Victor a écrit : 20 avril 2022 10:03
papibilou a écrit : 20 avril 2022 09:03
Je ne comprends pas très bien. Les grandes écoles, Polytechnique, Centrale, Supelec , ... et HEC, l'ESSEC, etc ..ne sont pas du tout raccrochés aux universités et l'accès se fait sur concours, de niveau très relevé, après 2 ou 3 ans de prépa.
Enfin, comprenez que lorsque vous sortez des plus grandes écoles, les employeurs ont une présomption favorable qui favorise grandement le démarrage dans la vie professionnelle, immédiatement à un niveau cadre. Ça aide, même si certains éléments brillants qui n'ont pas fait ces études se hissent parfois à très bon niveau.
Dans parcousup, il y a les études supérieures dites sélectives et les non-sélectives.
Chaque bachelier doit obligatoirement sélectionner au moins une filière non sélective.
Et dans les non-sélectives, on trouve la majorité des universités.
Donc, en résumé, le bac est quasi donné. Et tous les bacs permettent d'entrer à l'université sans sélection.
Les meilleurs lycéens et bacheliers sont pris dans les filières sélectives et l'université récupère tous les autres ..
C'est ce qui explique que l'on se retrouve avec des crazyman à l'université.
Vous avez en parti raison.
Dans les années post bac, les meilleurs éléments vont souvent dans les classes préparatoires et les autres se répartissent entre les universités, les IUT, les BTS, etc...
Après tout dépend de quelles écoles tu parles et pour faire quoi.
Par exemple, pour le droit tout le monde doit passer par l'université et il n'est même pas question de prépa si ce n'est l'année de préparation au barreau qui se fait à bac +4 ou bac +5 (je ne suis plus certain).
En revanche, pour devenir ingénieur l'université est une "voie de garage".
En ce qui concerne les sciences sociales et l'économie c'est aussi un peu différent. En économie, le cursus d'excellence serait de faire une prépa puis de passer les concours d'entrée à l'ENS (école normale supérieure) et l'X (polytechnique). Ce qu'il faut bien comprendre en revanche c'est que les meilleurs master d'économie français sont dans les universités.
Les meilleurs master d'économie, selon des classements assez fumeux, sont à Toulouse à TSE (Toulouse School of Economics) qui est jumelé avec l'université de Toulouse capitole il me semble et à Paris (qui sont ceux que je connais le mieux). A Paris, les meilleurs master d'économie sont à cheval entre plusieurs institutions. Je pense aux masters d'économie de l'EHESS qui se situent à cheval entre l'ENS, PSE (Paris School of Economics), Paris 1 (Sorbonne), PSL (Dauphine) puis Nanterre et les MinesParisTech. Il y a également ceux de Saclay et de Sciences Po qui sont pas mal dans les classements.
Et encore c'est difficile de dire avec exactitude quel master est plus côté qu'un autre car cela dépend des spécialisations. En économie du développement, le meilleur master se situe à Clermont-Ferrand (je le sais car j'avais hésité à y postuler).
Par exemple, j'ai rejoints, pour ma part, l'un des master de l'EHESS. Nous étions 3 dans la promo à ne pas avoir suivi de prépa et à n'être passé que par l'université. La plupart étant des normaliens. Il faut également savoir que les normaliens, après l'obtention du concours et des années prépa, obtiennent leurs diplômes à l'université ! Souvent une double licence puis un master sélectif, parmi ceux que j'ai évoqué ci-dessus.
L'obtention d'un contrat de thèse n'est réservé qu'aux meilleurs étudiants de master et est grandement facilitée par l'obtention d'un master sélectif. Après il y a toujours des étudiants qui viennent d'une université inconnue au bataillon et qui font des thèses exceptionnelles.
Ensuite, il faut bien comprendre que les meilleurs chercheurs se retrouvent en général soit au CNRS, soit dans les universités. Notamment en économie. Tu sais le CNRS c'est le truc qui a refusé de faire une étude sur le fameux "islamogauchisme" que tu adores. Tu avais encore prouvé ta grande médiocrité, ton ignorance de l'université et ta capacité incroyable à répéter bêtement ce que tu entends à la télé.
En sociologie, le cursus royal est prépa + ENS + EHESS + thèse.
Enfin bref, tout cela pour dire que tu parles de ce que tu connais mal car tu ne sembles connaitre que les premières années post-bac. La sélection se fait de plus en plus importante au cours des années. Beaucoup de licenciés ne trouvent pas de master et ensuite beaucoup d'étudiants ayant le master ne trouvent pas de financement de thèse. Et puis après, la sélection continue car pour devenir Maitre de conférence il faut obtenir sa qualification au CNU (Conseil National des Universités) pour avoir le droit de postuler à des postes. Ensuite il faut être pris à un poste parmi un nombre important de candidats. Une fois Maitre de conférence, il faut produire beaucoup d'articles et en général au bout de 10 ans les MCF passent leur HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) pour devenir Professeur des Universités (grade le plus élevé).
Le niveau ne cesse d'augmenter car il y a davantage de monde en master. Il y a de cela 30 ans, vous pouviez passer un master à Trifou-les-oies et avoir un contrat de thèse tranquillement ou devenir cadre dans le privé. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Tous les enseignants et professeurs des universités ne cessent de dire que pour obtenir un contrat de thèse aujourd'hui il faut préparer un projet de recherche beaucoup plus dense et qualitatif qu'à leur époque.
Tu n'as pas à rougir du fait que les votants pour Macron sont surtout des riches et des retraités. Ce n'est pas grave. Tu essaies d'objectiver ton vote à travers des justifications fallacieuses mais saches que ton profil sociodémographique justifie complétement ton vote. Tout comme celui de papibilou.
Les individus les plus diplômés votent généralement à gauche. A ce titre tu devrais lire le dernier ouvrage de Piketty qui n'hésite pas ironiser en parlant de l'émergence d'une "gauche brahmane" en référence aux castes indiennes. Le vote de droite est plutôt un vote de retraités (cf à Fillon en 2017 et Macron cette année), un vote de cadre du privé, de propriétaire, d'individu possédant des bons revenus. En sommes un électorat qui dispose d'un capital économique plus grand que son capital culturel à l'inverse des votants de gauche. D'ailleurs le milieu culturel vote massivement à gauche tout comme les professeurs d'université.
L'élite intellectuelle vote à gauche, l'élite commerciale vote à droite.
https://legrandcontinent.eu/fr/2018/04/ ... marchande/
Mais j'imagine que Piketty, docteur du MIT et économiste bien placé pour remporter un potentiel nobel, est "idéologiquement situé" lui aussi.
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze