papibilou a écrit : 19 juillet 2022 16:53
En ce cas, pourquoi responsabiliser notre pays alors qu'il représente 1% de la pollution de la planète ? Les riches ne sont pas suffisamment nombreux pour laisser croire que la réduction drastique de leur pollution va changer quoi que ce soit. Qui plus est, comment saurez vous si te!s riches ont fait des efforts et tels autres non ? Les moins favorisés doivent attendre un top départ disant: ça y est, les riches l'ont fait". A force d'attendre les autres on ne fera rien.
Mais ce que j'en dis ...
En revanche, je suis aussi favorable à un effort de la production, mais encore faudra-t-il protéger ceux qui font cet effort qui aura forcément un coût.
Je crois que tu te trompes en menant la question de la lutte écologique sur le terrain de la responsabilisation. Parler de responsabilisation, c'est souvent parlant d'individus qui, séparément, devraient agir de manière responsable.
La question écologique relève d'un problème beaucoup plus grand que l'ensemble des individus considérés comme des unités séparées. Face à un problème global il faut mener des actions de grandes envergures et il me semble que l'échelle la plus adaptée pour répondre à ce problème se situe au niveau des institutions nationales et internationales. Voilà pourquoi "la France", entendu comme un Etat où le gouvernement décide de la direction à prendre, doit agir au niveau écologique.
Comment savoir si un tel ou un tel fait des efforts ? Et bien déjà il faut agir au niveau de la production de manière forte en imposant un cadre législatif et non en mettant en place des politiques vaguement incitatives tirées de la microéconomie bullshit de seconde SES. Les actionnaires et les multinationales ne sont, pour la plupart, pas prêts à faire des efforts, il faut donc se montrer coercitif et non incitatif.
Au niveau du consommateur, si la production pollue peu et est durable alors la consommation polluera peu et sera durable. Cela me parait assez évident puisque la production se situe en amont de la consommation.
Malheureusement, j'ai bien peur que l'économie constitue un "organisme" bien plus important aux yeux des décideurs que l'écologie. Cela nous amènera sans doute à prendre des décisions frileuses, à repousser à plus tard, à ne pas faire trop vite, etc, jusqu'au moment où les conséquences seront trop importantes pour être traitées comme un "danger à venir". Ce problème de temporalité est central et le gouvernement de Macron a déjà été condamné pour inaction climatique ce qui laisse supposer qu'une fois de plus les décisions écologiques à venir seront soit insuffisantes, soit inexistantes.
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze