous auriez vu le temoignage d'un journaliste qui avait ouvert sur place l'actualité avant , pendant et aprés le génocide
moi qui contrairement, ne suis pas un lobotomisé de Cnews, j'ai à l'instant même, ouvert "sud ouest" (mais il y en a d'autres) qui titre :
Génocide au Rwanda : pour Paul Kagame, la France a fait « un grand pas, nous devons l’accepter »

A Kigali, jeudi, Emmanuel Macron a reconnu les « responsabilités » de la France dans le génocide de 1994. Pour le président rwandais, ses paroles « ont plus de valeur de des excuses »

« C’est un grand pas, nous devons l’accepter » : le président rwandais Paul Kagame explique avoir choisi de reconnaître le travail de la France sur son rôle dans le génocide de 1994, même s’il n’a pas abouti à des excuses.

Emmanuel Macron s’est rendu jeudi dans la capitale rwandaise Kigali pour « reconnaître (les) responsabilités » de la France dans cette tragédie, qui a fait au moins 800 000 morts, essentiellement dans la minorité tutsi. Mais elle n’a « pas été complice », a souligné le dirigeant français. Les excuses ou la demande de pardon attendues par les survivants et familles de victimes n’ont pas eu lieu.
https://www.sudouest.fr/international/g ... 350906.php
voilà, je commence à comprendre pourquoi vincent met tout en grand....et le pire, c'est que ça ne suffit pas.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par Fonck1 »

berger141 a écrit : 31 mai 2021 11:59 L'ONU a demandé le 22 juin 1994 à la France de faire l'opération Turkoise afin d'arrêter le génocide.
L'armée française n'a certainement pas failli à cette mission.
A l'époque cette armée était forcément dans zone du génocide et proche physiquement de l'armée rwandais qui luttait contre l'armée tutsi de Kagamé.
Elle a pu alors éventuellement répondre à des attaques de l'armée tutsi.
Quoi qu'il en soit;, qu'elle ait répondu à des attaques ou sa simple proximité physique avec l'armée du Rwanda donne l'occasion aux ennemis de la France de dire qu'elle a soutenu l'armée génocidaire du Rwanda et qu'elle a contribué au génocide.
Moralité : La France a eu tord d'accepter la mission de l'ONU, elle aurait laisser les hutus et tutsis poursuivre seuls leurs luttes ancestrales
quels ennemis au juste?
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par Jiimmy »

bister a écrit : 31 mai 2021 00:55 les uns comme les autres n'avaient pas intérêt à un accord à l'amiable d'Arusha et que le Président reste en place
Au contraire, les accords d'Arusha signifiaient une réintégration durable du FPR dans la vie politique Rwandaise avec le retour de réfugiés et l'instauration d'un gouvernement de réconciliation.
Cet accord actait le départ des troupes Françaises qui s'opposaient alors au FPR (parti Anglophone) qui n'avait aucune chance de réintégrer le Rwanda avec la présence de l'armée Française.

Ce sont les partisans du président qui, au contraire, s'opposèrent avec force à cet accord qu'ils estimaient être une trahison de la part des dirigeants. D'ailleurs le président lui-même fit en sorte de retarder leur application car se sentant menacé dans son propre camp. Le premier ministre elle-même fut assassinée par des hutus le lendemain de la mort du président car elle incarnait cette volonté de réconciliation entre hutus et tutsis.
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par stirnersept9 »

moi qui contrairement, ne suis pas un lobotomisé de Cnews Fonck1

Je pense que tu penses ( on pense :hehe: ) qu'une chaîne de débats peut influencer les esprits.
Mais je pense que cette chaîne donne la parole à ceux qui ne pensent pas comme tu penses.

Loin de lobotomiser, cette chaîne de débats aux intervenants divers, de gauche, macroniste comme de la vraie droite
donne la parole aux représentants qui ont si longtemps été étouffés par le couvercle pesant de la pensée de gauche,
de la doxa.

C'est un réel progrès qu'il puisse y avoir sur nos médias une chaîne qui ne reprend pas systématiquement les dépêches gauchistes de l'agence France Propagande.

C'est ce qui dérange la gauche . Un autre avis que le leur. Ils n'en reviennent toujours pas.

