1 octobre 2026 à 18h03
« Propos délirants », « dinguerie », « faux grossiers »… Depuis nos révélations sur ses écrits antisémites, Jordan Bardella, soutenu par Marine Le Pen et le Rassemblement national, a violemment mis en cause le travail de « Mediapart ». Nous publions les documents au cœur de l’enquête et détaillons la méthode utilisée pour les authentifier.
JordanJordan Bardella n’a pas seulement produit des écrits antisémites au début de sa carrière politique. Il a aussi menti à la France entière en n’assumant pas la paternité de ses propres textes.
Depuis l’enquête de Mediapart publiée lundi 28 septembre sur son passé antisémite, le président du Rassemblement national (RN) répète qu’il ne pouvait pas être l’auteur des « propos délirants » mis au jour, dont la révélation a fait voler en éclats quinze années de stratégie dite de « dédiabolisation » du parti d’extrême droite.
Dénonçant une « tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle » et appelant ses troupes à serrer les rangs autour de lui face à ce qu’il qualifie de « guerre totale », Jordan Bardella a affirmé sur un ton martial, mardi 29 septembre, que ces « positions n’ont jamais été les [siennes] ». « Je fais de la politique depuis suffisamment longtemps pour avoir été lasérisé, mis à nu. Personne n’a rien trouvé », a-t-il ajouté.
Face aux dénégations de celui que Marine Le Pen a adoubé comme possible futur premier ministre en cas d’accession de l’extrême droite à l’Élysée en 2027, Mediapart a décidé de rendre publics les documents qui attestent de la véracité des informations publiées et d’expliciter en détail la méthode utilisée pour vérifier chaque élément, tout en répondant à l’exigence de protection du secret des sources consacrée par la loi. Travail que nous avons également décliné en vidéo.
Ces éléments s’inscrivent dans une enquête au long cours, à l’occasion de laquelle Mediapart a mené des entretiens avec dix-huit personnes (lire en boîte noire).
La haine des juifs sur Messenger
Le premier matériau au cœur de notre enquête porte sur des conversations entre Jordan Bardella et des membres de son entourage direct entre 2013 et 2014. Ces échanges ont eu lieu sur l’application Facebook Messenger, une messagerie instantanée développée par l’entreprise Meta.
Au cours des échanges de l’été 2013, Jordan Bardella est proactif dans la discussion et essaie, sans y être incité, de convaincre son interlocuteur du bien-fondé de ses arguments. Il s’est engagé depuis un an et demi au Front national (FN), où il connaîtra une ascension éclair.
Dans l’une de ces conversations, on peut notamment lire les écrits antisémites et conspirationnistes suivants de Jordan Bardella, comme le montrent les captures d’écran ci-dessous :

https://www.mediapart.fr/journal/france ... u-mensonge
