The Rat Pack a écrit : Victor a écrit :
Je ne voudrais pas dire mais tu confonds la philosophie politique et l'engagement politique.
Quand la première chose que fait Onfray c'est se déclarer de "gauche", il ne fait pas de la philosophie politique, il s'engage politiquement.
De la même manière que Sartre défendait l'URSS et a eu bien du mal à reconnaître s'être trompé ...
Un philosophe peut bien philosopher sur l'état, la loi, la justice, les questions relatives aux pouvoirs, à la gouvernance.
Mais il n'a pas à s'engager publiquement pour tel ou tel parti. Il peut défendre un système politique comme la démocratie ou pourquoi pas d'autres systèmes politiques comme l'ont fait dans leur temps les philosophes antiques grecs mais il ne doit pas s'engager dans le combat et le débat politique. Je ne vois qu'une exception qui serait des circonstances historiques exceptionnelles comme lors de l'occupation lors de la seconde guerre mondiale.
D'ailleurs le fourvoiement de tous les intellectuels et philosophes engagés de l'après-guerre dans leur soutien inconditionnel du communisme puis de leur extrême difficulté à reconnaître leurs erreurs devraient nous avertir et aussi eux-mêmes du danger de cette démarche.
Les intellectuels ont énormément de mal à reconnaître leurs erreurs ...
Voilà pourquoi ils sont dangereux et voilà pourquoi nous devons nous méfier d'eux.
Vous n'avez pas tout-à -fait tort, si ce n'est qu'un philosophe n'est pas un pur esprit détaché des contraintes temporelles, et donc, qu'à réfléchir sur la politique, on favorise des options, et on prend des positions...
Certes, mais ce ne doit pas être ce que l'on attend d'un philosophe sur un plateau télé.
Onfray devrait être bien plus souvent recadré par les journalistes et les animateurs.
Quand Onfray déclare à ONPC devant des millions de téléspectateurs que le PS a trahi la gauche en 1983 en abandonnant la politique économique de relance pour une politique de rigueur, c'est une véritable insulte à l'éthique !
Qui est-il pour se permettre de dire cela avec l'aplomb d'un expert ?
Est-il expert en politique monétaire (Le Franc avait subi deux dévaluations entre 1981 et 1983 ..) ?
Est-il expert en politique budgétaire, le déficit budgétaire avait largement augmenté durant cette période ...
Est-il expert en commerce extérieur ? La balance commerciale avait plongé dans le rouge durant cette période, car la politique de relance avait accru de manière importante la consommation de produits importés et augmenté le prix du made in France, donc diminuer nos exportations.
Est-il tout simplement économiste ? Durant cette période de 1981 à 1983, contrairement à ce qu'avait promis le PS, le chômage n'a pas reculé, mais il a continué à augmenter fortement et tout comme l'inflation, annulant les augmentations de salaire ...
Non, Onfray n'est pas tout cela. Il est un simple philosophe, mais son manque d'éthique élémentaire (ne pas parler en expert, de choses que l'on ne maîtrise pas ... !) le fait totalement sortir de son domaine.
Le problème, c'est que ce (sale) type, parle devant des millions de téléspectateurs, avec "l'aura" d'un intellectuel reconnu ...
C'est donc une escroquerie intellectuelle complète.
Et dire que ce Onfray s'était permis de dire à Yann Moix "La pensée ce n'est pas pour vous ..."
Quelle honte, quand on a, comme lui, ce type de comportement, indigne d'un véritable philosophe.
Mes remarques peuvent paraître du détail à certains.
Mais, sincèrement, quand en France, sur les plateaux télé,
Les économistes parleront économie
Les écologistes, d'écologie
Les sportifs de sport
Les vulcanologues de volcans
Les astrophysiciens d'astrophysique
Les poètes de poésie
Les écrivains de littérature
Les acteurs de cinéma ou de théâtre
Les musiciens de musique
et ... les philosophes de philosophie !
Et que nous ne subirons plus la dictature de "ces intellectuels auto-proclamés" intervenant comme ils le veulent sur tous les sujets avec un aplomb incroyable et usurpé, nous auront fait un grand progrès !
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville