Pour un candidat à l’élection présidentielle, le choix des mots est rarement anodin. Tout au long de la campagne, France 24 vous explique les raisons ayant poussé un candidat à l’Élysée à prononcer un mot ou une expression. Cette semaine, Éric Zemmour et son leitmotiv du "grand remplacement". Une théorie d'extrême droite sans fondement réel, mais dont l'usage se répand dans la classe politique.
Difficile d’écouter le candidat d'extrême droite Éric Zemmour sans entendre parler du "grand remplacement." Dans son premier discours de campagne à Villepinte, au début du mois de décembre, l’ancien journaliste s'est dit une nouvelle fois "prêt à prendre les manettes" du pays pour répondre à deux "craintes" qui "hantent les Français" : "celle du grand déclassement avec l'appauvrissement des Français, le déclin de notre puissance et l'effondrement de notre école" et "celle du grand remplacement avec l'islamisation de la France".
Dans une version plus complotiste, le "grand remplacement" atteste l’idée que les élites du monde entier favoriseraient sciemment une "colonisation" arabo-musulmane de l’Europe. Dans les faits, cette théorie a inspiré le terroriste responsable de l’attentat de Christchurch qui a fait 51 morts, en mars 2019, en Nouvelle-Zélande.
Mais ce concept se heurte aux données démographiques des flux migratoires. Selon l’Insee, quelque 6,8 millions d'immigrés vivaient en France en 2020, soit 10,2 % de la population totale. Sur ces immigrés, seuls 46 % d'entre eux provenaient d'Afrique, le reste étant essentiellement d'origine européenne, asiatique, américaine et d'Océanie. Il s’agit surtout d’une "peur qui échappe à toute argumentation rationnelle", selon François Héran, professeur au Collège de France, dans un article du Monde du 3 novembre.
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