""Nous nous sommes vraiment trompés" : pourquoi l'opération américaine au Venezuela ne fait pas l'unanimité chez les pro-Trump
Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis étaient "aux commandes" du Venezuela après la capture du président Nicolas Maduro et réitéré des menaces à l'égard de la présidente par intérim. Une attitude dénoncée par ses opposants politiques comme ses plus fervents supporters.
Après l'intervention militaire américaine au Venezuela et l'interpellation de Nicolas Maduro et sa femme, samedi 3 janvier, la suite se dessine lentement. Le couple Maduro est arrivé samedi soir dans une prison de Brooklyn, à New York où ils attendent désormais d'être présentés à un juge qui les inculpera pour narcoterrorisme. Au surlendemain de sa conférence de presse, le président américain a aussi repris la parole dimanche et menacé les nouvelles autorités vénézuéliennes.
Dans une interview au magazine The Atlantic, Donald Trump affirme ainsi que Delcy Rodríguez, désormais présidente par intérim du Venezuela, "paiera plus cher que Maduro si elle ne fait pas ce qu'il faut". En réalité, Donald Trump exige purement et simplement que Delcy Rodriguez fasse ce que les Etats-Unis lui demandent. Le président américain décrit aussi un "pays en faillite qui est une catastrophe dans tous les domaines".
"Nous conservons de nombreux moyens de pression"
Plus tôt dans la matinée, le secrétaire d'État Marco Rubio répétait que les États-Unis veulent collaborer avec les autorités vénézuéliennes, promettant aussi que si elles ne prennent pas "les bonnes décisions", ils n'hésiteraient pas à agir. "On va observer et évaluer leurs actions. Pas leurs déclarations ou leurs actions passées, mais ce qu'ils feront à l'avenir et nous conservons de nombreux moyens de pression", a-t-il déclaré.
Le plus puissant de ces moyens de pression selon l'administration américaine : le maintien d'un embargo sur le pétrole produit au Venezuela. Interrogé sur l'absence de notification du Congrès, Marco Rubio affirme que ce n'était qu'une intervention dans le cadre d'une procédure judiciaire et non une guerre et qu'il n'y a donc pas besoin de l'accord du Congrès. Un argument repris par le sénateur républicain Tom Cotton sur CNN qui dit "souhaiter un gouvernement vénézuélien pro-américain ne représentant pas un danger".
La base MAGA sceptique
Ce discours ne fait toutefois pas l'unanimité chez les Républicains, notamment au sein de la base Maga de Donald Trump, soit ses plus fervents supporters. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d'Américains supporters du président s'interrogent sur cette intervention militaire. Certains questionnent ce Donald Trump qui prétend vouloir être le "président de la paix", mais kidnappe un chef d'État étranger dans son pays avec d'importants dégâts. Ce même Donald Trump qui promettait de s'occuper d'abord des États-Unis, et notamment la question du pouvoir d'achat, mais ordonne à nouveau une opération à l'étranger, dix jours après des frappes au Nigeria.
Marjorie Taylor Greene, par exemple, ex-fervente militante du mouvement MAGA, qui a claqué la porte du parti présidentiel avec fracas ces derniers jours, estime pour sa part que la lutte contre la drogue ne peut pas justifier l'intervention au Vénézuela. "La plupart du fentanyl mortel qui entre aux États-Unis provient du Mexique. Pourquoi l'administration Trump n'a-t-elle pas pris de mesures contre les cartels mexicains ?", interroge-t-elle.
Marjorie Taylor Greene met aussi en avant plusieurs points susceptibles de trouver un écho auprès d'une grande partie de la base MAGA, notamment la différence entre forcer un changement de régime au Venezuela et l'agression russe contre l'Ukraine ou celle de la Chine contre Taïwan. "Beaucoup de partisans MAGA pensaient avoir voté pour mettre fin aux interventions américaines à l'étranger, écrit-elle. Nous nous sommes vraiment trompés".
"Une guerre illégale" dénoncée par les démocrates
Côté démocrate, les élus sont vent debout contre les frappes et l'intervention. Le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Choumer, qualifie l'opération d'"irresponsable". "Deuxième guerre injustifiée de ma vie. Cette guerre est illégale", a même fustigé Ruben Gallego, sénateur démocrate et ancien combattant en Irak. Il ajoute qu'il n'y a "aucune raison" pour les Etats-Unis "d'être en guerre avec le Venezuela".
Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, juge, lui, que l'arrestation de Nicolas Maduro et la prise de contrôle du Venezuela par les États-Unis n'ont même rien à voir avec la sécurité du pays. "Il semble que ce soit surtout pour le pétrole et les ressources naturelles. La politique étrangère de Donald Trump est corrompue. La Russie, le Moyen-Orient et maintenant le Venezuela, c'est pour que ses amis fassent de l'argent. Pas pour notre sécurité", tance-t-il.
Plusieurs élus démocrates soulignent d'ailleurs que des entreprises américaines préparent déjà des voyages d'affaires au Venezuela pour tenter de s'y implanter rapidement."
https://www.franceinfo.fr/monde/venezue ... 21392.html
S'il continue ses velléités, comme il l'a déjà prévu avec la remplaçante de Maduro, la Colombie et le Groëland (Danemark), quelqu'un l'arrêtera d'une manière brutale. Il a déjà échappé à deux attentats, et le 3ème risquera d'être le bon.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
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