Yann Begervil a écrit : 04 mai 2020 12:56
Hdelapampa a écrit : 03 mai 2020 19:57
Si tu avais lu Marx, ce dont je doute, tu ne dirais pas cela.
Pour Marx, la litte des classes n'a pas de but bien défini au départ.
Ce n'est que par accident qu'elle devient révolutionnaire.
Ensuite, il n' y a pas que la France à être concernée.
Mais tu confirmes que tu n'as rien à dire sur les augmentations de salaire: tu préfères parler de Marx.
Toi, tu as du le lire trop vite, sur les tracts que distribues
Par accident

ben voyons!
« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, n’a été que l’histoire de luttes de classes » (Manifeste du parti communiste). Ainsi, tout conflit entre oppresseurs et opprimés finit toujours par une transformation révolutionnaire de la société, ou par l’annihilation des deux classes opposées.
c'est bien la lutte des classes et pas un "accident" qui doit conduire a dictature du prolétariat.
Je ne suis en effet pas très calé en éco, j'ai fait un bac D, mais je dirais qu'imposer trop les plus riches n'est surement pas la solution, voire le gouvernement Mauroy sous Mitterrand 1er.
Bon...reprenons.
Marx n'a pas
créé la lutte des classes.
Elle existait dès l'Antiquité : son objet, son enjeu est d'un côté le contrôle et l'exploitation du travail d'autrui, de l'autre se libérer de cette exploitation et de cette oppression.
Cette idée, on la retrouve tout au long des écrits de Marx.
La révolte des esclaves dirigée par Spartacus est un exemple donné par Marx.
Spartacus n'avait pas lu Marx pour une bonne raison: faut-il que je la rappelle?
Donc il se battait pour "se libérer" de l'esclavage.
De la même façon, les ouvriers luttaient déjà depuis des décennies contre les patrons avant que Marx n'écrive sur la dictature du prolétariat, le socialisme et le communisme.
Mais déjà ces mots étaient employés par des "sociétés", des associations ou des intellectuels.
La dictature du prolétariat est une idée formulée pour la première fois par Blanqui.
La nouveauté apportée par Marx est son approche matérialiste (la même que celle de la démarche scientifique) du combat "pour la liberté" sous toutes ses formes (dont la lutte des classes) qui l'a amené à qualifier d'utopiques les socialismes de Proudhon ou Fourier par exemple.
Marx n'a donc pas donné de but NOUVEAU à des luttes menées par des gens qui ignoraient tout de son existence et de son oeuvre. Et même n'avaient jamais lu un seul de ses livres.
Il a vu le premier vers quoi
tendait la lutte des classes culminant dans les insurrections (sans projet politique pourtant) et les grèves plus ou moins massives.
Il a aussi défini
objectivement les classes principales qui s'affrontent dans la période moderne (avant les guerres anticoloniales et les mouvements de libération nationale)
1- La Bourgeoisie, propriétaire des moyens de production (les infrastructures nécessaires à la production)
2- Le Prolétariat, qui n'a d'autre propriété que celle de sa force de travail. Pour subvenir à ses besoins, il dépend du salaire. Il est soumis à la dictature (dans l'usine et, à l'époque de Marx, aussi en dehors). Toutes les libertés y compris le droit de vote ont été arrachées à la Bourgeoisie par la lutte des classes, la grève et l'insurrection.
Jamais donc Marx ne définit les classes par le montant de leurs revenus comme on le fait communément.
La "classe moyenne"(au singulier ou au pluriel) est une fiction: elle est dans une situation instable, malgré des revenus "plus hauts" qui "l' embourgeoiseraient. " Elle peut être "déclassée" et connaître le chômage, ce qui nous ramène à la définition matérialiste des classes de Marx.
Si on prend un exemple pré-marxiste: le 14 juillet 1789.
Le roi Louis XVI avait renvoyé Necker ET ordonné à ses troupes de mercenaires de marcher sur Paris.
Les Parisiens ont eu peur, ils ont pris les armes d'abord pour se défendre. Ils n'avaient pas lu "les Philosophes" encore moins Robespierre, Marat ou St Just. Ils ne savaient pas qu'ils venaient de donner le premier coup décisif à la Monarchie et d'ouvrir la voie à la République.
Alors non, la lutte des classes n'a pas changé d'objet.
C'est toujours pour obtenir ou défendre un "mieux" dans leur condition que les salariés
commencent les luttes.
La suite dépend des obstacles...
Colonisation: tête de pont de la barbarie dans une civilisation d'où, à n'importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. Aimé Césaire "Discours sur le colonialisme"