Pour ce sujet intéressant, et puisqu'on parle de Voltaire, je colle ici une excellente analyse de la différence entre illettrisme et analphabétisme:evariste a écrit : Ici , il s'agît d'un forum de discussions , on est pas au collège Voltaire ! certes il faut faire attention aux fautes , mais déjà que l'on apprenne aux professeurs de français la grammaire et certains n'ont même pas les bases, l'essentiel dans un forum et que l'on puisse exprimer ses idées, et c'est déjà pas mal que ce forum existe ! même si il y a des fautes intentionnelles où pas ! c'est une avancée démocratique , et merci à ceux qui ont créé ce forum !
https://www.projet-voltaire.fr/origines ... alphabete/
Origine des mots
Le 17 septembre 2014, sur Europe 1, le nouveau ministre de l’Économie Emmanuel Macron a qualifié les ouvrières de l’abattoir de Gad d’ « illettrées ». Insulte pour certains, réalité pour d’autres, le mot a suscité une telle polémique que le ministre a fini par s’excuser de l’avoir employé. L’occasion de faire le point sur la signification d’« illettré » en lien avec « analphabète », avec lequel il est souvent confondu.
Des étymologies bien distinctes
Comme souvent pour saisir avec exactitude le sens d’un mot, un petit détour par l’étymologie est vivement recommandé !
On apprend notamment que les deux mots sont apparus au XVIe siècle, celui de Joachim du Bellay, marqué par un foisonnement linguistique sans précédent. Si « illettré » nous vient du latin illiteratus, « analphabète » a pour racine grecque analphabêtos.
De parfaits synonymes ?
Les origines respectives d’« illettré » et d’« analphabète » nous éclairent immédiatement sur leur sens. Commençons par décomposer « analphabète » en « an-alpha-bête ». On reconnaît bien le préfixe privatif a- (sous la forme an-, car placé devant une voyelle), et les deux premières lettres grecques alpha et bêta. Littéralement donc, un analphabète « ne sait ni alpha ni bêta », c’est-à-dire « ni A ni B ». Et si l’on ignore les deux premières lettres de l’alphabet, alors foncièrement, on ne peut ni lire ni écrire…
À présent, intéressons-nous à « illettré », qui est composé du préfixe privatif in- (devenu il- devant « l ») et de « lettré ». À l’origine, on qualifiait de « lettré » celui qui étudiait les lettres, c’est-à-dire les livres. Par conséquent, l’illettré méconnaissait la littérature, et, par extension, n’était pas cultivé. Avec le temps, ce sens s’est affaibli, et « illettré » a fini par signifier « qui ne sait ni lire ni écrire », devenant un parfait synonyme d’« analphabète » !
Une nuance à ne pas négliger
Si aujourd’hui « analphabète » et « illettré » sont employés presque indifféremment, il existe entre eux une nuance de sens qui peut tout changer ! Jugez plutôt.
L’analphabète n’a pas appris à lire et à écrire dans sa langue, pour la simple raison que, bien souvent, il n’est pas allé à l’école.
L’illettré, lui, a été scolarisé mais cet apprentissage n’a pas conduit à la maîtrise de la lecture et de l’écriture ou bien cette maîtrise a été perdue. Il éprouve donc de grandes difficultés à lire et à écrire. Plus précisément, l’illettrisme se mesure par l’incapacité d’un individu à déchiffrer un texte de plus de six lignes et à en tirer les informations dont il a besoin.
Le bon choix
En conclusion, il faut être prudent lorsqu’on emploie l’un ou l’autre de ces termes, car ils correspondent à des réalités sociologiquement différentes qui ne sauraient être traitées de la même manière. Ainsi, s’il souhaitait qualifier des personnes qui ont été scolarisées mais dont le niveau de lecture ou d’écriture, trop faible, risque de poser des problèmes pour (re)trouver un emploi, alors le ministre de l’Économie a utilisé le bon mot. Le reste appartient à la politique, et non à la linguistique.

