lotus95 a écrit : 17 octobre 2019 10:21
tu as une vision très étriquée de la démocratie directe ; le concept dont je parle va beaucoup plus loin qu'un simple pouvoir citoyen local, il implique aussi pouvoir révocatoire, transparence des élus ... et les évènements passés ou récents prouvent que c'est loin d'être du luxe
pour ce qui est du local, il ne t'aura pas échappé que les impôts locaux existent, qu'ils représentent plus de la moitié des ressources des régions, et qu'ils démontrent déjà ce que l'impôt régionalisé induit en terme d'inégalités ; ce que tu préconises en fait, c'est une plus grande ghettoisation des régions mal loties en terme d'emploi avec des taux de chômage qui crèvent déjà les plafonds, ce n'est ni plus ni plus que le creusement des inégalités déjà flagrantes pour le bonheur de ceux qui ont les moyens et n'entendent pas payer pour les autres
en clair, tu revendiques l'indépendance des Hauts de Seine et autres départements friqués
ce n'est pas une mentalité beaucoup plus glorieuse que celle que tu dénigres ... la nature humaine est ce qu'elle est et les grands profiteurs de ce système ne sont pas dans les catégories les plus modestes ... mais la solidarité nationale n'est pas un gros mot, et aucun individu n'a à subir de discrimination en fonction de son positionnement géographique en matière d'accès aux services publics.
La France est un pays ultra-centralisé. Tout remonte sur Paris. Que ce soit les autoroutes, les routes nationales, les lignes ferroviaires ...
Mais aussi les décisions politiques et budgétaires !
Si la crise des GJ a eu lieu en France dans ce pays hyper-centralisé n'est pas un hasard.
Cette centralisation excessive est l'une des causes profondes de cette crise et du mal-être de la France dite "périphérique".
Il est désormais temps, suite à cette crise de procéder à une véritable régionalisation (pas bidon) de l'administration et des services publics.
Les impôts (directs sur le revenu) doivent remonter en grande partie vers les régions qui seront en charge de nombreux services publics:
Hôpitaux, routes, EN, universités, etc.
Les électeurs seront ainsi rapprochés des décisions politiques et budgétaires qui les concernent en premier lieu.
Si une majorité régionale décide d'allouer moins de budgets aux universités et plus aux routes ... et bien elle aura été élue sur ce programme, sur ces choix budgétaires et le résultat sera que les droits d'inscriptions des universités de cette région pourront être plus élevés que ceux d'autres régions qui auront fixé d'autres priorités ...
Ce seront des choix régionaux, locaux, décidés lors d'élections régionales. Tout ne remontera plus vers Paris qui devra gérer le mécontentement de certains parce qu'une maternité a fermé, par exemple.
De même si les électeurs d'une région veulent allouer plus de moyens aux urgences des hôpitaux de leur région, ils devront accepter d'allouer moins d'argent à d'autres secteurs ou bien alors d'accepter une hausse de leurs impôts.
C'est un système qui me semble tout à fait vertueux et qui permettra de lutter efficacement contre la démagogie généralisée dont souffre notre pays.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville