Ce qui est politique, c'est le choix du système. Par répartition, par fond de pension, par un mix des deux, un système par point, une caisse unique ou bien 42 régimes de retraite comme en France, etc.CrazyMan a écrit : 13 avril 2022 18:40Cette réforme des retraites est défendable mais absolument pas sur la base de l'argument budgétaire ou à cause d'une logique gestionnaire.Kelenner a écrit : 13 avril 2022 15:24 Au contraire, c'est un sujet éminemment politique. Admettons qu'il soit trop coûteux de revenir à 60 ans, et qu'il y a sans doute d'autres priorités si on veut vraiment dépenser de l'argent. Mais il est parfaitement possible de faire partir tout le monde à 62 ans, et/ou après 40 annuités, A CONDITION de faire les choix politiques conséquents. L'âge de départ n'est qu'un paramètre parmi bien d'autres, qui sont volontairement occultés. La cause principale du (léger) déficit actuel n'est PAS la pyramide des âges, mais les innombrables "baisses de charge" (traduire : vol qualifié) que la droite (Sarkozy et Macron en tête, bien aidés par le traître Valls) a accordé depuis des années et des années. Si on refiscalise tout comme il se doit, plus aucun problème, zéro. Donc c'est politique et rien d'autre. Le reste c'est de l'enfumage.
Cette réforme est d'abord idéologiquement positionnée et est politiquement située.
C'est vraiment dommage que des individus comme Victor ou papibilou ne comprennent pas cela...
Déjà je me demande s'ils comprennent ce qu'est la protection sociale. On parle souvent des dépenses de la protection sociale en % du PIB, mesure selon laquelle la France serait première. Si on mesurait cela par la dépense de la protection sociale par habitant en l'ajustant au pouvoir d'achat des différents Etats alors la France se retrouverait par exemple derrière les pays nordiques.
Donc il faut s'interroger sur ce qu'est le PIB et ce qu'il veut dire. Ce qu'un Victor a du mal à comprendre en défendant aveuglement une politique de l'offre c'est qu'il n'a toujours pas compris que les dépenses des uns sont les revenus des autres. Autrement dit, la demande joue un rôle également centrale. Le PIB mesure précisément cela : la production de nouvelles richesses achetées donc vendues.
La protection sociale est financée principalement par les cotisations sociales (et non les charges sociales...) et la CSG.
Je recontextualise parce qu'à lire les curés libéraux dont le cerveau a été littéralement pompé par des journées interminables passées devant excel cela ne me semble pas du luxe.
A noter également que la protection sociale ne finance pas seulement des aides mais permet également de payer les services de santé et les produits et appareils médiaux.
La retraite par répartition est utilisée par l'écrasante majorité des pays développées, également par les Etats-Unis.
La protection sociale est financée, selon la DREES en 2017, a 33% par les cotisations de l'employeur (différence entre le super brut et le net), 13% par les cotisations du salarié, 13% par la CSG (qui en passant impact également les retraites et les indemnités chômage), 12% des contributions publiques (TVA, marchés financiers donc dette), 7% par les pensions des fonctionnaires et on a déjà environ 80%.
Jusqu'en 1990, la retraite était quasiment uniquement financée par les cotisations et l'Etat. Depuis la place du financement des particuliers ne cesse de prendre de plus en plus de place, cela pour réduire le coût du travail. Il s'agit de réduire les cotisations sociales. Et là il faudrait s'intéresser à la théorie "dominante" du chômage que suit assez bêtement l'Etat car elle est assez discutable...
La question est politique car il s'agit simplement, et au-delà de toute considération technique, de choisir quoi prélever pour financer les retraites. Autrement dit, les choix politiques pourraient se porter sur d'autres méthodes. Par exemple, les entreprises ont une hausse quasi constante des allègements fiscaux depuis des années, c'est un choix. Mais nous pourrions également décider de prélever davantage des secteurs que nous trouverions moins utile que l'hôpital, je pense par exemple à taxer fortement les transactions financières qui se font sur le marché de l'occasion (marché spéculatif) et qui n'apporte aucun effet de financement à l'économie réel.
Il y a plein de possibilités pour financer les retraites, d'autant plus que reculer l'âge de la retraite ça serait basculer de nombreuses dépenses vers les allocations chômages et le RSA puisque le chômage est extrêmement élevé dans les années précédent la retraite.
Le chantage à l'emploi n'est pas non plus un argument. La délocalisation est une stratégie relativement débile du point de vue macro (sinon toutes les entreprises capable de délocaliser le ferait...). Prenons l'exemple de LVMH qui produit du luxe. Si LVMH délocalise tout à l'étranger dans des pays pauvres alors que ses acheteurs sont en réalité les travailleurs des pays riches et bien on se retrouverait avec un effondrement de la demande, et donc LVMH ferait faillite.
Le premier entrepreneur a voir compris cela c'est Ford. Son entreprise a prospéré car il a augmenté le salaire de ses salariés en comprenant que ses salariés étaient également ses acheteurs.
Les dépenses des uns sont les revenus des autres. C'est une règle d'or car l'économie est un circuit monétaire.
L'explication purement gestionnaire est complétement biaisée et ne fait qu'interdire un vrai débat. Le financement de la retraite est évidemment un problème purement politique. Ne pas le comprendre c'est tout simplement être un ignare en économie et se croire intelligent en répétant ce qui est dit par les membres du gouvernement.
Elle est loin l'époque où la droite avait un penchant gaulliste et était capable de proposer une vraie pensée, aujourd'hui la droite libérale fonde son propos sur du vent.
Ensuite, c'est de la gestion. Vous pouvez choisir par exemple une mutuelle plutôt qu'une assurance pour assurer votre véhicule ou votre habitation.
Cela peut-être considéré comme un choix politique. Mais ensuite, les mutuelles ou les assurances sont bien obligées d'augmenter leurs cotisations à cause du réchauffement climatique et de l'augmentation en nombre et en intensité des événements climatiques extrêmes.
Et bien la retraite, c'est pareil, on fait face à un problème démographique: Allongement de la durée de la vie associé à une très forte baisse de la natalité sur le long terme => un nombre de cotisants en très forte baisse face à un nombre de retraités en très forte hausse.
Il faut bien prendre des mesures de gestion (baisse des pensions, hausse des cotisations, report de l'âge de départ) afin d'équilibrer les comptes.
