C’est particulièrement faux de dire que le privé « comble les manques « du public, en réalité c’est précisément le contraire, puisque le public doit garder tous les élèves, sans exception, quand le privé peut sélectionner. Couper les vivres au privé est une question de justice sociale fondamentale, l’argent récupéré permettrait d’améliorer la prise en charge des élèves du public et ferait aussi revenir des élèves de milieux plus favorisés, contribuant à une meilleure mixité sociale.da capo a écrit : 13 juin 2021 00:14Kelenner a écrit : 12 juin 2021 20:47
Relativement en accord avec ça, concernant le sujet des écoles privées il n'y a pas besoin d'aller jusqu'à leur suppression, il faudrait simplement qu'elles deviennent... privées. Actuellement on est sur un système ubuesque et incroyablement scandaleux où la quasi-totalité du budget de fonctionnement des écoles pseudo "privées" est pris en charge par l'argent public, pour que celles-ci n'aient aucune obligation en échange (possibilité de discriminer à l'entrée, de virer comme bon leur semble, d'établir les rythmes sans tenir compte des règles s'appliquant aux écoles publiques, de faire du prosélytisme religieux avec le fric du contribuable...). Coupons-leur les vivres, une bonne fois pour toutes, je parie que le nombre de volontaires diminuera de façon très rapide.
Pour le reste c'est essentiel de prendre en compte la dimension globale de l'école, qui n'est que le reflet d'un environnement social. Tout projet de réforme qui n'en tiendrait pas compte serait voué à l'échec.
Si je comprends bien, les écoles privées dites ''libres'' ou sous contrat ont une sorte de deal avec l'état : si vous voulez contrôler les contenus enseignés, vous formez et payez nos profs.
Ce système fonctionne plutôt bien et le secteur public ne devrait pas s'en plaindre, vu qu'il comble ses manques, en fournissant une alternative à des parents inquiets (et pas forcément aisés) dans des zones urbaines où les établissements publics sont dépassés par le nombre élevé de leurs élèves ''à problèmes'' et catalogués comme des collèges ou lycées ''à éviter''.
Obliger les écoles privées à rémunérer leurs enseignants les plongerait immédiatement dans la faillite et la fermeture, à l'exception des établissements ''pour riches'', qui seules, pourraient augmenter les cotisations des parents en conséquence.
Est-ce vraiment une bonne idée ?
Mais tout ceci n’est possible que dans un cadre bien plus large, avec l’application stricte de la loi SRU, une carte scolaire qui évite les écoles ghettos et se donne pour objectif de répartir les élèves de façon équitable autant que possible, un système de mouvement des profs qui ne soit plus basé uniquement sur l’ancienneté...
On peut le faire, le vrai problème c’est que ça ne bénéficierait en gros qu’à un quart des élèves, et qu’il y aurait une forte opposition des 75% restants, tant au niveau des profs, des élèves que de leurs parents.
