« Big data : quand les politiques nous ciblent ! » : le marketing ciblé s’immisce dans la politique

Actualité hebdo, politique, économie, informations...
Répondre
jabar
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 5770
Enregistré le : 22 août 2019 11:50

« Big data : quand les politiques nous ciblent ! » : le marketing ciblé s’immisce dans la politique

Message par jabar »

Aux US, les candidats ont accès à une base de données de millions d'américains recensant leur religion, leur sensibilité politique, leur ethnie etc. Cela permet de cibler des segments de population avec des messages précis. On se dirige discrètement vers cette logique. Zemmour par exemple a explicitement visé les français juifs dans une campagne SMS sans qu'on connaisse la source de ses données.
Tous les candidats de la présidentielle ont accès à cette base de données, dont les données sont très probablement stockées aux US.
Il y a une émission ce soir sur ce sujet.


https://www.lemonde.fr/culture/article/ ... _3246.html
« Big data : quand les politiques nous ciblent ! », sur France 2 : le marketing ciblé s’immisce dans la politique

Chloé Vienne a enquêté sur ces sociétés privées qui récoltent des données pour les états-majors des partis, à l’instar de NationBuilder.
Par Damien Leloup

Il y a ces SMS et e-mails envoyés par La République en marche (LRM), le Rassemblement national (RN) ou Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ; ces messages sur le répondeur dans lesquels la voix de Jean-Luc Mélenchon ou celle d’Emmanuel Macron vous incite à voter pour eux. Comment ces partis politiques ont-ils eu accès à votre numéro de téléphone, à votre adresse e-mail ou postale, et pourquoi pensent-ils que vous pourriez voter pour eux ?

Le magazine « Complément d’enquête » se penche sur la manière dont nos données personnelles sont utilisées par les politiques. Comment ces outils de marketing ciblés, développés pour vendre des voitures ou des crédits à la consommation, marchent tout aussi bien pour « vendre » un programme politique.

Rien de bien nouveau, explique la PDG d’une entreprise spécialisée dans les e-mails ciblés, qui possède des données détaillées sur 38 millions de Français, et compte quelques candidats parmi ses clients : la politique et le marketing ont toujours fait bon ménage.

Ce qui a changé, c’est l’échelle, et le coût. A peine 264 euros pour cibler 4 400 ménages modestes possédant une voiture dans une zone rurale très précise, par exemple. Plus discrets sur le sujet que leurs homologues anglo-saxons, les politiques français s’y sont mis depuis cinq ans. L’équipe de Chloé Vienne a épluché les frais de campagne des dernières élections européennes : 2,7 millions d’euros dépensés au total par sept partis pour cibler les citoyens sur des critères parfois très précis. Pour Les Républicains, François-Xavier Bellamy a visé spécifiquement les retraités et les chasseurs, quand Nathalie Loiseau, côté LRM, se concentrait sur les pêcheurs.

Contradiction

Tous les candidats ou presque recourent à NationBuilder, le logiciel-phare – américain – de gestion de campagne électorale, qui promet d’optimiser la collecte, le traitement et l’utilisation des données des indécis, sympathisants et militants – données stockées en partie aux Etats-Unis, sur les serveurs du géant Amazon.

Le sujet suscite encore la gêne dans les états-majors de campagne. Le documentaire est parsemé des noms de candidats qui ont refusé un entretien, et des images de ceux qui esquivent lorsqu’on les interroge sur NationBuilder ou leurs publicités ciblées à la fin d’un meeting.

Seul Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) assume clairement son utilisation des mailings ciblés pour contourner, dit-il, « une moindre exposition médiatique ». Le communiste Fabien Roussel, qui voit bien la contradiction entre sa ligne politique et l’usage de données stockées chez Amazon, reconnaît qu’il n’y a pas vraiment d’alternative européenne à NationBuilder. Yannick Jadot (EELV), dont la famille politique est pourtant à la pointe sur la protection des données personnelles au niveau européen, évite prudemment le sujet.

Doit-on s’inquiéter de cette mainmise d’un logiciel américain sur nos données politiques ? Au nom de la sécurité nationale, les services de renseignement américains peuvent y accéder en cas de besoin. Le font-ils ? Dans les locaux baignés de soleil de l’entreprise, à Los Angeles, la d’ordinaire très discrète patronne de NationBuilder, Lea Endres, assure que non, bien sûr. Et répète, avec un grand sourire, que son métier est « basé sur la confiance ».
Répondre

Retourner vers « DISCUSSIONS POLITIQUE - ACTUALITÉ - DÉBATS »