Victor a écrit : 12 mai 2020 15:37
Brouette a écrit : 11 mai 2020 13:24
Ce qui a déréglé le bipartisme français c'est que les deux partis ont exactement la même politique, que le vrai clivage c'est mondialistes/protectionnistes.
Dans une démocratie libérale mature, la différence entre droite et gauche ne peut pas être énorme.
Car ces deux forces politiques majeurs de droite et de gauche font naturellement référence aux mêmes valeurs de la démocratie libérale occidentale. (liberté individuelle, élections libres et démocratiques, droits de l'homme, liberté de la presse, droit de propriété, économie libre de marché, etc.)
Mais tu as raison de souligner que des clivages très importants (et on l'a très bien vu lors de tous les référendums sur l'UE) étaient transverses à ces deux forces politiques principales. Ces deux forces politiques ont peu à peu perdu de leur sens auprès des électeurs. Ce qui les a affaibli.
Mais je maintiens que les frondeurs ont aussi un rôle fondamental dans l'explosion de ce clivage gauche/droite.
Sans eux, le PS, serait resté uni, Hollande se serait représenté et Macron n'aurait pas pu se présenter.
Hollande n'aurait certainement pas été réélu, LR serait probablement au pouvoir et la gauche se préparerait pour certainement l'emporter en 2022.
Les difficultés rencontrées par nos démocraties libérales ne peuvent cependant plus être occultés. On ne peut pas se contenter d'insulter les populistes jusqu'à ce qu'ils finissent par nous enterrer pour le siècle à venir. On ne peut pas non plus changer le peuple. En tout cas pas dans des temps si cours.
Il faut voir ce qui, dans les décennies passées, à été à l'oeuvre et à finit par défaire le lien entre nos institutions et les citoyens.
La question que l'on doit se poser finalement c'est: Comment nous pouvons collectivement parvenir à redonner une autorité légitime (et donc efficace) à nos gouvernants?
Élire des représentants ne sert à rien si leur action est condamnée à l'échec faute d'être obéit. Or c'est par l'autorité que l'on se fait obéir, et cela ne se décrète pas. Initialement le vote apportait de la légitimité, mais nous voyons bien que cela ne suffit plus car tout le monde à l'impression que soit:
1) Nos gouvernants ne gouvernent pas dans notre intérêt
2) Nos gouvernants ne détiennent pas la réalité du pouvoir
Or en démocratie, si nos gouvernements ne nous servent pas ou n'exercent pas le pouvoir...cela signifie que le peuple n'est pas souverain.
Donc question subsidiaire mais au combien importante....Comment redonner de la souveraineté au peuple?
Pour ma part je pense que, sans se prendre la tête, il faut surtout revisiter les institutions, et retrouver une efficacité administrative. Par là j'entend, recréer des canaux d'information de la base (le terrain), au sommet de l'état. Il me semble que les frictions à l'oeuvre sont en partie dues à une administration qui s'est très largement autonomisée (pas seulement à Bruxelles, mais surtout en France) face à des gouvernements non seulement changeant tous les 5 ans...mais largement impuissants faute de soutien populaire à leur imprimer ses volontés.
J'ai de plus en plus le sentiment que la haute fonction publique à réussi à phagocyté le fonctionnement démocratique de notre pays en élevant ses meilleurs au rang de ministre pour ensuite les aider dans l'accession au pouvoir. Attendu qu'ils se connaissent généralement depuis le lycée...voir avant. Si cela garantissait l'accession au pouvoir des "meilleurs" cela passerait encore. Mais d'une part il y a concurrence avec les talents des secteurs à haute valeur ajoutée. Mais en plus, sans réel soutien démocratique on se retrouve avec des gilets jaunes. Il y a donc crise de légitimité des élites, et c'est une question grâve. il ne s'agit pas de dire que nos élites sont mauvaises, il s'agit de retrouver un moyen pour les rendre légitimes à nouveau.
10:5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord: Que la paix soit sur cette maison!
10:6 Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous.