jabar a écrit : 07 octobre 2020 21:21
L'islam est un sujet dérisoire sur le plan pratique, en comparaison des réels problèmes affectant notre vie quotidienne.
Mais, mais. Il engendre une angoisse que je peux comprendre. Le sentiment de perdre quelque chose, un pays que l'on considérait sien et chez soi, une image sans doute romantique mais avec une base de vérité dans la perte d'une cohérence culturelle.
C'est un sentiment basé sur une fiction car l'identité française n'est pas quelque chose de final mais une construction permanente (et parfois sanglante). Mais je prend au sérieux cette angoisse qui peut aller de la crainte à la franche hostilité.
Tu vois Jim, tu parles du chômage, de la santé, de l'argent etc. Ce sont des problèmes réels, concrets, importants, mais dont on se préoccupe mieux et que l'on résoud avec plus de volonté quand on est en famille. Le problème, c'est de ne plus se sentir en famille.
Alors ok pour combattre, condamner, lutter absolument contre le racisme ou le sentiment anti-musulmans. Mais pas sans prêter oreille à cette peur et oeuvrer à la résoudre car elle a une partie de sincérité.
Un jour j'avais cette discussion avec un ami qui généralisait en me parlant du racisme des Français et de leur haine vis-à-vis de tout ce qui a trait à l'altérité. Je lui rétorquais que dans un sens je comprenais le sentiment négatif que certains Français peuvent entretenir à l'égard de certaines communautés (Musulmanes mais, plus généralement, Africaines et Moyen-Orientales) qu'ils considéraient comme trop différentes et donc potentiellement génératrices d'un changement qui ne saurait seoir à leur paradigme que tu illustres, en partie, quand tu parles de la fiction que les gens se créent en percevant la France, son histoire avec tout un tas de biais qui nuisent à la qualité de la perception qui s'en trouve déformée.
En somme, ces personne vont penser sommairement : "Ces gens là sont trop différents de nous, ils vont profondément bousculer notre mode de vie, ils vont avoir un apport bien trop conséquent qui risque, à terme, de développer en nous le sentiment d'être à l'étranger (alors que nous sommes chez nous, nous sommes représentatifs de la figure du vrai Français, du Gaulois). De plus, une bonne partie d'entre-eux (merci bfm) vole, triche, agresse. Donc non seulement ils ne font pas d'effort en terme d'intégration mais en plus ils nous menacent ET en s'en prenant à nous ET en risquant de nous faire disparaitre".
Certes, ils ont un regard un peu trop naifs sur leur propre histoire (encouragés par de pseudos-penseurs démagogues tels que zemmour racontant des histoires à longueur d'émissions) mais le fait est que ce regard est malgré tout présent. Je n'ai aucun doute qu'à leur place, il y a de fortes chances que je développe aussi ce genre de raisonnement.
Je disais à cet ami : "Tu pointes du doigt ceux qui sont racistes par crainte, tu pointes du doigt le front national qui alimente ces visions mais toi-même dans ton pays tu voterais pour une Marine Lepen locale, c'est dire si finalement l'humain est empli de paradoxes et, sur cette question en tous cas, désire se sentir chez lui et être accepté quel qu'il soit et ce quels que soient les endroits où il se situe".
En somme, la réalité est que oui, dans nos pays d'origine (ou d'origine de nos parents pour les gens comme moi), l'on souhaiterait que la culture majoritaire se préserve, l'on souhaiterait que les Occidentaux ne viennent pas en grand nombre en apportant les spécificités de leur culture qui influenceraient (plus ou moins négativement selon notre paradigme) les cultures locales. Donc, au final, l'on aurait les mêmes revendications que les gens que l'on "combat" ici.
Donc je comprends ces peurs, je comprends ces volontés et je les accepterais totalement si elles ne souffraient pas d'un énorme paradoxe.