Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

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lotus95
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Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par lotus95 »

Le Conseil d'État vient de suspendre l'application de la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet 2021, conformément à la demande des organisations syndicales qui le saisissaient. Cette décision moralement prévisible illustre bien les difficultés de plus en plus grandes que la caste rencontre pour justifier sa stratégie de préservation coûte-que-coûte de ses privilèges, dissimulée derrière une idéologie moisie de la protection tous azimuts. Ces difficultés devraient aller croissante, au fur et à mesure que l'Union Européenne va faire pression pour que la France réduise ses déficits.

https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/ ... epresente/

La réforme de l’assurance-chômage n’aura pas lieu. En tout cas pas le 1er juillet comme un imprudent décret proposait de l’entamer. Le Conseil d’Etat vient de suspendre celui-ci pour des raisons morales et d’équité assez aisément compréhensibles et prévisibles, en attendant un jugement sur le fond.
Le Conseil d’Etat annule le deux poids deux mesures

Il faut dire que le gouvernement a, dans ce dossier, fait très fort. On se rappelle que Bercy a plastronné que la grande mesure de réduction des déficits publics prise cette année serait la réforme de l’assurance-chômage. En l’espèce, la réforme imposée par décret en passant outre à la prétendue « démocratie sociale » proposait deux mesures essentielles : une diminution de l’indemnisation des chômeurs en contrats courts dès le 1er juillet 2021, et l’instauration d’un système de bonus-malus pour les employeurs qui recourent aux contrats courts, à compter du 1er septembre 2022.

On voit bien la stratégie utilisée ici, que nous avons régulièrement décrite. Elle consiste, comme la Cour des Comptes le suggère, à concentrer les économies sur le tiers état, en exonérant l’aristocratie de tout effort. Concrètement, on diminue tout de suite les dépenses en faveur des chômeurs, mais on retarde l’effort des entreprises publiques qui recourent massivement aux contrats courts (Radio France, par exemple).

Pendant ce temps, le gouvernement met sagement sous le boisseau les remarques de la Cour des Comptes sur la dérive des dépenses publiques.

L’indépendance du Conseil, une fiction à défendre

Sur le fond, cette annulation embarrassée (en attendant une décision sur le fond qui n’interviendra pas avant la fin de 2021, et rend donc caduc le plan gouvernemental de réduction des déficits par une saignée des chômeurs) n’est que le début d’une longue série de désillusions pour Emmanuel Macron si celui-ci maintient sa stratégie inégalitaire de mise en coupe réglée du secteur privé pour protéger le train de vie des fonctionnaires. Le Conseil d’Etat l’a écrit : on ne peut ouvertement sacrifier les uns sans demander des efforts aux autres.

Alors que la réforme prévoit de différer au 1er septembre 2022 la mise en œuvre du système de bonus-malus pour les cotisations dues par les employeurs, précisément en raison des incertitudes sur l’évolution de la situation économique et du marché du travail, les nouvelles règles de calcul pour les salariés s’appliquent dès le 1er juillet prochain. La juge des référés considère qu’est sérieuse la contestation portant sur l’erreur manifeste d’appréciation entachant ainsi l’application immédiate de la réforme pour les salariés.

En termes d’équité, le Conseil d’Etat risque gros, en effet, en suivant les délires des hauts fonctionnaires du ministère du Travail ou de Bercy dont la seule obsession est de protéger leurs intérêts directs. On ne peut éternellement apparaître comme une Cour Souveraine impartiale et céder à toutes les injonctions de la caste au pouvoir. Question de crédibilité, sans doute.

Se prétendre européen et violer le traité de Maastricht

Reste que, une fois de plus, le Conseil d’Etat souligne les contradictions de la caste au pouvoir, qu’il fournit couramment en conseillers en tous genres. Tout ce petit monde adore en effet se déclarer européen, partisan des Lumières et du multilatéralisme communautaire, mais il déteste s’appliquer à lui-même les règles qu’il trouve géniales pour les autres.

C’est particulièrement vrai pour le critère sensible des déficits publics, qui supposerait que les hauts fonctionnaires entreprennent de « manager » efficacement le service public et accessoirement de limiter leur propre cupidité. Ce remue-ménage, pudiquement appelé « réforme de l’Etat », ne fait pas vraiment partie des usages.

