Mesoke a écrit : 23 juin 2022 21:23
Bah non. L'écologie comme science n'a que peu à voir avec l'écologie politique. Un scientifique spécialisé en écologie va récolter et analyser des données dans sa spécialité, va étudier des interactions entre différents acteurs, leur évolution dans le temps. Et, dans le cas du changement climatique, va chercher la source du bazar, évaluer ce qu'il faudrait faire dans les très grandes lignes pour changer les choses (genre réduire les émissions de CO2), évaluer les conséquences du changement. Mais il ne va pas militer en tant que scientifique pour qu'on roule en trottinette électrique ou pour qu'on mette des éoliennes partout. C'est le rôle des ingénieurs de trouver des solutions techniques, et le rôle des décideurs de les faire appliquer.
Et un scientifique, dans son boulot de scientifique, il se fout de l'écriture inclusive, du burkini et des pistes cyclables. Et ça n'est même pas le rôle des scientifiques de décider s'il faut ou non du tout voiture électrique. Et si un scientifique s'exprime sur ce sujet à titre personnel, hors boulot de scientifique, alors sa parole n'a pas plus de poids que la parole d'un boulanger ou d'un livreur. Un spécialiste des échange gazeux entre l'atmosphère et l'océan, un spécialiste des coraux ou un spécialiste de l'analyse des bulles d'air coincées dans des carottes de glace ne sont pas compétents pour définir le meilleur mix énergétique pour électrifier le maximum de voitures en 2035.
C'est pour ça que les scientifiques se contentent de nous montrer où est le problème, en l'argumentant (quand on leur laisse la parole).
Donc non, ça n'est pas la même chose que quand un idéologue d'EELV vient basher les centrales nucléaires ou cracher sur les OGM avec comme seul argument que c'est caca.
Il faut remonter dans le temps.
Les scientifiques cherchent, trouvent et communiquent depuis très longtemps.
Avant même que nous naissions tous.
Dans les années 70 et jusqu'au début des années 2000 ils prêchaient dans le désert.
A droite, à l'extrême-droite (Le Pen père), à gauche (PCF, PS etc): tout le monde s'en foutait.
Y compris dans l'opinion.
Et pour l'essentiel, ça continue.
Tout le monde...presque.
Les scientifiques n'ont jamais dit qu'il fallait fermer le robinet pendant qu'on se brossait les dents ou éteindre la lumière parce que "c'est pas Versailles, ici".
Ou que le Nucléaire c'est bien.
Il disait déjà que la pollution tuait, que des espèces disparaissaient, que le climat changeait, que l'eau douce allait manquer.
Mais il y avait quand même des citoyens qui les écoutaient et qui pensaient qu"il ne suffisait pas de changer seul de comportement.
Ils ont pensé que des décisions collectives étaient aussi nécessaires.
Collectives c'est à dire politiques.
Car en démocratie, les décisions collectives relèvent de la politique, de la vie de la cité.
1974, René Dumont se présente aux élections présidentielles.
Résultat 1,7 %.
Les données scientifiques n'intéressent donc presque personne dans les partis, et dans l'opinion, qui se passionne pour d'autres choses.
ON raille les
annonceurs de catastrophe , alors qu'elle est commencée.
A partir de là un parti écologiste (c'est à dire tenant compte des données des scientifiques) est créé.
Un parti politique doit nécessairement avoir un programme et donc prendre position sur tous les aspects de la vie de la cité.
C'est le parti dit des Verts qui avait donc à trancher sur un programme.
Il se trouve que les PREMIERS à s'être intéressés aux informations fournies par les scientifiques avaient des idées différentes (voire opposées) de celles du Front National sur les problèmes politiques économiques et sociaux .
Très majoritairement, ils étaient "de gauche".
C'est un fait.
Mais le FN et les autres partis ignoraient toujours les alertes des scientifiques.
Certains écologistes ont créé d'autres partis, plus proches de la Droite ou de l'extrême-droite (Antoine Waechter, par exemple) mais ils n'ont pas davantage été écoutés à Droite. On n'en entend plus parler.
On ne peut donc reprocher à EELV, et à Sandrine Rousseau d'avoir des points de vue sur l'immigration ou la justice sociale, car elle, elle a AUSSI un programme sur l'Ecologie qui est plus ancien, plus travaillé que celui des écolo et climato sceptiques défroqués dont le "ralliement" aux préoccupations écologiques est très récent.
Qui relève de l'opportunisme.
On veut continuer à consommer de plus en plus d"énergie, à augmenter le parc automobile, à utiliser les pesticides, à détruire les milieux naturels, à "réguler" la faune de façon "verte" et surtout...durable.
Changer en restant les mêmes.
Colonisation: tête de pont de la barbarie dans une civilisation d'où, à n'importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. Aimé Césaire "Discours sur le colonialisme"