papibilou a écrit : 19 janvier 2026 17:01
Cépajuste a écrit : 19 janvier 2026 16:03
Non, il a raison, l'euro a une part importante de responsabilité dans la désindustrialisation. Je l'ai plusieurs fois démontré, notamment en citant un rapport du FMI qui montrait un écart de 21 % entre l'Allemagne et la France du fait de l'euro. Nier les faits ne sert à rien, mais ça ne justifie pas que l'on retire le drapeau de l'UE.
Parce que vous croyez que le seul adversaire économique de la France a été l'Allemagne ? Ça ne tient pas.
Dans le secteur automobile les allemands avaient et ont conservé une réputation qui leur a permis de vendre des voitures de luxe. Nos marques ont toujours été le cran en dessous.
Dans l'aviation c'était l'inverse et nous avons conservé notre avance.
Dans le secteur des machines outils nous étions inexistants.
Dans le secteur du textile, l'europe ou l'euro n'ont rien à voir. Nos marques coulent car elles ne sont pas compétitives avec l'Asie.
Dans l'électronique on n'a pas réussi à contrer l'Asie.
Dans la métallurgie et la sidérurgie on était en difficultés au temps de Mitterrand, bien avant l'euro.
Dans tout ce qui est technologie de pointe on n'a pas su prendre le tournant informatique ( on a pris le tournant du minitel!).
Au final vous pouvez prendre n'importe quel secteur industriel et vous verrez que l'euro n'a rien à voir avec nos déboires, mais beaucoup à voir avec une mondialisation que nous ne pouvions contrer sauf à pratiquer l'autarcie la plus rétrograde.
Le déclin de l'économie française est multifactoriel. Mais on ne peut pas nier l'impact de la construction européenne.
L'industrie allemande est mieux positionnée que la nôtre sur certains secteurs à haute valeur ajoutée. Elle bénéficie d'une image de marque (la qualité allemande). Elle peut vendre sa production assez cher, grâce à cette image de marque, elle s’accommode de coûts de production élevés. Les traités de libre-échange ne la gênent pas, bien au contraire : ils lui offrent de nouveaux débouchés à l'export.
Nous, nous avons les mêmes coûts de production, mais pas la même image de marque, pas la même compétitivité qualité : nous sommes donc laminés par la concurrence internationale. Et nous ne pouvons plus dévaluer pour préserver notre compétitivité prix.
D'autres pays (Italie, Espagne, pays de l'Est) ont des coûts de production moindre, et bénéficient de subventions importantes.
Jadis, nous avions certains services publics satisfaisants (je pense à EDF), mais ils ont été sacrifiés sur l'autel de la liberté de la concurrence.
Donc clairement, tous les pays ne sont pas égaux face à la construction européennes. Certains en ont bénéficié, pas nous.