Il est donc de bon ton de répéter à l’envi que l’Europe est la meilleure nouvelle qui nous ait été annoncée depuis l’arrivée du Messie, et de pratiquer l’européisme à la manière dont une certaine bourgeoisie pratiquait le catholicisme : avec beaucoup de foi, mais pas beaucoup d’actes.

Voilà pourquoi la caste au pouvoir tourne tant autour de pot. Elle aimerait bien cantonner l’effort aux plus pauvres (nous invitons vraiment les lecteurs à se référer à notre article sur les positions de la Cour des Comptes en la matière), mais ce choix, assumé par Bercy, est compliqué à justifier auprès de Monsieur Tout le Monde, surtout si Monsieur Tout le Monde a la faculté de saisir, in fine, le juge européen pour dire tout le mal qu’il passe de la façon dont la France applique réellement les traités.

Le Conseil d’Etat et la sécurité sociale

Le juge national est donc bien obligé de censurer des dispositions « éclairées » qui cherchent à cantonner l’application des traités à un segment seulement de la population. Les plus vulnérables par exemple. Sous peine de risquer un rappel à l’ordre de la Cour de Luxembourg.

C’est particulièrement vrai pour le Conseil d’Etat, qui chérit depuis l’entre-deux-guerre la « sécurité sociale », après avoir combattu le recours aux acteurs privés en santé et en retraite. C’est en effet aux Alexandre Parodi, aux Pierre Laroque, aux Stéphane Hessel, puis aux Philippe Bas et Renaud Dutreil, tous conseillers d’Etat, rappelons-le, que nous devons l’inscription progressive de la protection sociale dans une grande machinerie monopolistique publique appelée « sécurité sociale », source permanente de déficit. Pour les conseillers d’Etat, la sécurité sociale est la façon la plus commode de dominer la société sans créer de trouble social.

Remettre en cause cette logique pour appliquer froidement le traité de Maastricht, en diminuant les « interventions sociales » sans toucher à aucune autre intervention de l’Etat, constituerait une remise en cause d’un projet séculaire que le Conseil n’est pas prêt d’accepter. Cette résistance historique risque de mettre Emmanuel Macron en difficulté dans les mois qui viennent.
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Fonck1
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par Fonck1 »

ce qui prouve que quand les syndicats font leur boulot, le GVT recule....pas besoin de gilets jaunes.
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par sofasurfer »

On est plus sur une contestation de forme, il suffira à l’exécutif de modifier deux trois points pour que ca passe tranquille. Depuis le début du quinquennat, l’exécutif est obsédé par eux choses : la réforme des retraites et de l’assurance chômage pour réduire les dépenses. C'est en définitive un gestionnaire comptable qui fait fi de la souffrance, des difficultés et des désirs des français, et qui après devant l'abstention record appelle a aller voter pour faire barrage au RN.

Donc il ne faut pas s'étonner du dégoût de la politique généralisé dans ce pays...
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par papibilou »

sofasurfer a écrit : 24 juin 2021 09:59 On est plus sur une contestation de forme, il suffira à l’exécutif de modifier deux trois points pour que ca passe tranquille. Depuis le début du quinquennat, l’exécutif est obsédé par eux choses : la réforme des retraites et de l’assurance chômage pour réduire les dépenses. C'est en définitive un gestionnaire comptable qui fait fi de la souffrance, des difficultés et des désirs des français, et qui après devant l'abstention record appelle a aller voter pour faire barrage au RN.

