Bien sûr que Braun Pivet fait des cauchemars toutes les nuits parce qu'elle a offert une minute de silence à un néonazi qui militait avec ses potes pour tuer les Juifs, donc elle. Bien sûr qu'elle n'avait pas compris qui était Deranque.Yaroslav a écrit : 08 avril 2026 07:02 J'aurais tendance à plaider la bonne foi de Braun-Pivet dans cette histoire.
Pour commencer, il y a un fait qui semble incontestable : Deranque est le dernier jeune homme depuis longtemps à avoir été tué pour ses idées politique et par des gens engagés en politique, lors d'un événement politique. En soit, c'est un événement dramatique pour notre vie politique et démocratique, même si Deranque était un néo-nazi. À peu près tout le monde tombera d'accord pour dire qu'il ne méritait pas de mourir, même si on comprend assez facilement qu'il aurait très bien pu aussi se trouver dans le camps des meurtriers.
Ensuite, je pense que Braun-Pivet ne savait pas au moment d'accorder la minute de silence à l'AN que Deranque était un nazi. On savait tous qu'il était d'extrême-droite, on ne savait pas forcément qu'il était un nazi.
Enfin, j'ai tendance à penser que sachant cela aujourd'hui et à refaire, Braun-Pivet n'aurait pas accordé cette minute de silence à l'AN. Je pense donc qu'il s'agit d'une erreur plus que d'une faute.
Mais ce qui est grave c'est qu'elle n'est pas seule, en comptant les assistants parlementaires, les assistants en général, les aides divers on a des centaines de macronistes et pas un ne s'est renseigné ou n'a su faire remonter l'info au sommet pour que n'ait pas lieu cette minute de silence. Parce qu'à ce moment on savait déjà que Deranque faisait partie de groupes néofascistes, on savait qu'il n'était pas un quidam tabassé par plaisir mais qu'il s'était volontairement bastonné avec les antifascistes, et ce que sont les néofascistes qui agissent ainsi. Les médias avaient déjà fait leur boulot d'enquête. Même si on pouvait douter de ces infos, il n'empêche qu'elles amenaient un minimum de soupçon qui aurait dû freiner la prise de cette mesure. Sans compter qu'on le sait que des antifascistes à la base ça se bat contre des fascistes, pas contre des gentils enfants de choeur croisés au hasard dans la rue.
Ce qui est hyper grave dans cette affaire c'est que cette minute de silence n'a pas été prise pour commémorer une victime dont tous se contrefoutent. Elle a été prise pour affirmer une position politique : les antifascistes c'est le camp de LFI donc on va stigmatiser LFI avec cette minute de silence. C'est une pure manoeuvre politicienne exploitant une émotion surgonflée par les médias afin de dégommer encore un peu plus gratuitement un adversaire politique.
Sauf que ça laissera une trace indélébile dans la carrière de Braun-Pivet, elle restera à jamais celle qui a accordé une minute de silence à un néonazi alors qu'elle avait affirmé un an plus tôt qu'il n'y aurait jamais de minute de silence pour des cas individuels.

