gare au gorille a écrit : 13 juin 2026 14:47
papibilou a écrit : 13 juin 2026 12:23
Si je m'appelais Sigmund, je dirais que transformer la jolie grenouille en vilain crapaud a une signification claire. Mais je m'amuse.
Plus sérieusement, comment pourrais-je faire abstraction d'une histoire qui m'a toujours intéressé, d'une langue que je voudrais plus respectée, de paysages que j'admire, d'une culture brillante, d'un siècle des lumières que je respecte profondément ?
Mais, parce que j'ai vecu au Royaume-Uni, que mon épouse est d'origine espagnole, que j'adore la culture italienne, j'ai l'absolue conviction que nous avons conservé nos singularités. Si notre culture a quelque chose à craindre c'est plus des réseaux sociaux, d'une immigration illégale ou des quartiers perdus de la république, que d'une union dont le premier objectif était la fin des guerres intra-européennes, mais qui, parce que cet objectif est atteint, a laissé la place à une puissance potentielle qui peut et doit nous mettre à l'abri des dangers économiques, militaires et même culturels que nous font courir les autres grandes puissances et que notre pays ne peut espérer combattre seul.
Mais je vous rejoins sur la nécessité de s'unir, c'était la vision qu'avait le Général De Gaulle de l'Europe. Il souhaitait une Europes des patries, c'était le terme exact qu'i utilisait. Je suis à fond pour cette Europe la. Comme lui je militerai toujours avec ceux qui refusent de renoncer à la France en tant que nation souveraine, je pense que la France est un héritage que nous devons le transmettre intact, sans rien renier de cet héritage.
L'Europe des patries était effectivement un objectif à l'époque de De Gaulle. Mais n'oubliez pas que:
- l'Europe d'aujourd'hui était sous la domination des américains et des russes. Une grande partie de l'UE était sous la domination de Moscou et le mur de Berlin était encore présent. Le général a entrepris une campagne pour la libération de l'Europe de l'est de l'emprise soviétique (de l'Atlantique à l'Oural).
- Les grandes puissances d'aujourd'hui telles que Chine ou même Inde étaient en gestation.
- l'économie n'était pas mondialisée. L'IA ou Internet n'existaient pas.
- En février 1961, le général de Gaulle constitue une commission d'étude présidée par Christian Fouchet, et chargée de présenter un projet structuré d'union politique. Cette tentative de réforme
(qui implique une politique étrangère et de défense homogène entre les six pays membres de la CEE) est rejetée par les partenaires européens en avril 1962, ce que de Gaulle dénonce dans sa conférence de presse le mois suivant.
- L'amitié qui lie le président français au chancelier allemand permet d'aboutir, le 22 janvier 1963, à la signature du Traité de l'Élysée : substitut au projet d'Europe politique proposé par la commission Fouchet, il prévoit la réalisation de projets communs et la concertation systématique des deux pays dans les domaines de la défense, des affaires étrangères et de la culture.
Donc, personne ne peut assurer que De Gaulle aurait toujours une vision de l'Europe des patries aujourd'hui.
Enfin essayer de regarder le présent avec les yeux d'un grand monsieur mort il y a 56 ans, excusez du peu, c'est risquer d'agir avec un retard d'1/2 siècle. C'est donc avec nos yeux qu'il faut regarder le présent et surtout demain.