Donc il ne faut pas s'étonner du dégoût de la politique généralisé dans ce pays...
Comment s'étonner qu'un état gestionnaire (c'est quand même une grande partie de son boulot, non ? ) ne se précccupe pas du budget social et de 2 de ses 3 composantes majeures: retraites, 320 milliards, santé, 200, chômage un peu moins de 100 ? Excusez du peu !
Evoquer la souffrance quand on a le système de ratraites et de chômage les plus avantageux au monde frise l'indécence. Si l'état devrait suivre les désirs des français le déficit du budget social serait encore plus important qu'il ne l'est aujourd'hui. Ca fait partie du rôle d'un état de savoir jusqu'ou ne pas aller trop loin.
L'abstention a de multiples causes et pas seulement le fait que l'état ne satisfait pas aux demandes des français. Mais si les français préfèrent voter RN, c'est leur droit. Mais qu'ils votent ! L'indifférence citoyenne fait le lit d'une dictature.
Concernant l'assurance chômage, il faut noter que certains indemnité devraient baisser avec les nouvelles régles, mais durer plus longtemps, et que le modèle actuel a pour conséquence que certains bénéficiaires gagnent plus au chômage qu'en travaillant:
https://www.lefigaro.fr/economie/le-sca ... illant.php
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par CrazyMan »

papibilou a écrit : 24 juin 2021 10:57 Comment s'étonner qu'un état gestionnaire (c'est quand même une grande partie de son boulot, non ? ) ne se précccupe pas du budget social et de 2 de ses 3 composantes majeures: retraites, 320 milliards, santé, 200, chômage un peu moins de 100 ? Excusez du peu !
Evoquer la souffrance quand on a le système de ratraites et de chômage les plus avantageux au monde frise l'indécence. Si l'état devrait suivre les désirs des français le déficit du budget social serait encore plus important qu'il ne l'est aujourd'hui. Ca fait partie du rôle d'un état de savoir jusqu'ou ne pas aller trop loin.
L'abstention a de multiples causes et pas seulement le fait que l'état ne satisfait pas aux demandes des français. Mais si les français préfèrent voter RN, c'est leur droit. Mais qu'ils votent ! L'indifférence citoyenne fait le lit d'une dictature.
Concernant l'assurance chômage, il faut noter que certains indemnité devraient baisser avec les nouvelles régles, mais durer plus longtemps, et que le modèle actuel a pour conséquence que certains bénéficiaires gagnent plus au chômage qu'en travaillant:
https://www.lefigaro.fr/economie/le-sca ... illant.php
Sans doute n'as tu que peu vécu avec les allocations chômages pour dire cela.

J'habite en face d'un foyer et des retraités qui ont à peine de quoi se payer à manger j'en croise tous les jours. Venant des classes populaires, des personnes au chômage ou travaillant pour gagner un smic j'en connais également, le soucis étant que lors d'un imprévu (problèmes avec une voiture, frais imprévus de manière générale) c'est l'endettement assuré au risque de se retrouver dehors.
La rigueur budgétaire est un dogme qui a déjà montré ses limites, ne serait-ce qu'en Grèce.

Il faudrait également nous expliquer la part des chômeurs qui gagnent davantage au chômage qu'en travaillant, cela doit toucher principalement les salariés qui percevaient des bons salaires. Donner un chômage diminué d'environ 300 euros par mois (pour les smicards) sur une plus longue durée ne leur permettra pas de vivre décemment tous les mois notamment pour les citadins qui seront condamnés à se déplacer vers des zones où les loyers sont moins onéreux et donc à s'éloigner des bassins d'emplois, les enfonçant un peu plus dans l'isolement et la précarité.

Le budget de l'état ne doit pas être diminué mais augmenté. Ce n'est pas en faisant des coupes budgétaires que nous préparons un terrain propice à une activité économique importante.
A croire que la leçon du covid n'a pas été retenue par tout le monde.
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par lotus95 »

papibilou a écrit : 24 juin 2021 10:57
sofasurfer a écrit : 24 juin 2021 09:59 On est plus sur une contestation de forme, il suffira à l’exécutif de modifier deux trois points pour que ca passe tranquille. Depuis le début du quinquennat, l’exécutif est obsédé par eux choses : la réforme des retraites et de l’assurance chômage pour réduire les dépenses. C'est en définitive un gestionnaire comptable qui fait fi de la souffrance, des difficultés et des désirs des français, et qui après devant l'abstention record appelle a aller voter pour faire barrage au RN.

