Stounk a écrit :
1) C'est quasiment ce qui se passe aujourd'hui, c'est la prime à celui qui a le plus de répartie lors des interviews, celui qui inspire un sentiment de sécurité aux petits vieux, qui est soutenu par le système pour assurer sa pérennité et donc particulièrement mis en avant dans les médias.
2) Ce n'est pas selon moi, c'est le système tel qu'il est aujourd'hui. Il suffit d'observer à chaque fois le décalage opéré entre programme et action au pouvoir.
3) Le citoyen se repose sur du vent pour voter, étant donné que l'élu n'est en rien contraint de faire ce qu'il a proposé, et même libre de pouvoir faire exactement le contraire. Quelque part, on le sait, alors on vote un peu par dépit (quand on vote!), surtout pour éliminer les autres, pour celui qu'on trouve le "moins pire".
Le quinquennat de Hollande est parfait pour illustrer le propos.
On ne peut pas dire que le bonhomme ait été inactif : lois Macron, loi Travail, lutte contre le terrorisme, COP21, mariage pour tous... S'il avait été élu en 2012 sans programme, il pourrait presque se targuer d'avoir un bon bilan.
Oui mais voilà . Il a été porté en 2012 par "mon ennemi c'est la Finance" et 60 points de son programme. Il a été élu sous une bannière "socialiste".
Or, en 2016, on peut tirer un constat : la Finance n'a pas l'air d'être un ennemi si important, les patrons sont mieux servis que les ouvriers (on ressent jusqu'à Toulouse les secousses du tremblement de la tombe de Jaurès à Albi)... les promesses de 2012 ont été bafouées, il est légitime de ne pas lui renouveler notre confiance.
Pour une même situation, on a donc 2 constats opposés suivant que l'on demande à l'élu un programme ou pas
Bien entendu, un grande partie des électeurs fait son choix de façon assez primaire : le charisme de la personne, les belles paroles des interviews... Ca ne doit pas être un argument pour justifier un quelconque recul de la démocratie, qui veut que l'élu ait des comptes à rendre. Mais tu as raison, dans notre système actuel, il y a une faille énorme sur ce point : une fois élu, le Président a une trop grande latitude. D'autres pays ont-ils des mécanismes de contrôle et de sanction de l'action de leurs dirigeants ? Peut-on s'en inspirer ? Cette question devient d'une importance capitale.
De même qu'il manque, à mon sens, une espèce de "CSA de la parole politique". Il est indécent de laisser des hommes et femmes politiques égrenner des contre-vérités, des chiffres faux, à longueurs d'interviews sans aucune sanction.
Il n'y absolument aucun mérite à exciter les gens. Le vrai héros c'est celui qui apaise.
La laïcité n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l'ordre public.