fvz a écrit : A titre personnel, je considère Dieudonné comme un très habile manipulateur.
Il distille très insidieusement l'idéologie beaucoup plus antisémite qu'antisioniste qu'il partage avec Alain Soral en s'affublant du costume de provocateur potache victime du système.
Qu'il soit condamné quand ses propos dépassent les limites imposées par la loi me parait tout à fait normal.
Que l'on interdise ses spectacles me parait par contre tout à fait inadmissible.
Mais en organisant son insolvabilité pour échapper aux conséquences de ses condamnations, il fait en sorte que l'interdiction de ses spectacles soit le seul moyen restant pour l'empêcher de tenir des propos "illégaux" en toute impunité.
Ce qui, une fois de plus est très habile puisqu'il fait "mot compte triple':
- Ne pas payer ses amendes.
- Passer un gros malin qui met une quenelle au système.
- Se faire encore plus passer pour un martyr du système.
C'est un argumentaire qui revient souvent mais pour avoir beaucoup écouté Soral, il s'avère que l'idéologie est totalement antisioniste et que la description d'antisémite (erreur sémantique puisque les sémites ne sont pas que les Juifs, voir peu de Juifs actuellement sont des sémites) n'est qu'une tentative "sioniste" pour tenter de le décrédibiliser. En fait, l'on retrouve cette manipulation assez fréquemment. Il suffit de critiquer la politique Israélienne ou un propos ou une décision allant en faveur de ce pays pour se voir tout de suite affubler du qualificatif "antisémite". C'est ce qu'il se produit avec Dieudonné et le malheur vient du fait que des esprits n'ayant pas réellement suivi l'affaire relayent ces critiques non fondées.
Si cette logique pernicieuse était généralisée, alors l'on qualifierait d'antisémite (dans son réel sens) tous ceux osant critiquer les pays du golfe sur quelques points que ce soient.
Il faut relativiser en se disant qu'en d'autres temps, des personnes désormais adulées furent elles aussi condamnées pour leurs propos (certaines furent brulées comme hérétiques). Les temps changent, ce qui est faux à un moment se retrouve vrai le lendemain. Ceux qui se font "persécuter" pour leurs opinions finissent toujours par accroitre leur capital sympathie et par être adulés tandis que les défenseurs des normes du moment finissent comme étant perçus pour ce qu'ils sont vraiment (à savoir des censeurs réactionnaires réfractaires aux progrés). Car oui l'accès à la vérité constitue toujours un progrès.
Au final ceux qui le combattent lui font le plus grand bien. J'aurais préféré une autre attitude, celle qui consiste en "je ne suis pas d'accord avec vous mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez le dire" (ou une phrase dans le même genre).
Le meilleur moyen de combattre une idée, c'est par une idée encore meilleure et le meilleur moyen de la promouvoir c'est de la combattre par la censure sans apporter d'autres idées en face.
Ainsi je trouve que le gouvernement (entre autres) fait fausse route sur deux points :
- Le fond
- La forme
Quitte à être dans l'erreur, autant l'être jusqu'au bout, n'est ce pas ?
La roue tourne et l'histoire nous l'a montré en de si nombreuses reprises.