Donc il ne faut pas s'étonner du dégoût de la politique généralisé dans ce pays...
Comment s'étonner qu'un état gestionnaire (c'est quand même une grande partie de son boulot, non ? ) ne se précccupe pas du budget social et de 2 de ses 3 composantes majeures: retraites, 320 milliards, santé, 200, chômage un peu moins de 100 ? Excusez du peu !
Evoquer la souffrance quand on a le système de ratraites et de chômage les plus avantageux au monde frise l'indécence. Si l'état devrait suivre les désirs des français le déficit du budget social serait encore plus important qu'il ne l'est aujourd'hui. Ca fait partie du rôle d'un état de savoir jusqu'ou ne pas aller trop loin.
L'abstention a de multiples causes et pas seulement le fait que l'état ne satisfait pas aux demandes des français. Mais si les français préfèrent voter RN, c'est leur droit. Mais qu'ils votent ! L'indifférence citoyenne fait le lit d'une dictature.
Concernant l'assurance chômage, il faut noter que certains indemnité devraient baisser avec les nouvelles régles, mais durer plus longtemps, et que le modèle actuel a pour conséquence que certains bénéficiaires gagnent plus au chômage qu'en travaillant:
https://www.lefigaro.fr/economie/le-sca ... illant.php
Vous irez dire à celui qui doit payer son loyer qu'il n'a qu'à proposer à son proprio d'étaler la dépense sur plus de temps ... ou négocier avec son estomac ... pas sûr que ça marche :]
c'est hallucinant de voir des yakafaukons se cantonner à répéter la bouillie officielle sans réfléchir une seconde :]

Il faudrait peut être aussi que ceux qui claironnent qu'on a le système le plus avantageux au monde réalisent qu'on le paie , à la fois dans les salaires et dans les prix ; c'est le même principe que choisir une mutuelle chère pour bénéficier de garanties plus étendues, il faut arrêter de se limiter à une logique de coûts qui ne prend pas en compte les recettes.
Les déficits ne sont que la résultante d'une politique défaillante depuis des lustres sur l'abus des contrats courts ; l'Unedic dégage un excédent de plus de 10 milliards annuels sur les CDI, il faut peut être se poser les bonnes questions au lieu de taper perpétuellement sur les mêmes, et notamment ceux qui ont la double peine de subir la précarité et le sous-emploi et perdre en revenu.

L'assurance chômage fait de surcroît partie intégrante de la rémunération du salarié, et les allocations sont un revenu de remplacement légitime en fonction des cotisations versées ; ce n'est pas une oeuvre de charité, mais un calcul précis selon des droits acquis , et les périodes non travaillées ne doivent pas entrer en ligne de compte ; s'il y a quelque chose à remettre en cause, ce sont ces politiques clientélistes qui favorisent la précarité pour enrichir leur électorat
À la télé ils disent tous les jours : 'Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.' C'est pas vrai : de l'argent leur suffirait." Coluche
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par latresne »

Est ce que le budget de l'Etat est à l'équilibre ? non .
Il en est pour un individu comme pour un gvt on ne doit pas ,on ne peut pas dépenser + que ce que l'on gagne .Que l'U E nous rappelle à l'ordre ,rien de + normal .C'est ce que font les banques vis à vis particuliers quand ils dépassent trop longtemps et trop souvent la limite.
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par CrazyMan »

latresne a écrit : 24 juin 2021 12:24 Est ce que le budget de l'Etat est à l'équilibre ? non .
Il en est pour un individu comme pour un gvt on ne doit pas ,on ne peut pas dépenser + que ce que l'on gagne .Que l'U E nous rappelle à l'ordre ,rien de + normal .C'est ce que font les banques vis à vis particuliers quand ils dépassent trop longtemps et trop souvent la limite.
Il n'y a rien de plus faux que ces quelques phrases.
Un Etat n'est absolument pas comparable à un ménage. Notamment parce qu'il est possible pour un Etat de rouler sa dette, chose que ne peut pas faire un ménage. Idem, un ménage ou une entreprise peuvent se faire saisir leurs biens ou déposer le bilan, or ce n'est absolument pas le cas pour un Etat.

