crepenutella a écrit : Sans faire de "politique", la stratégie syndicale ne saurait se limiter à de la simple "réaction". Souvent il est déjà trop tard, le gouvernement s'est engagé et donc il ne peut plus faire marche arrière.
Et puis les syndicats doivent assumer d'être des acteurs politiques. Ne serait-ce que parce que l'entreprise fait parti de la "cité" elles en sont une composante majeure. En ce sens l'entreprise est politique intrinsèquement.
Tout dépend du sens que l'on donne au mot "politique".
Dans un sens élargi, oui, tu as raison.
Mais dans un sens restrictif communément admis dans nos démocraties, tu as tort. En effet dans nos systèmes démocratiques, la politique est le terrain de jeu des partis politiques et des élus, pas celui des syndicats. Les politiques jouent à jeu qui s'appelle "élection" et s'opposent avant les élections dans des campagnes électorales et après les élections dans des assemblées ou font de la com dans les médias ou les réseaux sociaux. Les politiques doivent défendre avant tout,
l'intérêt général.
Les syndicats défendent des intérêts qui ne sont pas obligatoirement l'intérêt général et peuvent très bien et souvent défendent des intérêts catégoriels (le syndicats des taxis défend les taxis, les syndicats d'enseignant défend les enseignants, le syndicat des coiffeurs celui des coiffeurs, les syndicats généralistes défendent les intérêts des salariés) . Ils n'ont pas du tout le même rôle "politique" au sens large que les partis politiques.
Attention à l'erreur qui consiste à confondre intérêt des salariés à l'intérêt général. Rien n'est moins certain. Une réforme à priori bonne pour les salariés pourraient avoir des conséquences tout à fait négatives pour d'autres catégories ou pour l'économie du pays.
Chacun doit jouer sa partition et tenir son rôle. Mais aujourd'hui c'est inquiétant. Avec un LFI qui veut "remplacer" les syndicats et des syndicats qui veulent politiser leurs actions, c'est dangereux. C'est notre modèle démocratique qui est menacé.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville