Jusqu’à trois ans de prison ferme pour l’agression d’une policière à Champigny-sur-Marne lors du réveillon 2017
Plusieurs personnes étaient jugées pour avoir porté des coups à une policière en marge d’une soirée du réveillon. La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.
La vidéo de l’agression avait suscité l’indignation : trois hommes ont été condamnés, jeudi 19 novembre, à des peines de deux à trois ans de prison ferme pour avoir porté des coups à une policière en marge d’une soirée de la Saint-Sylvestre 2017 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).
Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné Quentin D., 21 ans, à trois années d’emprisonnement, Jean-Baptiste D., 22 ans, et Esdras S., 21 ans, à deux ans ferme, avec obligation de chercher un travail à leur sortie et d’indemniser la victime. Tous trois, qui comparaissaient libres, ont été immédiatement incarcérés, mais Esdras S., qui contestait les faits, bénéficiera d’un régime de semi-liberté.
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Une peine de huit mois de prison avec sursis a été prononcée contre deux autres hommes présents le soir des faits pour « non-assistance à personne en danger ». Un homme de 21 ans qui avait filmé et diffusé la vidéo de la scène de violence a quant à lui été condamné à huit mois ferme, qu’il effectuera chez lui en portant un bracelet électronique. Une jeune femme du même âge qui avait repris cette vidéo pour la diffuser sur Twitter a été condamnée à quinze mois avec sursis.
Cette nuit du 31 décembre 2017, deux policiers étaient intervenus en renfort pour tenter de disperser les participants d’une soirée de la Saint-Sylvestre organisée à Champigny-sur-Marne dans un hangar dont une cloison s’était effondrée.
Ils avaient alors été violemment pris à partie. La gardienne de la paix Laurie B., 25 ans, était projetée au sol et rouée de coups. Un peu plus loin, son supérieur, un homme de 48 ans qui ne s’est pas porté partie civile dans ce dossier, avait lui aussi reçu un violent coup de poing au visage. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, était devenue virale.
« Ils m’ont brisée »
« Vous avez une fonctionnaire de police, lynchée, piétinée, brutalisée, dépouillée, qui a subi trente jours d’incapacité totale de travail », a rappelé la procureure, Céline Mietka, mercredi dans son réquisitoire qui a été, dans l’ensemble, suivi, voire (pour certains prévenus) alourdi.
A la barre, la policière, qui a été mutée en province à sa demande après son agression, a témoigné mardi d’une voix forte et posée. Avant d’évoquer, entre deux sanglots, l’impact dévastateur de la diffusion de la vidéo de son agression sur elle et sur ses proches. « Ils m’ont brisée, je ne suis plus la même personne qu’il y a trois ans, a-t-elle souligné. J’étais une personne festive, j’ai arrêté de le faire, j’avais la boule au ventre de sortir. »
A la barre, Quentin D. et Jean-Baptiste D. ont reconnu les faits, expliquant avoir agi sous l’effet de l’alcool ou invoquant l’effet de groupe. Emmanuel C. et Carina D. ont assuré ne pas avoir pensé à mal ni avoir réfléchi aux conséquences avant de filmer pour l’un, de diffuser pour l’autre la vidéo sur les réseaux sociaux.
« On est très satisfait de cette décision qui nous semble être très juste et à la mesure de la gravité des faits », a déclaré l’avocate de la policière, Ariane Mineur. « En les condamnant à une caution solidaire de 5 000 euros, le tribunal a vraiment considéré que tous étaient responsables, au même niveau, des préjudices pour ma cliente » qui est « soulagée », a-t-elle souligné.
La plupart des prévenus n’avaient pas de casier judiciaire. Quatre mineurs sont également poursuivis dans cette affaire et seront jugés ultérieurement devant le tribunal pour enfants. Le procès d’un autre majeur a, lui, été renvoyé au 22 mars 2021.
Ouep. Bon ben voilà. Sévère mais juste quand même...
On verra si le policier qui a tué Cédric Chouviat va prendre aussi cher