Penser qu'un Etat doit gérer son budget à l'équilibre comme un ménage c'est vraiment le niveau zéro des connaissances en économie...
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par Victor »

CrazyMan a écrit : 24 juin 2021 14:08
latresne a écrit : 24 juin 2021 12:24 Est ce que le budget de l'Etat est à l'équilibre ? non .
Il en est pour un individu comme pour un gvt on ne doit pas ,on ne peut pas dépenser + que ce que l'on gagne .Que l'U E nous rappelle à l'ordre ,rien de + normal .C'est ce que font les banques vis à vis particuliers quand ils dépassent trop longtemps et trop souvent la limite.
Il n'y a rien de plus faux que ces quelques phrases.
Un Etat n'est absolument pas comparable à un ménage. Notamment parce qu'il est possible pour un Etat de rouler sa dette, chose que ne peut pas faire un ménage. Idem, un ménage ou une entreprise peuvent se faire saisir leurs biens ou déposer le bilan, or ce n'est absolument pas le cas pour un Etat.

Penser qu'un Etat doit gérer son budget à l'équilibre comme un ménage c'est vraiment le niveau zéro des connaissances en économie...
L'Etat comme la sécu, comme n'importe quelle organisation publique ou privée doit faire attention à ses finances.
C'est le B.A. BA.
Tu dis suivre des études d'économie et tu nous racontes n'importe quoi. Par exemple que l'état ou une collectivité publique peut s'endetter à l'infini sans aucune difficulté ..
Bref, encore une fois, des énormités. Un enfant de 5 ans est plus fort que toi en économie.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par Victor »

CrazyMan a écrit : 24 juin 2021 11:12 Le budget de l'état ne doit pas être diminué mais augmenté. Ce n'est pas en faisant des coupes budgétaires que nous préparons un terrain propice à une activité économique importante.
A croire que la leçon du covid n'a pas été retenue par tout le monde.
T'es certain que tu as suivi de VRAIES études d'économie ????
Pour te former un minimum en économie, sache que les relances budgétaires sont à réaliser en sortie de récession économique et que ce n'est pas un fonctionnement normal et régulier de l'économie. Sache aussi qu'en période de croissance, il faut en profiter pour "refaire le plein", c'est à dire réduire les dettes publiques. C'est quand même lamentable qu'un étudiant en cinquième année d'économie ne connaisse les principes de base des cycles économiques.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par CrazyMan »

Victor a écrit : 24 juin 2021 16:04 T'es certain que tu as suivi de VRAIES études d'économie ????
Pour te former un minimum en économie, sache que les relances budgétaires sont à réaliser en sortie de récession économique et que ce n'est pas un fonctionnement normal et régulier de l'économie. Sache aussi qu'en période de croissance, il faut en profiter pour "refaire le plein", c'est à dire réduire les dettes publiques. C'est quand même lamentable qu'un étudiant en cinquième année d'économie ne connaisse les principes de base des cycles économiques.
Je ne dis pas que l'Etat doit dépenser sans compter.
Je dis simplement que la rigueur budgétaire fait beaucoup de dégâts. Elle a rendu la crise sanitaire plus importante car le système hospitalier était contraint par la rigueur budgétaire, elle participe grandement à la précarité des universités (bâtiments délabrés, étudiants en surnombre par rapport aux enseignants, etc...), elle augmente la précarité, etc... Je crois que tu ne te rends pas compte de l'état des services publics. Je travail à l'université, on nous propose des contrats toujours plus précaires, on nous demande de faire de plus en plus d'heures pour de moins en moins d'argent et peu de moyens. Si aujourd'hui les hôpitaux, les écoles et les services publics tiennent encore debout c'est parce que les individus qui y travaillent sont toujours sous pression et travaillent sans compter leurs heures. On ne peut même plus respecter le droit du travail pour que cela tienne encore debout...

Je préfère un état qui s'endette dans un contexte où les taux d'intérêts sont historiquement bas ce qui rend la possibilité de rouler la dette relativement aisée, à un état qui fonctionne sur la rigueur et laisse les services publics à l'agonie.
La rigueur budgétaire plonge les services publics dans une grande paralysie, il n'y a aucune marge de manœuvre si ce n'est "trancher dans le lard". Cette rigueur est par essence antidémocratique puisqu'elle est "surplombante" les volontés politiques, c'est ce que l'on a pu observer en Grèce avec le gouvernement Tsipras par exemple.
Je suis loin d'être le seul à faire ce constat... La plupart des post-keynesiens seront d'accord avec moi par exemple. Yanis Varoufakis qui faisait partie du gouvernement Tsipras est un économiste largement reconnu dans la sphère académique et il était le premier à dresser le même constat que moi.

