http://www.leparisien.fr/charlie-hebdo/ ... 196355.php« Charlie Hebdo » était-il menacé ?
Financièrement, oui. A l'automne 2014, la santé financière du journal était catastrophique. Charb me disait qu'il devait trouver 200 000 € avant la fin de l'année pour ne pas fermer boutique en 2015. Les appels aux dons n'avaient pas suffi à redresser les comptes. Il s'est mis à chercher des fonds un peu partout, sans trop en parler à ses copains de « Charlie » parce qu'ils ne voulaient pas les inquiéter. Dans cette quête, il a été mis en relation avec beaucoup de personnes différentes, parmi lesquels des hommes d'affaires, notamment du Proche-Orient, avec qui il passait des soirées. Il n'a jamais voulu me dire qui était l'intermédiaire qui lui permettait de rencontrer ces personnes. Il le désignait simplement en disant « mon contact ». En rentrant de ces soirées, il rigolait en me disant qu'il leur avait fait du charme, que ces gens-là étaient capables de lâcher 100 000 € comme on en dépense 10. Je n'ai jamais su non plus qui étaient ces riches hommes d'affaires.
Pourquoi jugez-vous cet épisode important ?
Parce que la veille de l'attentat, Charb m'a dit qu'il avait réussi à trouver l'argent manquant. Je lui ai demandé comment, il m'a répondu : « Mes soirées où je fais du charme à des riches dignitaires, eh bien ça a fini par payer ! » Je n'ai pas cherché à en savoir plus, mais je lui ai dit que cela pouvait être dangereux
Vous avez également alerté les policiers sur un « mystérieux » cambriolage...
Le samedi qui a suivi le drame, je suis retournée avec le frère de Charb et quelques intimes dans son appartement. Nous avons découvert qu'il avait été visité, mis à sac, et des affaires emportées, parmi lesquelles des dessins et son ordinateur portable. Il me paraît indispensable de retrouver cet ordinateur portable qui contient sûrement des informations utiles à l'enquête. Or je m'étonne que les policiers qui ont recueilli mon témoignage n'aient pas eu l'air intéressés par cet élément.
Etonnant que des riches personnes musulmanes aient voulu financer CH aprés les caricatures
Ce financement , d'un autre côté , assurait à ces donateurs mystérieux , un certain contrôle sur le journal
Charb , décrit comme islamophobe jusqu'à l'obsession par ses collègues , se serait fourvoyé par rapport à ses convictions
Il n'aurait rien dit à ses partenaires et fait cela en catimini