D'une dictature de la pensée, enfin, nous allons vers une pluralité;

Je sais. Ca ressemble à la démocratie.
Un chaîne qui n'est pas de gauche, c'est du jamais vu.
Une chaîne qui passe de 80 000 à plus d'un million en deux ans depuis l'arrivée d'Eric Zemmour
et qui devance parfois BFMacron
Qui êtes- vous pour me juger et de quel droit me jugez-vous ?
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par Mickey »

Fonck1 a écrit : 31 mai 2021 13:14
vivarais a écrit : 31 mai 2021 11:05

si vous avez regardez le sujet aujourd'hui sur CNEWS
vous auriez vu le temoignage d'un journaliste qui avait ouvert sur place l'actualité avant , pendant et aprés le génocide
moi qui contrairement, ne suis pas un lobotomisé de Cnews, j'ai à l'instant même, ouvert "sud ouest" (mais il y en a d'autres) qui titre :
Génocide au Rwanda : pour Paul Kagame, la France a fait « un grand pas, nous devons l’accepter »

A Kigali, jeudi, Emmanuel Macron a reconnu les « responsabilités » de la France dans le génocide de 1994. Pour le président rwandais, ses paroles « ont plus de valeur de des excuses »

« C’est un grand pas, nous devons l’accepter » : le président rwandais Paul Kagame explique avoir choisi de reconnaître le travail de la France sur son rôle dans le génocide de 1994, même s’il n’a pas abouti à des excuses.

Emmanuel Macron s’est rendu jeudi dans la capitale rwandaise Kigali pour « reconnaître (les) responsabilités » de la France dans cette tragédie, qui a fait au moins 800 000 morts, essentiellement dans la minorité tutsi. Mais elle n’a « pas été complice », a souligné le dirigeant français. Les excuses ou la demande de pardon attendues par les survivants et familles de victimes n’ont pas eu lieu.
https://www.sudouest.fr/international/g ... 350906.php
voilà, je commence à comprendre pourquoi vincent met tout en grand....et le pire, c'est que ça ne suffit pas.
Bon il a reconnu les responsabilités de la France, c'est déjà pas si mal. On va pas en faire un plat, sachant que ces deux cliques allaient de toute manière se foutre sur la gueule un jour.
On va dire que les français ont accéléré le mouvement, pas de quoi s'autoflageler jusqu'à la fin des temps.
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par bister »

Jiimmy a écrit : 31 mai 2021 16:11
bister a écrit : 31 mai 2021 00:55 les uns comme les autres n'avaient pas intérêt à un accord à l'amiable d'Arusha et que le Président reste en place
Au contraire, les accords d'Arusha signifiaient une réintégration durable du FPR dans la vie politique Rwandaise avec le retour de réfugiés et l'instauration d'un gouvernement de réconciliation.
Cet accord actait le départ des troupes Françaises qui s'opposaient alors au FPR (parti Anglophone) qui n'avait aucune chance de réintégrer le Rwanda avec la présence de l'armée Française.

Ce sont les partisans du président qui, au contraire, s'opposèrent avec force à cet accord qu'ils estimaient être une trahison de la part des dirigeants. D'ailleurs le président lui-même fit en sorte de retarder leur application car se sentant menacé dans son propre camp. Le premier ministre elle-même fut assassinée par des hutus le lendemain de la mort du président car elle incarnait cette volonté de réconciliation entre hutus et tutsis.
Les accords d'Arusha plus précisément :
Les négociations d'Arusha ont été conduites en Tanzanie. Cinq accords furent signés à partir de juillet 1992. Le dernier accord fut signé le 4 août 1993. Ces accords prévoient à terme l'intégration politique et militaire des différentes composantes internes (à l'exception des partis ouvertement racistes anti-Tutsi) et externes de la nation rwandaise (le FPR) et le départ des troupes françaises (à partir d'août 1992). Une mission des Nations Unies, la MINUAR, fut créée le 5 octobre 1993 pour veiller à leur application.
Mais ce n'est pas sûr que le FRP voulait vivre en dessous du Président Houtou
Un regard du terrain, tu as ton explication , il a la sienne :

http://www.recherches-sur-le-terrorisme ... wanda.html

dans l'avion , il y avait le Président du Rwanda mais aussi le Président du Burundi , + d'autres notables, + des français l'équipage , cet accord avait été appuyé au près du Président Rwandais pas le gouvernement français de l'époque
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bister
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Re: Le président Macron est au Rwanda pour reconnaitre les responsabilités de la France.

Message par bister »

Sinon pour les génocidaires , oui c'étaient des milices Houtou qui tuaient des Tutsi (et des Houtou modérés) mais tout le monde s'est barré à l'époque , l'ONU et autre
https://tambour.agoraafricaine.info/201 ... s-darusha/

et je ne sais pas ce qu'ils aurait pu faire avec 2800 militaires de la force Miamar ONU sur tout ça, de toute façon

et qui a vendu les machettes ? bah apparement les chinois.. ils ont aussi une grande responsabilité , ils n'avaient qu'a pas les vendre
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