Kelenner a écrit : 09 mai 2020 20:43
Jiimmy a écrit : 09 mai 2020 20:21
Beaucoup de gens ne comprennent pas cela et parmi les contempteurs de l'Islam et des Musulmans (les deux sont généralement liés dans la critique) se trouvent des personnes qui ouvrent le Coran et le lisent comme un livre de recettes de cuisine et entendent citer des Versets sans la moindre connaissance du contexte de révélation et donc du sens réel de ces derniers.
Effectivement, le Coran n'est pas un livre qui se lit comme n'importe quel autre. La compréhension des textes n'est pas donnée à tout le monde car cela requiert des connaissances solides qui nécessitent des études et recherches qui ne sont pas négligeables.
C'est un argument qui m'a toujours profondément étonné, et qu'on retrouve d'ailleurs dans toutes les religions. Pratiquement toutes se veulent en théorie universalistes, voire totalitaires, mais dans le même temps on nous affirme que pour les comprendre il faudrait "étudier" pendant de longues années, et avoir une maîtrise parfaite du contexte historique et de la langue dans laquelle les textes prétendus "sacrés" ont été rédigés. Etant donné que quasiment aucun croyant ne fait cette démarche, ça revient à dire qu'il n'existe aucun vrai musulman, chrétien ou juif, ce qui me semble tout de même hautement contradictoire.
Par ailleurs, pour l'avoir lu, et pour peu qu'on se renseigne un minimum sur le contexte historique, le Coran n'a rien de particulièrement complexe ou profond.
Il y a toute une série de disciplines qui ont été bâties autour du Coran et des autres sources. Le Coran est incompréhensible en soi. Le musulman moyen lit rarement le Coran.
Mais il faut appréhender l'islam comme une science, c'est à dire comme un ensemble de savoirs et de méthodes. Une discipline importante est l'exégèse du Coran (le Tafsîr) qui est un truc très ardu faisant appel à différentes sources. Il y a le Fiqh qui est la jurisprudence islamique (car forcément, le Coran ne peut répondre littéralement aux problèmes du temps présent), et bien d'autres.
Un musulman va plutôt s'intéresser à ces lectures qui sont une sorte de vulgarisation, et encore, là je parle d'un musulman plutôt calé.
De mon expérience, les musulmans vont plutôt s'intéresser à des savants qui ont l'avantage d'avoir une excellente maîtrise de l'islam mais aussi la capacité d'en parler en mots simples (enfin, tous ne sont pas de même qualité). Il y a par exemple Qârâdawi (relativement moderniste quand on le lit vraiment), Amr Khaled qui est une sorte de prédicateur à l'américaine, basant son discours sur le développement de soi, enfin il y en a une tonne. Et chaque musulman va piocher là ou ça l'intéresse en fonction de sa curiosité, de son niveau d'éducation, de sa proximité de la foi, sa sensibilité, ses goûts etc.
C'est d'ailleurs pourquoi, quand quelqu'un brandit un verset taillé à la machette à un musulman dans un débat, le musulman rétorquera que c'est la mauvaise approche pour discuter de l'islam. Car lui même ne fait jamais ainsi. Et ce que je viens de dire est une simplification extrême d'une religion très diverse.