L'économie n'est pas une "machine objective à briser les subjectivités" comme certains le pense. Il existe des alternatives. Nous ne sommes pas contraint de tout privatiser, de laisser des individus crever la bouche ouverte ou de ne pas agir au niveau écologique à cause d'une soi-disant économie toute puissante. Si on suit ce chemin, c'est la fuite en avant perpétuelle qui nous attend.

La relance, c'est maintenant. Nous avons maintenus à flot les entreprises et les plus précaires durant le covid (encore que les inégalités ont explosé durant la crise sanitaire) mais la reprise c'est maintenant. La réforme de l'assurance chômage tombe très mal, c'est parfaitement normal qu'elle soit repoussée. A mon sens, attendre la reprise plein pot en distribuant de la monnaie hélicoptère me semble bien plus pertinent, notamment afin d'encourager la consommation.

Moi ce que je trouve lamentable, c'est qu'un type comme toi soit convaincu de son objectivité. L'objectivité n'existe tout simplement pas, une politique économique est, comme son nom l'indique, politique.

Si l'équilibre budgétaire nous intéresse, alors pourquoi privatiser la FDJ ? Pourquoi supprimer l'ISF ? Faut arrêter de nous prendre pour des cons deux secondes.
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par oups »

En cette période ou l’effort est de rigueur , c’est fou ce nombre de gens inactifs ou payés pour faire ot’ chose (dont moi qui cependant ne reclame rien )qui postent un jeudi après midi :]
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CrazyMan
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par CrazyMan »

lotus95 a écrit : 24 juin 2021 11:46 Vous irez dire à celui qui doit payer son loyer qu'il n'a qu'à proposer à son proprio d'étaler la dépense sur plus de temps ... ou négocier avec son estomac ... pas sûr que ça marche :]
c'est hallucinant de voir des yakafaukons se cantonner à répéter la bouillie officielle sans réfléchir une seconde :]

Il faudrait peut être aussi que ceux qui claironnent qu'on a le système le plus avantageux au monde réalisent qu'on le paie , à la fois dans les salaires et dans les prix ; c'est le même principe que choisir une mutuelle chère pour bénéficier de garanties plus étendues, il faut arrêter de se limiter à une logique de coûts qui ne prend pas en compte les recettes.
Les déficits ne sont que la résultante d'une politique défaillante depuis des lustres sur l'abus des contrats courts ; l'Unedic dégage un excédent de plus de 10 milliards annuels sur les CDI, il faut peut être se poser les bonnes questions au lieu de taper perpétuellement sur les mêmes, et notamment ceux qui ont la double peine de subir la précarité et le sous-emploi et perdre en revenu.

L'assurance chômage fait de surcroît partie intégrante de la rémunération du salarié, et les allocations sont un revenu de remplacement légitime en fonction des cotisations versées ; ce n'est pas une oeuvre de charité, mais un calcul précis selon des droits acquis , et les périodes non travaillées ne doivent pas entrer en ligne de compte ; s'il y a quelque chose à remettre en cause, ce sont ces politiques clientélistes qui favorisent la précarité pour enrichir leur électorat
Ce que tu dis est particulièrement vrai.

Je pense que ce qu'il faut remettre en cause c'est l'idéologie financière. Notre monde est de plus en plus financiarisé, il faut que tout ai une valeur économique. Il faut que la nature ai un prix, que le corps d'une femme ai un prix, etc... Marx avait très bien cerné cette dynamique capitaliste et Polanyi après lui également, c'est la marchandisation du monde.

Après on se retrouve avec des débiles comme Victor dont les années de cadre dans le privé l'ont transformé en véritable homoeconomicus, c'est-à-dire un être économique mais également un débile socialement parlant. La logique gestionnaire doit prendre le pas sur des valeurs jugées simples et infantiles comme l'altruisme ou la compassion. Ce que je dis ici est d'une simplicité affolante, je vous l'accorde mais certains ici n'ont pas les bases du vivre ensemble.

