La mauvaise gestion de l'affaire Benalla
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Avec l’affaire Benalla, on retrouve ainsi tout ce qu'il ne faut faire
en cas de révélation d’un événement par la presse :
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attendre : à l’heure de l’instantanéité, on ne peut plus « donner du temps au temps » pour reprendre la formule utilisée par François Mitterrand
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ne pas répondre ou esquiver le sujet : ne pas évoquer une affaire est le meilleur moyen de lui offrir une tribune démesurée et d’amplifier le phénomène.
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minimiser les faits : une fois les faits connus, inutile de tâcher de les atténuer, au risque sinon de perdre tout crédit dans la parole du politique.
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ne pas avoir de réponse commune : la confusion et les différentes versions donnent le sentiment qu’il y a des secrets non-avoués. Comme le disait Martine Aubry, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».
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ne pas prendre les décisions qui s’imposent directement : dans une République exemplaire, toute violation de la loi même minime (ce qui n’est pas le cas ici !) par quelqu’un de haut placé est vue comme un horrible passe-droit
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ne pas désigner un responsable : dans tout système, il y a une chaîne de hiérarchie, qui va de pair avec une chaîne de responsabilité. La seconde est un élément essentiel de l’acceptation de l’autorité.
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Ainsi, dans l’affaire Benalla, dès les faits connus par les principaux intéressés, il aurait fallu mettre en oeuvre une suspension de l’agent à titre conservatoire, le temps de conduire l’enquête afin d’évaluer leur gravité.
Par ailleurs, une fois les faits révélés par la presse, il aurait fallu procéder au licenciement de l’agent sans tarder et demander la démission de son ou ses responsables hiérarchiques. A chaque fois, le politique semble en retard dans sa réponse, qui ne peut apparaître que comme insuffisante.
https://regardseuropeen.org/2018/07/20/ ... -en-crise/