La discipline économique que j'ai étudié est plurielle. Victor nous parle de cycles économiques mais il n'y comprend rien, le cycle Kondratieff lui est par exemple totalement étranger. L'économie est fondamentalement politique, elle fonctionne à partir d'institutions construites socialement et politiquement. Une logique économique peut être valide sur le territoire français mais pas sur le territoire japonais car nous avons des institutions différentes.

La manière dont on fait de l'économie aujourd'hui, sous entendu la manière dominante (le courant néoclassique), est une catastrophe intellectuelle, humanitaire et écologique. D'abord les modèles macroéconomiques sont complétement hors-sols, ils ne sont pas dynamiques mais statiques. Ils fonctionnent sur des hypothèses selon lesquels nous serions dans un monde parfait avec zéro chômage par exemple. Si vous vous demandez pourquoi avec autant d'économistes on ne trouve pas de solution à nos problèmes, la réponse est là.
L'idéologie néoclassique nous a par exemple amené à croire qu'avoir des stocks de masques qui dorment reviendrait à avoir de l'argent qui dort, on connait la suite de l'histoire avec le covid.

Ce soir j'ai écouté un podcast de Gaël Giraud (qui date d'hier), je ne le connaissais pas et pourtant il dresse le même constat que moi, comme quoi... Il a été économiste en chef de l'agence française de développement et est auteur d'une thèse réalisée à la Sorbonne et Polytechnique.
Il explique tout beaucoup mieux que moi, notamment sur les questions des dettes souveraines ou sur la nullité de l'économie mainstream.
Pour ceux que ça intéresse : https://www.franceculture.fr/emissions/ ... -juin-2021
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Victor
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par Victor »

CrazyMan a écrit : 24 juin 2021 16:43
Victor a écrit : 24 juin 2021 16:04 T'es certain que tu as suivi de VRAIES études d'économie ????
Pour te former un minimum en économie, sache que les relances budgétaires sont à réaliser en sortie de récession économique et que ce n'est pas un fonctionnement normal et régulier de l'économie. Sache aussi qu'en période de croissance, il faut en profiter pour "refaire le plein", c'est à dire réduire les dettes publiques. C'est quand même lamentable qu'un étudiant en cinquième année d'économie ne connaisse les principes de base des cycles économiques.
Je ne dis pas que l'Etat doit dépenser sans compter.
Je dis simplement que la rigueur budgétaire fait beaucoup de dégâts.
Faut arrêter les mensonges. On n'est pas du tout en rigueur budgétaire !
Si on était en mode rigueur budgétaire, on aurait réussi depuis longtemps à rester dans les 3% de déficit comme les pays de l'Europe du Nord !
La France fait tout, sauf de la rigueur budgétaire !
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Le Conseil d'Etat suspend la réforme de l'assurance-chômage au 1er juillet

Message par CrazyMan »

Victor a écrit : 25 juin 2021 16:53 Faut arrêter les mensonges. On n'est pas du tout en rigueur budgétaire !
Si on était en mode rigueur budgétaire, on aurait réussi depuis longtemps à rester dans les 3% de déficit comme les pays de l'Europe du Nord !
La France fait tout, sauf de la rigueur budgétaire !
La rigueur budgétaire ne se mesure pas forcément au niveau de la dette publique. Elle se mesure plus globalement aux dépenses publiques et à l'évolution de la qualité des services publiques. Nous avions le meilleur système de santé au monde au début des années 2000, aujourd'hui c'est loin d'être le cas, idem pour l'enseignement supérieur où le budget par étudiant ne cesse de diminuer.
La crise sanitaire a augmenté les dettes publiques et, avant elle, la crise de 2008 également.

Si on prend l'exemple de la Grèce, elle a connu l'austérité budgétaire et malgré tout elle conserve sensiblement le même taux de dette publique qu'avant la mise en place de l'austérité.
En ce sens, je suis assez d'accord avec toi, la rigueur budgétaire ne sert pas à grand chose, même pas à réduire significativement les dettes publiques.
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